jaures_montpellier_petit.JPGHalte à la récupération ! Il est des hommages officiels qui me feraient presque tourner les talons tellement ils sont en fin de compte obscènes et manœuvriers. Le détroussage intellectuel auquel se livre le pouvoir actuel du « personnage Jaurès » est de ceux-là. Je dois dire que le Jean Jaurès en bronze que j'ai salué hier soir dans les rues de Montpellier me semble bien chaleureux que la pensée froide qui est attribuée à l'ancien Directeur de l'Humanité, que je capte ici ou là au hasard de tribune dans des hebdomadaires ou des grands quotidiens du soir.

Franchement, saluer la pensée de Jaurès oui, c'est toujours préférable à la censurer ou l'interdire, mais kidnapper son cadavre pour le porter en sautoir, non ! Mille fois non ! Jaurès par ci, Jaurès par-là, Jaurès en tee-shirt, Jaurès en mug pour boire le café, ….ce dénommé « Jean Jaurès » , quasi inconnu pour moi, ce presque Abbé Pierre sans soutane (encore que l'Abbé Pierre avait des colères légitimes dont le PS actuel est incapable) que François Hollande et Manuel Valls célèbrent avec tant d’arrières pensées politiciennes, au point de dire qu’il aurait voté le pacte de responsabilité, qu’il aurait soutenu l’actuelle Union européenne, n’a rien à voir avec le Jaurès vivant, luttant, interpellant, que je lis et invite à lire, celui dont l'écrivain  Jules Renard disait de belle façon : « Il avait les poings pleines d’idées ». Pourquoi ? D'abord à mes yeux pour une raison essentielle, c’est que durant toute sa vie consciente et militante Jaurès fut avant tout aux cotés de la classe ouvrière, des petits paysans, bref du peuple qui souffrait tant pour enrichir des profiteurs (et qui souffre encore un siècle plus tard, toujours pour enrichir quelques profiteurs devenus plus riches encore) et qu’il n’aurait pas accepté les régressions sociales qui sont aujourd’hui en œuvre. Oui messieurs et mesdames qui fêtez le député de Carmaux avec tant d’emphase, vous qui comme le dit mon ami Jean-Luc Mélenchon « Réveillez les morts pour endormir les vivants », sachez que Jaurès était du côté de la classe ouvrière, inconditionnellement, assurément, passionnément. C’était un lutteur social, en plus d’un intellectuel, républicain, laïque, pacifiste, etc…

Ce lien avec la classe ouvrière en lutte, quasiment plus personne ne le rappelle en ce 31 juillet, jour du centenaire de la mort de Jaurès. Pour ceux qui en auront la possibilité, j’invite à lire le petit recueil de texte que j’ai publié il y a quelques mois aux éditions Bruno Leprince « Lire Jaurès, 14 textes sur la classe ouvrière ». A l’heure des hommages mièvres et bien-pensants, il rappellera ce qu’était la réalité de cet homme, sensible aux débats dans les organisations syndicales, dans l'organisation de la grève...  

Pour l’heure, je vous propose le premier chapitre de son introduction. Mais avant cela, je vous invite aussi à écouter un débat sur le thème « Jaurès récupéré ? » organisé hier soir sur France Culture, face à Christian Paul (député PS) et Bernard Carayon, un élu UMP qui vient de publier un ouvrage provocateur dans lequel Jaurès n’est plus qu’un antisémite, engagé du côté du patronat et des actionnaires, favorable à la première guerre mondiale. Bref, cet élu UMP est une sorte de "Raoul Vaillain de plume" qui l’assassine une nouvelle fois. On peut donc entendre une nouvelle fois notre débat, parfois un peu tendu, en cliquant ici.

Extrait : « Lire Jaurès, 14 textes sur la classe ouvrière » (Editions Bruno Leprince)

jaures_livre.jpg« Il arrive aujourd’hui à la doctrine de Marx ce qui est arrivé plus d’une fois dans l’histoire aux doctrines des penseurs révolutionnaires et des chefs des classes opprimées en lutte pour leur affranchissement. Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu,on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. C’est sur cette façon d’« accommoder » le marxisme que se rejoignent aujourd’hui la bourgeoisie et les opportunistes du mouvement ouvrier. On oublie, on refoule, on altère le coté révolutionnaire de la doctrine, son âme révolutionnaire. On met au premier plan, on exalte ce qui est ou paraît être acceptable pour la bourgeoisie. »

Ainsi débute L’Etat et la révolution rédigé par Vladimir Illich Lénine en 1917. Cette observation, ici à propos de Karl Marx, sur la façon dont la classe dominante récupère et recycle quelques fois de grandes figures révolutionnaires du mouvement ouvrier aurait pu être écrite à propos de Jean Jaurès. Presque un siècle après son assassinat, la mémoire du député de Carmaux bénéficie trop souvent, et ce n’est pas nouveau, de ce traitement si particulier. L’année 2014 en offrira une nouvelle illustration. Nul doute, par exemple, que la majorité de la direction actuelle du Parti domiciliée rue de Solférino s’emploiera à cette occasion, photos de Jaurès en bandoulière, avec une ardeur toute particulière et des moyens considérables, à cette besogne. En pointant cette hypocrisie, car c’en est une, je ne vise pas le militant ou l’électeur PS, je n’accable pas ce que l’on nomme « la gauche du PS », mais je dénonce ceux qui, pétrit de ce qu’il est convenu couramment de nommer le « social-libéralisme », on fait sortir consciemment de son lit, le vieux fleuve de la pensée socialiste. Si l’on y prend garde, l’année du centenaire de la mort de Jean Jaurès, peut être l’occasion d’une nouvelle récupération déconcertante de la part de certains, qui chercheront à justifier, au nom de Jaurès, leurs choix gouvernementaux, pourtant contraires à sa pensée et ses actes.

Il est donc indispensable, pour ceux qui gardent pour objectif la lutte pour le socialisme, de défendre l’œuvre de Jaurès et la cohérence de son engagement. Cela impose d’abord de comprendre et de ne pas effacer le lien fondamental, toujours maintenu par Jaurès durant sa vie, avec la classe ouvrière qui luttait pour son émancipation. Cela impose également de lire Jaurès et de le faire lire, notamment à la jeune génération qui entre actuellement dans l’action politique consciente pour un monde plus juste, pour lui faire saisir combien elle s’inscrit dans la continuité d’un long combat historique.

Un «Vieux» encore jeune, qui avant tout, reconnaissait la lutte des classes

 very_large_116_949_place-jean-jaures.jpgC’est le 3 septembre 1859, que Jean Jaurès naissait à Castres dans le Tarn.  Député de Carmaux, républicain socialiste, grand orateur, laïque défendant la loi de séparation de l’Eglise de l’Etat de 1905, anticolonialiste, patriote internationaliste défenseur de la paix, opposant à la peine de mort, ardent défenseur du droit à la retraite pour les travailleurs, défenseur des luttes ouvrières et des grèves, courageux dreyfusard, historien inspiré de la Révolution française, etc. à l’invocation de son nom, les grandes pages de l’Histoire de la gauche et de la France populaire se tournent tandis que ressurgissent des photos noir et blanc d’un homme de forte corpulence, la barbe vite grisonnante. Dans les dernières années de son existence, ses proches, comme pour d’autres après lui, l’appelaient affectueusement le«Vieux». Pourtant, il a à peine 54 ans quand il est assassiné le 31 juillet 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, dont il sera en quelque sorte le premier mort.

A l’heure où ses lignes sont écrites, plus de 150 ans nous séparent de sa naissance et un siècle de sa mort tragique. Ceux qui seraient tentés de considérer ces années comme une éternité, et de réduire cet homme au rang de glorieux ancien parlant une langue désormais définitivement  morte en seront pour leur frais. Jaurès semble, depuis tout ce temps, non seulement toujours présent, mais même opérer ces dernières temps une sorte de retour en force. Tant mieux. Ceux qui en doutent n’ont qu’à se rendre dans une librairie. Ils y trouveront plusieurs ouvrages à son sujet, publiés récemment, et l’on sait que plusieurs vont paraître prochainement. Lire ou évoquer Jaurès, provoque encore quelque chose d’incomparable, une sorte de promesse non réalisée. Dire son nom dans un meeting et s’en réclamer, c’est attirer l’attention de son auditoire. Ceux qui veulent changer le monde continuent à ressentir qu’il y a dans son œuvre «une théorie qui n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action».

Certes, en un siècle et demi bien des choses ont changé, notamment dans la vie politique et économique de notre pays. Le capitalisme du 21e siècle, et les relations sociales qu’il produit, n’ont plus le même visage que celui de la deuxième moitié du 19e et du début du 20e. Certes. C’est une banalité que de l’écrire. Et pourtant ce capitalisme, est-il moins sauvage, moins brutal ? Nous ne le pensons pas tellement il reste, plus que jamais, violement inégalitaire. On sait que les trois personnes les plus riches de la planète détiennent aujourd’hui une fortune personnelle équivalente au PIB des 58 pays les plus pauvres. En France, de grands retours en arrière sont désormais à l’ordre du jour, comme le droit à une retraite digne pour lequel s’est tant battu Jaurès. Malgré les colossales richesses accumulées et produites si difficilement, par des travailleurs toujours plus productifs et qualifiés, les inégalités prospèrent. On constatait récemment, alors que notre pays compte 7 millions de gens en situation alarmante de pauvreté, que les 500 contribuables français les plus riches ont une fortune additionnée qui dépasse celle du budget de l’Etat et que cette fortune a augmenté de 25 % durant l’année qui vient de s’écouler après avoir quadruplé en 10 ans.  Richesse accumulée d’un coté, pauvreté en hausse de l’autre, voilà le tableau. La part revenant aux salaires, dans la richesse produite qui a pourtant doublé, a baissé de 10 points en 30 ans, au profit de la part revenant au capital. C’est la lutte sociale, et elle seule, qui fait encore pencher, dans un sens ou dans l’autre, la balance du rapport de force social. Ne soyons pas étonné, dans notre pays, comme ailleurs, l’amélioration des conditions de travail des salariés fut toujours la conséquence d’une législation sociale arrachée aux patrons, fruit d’un bras de fer incessant. Rien ne leur a été accordé sans la lutte.

Qui peut donc sérieusement affirmer que les rapports entre les classes, si conflictuels au 19e, se sont fondamentalement modifiés quand on constate que chaque jour, en France, deux salariés décèdent encore à l’occasion d’un accident de travail, ou que bien des militants syndicaux subissent un harcèlement sans relâche ? Les injustices, le chômage, la misère et la précarité, dénoncées avec force par Jaurès ont-elles disparu alors qu’à présent le salaire«moyen»des grands patrons équivaut à plus de 310 fois le SMIC, que des milliers de travailleurs vont subir des plans de licenciements avant la fin de l’année 2013, que 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ? Bref, qui peut sérieusement affirmer que la lutte des classes, cette «lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste qui veut le réduire», comme disait Jaurès, n’a plus lieu d’être ? C’est bien parce que cet homme, ce militant, ce penseur, affrontait des adversaires, toujours les mêmes aujourd’hui et plus puissants que jamais, qu’il semble si actuel.

Un immense héritage… sans testament

discours-de-Lyon-Vaise_lightbox.jpgPour cette lutte, Jaurès a bien légué un héritage politique et théorique. Mais, cet héritage n’est précédé d’aucun testament pourrait-on dire, en paraphrasant le poète René Char. Si la plupart des grandes familles de la gauche s’en réclament encore, avec plus ou moins de force, tout le monde peut constater qu’elles n’y puisent pas la même inspiration et les mêmes enseignements.

Pour le Parti socialiste, on l’a dit précédemment, Jaurès est depuis longtemps «la» référence employée en toute circonstance, souvent à tort et à travers à grand coup de trompette. Les hommages ronflants foisonnent. Léon Blum, à son sujet, évoquait avec emphase un «génie symphonique», un homme comparable à Albert Einstein. Le 21 mai 1981, le Président Mitterrand venant d’être élu, ira fleurir sa tombe au Panthéon. Mais, aujourd’hui, le fil est rompu. Les dirigeants du PS se réclament avec plus d’ardeur de Pierre Mendès-France ou de Jacques Delors que de Jaurès, non sans raison d’ailleurs. Quelquefois encore, son ombre fugitive plane sur les congrès socialistes. Certains, de plus en plus rares, l’évoquent en faisant un effet à la tribune. On vend par habitude quelques-uns de ses ouvrages à la sortie, une «Fondation Jean Jaurès» à l’orientation politique bien éloignée de celui qui lui donne son nom, existe depuis 1992. Mais la lutte de classes, réalité et expression admise comme une évidence par Jaurès, fait sourire ou même est devenu presque un juron. En fait, la créativité dans la lutte et l’audace politique de Jaurès encombrent les sections PS, hormis pour quelques éternels minoritaires qui peinent à se faire entendre. Cédant à ce qui n’est, dans les faits, qu’un tic verbal, lors de la campagne présidentielle de 2012, le candidat François Hollande a tenu symboliquement à faire son dernier meeting à Carmaux. A cette occasion, il a affirmé : « Je me réclame de la synthèse de Jaurès ». Celle disait-il « entre la radicalité et la responsabilité » pour éviter ce qu’il considère « comme les deux périls de la gauche : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ». Drôle de vision des choses. Avec le recul du temps, chacun pourra juger à quel de ces deux « excès » le président de la République actuel a le plus lourdement cédé. A la lumière de ses actes, on mesure la valeur de cette prétendue « synthèse », pratiquement toujours au profit d’un seul camp. Cette synthèse, ou encore « ligne réformiste » sans réforme réelle, n’est en réalité qu’une capitulation face au monde de la finance, de la part celui qui n’aura été son adversaire, verbalement cela va de soi, que le temps d’un meeting de campagne au Bourget. Dans la bouche de Hollande, le mot « synthèse » n’est devenu que le synonyme de « renoncement », ou, pour le dire plus trivialement une astuce pour démobiliser le monde du travail.

Car sinon, comment tolérer qu’un ministre du budget qui se prétendait socialiste, pièce maîtresse de la réalisation du programme économique du candidat Hollande, en l’occurrence Jérôme Cahuzac, ait osé rétorquer le 7 janvier 2013 à Jean-Luc Mélenchon lors d’un débat télévisé : « La lutte des classes, au fond, ça résume notre réelle divergence. Vous, vous y croyez toujours et moi je n’y ai jamais cru. » ? Une telle formule ne peut être effacée par ses seuls mensonges à propos de comptes en Suisse, dont les révélations publiques feront scandales quelques semaines après ce débat. Elle a bien été prononcée par un homme qui représentait alors le gouvernement présidé par François Hollande et sur le coup, aucun des dirigeants du PS ne s’en est indigné. Pire, plusieurs se sont alors félicité bruyamment de la prestation de leur collègue. Pour Jaurès, par contre : « la lutte des classes est le principe, la base, la loi même de notre parti. Ceux qui n’admettent pas la lutte des classe peuvent être républicains, démocrates, radicaux ou mieux radicaux socialistes, ils ne sont pas socialistes. » Et, il va de soi qu’il n’aurait jamais confié la moindre responsabilité gouvernementale, si importante de surcroît, au Cahuzac de son temps.


Alexis Corbière sur Jean Jaurès (France Culture) par lepartidegauche

Et que dire de l’actuelle coqueluche des médias en charge du maintien du système, Manuel Valls ? Dans son livre paru en 2008 (dont le titre est déjà un programme inquiétant par ce qu’il sous-entend)  Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche, il évoque le débat entre Georges Clémenceau et Jean Jaurès à la chambre des députés en 1906. Valls profite de cette controverse célèbre pour assumer que ses préférences personnelles vont vers le président du Conseil Clemenceau, et ses « cathédrales républicaines », plutôt que Jean Jaurès et ses « palais de fééries ». Concrètement, il ne propose pas une lecture nouvelle des débats entre socialistes et radicaux au début du siècle, ce qui aurait pu être stimulant, mais choisit un prétexte pour dire que les socialistes doivent rompre encore plus profondément (est-ce possible ?) avec leurs traditions, leurs réflexes, leur mémoire, et s’inventer un nouveau passé… pour préparer un futur toujours plus soumis à l’ordre établi. D’abord, il faut sans doute faire un rappel. De quoi est-il question dans ce fameux débat de 1906 ? Les mineurs se sont mis en grève, après la catastrophe de Courrières. Onze cent victimes environ, catastrophe nationale qui pose le problème de la sécurité, du profit et des vies humaines. Vingt mille soldats sont envoyés dans le Nord-Pas-de Calais pour reprendre le contrôle de la situation. C’est le moment qui voit Clemenceau, ex champion de la gauche radicale et ardent dreyfusard, se muer en « premier flic de France ». En ce même printemps 1906, Clemenceau devient briseur de grèves  et mate un mouvement social chez les postiers : ces fonctionnaires ne sauraient avoir le droit de faire grève, bloque le déploiement syndical du 1er mai en plaçant Paris dans une sorte de « petit état de siège » (45 000 soldats contrôlent la capitale avec de nombreuses réquisitions militaires) tandis que le secrétaire général de la CGT, Griffuelhes, est arrêté et poursuivi pour complot contre la sûreté de l’État, en compagnie de quelques militants monarchistes. C’est en opposition à cette attitude nouvelle de la part du pouvoir radical, qui tranche en tout cas avec celui des années du Bloc des gauches, que s’insurgent Jaurès et ses camarades. Jaurès n’est pas du côté des nuées et des vues générales. Il défend des radicalités concrètes. Certes, il a un projet d’ensemble pour la société, il croit alors en la nécessité de la socialisation de la propriété, mais c’est aussi un homme de réalisations, de réforme, d’action quotidienne… Il l’a prouvé, dans l’affaire Dreyfus, et tout récemment en contribuant largement au vote de la loi de séparation des Églises et de l’État, sans doute même plus utilement que Clemenceau. Il demande pour l’heure une autre politique sociale : les retraites ouvrières et paysannes, l’impôt sur le revenu, etc. Qu’importe pour Valls, tout cela n’est que « palais de fééries » (décidemment, quel mépris que cette formule) et entre les travailleurs en lutte et la répression policière, il choisit, même avec le recul de l’histoire, la deuxième option. Et c’est cet homme qui a été choisi pour être ministre de l’intérieur par François Hollande ! Il est des hommes pour qui la référence au passé explique souvent l’action du présent. Et quant à nous, nous restons attachés à l’idée que quand l’ordre est injuste, le désordre est parfois le début de la justice.