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dimanche, 1 octobre 2017

oct. 17
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Islamo-gauchiste : réflexions sur une injure absurde contre la France Insoumise

Je reviens sur un incident qui s’est produit la semaine dernière à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un échange verbal « musclé » avec les députés FN, des LR, Manuel Valls d’un coté et votre serviteur , ainsi que mes amis députés FI de l’autre. Cette joute a fait le bonheur des réseaux sociaux. Je crois donc utile  de revenir sur cet étrange terme d’«islamo-gauchiste », utilisé plusieurs fois par nos adversaires contre notre groupe de députés aussi bien par l’extrême droite en la personne de Bruno Bilde, le député LR Guillaume Larrivé, que par l’ancien premier ministre PS du gouvernement Hollande (lors d’une émission de BFM TV). Ce dernier avait également utilisé ce terme contre Benoit Hamon lors de la primaire PS. C’est une expression qu’il dégaine facilement sitôt qu'il est en difficulté.


Vous avez dit « islamo-gauchiste » ? Kesaco ? Cela veut-il désigner un musulman qui aurait des convictions de gauche ? Non, ce n’est pas cela dans l’esprit de ses auteurs (encore que..). A priori cette expression-valise ne signifie rien de précis. C’est pourquoi elle plaît tant aux fainéants intellectuels réactionnaires ne tolérant pas la présence de musulmans en France. Elle peut tout vouloir dire et son contraire. Pratique. Elle fait donc le bonheur de ceux qui n’ont pas d’arguments réels contre la France Insoumise. Elle insinue, jette le doute, trouble,  calomnie, mais n’apporte aucune caractérisation précise.

Je ne suis pas naïf. Il y a néanmoins une idéologie induite par ce terme. C’est pourquoi je récuse radicalement cette caractérisation car j’en mesure les sous entendus ignobles. A l’heure où nous discutions à l’Assemblée d’un projet de loi contre le terrorisme, que nous jugeons négativement puisqu’il restreint les libertés publiques (tout comme la LDH, le SAF et même l’ONU !), ce mot valise cherche à assimiler ceux qui en sont affublés à des complices ou des alliés des criminels qui ont endeuillé notre pays. Il est là pour empêcher de réfléchir et pour faire peur. Dans l’esprit de celui qui le professe « islamo-gauchiste » veut donc dire d’une certaine façon « ami des terroristes » ou « complaisant avec les criminels ». Ignoble. Existe-t-il le début d’un élément, je n’ose dire d’une preuve, pouvant amener à penser sérieusement que nous serions des complices des assassins ? Bien sûr que non. Mais, nos adversaires, du FN à Valls, ne s’embarrassent pas de détails, ils travaillent à la truelle.


Mais allons plus loin. Comment est construite cette drôle d’expression nauséabonde ? Prenons la première partie « islamo ».  C’est à dire relatif à l’Islam. Quel est notre rapport à l’Islam ? Est-il trouble ? Avons-nous une obsession pro-islam ? Non, il est le même que tout citoyen réellement laïque et républicain. L’islam est une religion qui compte des fidèles sur le territoire national. C’est une grande religion de France. Les musulmans ont le droit de pratiquer. Qui veut leur interdire ? La République garantie la liberté de culte. Je suis un défenseur de la grande loi laïque du 9 décembre 1905. Ni plus, ni moins. Il y a évidement des citoyens musulmans (tout comme des catholiques, des protestants, des juifs.. et des non croyants) qui se reconnaissent dans les idées de la France Insoumise, mais j’en ignore les proportions et cela ne m’intéresse pas. Pas plus que les musulmans que je connais ne revendiquent leur conviction spirituelle comme une identité politique. Ils veulent juste qu’on les traite comme tous les citoyens, et ils ont bien raison. J’ai le même regard « critique » vis à vis de l’Islam que toutes les autres religions. Attaché à l’émancipation laïque, je ne pratique néanmoins pas non plus l’anti-cléricalisme militant. Au passage, être considéré en 2017 comme étant pro-islam est d’autant plus grotesque que je fais partie de ceux, comme Jean-Luc Mélenchon, qui sont favorables à l’interdiction des signes religieux dans les écoles (et notamment à la loi de 2004). Cette position de principe m’a valu parfois d’être affublé par certains du nom de « laïcard ». Et oui, il y a des rageux dans tous les camps. Qu’importe, je suis un laïque et fier de l’être. 


Je profite aussi de l’occasion pour préciser, si certains souhaitent entrer dans les micros détails, qu’il a  bien existé un petit groupe politique en France, se réclamant du théoricien britannique marxiste Tony Cliff, dirigeant du Socialist Worker Party (SWP), qui a essaimé dans notre pays en donnant naissance à un groupuscule nommé Socialisme International (SI) ou Socialisme par en bas (SPEB) qui a milité activement il y a une dizaine d’années en défense selon eux « des jeunes filles voilés » et la présence dans les écoles publiques de signes religieux. C’est pour les désigner que j’ai entendu pour la première fois le terme « d’islamo-gauchiste ». Mais quel rapport avec la France Insoumise d’aujourd'hui et cette activité confidentielle ? Aucun. Je n’ai jamais été d’accord avec ce type de petits groupes qui confondent la lutte pour l’émancipation avec une forme d’assignation à résidence communautaire, et qui fait de la laïcité républicaine un prolongement de l’ordre colonial. La lutte pour l’égalité des droits ne peut se confondre avec l’exaltation de particularismes qui séparent les citoyennes et les citoyens.

Revenons à la controverse. La France insoumise est claire, si des criminels tuent au nom d’une religion, ils doivent être châtiés et leurs complices neutralisés au plus vite. Il faut assécher les foyers d’obscurantisme qui mènent à le violence. Cela s’applique à toutes les religions. Mais, aucun esprit sérieux, hormis quelques ultras, ne peut considérer que l’islam est par essence meurtrier ou terroriste, naturellement plus violent que les autres religions, au point de considérer mécaniquement que les millions de français musulmans seraient en quelque sorte une armée de réserve. Je récuse cette vision folle. Est-ce la vision de ceux qui utilisent cette expression ? Y aurait-il une menace générale venant de tout ce qui est lié à l’Islam ? Sans doute, les responsables du FN pensent ainsi, mais comment un homme comme Manuel Valls peut-il alimenter cette idéologie, si ce n’est au prix de sa dignité ? Oui, dans certains quartiers de notre pays, des extrémistes, se référant parfois à Daesh, sèment la haine, cherchent à enrôler des esprits faibles pour semer la mort. Oui, c’est une évidence certains le font au nom d’une lecture de Islam. Mais est-il tolérable d’utiliser le préfixe «islamo » pour amalgamer tout cela ?  Non, d’autant qu’il existe une autre réalité dans notre pays : c’est le racisme anti musulman et anti arabe. Et la France insoumise dénonce aussi ce racisme, tout comme elle dénonce l’antisémitisme et toute forme de discrimination. 

C’est là qu’est la perversion des auteurs de l’expression « islamo-gauchiste » : pour eux quiconque s’oppose au racisme anti-musulman est montré comme un allié des fondamentalistes et des violents. On ne peut bâtir une société complexe avec des arguments aussi simplistes.



s-l300.jpgObservons maintenant l’autre partie de l’expression : « gauchiste ». D’où vient ce mot ? Pour l’essentiel, il a connu son heure de gloire avec un ouvrage de Vladimir Illich Lénine publié en 1920 sous le titre « Le gauchisme, maladie infantile du communisme». C’est une rude polémique, menée par Lénine contre des groupes hollandais, britannique, allemand qui veulent développer une orientation anti-parlementaire. Depuis l’assassinat de Rosa Luxemburg en 1919 et du député Karl Liebknecht avec le soutien des sociaux-démocrates allemands, des groupes « conseillistes » et de la « gauche communiste » considèrent que participer à des élections est une impasse. Ils refusent aussi d’adhérer à des syndicats qui ne sont pas communistes. Lénine n’est pas d’accord avec son orientation qu’il juge à juste titre sectaire. C’étaient eux les gauchistes. Ceux qui ne voulaient pas de députés. J’ai bien sûr résumé la controverse à grands traits. Mais, avouez que c’est piquant de dire à un parlementaire qu’il est un « gauchiste » puisqu’à la source cela veut dire qu’il refuse de participer aux élections parlementaires. En réalité, si l’on est rigoureux, dans le sens léniniste des choses, on ne peut donc être « gauchiste » et parlementaire.

 

Ce mot sera ensuite très souvent utilisé par les staliniens, puis par la presse de droite, contre les trotskistes, qui refusaient la bureaucratisation sanglante de la Révolution d’octobre. La direction du PCF dénonçait les « gauchistes » sitôt qu’ils étaient contestés sur leur gauche. Personnellement, durant mes jeunes années, j’ai été formé dans une école politique se réclamant du trotskisme où nous refusions ce qualificatif. « Gauchiste » était pour nous une injure. 


507.jpgA l’inverse, dans les années 70, un homme se revendiquait fièrement d’être un gauchiste, au point d’en faire un livre (assez simpliste) « le gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme ». Cet homme c’est Daniel Cohn-Bendit. Aujourd’hui, il est un des soutiens acharnés à Emmanuel Macron. Se désigne-t-il comme un « macrono-gauchiste » ? Ce serait drôle, non ?

Forger une expression fumeuse, injurieuse, amalgamante, en associant deux termes contradictoires n’est pas chose nouvelle. Dans les années 30, les staliniens parlaient d’« hitlero-trotskystes », accolant deux mots totalement opposés. Comme si leurs opposants étaient des agents d’Adolf Hitler. C’est avec ce qualificatif que seront menés les infects procès de Moscou. Parallèlement, depuis 1917, avec la Révolution d’octobre, une expression connait du succès à l’extrême droite : judéo-bolchévique, ou judéo-communiste et judéo-marxiste. Il s’agit d’assimiler les juifs et les communistes dans une même expression. D’autres expressions aussi absurdes suivront dans l’Histoire. Cela continue aujourd’hui. Peu inspirée, mais dans l’air du temps manifestement, Marine le Pen parle également en ce mois de septembre 2017 des « islamo-trotskyste » lorsqu’elle désigne la France Insoumise. On pourrait presque en rire si ce n’était pas si sordide. Mais, au moins on voit la continuité historique. Pour démonter le caractère grotesque de ce genre d’expression, je les ai qualifié à l’assemblée nationale de « pagano-facistes ». De ma part, c’était une volonté de démontrer par l’absurde ces expressions fourre-tout.


Voilà donc d’où viennent les sources idéologiques de tous les apprentis sorciers qui nous insultent avec ce genre d’expression : le stalinisme et le fascisme. Honte à ceux qui les utilisent. Si des complaisances existent entre des militants se disant de gauche et l’intégrisme musulman, ils ne sont des animateurs de la France Insoumise. Mais, la haine contre Jean-Luc Mélenchon forge des passerelles entre l’extrême droite, la droite française et celui qui fut l’artisan du grand désastre du quinquennat Hollande. Je terminerai sur Manuel Valls. Je le met au défi que nous aurions le moindre lien avec « l’islamisme radical » ou autre « indigènes de la République » comme il ose l’affirmer sur les bancs de l’Assemblée nationale. Mauvais pour lutter contre l’intégrisme religieux, mauvais pour combattre le FN. Valls devrait éviter de faire la leçon. C’est d’ailleurs après trois ans de sa politique que le FN a réalisé ses meilleurs scores et que sa candidate s’est retrouvée au second tour. 


On comprend que les députés FN l’applaudissent à l’Assemblée nationale.

dimanche, 17 septembre 2017

sept. 17
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"On n'est pas couché" avec Alexis Corbière qui fait face au drôles des question de Yann Moix et Christine Angot

mercredi, 6 septembre 2017

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Interview pour Libération

Le quotidien Libération m'a posé quelques questions fin août, auxquelles j'ai répondu. Voici ces réponses publiées sur mon blog.

La rentrée de la France insoumise se déroule à Marseille, dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon, c’est votre nouveau camp de base ?

Notre camp de base réel est l’Hexagone. La France insoumise est partout chez elle. Marseille est une ville magnifique, envoûtante sur le plan politique, où les quartiers populaires sont encore au centre. Le peuple est au cœur de la cité, où il se fait entendre par ses éclats de voix et sa passion de justice et d’égalité. Ici, tout est politique et source de débats. Cela peut être le laboratoire de notre projet. On a parfois l’impression qu’un Marseillais est toujours un insoumis, quel que soit son vote. Les idées que nous défendons y sont comme un poisson dans l’eau…

Quel est votre regard sur les premiers mois de Macron ? Est-ce qu’il y a des choses qui vous ont surpris ?

Cet homme, malgré ses sourires permanents, est un «social killer» à la communication très verrouillée. Son fanatisme économique me surprend parfois tellement il est la reproduction fainéante de solutions qui ont échoué partout. Il semble entouré de suprémacistes libéraux revanchards, biberonnés à la fraction la plus dure du Medef, qui veulent punir les milieux populaires. La mesquine suppression de 5 euros des APL pour 6,8 millions de Français les plus modestes, parallèlement à la volonté de réduire l’ISF pour les ultrariches en leur rendant 2,5 milliards d’euros, en est un exemple désolant. Je n’oublie pas aussi l’augmentation de la CSG qui va pénaliser 60 % des retraités. Mais surtout, il veut casser le code du travail, patiemment construit par des décennies de luttes sociales et des victoires électorales, et qui protège 18 millions de salariés et d’employeurs. Le dessein macronien c’est La République en marche… arrière ! Il veut ubériser la société française, faciliter les licenciements même abusifs, précariser les salariés, affaiblir les instances de représentation des personnels, inverser la hiérarchie des normes sociales, etc. Alors que la précarité se répand dans le pays, il veut la généraliser davantage. Nous verrons les contours précis de ses méfaits le 31 août [date de la présentation de la réforme du code du travail, ndlr]. Mais il faut craindre le pire. C’est pourquoi nous donnons rendez-vous le 23 septembre et que nous manifesterons le 12 à l’appel des organisations syndicales. Le pouvoir macroniste, malgré son arrogance de façade, est en réalité très faible. Ses idées sont minoritaires dans la société. Il n’a pas de base sociale réellement solide pour mener sa politique. Son aplomb repose sur un pouvoir présidentiel d’ordre monarchique et des institutions godillotes. Mais il n’est pas sûr que les 310 députés En marche soient prêts à affronter une contestation populaire.

Beaucoup prédisent une rentrée optimiste de l’économie française : merci François Hollande ou bien c’est déjà l’effet Macron ?

Arrêtez vos plaisanteries de mauvais goût. Le chômage a touché un million de personnes supplémentaires sous le quinquennat de François Hollande, le nombre de pauvres aussi a augmenté. Dire merci à cette politique et ceux qui l’ont impulsé serait indécent. Monsieur Macron était alors secrétaire général adjoint de l’Elysée puis ministre de l’Economie. Il en est aussi responsable. Aucune des décisions prises par les gouvernements précédent et actuel n’a le moindre effet positif pour l’emploi. Ils n’ont aucun grand projet économique pour notre pays et tournent le dos à toute bifurcation écologique. En Europe, toutes les études attestent que la prétendue reprise économique que vous évoquez profite essentiellement aux actionnaires. Et la France reste le plus gros pourvoyeur de dividendes. Il n’y a vraiment pas de quoi être optimiste sans intervention populaire pour changer tout cela.

Comment imaginez-vous le mois de septembre avec les manifestations au programme pour s’opposer à la loi travail ?

Nous jouerons notre rôle de force utile au peuple, en faisant connaître les dangers contenus dans la réforme du code du travail. Nous mènerons un travail d’éducation populaire dans le pays pour informer les nôtres, dans les quartiers et les lieux de travail. Nous utiliserons également l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour nous faire entendre. Le mois de septembre doit être celui du grand refus populaire de la régression macroniste.

En mai, votre mouvement a réussi à se faire remarquer à l’Assemblée nationale avec des nouvelles têtes et vous avez clamé à plusieurs reprises que la France insoumise était la première force d’opposition. C’est un enjeu ?

La question ne se pose pas ainsi. Comme Jean-Luc Mélenchon l’a dit à la tribune de l’Assemblée, nous ne sommes pas seulement une force d’opposition à la politique du gouvernement. C’est un projet trop mince pour nous. Notre ambition dépasse cela. Nous sommes une force d’alternative au pouvoir en place, pour mener demain ce pays vers les choix écologiques indispensables et le partage des richesses nécessaire. Il faut nous préparer à diriger ce pays.


Est-ce qu’on peut imaginer des rapprochements entre votre mouvement, le PCF, les écologistes et le PS ?


La France insoumise se veut un mouvement ouvert et accueillant. Toutes celles et ceux qui veulent participer à sa construction sont les bienvenus. Mais il ne peut être question de revenir à une forme de cartel : la campagne de La France insoumise a montré l’aspiration à une forme nouvelle et souple et son refus du vieux monde politique en crise. Ensuite, nous pouvons mener des actions communes avec tous ceux qui veulent défendre le peuple face à l’oligarchie. Des additions ponctuelles peuvent avoir lieu comme notre saisine commune du Conseil constitutionnel sur les ordonnances. Mais la base de toute clarté est le refus de la politique de Macron. Or, le groupe des députés PS s’est très largement abstenu ou même a voté pour la confiance au gouvernement.

Certains souhaitent organiser des états généraux de la gauche d’ici à la fin de l’année, ça vous tente ?

Je respecte cette démarche mais je ne la partage pas. La France insoumise ne s’inscrit pas dans une perspective de reconstruction de «la gauche» ni de recomposition avec des forces qui se décomposent. Elle souhaite être l’outil du peuple français dans sa mobilisation pour apporter des solutions concrètes aux urgences sociales et écologiques auxquelles il est confronté. La question n’est donc pas pour moi de mettre son énergie dans un nouveau round de discussions à l’intérieur d’un espace qui ne veut plus dire grand-chose, avec des formules épuisées, mais de la projeter dans la société pour aider à la mise en mouvement populaire. Notre perspective reste de gagner les élections, pas de constituer une minorité un peu plus garnie.

Cet été, votre mouvement a été la cible de plusieurs critiques au sujet des événements au Venezuela. Certains vous ont accusés de garder le silence, d’autres de soutenir le président Maduro…

Ce harcèlement pour nourrir un minable «Mélenchon bashing» est ridicule. Avec d’autres membres de La France insoumise, nous passons notre temps depuis le début du mois d’août à parler du Venezuela mais on nous répète de façon mécanique, sans nous écouter, que nous gardons le silence. Absurde. La situation difficile du pays vient essentiellement de la lourde chute du baril du pétrole qui a entrainé des difficultés sociales réelles, malgré l’œuvre sociale considérable (lutte pour l’éducation, pour la santé, le logement, etc.) accomplie depuis 1999 sous l’impulsion de Hugo Chávez. Or une partie de l’opposition de droite, voire d’extrême droite, n’a jamais accepté que les plus modestes soient enfin considérés. Elle avait déjà initié un coup d’Etat contre Chávez en 2002. Elle a choisi depuis l’élection de Maduro une stratégie de la tension en utilisant les difficultés sociales, en multipliant les manifestations violentes et les actes d’intimidation pour renverser le gouvernement. Ces tentatives de déstabilisation sont bien sûr soutenues de l’extérieur. Les folles déclarations de Donald Trump, président des Etats-Unis, qui va jusqu’à évoquer une possible option militaire contre Caracas, sont la preuve de l’implication des officines de la Maison Blanche. Et c’est ce même Trump, celui qui banalise les manifestations néonazies, que le président Macron a invité le 14 Juillet. Sidérant.

Lors de la signature du Brésilien Neymar au PSG, vous êtes monté au créneau pour dénoncer les chiffres de son transfert. Depuis, vous avez vu ses premiers dribbles et buts ?

Que Monsieur Neymar soit un joueur de ballon de grand talent ne fait pas de doute. Mais faut-il applaudir les sommes délirantes qui circulent dans le football, notamment quand elles proviennent d’un pays où les droits de l’homme ne sont pas respectés comme au Qatar ? Là-bas, les femmes sont méprisées, les travailleurs maltraités et l’esclavage est encore une réalité, malgré les déclarations des rois du pétrole. Aucun des dribbles de Neymar ou de qui que ce soit ne me fera perdre ma conscience humaniste. Enfin, je continue de penser qu’une société où les sportifs (même talentueux) sont 10 000 fois mieux payés que ses savants, ses ouvriers, ses agriculteurs, ses enseignants, ses infirmières, ses poètes… est une société malade.

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