Hier, j’ai participé au rassemblement des salariés du magasin de matériel informatique Surcouf.

 

Voilà plus d’un mois que leur grève se poursuit. Ils dorment sur place dans des tentes sur le trottoir de l'avenue Daumesnil. J’ai déjà parlé de leur situation sur ce blog. 179 d’entre eux sont licenciés dans des conditions inacceptables. Leur tort ? Refuser un odieux plan de la direction qui prévoit, en mettant en place de nouveau mode de calcul de leur rémunération, des baisses de 30 à 50 % de salaires. Cela toucherait au moins 310 employés (sur environ 500). Le « jeune patron si prometteur » qui propose cela n’est autre que M. Hugues Mulliez, nouveau propriétaire à 33 ans de l’enseigne depuis l’an dernier. Ce Monsieur, qui bien entendu affirmera qu’il ne doit rien à personne et qu’il s’est fait tout seul, est accessoirement le neveu de M. Gérard Mulliez (première fortune de France, propriétaire notamment de Auchan). Il est aussi membre de la puissante famille Mulliez qui détient des parts de Décathlon, Leroy Merlin, Cultura, Les 3 suisses, Boulanger, Kiabi, Flunch, Norauto, Kiloutou, Jules, Xanaka, Top Office, Grosbill... Vous avez dit « fils à papa » ? Chut ! Ce n’est pas bien de parler ainsi de nos patrons « indispensables créateurs de richesses » comme dirait notre Président.

 

Et pourtant, ainsi, va la France de 2010, un « jeune loup » de la finance devient propriétaire, (pour un euro symbolique ! Incroyable) de cinq magasins et prend comme immédiate première décision de baisser les salaires de ses employés. Révoltant. L'ancien propriétaire, M. François Pinault (vous connaissez ? un des hommes les plus riches de France), lui a ainsi "offert" des magasins d'une valeur estimée à 55 millions d'euros ! Pas mal, non ? On est manifestement généreux entre riches, mais moins avec les plus modestes. Salaud de pauvres, va ! De plus, l’un des salariés en lutte de l’entreprise m’affirme que ce Monsieur Hugues Mulliez n’est pas contribuable en France mais en Belgique, afin de payer moins d’impôts ! Si cela est vrai c’est honteux. Il est grand temps de remettre de l’ordre dans ce grand désordre libéral.

 

Donc, j’étais là hier à leurs cotés devant les portes du magasin de l’avenue Daumesnil. Mes camarades du PG 12e étaient avec moi, drapeau flottant au vent. Sur place, je retrouve Olivier Besancenot pour le NPA, qui lui aussi a fait le déplacement. Les camarades du NPA, leur siège national est à quelques mètres, ont fait également preuve de beaucoup de solidarités depuis le début du conflit. Je tire mon chapeau à Olivier d’être si souvent présent à ce genre de luttes sociales. Mon ami Ian Brossat, Président du Groupe communiste et Parti de Gauche est là, ainsi que Laurent Touzet, animateur du PS local, adjoint à la Maire du 12e. Il est un de ses élus socialistes toujours sensible aux mobilisations sociales de l'arrondissement et à la défense du service public.Enfin, mon camarade du PG Eric Coquerel, nouveau Conseiller régional, viendra nous rejoindre.

 

Chacun, l’un après l’autre, nous apportons notre soutien à leur lutte, qui ne réclame seulement que le respect et la dignité. Le témoignage des salariés me noue la gorge. Ils sont nombreux à avoir les larmes aux yeux. La responsable syndicale qui anime la grève est actuellement enceinte. Licenciée ! Et manifestement, selon son témoignage, régulièrement menacée par des sbires anonymes. Une autre vient me dire qu’elle va être expulsée de son logement, l’autre, que son jeune fils est handicapé… Pour eux, quel avenir ? Je l’ignore. Mais, pour tous ceux qui sont venus leur apporter un soutien, (Olivier, Ian, Laurent et Eric..) la colère nous prend. En France, en un an, ce sont près de 600 000 salariés qui ont perdu leur emploi. Il faut que cela cesse. La loi doit interdire ces licenciements.

 

D'autant que, concernant Surcouf, leur légitime lutte concerne aussi tous les clients réguliers de cette enseigne. Plusieurs d'entre eux m'explique bien comment à l'avenir le technicien de Surcouf aura tout intérêt à vous vendre un produit qui réalise le plus de marge (ce qui lui permettra d'être mieux payé) plutôt que le produit le plus adapté et de meilleure qualité.

 

Deux heures plus tard, le soir même, à mon initiative, un vœu de soutien aux salariés de Surcouf sera voté à l’unanimité au Conseil d’arrondissement du 12e. Je précise toutefois, que les élus UMP ne viennent plus. J’ai invité des représentants des grévistes qui sont venus. L’un d’eux prendra la parole quelques minutes. Il sera applaudi par les élus ! Ce vœu sera proposé au vote du Conseil de Paris des 10 et 11 mai prochain.

 

Et la suite ? Seule la mobilisation unie et massive des salariés fera reculer la direction. Ce qu'ils veulent pour ceux qui viennent de perdre leur emploi, est simple : 1500 euros pour chaque année d'ancienneté et une prime de 1000 euros. Un nouveau rassemblement aura lieu vendredi 7 mai à 10 heures du matin devant le magasin du 139 avenue Daumesnil. Au même moment, une réunion du Comité d’Entreprise aura lieu.

 

Avec d’autres élus du Parti de Gauche je serai à nouveau présent.