En apprenant la mort de Marc Blondel ce matin, la secrétaire nationale du PG Raquel Garrido qui travailla 8 ans à ses cotés à l'OIT, et moi-même, avons rédigé le communiqué suivant :

blondel_ac.JPGLa mort de Marc Blondel est une triste nouvelle, pour de nombreux militants ouvriers de France et des syndicalistes monde entier. Cette disparition, suite à dix jours d’hospitalisation, à l’âge de 75 ans, constitue pour nous un choc inattendu car nous avions échangé avec lui tout récemment.

Il ne nous revient pas de raconter l’ensemble de la riche vie militante de cet homme qui était d’abord et avant tout un « militant ouvrier ». Pour des millions de travailleuses et travailleurs français, Marc Blondel restera essentiellement le secrétaire général de la CGT-Force Ouvrière qui joua un rôle majeur, comme artisan notamment de l’unité avec la CGT, lors de la grande grève de 1995 pour refuser la remise en cause de nos droits à la retraite.

1380792_10152280187118754_779926935_n.jpgMarc Blondel était aussi un internationaliste qui s’impliqua fortement à l’Organisation International du Travail (OIT) afin que les travailleurs du monde entier puissent défendre leurs droits et la liberté syndicale.

Une fois qu’il eut quitté le secrétariat général de FO, ce laïque vigilant, devint président de la Fédération nationale de la Libre Pensée et incarna, par sa faconde et son intelligence, cette organisation durant les dernières années de sa vie. Cela nous valut à nouveau de mener ensemble nombre de combats laïques, pour une rue Robespierre à Paris, pour la fin du Concordat en Alsace-Moselle, ou pour un hommage aux « fusillés pour l’exemple » de la première guerre mondiale.

Bien sûr, Marc Blondel n’était pas adhérent du Parti de Gauche. Pour des raisons qui le regardent, il semble qu’il ait maintenu formellement toute sa vie une adhésion au PS. Mais ses jugements sans concession sur l’évolution de ce parti convergeaient avec les nôtres, et même allaient au-delà. Aussi, il entretint jusqu’au bout de son existence des relations toujours fraternelles avec ce que nous entreprenions. En racontant cela, nous ne cherchons pas à « récupérer » Marc, et nous savons qu’il faisait sans doute aussi la même chose avec d’autres organisations. Mais, régulièrement, par des conversations ou des messages, il tenait à donner son point de vue sur l’une de nos campagnes en cours, sur une intervention de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle ou une question stratégique. Lorsque Jean-Luc Mélenchon fut candidat aux élections législatives de 2012, dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, il tint aussitôt à lui apporter publiquement son soutien, pour des raisons politiques et aussi car c’était là qu’il avait grandi. Son expérience de vieux militant ouvrier était toujours enrichissante même si nous n’étions pas toujours d’accord.

20131001_112307.jpgLes hasards de l’existence font que depuis près de 15 ans nous avions construit une proximité particulière et amicale avec Marc Blondel qui habitait le 12e arrondissement de Paris comme nous. Toujours chaleureux, tantôt « taiseux » ou fort en gueule, nous aimions cette grande figure du mouvement ouvrier français, laïque et socialiste de cœur, fait dans un moule qui n’existe plus. Enfin, il manquera une réelle conclusion à nos derniers échanges, interrompus par cette disparition, sur les prochaines élections municipales à Paris. Dommage.

Marc Blondel, le Parti de Gauche te rend hommage et te remercie. A toute ta famille, tes enfants et petits-enfants, et particulièrement à ta compagne Josiane, nous adressons un message d’affection.

Salut à toi, Marc Blondel, militant ouvrier et syndicaliste, défenseur de la laïcité et de la République.

A notre façon, nous continuons le combat qui brula toute ton existence.