Je reviens sur un sujet, d'apparence mineur mais qui me tient à coeur, et que j’ai déjà abordé plusieurs fois sur ce blog : l’absence systématique de Mme Christine Lagarde, la Ministre des Finances, au Conseil d’arrondissement du 12(Ici, en photo, bérêt français sur la tête, lors de son passage dans une émission satirique américaine). Je dis bien systématique car elle n’est jamais venue en plus de deux ans de mandats. Alors que nous sommes tous deux élus du 12e, dans la même instance, je ne l’ai jamais vu. Jamais.

 

Pourtant, elle continue de percevoir tous les mois son indemnité de Conseillère de Paris (soit 4200 euros bruts ou 3200 nets). Durant la campagne municipale, aux cotés de M. Jean-Marie Cavada, elle s’était engagée plusieurs fois, dans la presse et lors de réunions publiques, à venir siéger même si elle était battue. Et, deux ans plus tard, ce n’est pas le cas, pas même cinq minutes. Pour quelqu’un qui ne cesse de prôner la rigueur, le sérieux, et qui déclare que les salariés de notre pays sont trop absents ou ne travaillent pas assez, ce comportement est inadmissible et choquant.

 

Je me suis donc déjà exprimé là-dessus. Le sujet va revenir demain lors du Conseil de Paris, puisqu’un vœu sera présenté au vote qui demande que les élus qui ne siègent pas se voient retirer une partie de leur indemnité. Je considère que si elle ne peut pas exercer son mandat, elle n’a qu’à démissionner. Cet acte constitue à mes yeux le minimum de respect qu’elle doit à ses électeurs et surtout à notre système électoral. Car, c’est là, selon moi, le fond du désaccord avec elle. Croit-elle en la démocratie ? Au rôle des élus ? Ou pense-t-elle que seuls les conseils d’administrations des établissements bancaires et les « grands sachants » de notre monde doivent prendre des décisions ?

 

Quelques journaux se sont fait l’écho de ce comportement révoltant (je pense à un article de Bakchich). Et depuis deux jours, surprise, il y a du nouveau, Mme Christine Lagarde m’a répondu, par presse interposée. Dans un article du Parisien de samedi dernier, à ma demande de démission, elle m’a fait répondre par quelqu’un de son entourage la chose suivante : « Quelle petite polémique ! Ils ne savent pas que nous vivons la crise la plus grave depuis 1929 ? Christine Lagarde est sur tous les fronts, sur tous les continents, en France pour défendre l’emploi et l’économie. Elle n’a pas pris de repos depuis six semaines ! Et on lui reproche de ne pas siéger deux jours par moi ? C’est ridicule. En tous cas, une chose est sûre, elle n’a pas l’intention de démissionner et compte bien aller jusqu’au bout de son mandat d’élue à Paris. »

 

Pour ma part, Mme Lagarde, auteur de cette « petite polémique », je persiste et signe. Précisément pour les raisons que vous évoquez, vous ne pouvez assumer votre mandat. Etre élue, ce n'est pas seulement venir siéger une fois par mois, mais c'est aussi s'intéresser aux problèmes de ceux qui ont voté pour vous. Concrètement dans le 12e, cela veut dire s'exprimer sur l'avenir de l'hôpital Trousseau, de la Poste, de salariés de Surcouf, etc...L’arrogance (et la méconnaissance totale du rôle d'un élu municipal) avec laquelle vous me répondez, renforce ma conviction. Démissionnez !

 

Pour le reste, chaque lecteur régulier de ce blog le sait, je suis en radical désaccord avec le politique économique de Mme Lagarde, actrice de premier plan du désordre libéral de notre monde, qui coûte si cher au peuple grec. De plus, lors de ce Conseil de Paris, nous aborderons d’autres sujets bien plus importants pour les parisiens, notamment l’avenir de l’Hôpital public à Paris. J’y reviendrai.