Je suis disponible pour débattre avec Jean-marie Le Pen et je vais m’en expliquer dans la dernière partie de ce billet, mais avant cela goûtons ensemble du bonheur du succès de notre campagne.

affiche_prenez_le_pouvoir.jpgHier soir encore à la télé, malgré l’injuste décision de TF1 qui donne près du double de temps de parole au FN, Jean-Luc Mélenchon a su magnifiquement mettre à profit son passage à l’émission « Parole de candidat » pour présenter les propositions du Front de Gauche. Chapeau l'artiste ! Hier, j’ai vu avec humour ce bijoutier parisien, présent sur le plateau de TF1, initialement si hostile à Jean-Luc, terminer en disant qu’il était d’accord avec lui sur notre constat des raisons de l’insécurité et des moyens d’y remédier. Ainsi, à l’image de cette soirée, notre campagne va bon train, elle est en dynamique permanente. Nous voilà à prêt de 10 % dans les sondages qui, comme de coutume, restent de facto en total décalage avec la réalité et très en dessous de notre réel niveau. Qu’importe ces pseudo thermomètres bidonnés, notre expérience militante nous donne d’autres outils pour juger. Nos salles de réunions sont pleines (qui osera enfin reconnaître que c’est nous qui faisons les plus gros meetings ?), nos militants particulièrement présents sur le terrain (et nos affiches sur les murs), nous occupons excellemment les réseaux sociaux et forums sur le web, toutes les composantes du Front de Gauche (à commencer par le PCF, mais aussi la Gauche unitaire, la FASE, République et Socialisme, etc…) sont sur le pont de façon joyeuse et positive, et notre candidat, par sa pédagogie et son énergie, bénéficie d’une côte de popularité et confiance palpable, et en progression significative depuis mi-janvier. Enfin, beaucoup de nos thèmes suscitent le débat : SMIC à 1700 euros, encadrement des loyers, 14 tranches d’impôts, pas d’écart de salaires supérieur de 1 à 20 dans l’entreprise, etc…. à tel point que le candidat socialiste essaye d’en imiter quelques uns (je dis bien « essaye », mais cela va dans le bon sens). Enfin, je prends les paris que le 18 mars, notre rassemblement à la Bastille sera un évènement inédit où se retrouveront plus de 20 000 personnes. Bref, dans la campagne du Front de Gauche, tous les voyants sont au vert !

henin-beaumont.jpgMe concernant, je continue ma tâche particulière d’animation de réunions contre le Front national. Depuis janvier, j’en ai déjà effectué à travers la France plus d’une vingtaine (j’avoue ne plus compter) et j’en ai au moins autant à animer d’ici le 22 avril. Mon camarade Laurent Maffeis en fait autant, en plus de sa lourde charge de travail argumentaire auprès de Jean-Luc Mélenchon. J’admire sa capacité de travail. Dans ce plan d’ensemble de riposte argumentaire anti-FN, la plus belle réunion est sans doute celle qui aura lieu vendredi 9 mars à Hénin-Beaumont. Chacun comprend l’enjeu symbolique. Là où le FN est, paraît-il, particulièrement bien implanté, là où Marine Le Pen est prétendument « chez elle », là où le Parti socialiste englué dans des affaires sordides est un repoussoir, là où l’abstention s’est installée entre 40 et 60 % selon les scrutins… dans ce chaudron donc, où se concentrent toutes les crises qui mijotent ensemble à petit feu depuis trop longtemps, nous allons tenir réunion pour démonter les mensonges du FN. J’en suis particulièrement fier. Nous sommes partout à l'aise dans la République, et là-bas aussi, grâce à nous, la gauche est de retour. L’idée de cette réunion est venue de nos camarades du PG et du Front de Gauche d’Hénin-Beaumont. Ils organisent cela d’une main de maître depuis quelques semaines et je suis persuadé que cette soirée sera passionnante. Elle a pour but de démontrer que le Front de Gauche va partout pour se faire entendre et qu’il n’est nul endroit qui constitue un « bastion » pour les idées du FN. Nous voulons donner des arguments à nos amis qui font campagne pour débattre éventuellement avec des sympathisants du FN et leur expliquer en quoi Marine Le Pen ne propose pas un programme « social » bien au contraire. Elle est l’amie de la frange du patronnât le plus réactionnaire : celle qui veut la suppression des syndicats, qui ne veut pas partager les richesses, qui refuse que l’on donne des droits égaux aux travailleurs étrangers car cela voudrait dire qu’il faut mieux les payer, etc… Bref, elle est contre toutes les propositions du Front de Gauche qui visent à partager les richesses. En cela, elle continue le rôle historique de l’extrême droite depuis des décennies : diviser les travailleurs, exacerber la xénophobie, protéger les puissants, etc…

Notre réunion de Hénin-Beaumont sera donc un moment fort et je l’animerai avec Laurent Maffeis dont la précision chirurgicale des arguments découpera en petits morceaux le stupide programme du FN. Si vous êtes dans le coin, venez nombreux !

Je termine donc comme promis au début de ce billet, sur la façon dont Jean-Luc Mélenchon a répondu hier à Jean-Marie Le Pen le président d’honneur du FN. Ce dernier, manifestement humilié de la confrontation piteuse de sa fille contre le candidat du Front de Gauche sur France 2, lors de l’émission « Des paroles et des actes », cherchait un moyen de (re)faire parler de lui en profitant de la dynamique de notre campagne. Il voulait un débat avec Jean-Luc Mélenchon. D’abord, une mise au point : au Front de Gauche nous sommes prêt au débat, à la confrontation, à la contreverse, etc… avec le FN. Nous l’avons dit et répété partout où cela est possible. Dans différents médias, ces confrontations ont d'ailleurs déjà eu lieu, que ce soit entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, mais aussi entre François Delapierre, Martine Billard, Clémentine Autain, Pierre Laurent, ou moi-même pour le Front de Gauche, qui avons déjà été confrontés aux différents dirigeants actuels du FN, sur France Inter, France 2, LCP, Public Sénat, Canal Plus, etc.

En soi, ce n’est donc pas un problème de débattre avec Jean-Marie Le Pen. Il ne fait peur à personne, et il offre plutôt un spectacle affligeant à chacune de ses sorties médiatiques. Dans la mesure où il est un personnage grossièrement caricatural, il est même plus facile, pour une conscience de gauche, de se confronter à lui, et de le faire exploser en vol, plutôt qu’avec un autre responsable actuel du FN, plus fourbe, qui dissimule davantage ses propositions. Le problème n'est donc pas la présence éventuelle de M. Le Pen père, mais bien l'absence (la dérobade ?) de Mme Le Pen fille. Pourquoi alors ne pas imaginer un débat à trois, où Marine Le Pen viendrait accompagner de son père pour débattre avec le candidat du Front de Gauche. La présence de "papa" pourrait peut-être rassurer la fille ? Je sais que Jean-Luc serait d'accord dans ces conditions. Qu'en pensent la famille Le Pen ? La balle est dans leur camp.

Surtout, quel est le statut exact de Jean-Marie Le Pen dans cette campagne et de cette proposition ? Ce n'est pas très clair. Etait-il admis qui si ce « débat » avait eu lieu, les propos de Jean-Marie Le Pen seraient assumés ensuite par sa fille-candidate ? La réponse est non, puisque sa fille a déclaré immédiatement à la presse que concernant cette proposition, allant à l’inverse de son attitude sur France 2, « n’engageait que son père ». De plus, le père ne voulait pas une confrontation programme contre programme, mais visait, pour venger l'honneur familial, à « enlever le caleçon » de Jean-Luc, ce à quoi ce dernier lu avait rétorqué, avec malice, qu’il arrivait trop tard « car je suis déjà un sans-culotte ! ».

En écrivant cela, je veux être clair, je ne fais pas un distingo entre la fille et le père. Ils constituent un ensemble cohérent, où lui, dit tout haut, ce qu’elle pense tout bas. Soyons direct, mettons fin à une fable, il n’existe pas de désaccord de fond, ni idéologique, ni politique, entre les deux. Dernier exemple, elle ne condamne pas l'hommage de son "président d'honneur" à Robert Brasillach. Pire, hier soir sur TF1, elle l'a assumé avec violence. Elle est donc la continuité de l’œuvre paternelle et n’aurait jamais été élue présidente du FN et candidate si elle ne s’appelait pas « Le Pen » et si son père ne l’avait pas soutenu. Sans lui, elle n’existe pas. Elle est sa créature politique. Le reste est faribole.

Certes, le père a un style un peu différent de sa fille, mais cela ne constitue pas une orientation différente. Ceux qui détestaient le père doivent donc continuer à détester la fille car le discours et le même.

Alors, une fois ceci étant rappelé, est-il nécessaire que Jean-Luc Mélenchon, à sept semaines du premier tour, gaspille son temps d’antenne avec un « non-candidat » pour parler autre chose que des programmes et propositions ? N’est-ce pas là une part de la manœuvre du fondateur du FN qui vise à nous déporter dans un pugilat stérile avec cette "vieille gloire" de l’extrême droite française, cet odieux personnage qui fait encore l’apologie des antisémites et des collaborateurs, pendant que la candidate FN peut se concentrer désormais tranquillement à sa campagne en faisant entendre, sans opposition réelle, ses arguments et propositions ? Pas d’accord. C’est l’inverse de notre stratégie. Enfin, est-il vraiment utile de donner le sentiment qu’il y a un enjeu majeur, pour Jean-Luc, à faire exploser cette baderne de Le Pen, toujours pleine de suffisance et qui transpire la xénophobie et l’antisémitisme ? Je ne le crois pas.

Dans ces conditions, c’est la candidate du FN qui doit d’abord débattre avec le candidat du Front de gauche. Elle se défile car elle a peur, on a bien compris pourquoi, face au notre, son programme vole en éclats. C’est son problème, pas le nôtre. Mais, notre proposition demeure, Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle, est disponible pour un débat avec Marine Le Pen.

Pour le reste, si Jean-Marie Le Pen veut absolument débattre avec un représentant du Front de Gauche, pas de problème. Chiche ! Et avec une grande joie ! Nous sommes nombreux à pouvoir lui tenir tête, et pour ma part j’y suis prêt avec une certaine gourmandise. Je le dis donc clairement : Jean-Marie Le Pen est-il d’accord pour débattre avec moi ? Avis aux amateurs et aux médias que cela pourrait intéresser. Que le caleçon de M. Le Pen se rassure, il ne m’intéresse pas et je n’ai aucun goût pour voir le postérieur ridé de ce raciste haineux. Lui botter le cul politiquement, avec ou sans caleçon, par contre oui, et avec bonheur. Qu’il se rassure enfin à mon sujet, si il était déçu trouvant l’adversaire un peu tendre et pas à son goût puisqu’il avait manifestement aiguisé des arguments anti-Mélenchon, il pourra aussi utiliser contre moi sa diatribe contre le trotskysme (dont moi aussi j’ai été membre), contre le socialisme (j'ai été membre du PS), l’histoire du communisme, etc… Qu’il ne m’épargne donc d’aucune des attaques qu’il comptait envoyer contre Jean-Luc. Face à une telle crapule, comme disait Cyrano de Bergerac : on n'abdique pas l'honneur d'être une cible.

Ma Maxime est la suivante. De la vie politique publique de Jean-Luc Mélenchon, j’assume tout. De celle de Jean-Marie Le Pen, je vomis tout.

Alors, Jean-Marie Le Pen, tu dis quoi ? J’attends ta réponse…

Post-scriptum :

Vous pouvez réécouter l’émission à laquelle j’ai participé vendredi 2 mars sur Beur FM.

 

 

De plus, mercredi 7 mars, je serai l’invité de l’émission de Michel Field sur LCI de 17h00 à 18h00. Et bien sûr, pour tous les parisiens, venez nombreux à notre meeting dans le 20e arrondissement à la Bellevilloise !

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