Ce matin, j’étais l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Ce dernier avait tenu à me faire réagir suite à quelques déclarations la veille de Florian Philippot vice-président du FN cherchant à capter à son profit la possible et souhaitable victoire de nos amis de Syriza en Grèce. Ici l’imposture intellectuelle est totale et j’ai tenu à la faire éclater au micro de Bourdin. A vous de me dire ce que vous pensez du résultat.

A la sortie de l’émission, le quotidien Libération m’a posé trois questions sur le même sujet. Vous trouverez, après la vidéo de mon émission matinale, mes réponses que vous pouvez également lire sur le site en cliquant ici. Ce sera l'occasion pour vous de me découvrir dans une très belle photo où je suis toute gueule hurlante, dans une exaltation totale, ce qui est bien sûr totalement innocent de la part de ceux qui l'ont choisi.


Alexis Corbière invité de J-J. Bourdin (RMC) par lepartidegauche

Interview parue dans Libération.fr

Secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière conteste le «brouillage idéologique» tenté par le Front National, qui dit soutenir les partis de la gauche radicale en Grèce ou en Espagne, tandis que Marine Le Pen s’est félicitée sur son blog de la «victoire du peuple» et de «la gifle infligée au candidat de l’Union européenne» à l’élection présidentielle grecque. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon rappelle aussi qu’en 2011, le FN soutenait le Laos, un parti d’extrême droite allié aux socialistes du Pasok dans un gouvernement d’union nationale.

Que vous inspire la récupération de Syriza et Podemos par le Front national ?

On ne va pas les lâcher... Le Front national veut faire oublier qu’il n’y a pas si longtemps, en 2011, son soutien en Grèce était le parti Laos [«Alarme populaire orthodoxe», ndlr] dont deux députés avait été nommés ministres dans un gouvernement d’union nationale dirigé par les socialistes du Pasok ! Parmi ces ministres, on trouvait Makis Voridis, avocat très proche de Jean-Marie Le Pen et «ami» de plusieurs membres du comité central du FN. Voridis avait participé au mouvement pan-européen lancé par Bruno Gollnisch. En applaudissant Syriza, Florian Philippot et Marine Le Pen veulent faire oublier cette histoire. Ils veulent faire oublier que leurs soutiens ont participé à ce gouvernement d’union nationale. C’est de l’instrumentalisation.

Ça leur permet aussi de jouer le parti du «peuple» contre ceux de «l’oligarchie»...

Mais justement,  en Grèce, les partenaires du FN ont été du côté de l’oligarchie et du système pour «mater les rouges» qu’étaient déjà Syriza ! Et puis je ne suis pas sûr que M. Philippot soit d’accord avec le programme de Syriza sur l’immigration : «facilitation du regroupement familial», «facilitation de la naturalisation des immigrés et notamment de leurs enfants», «suppression de toute limitation à l’accès à la santé publique et à l’éducation pour les migrants», «nationalisation de tous les enfants qui naissent en Grèce ou qui y sont arrivés à un jeune âge», «nationalité automatique après sept ans de présence»... On est très loin de la préférence nationale portée par le Front national ! Et je ne parle pas de leurs positions sur l’Europe ou l’euro qui sont différentes.

Quel intérêt le FN a-t-il alors à venir sur le terrain adverse ?

Ils créent de la confusion idéologique et espère en tirer bénéfice. Le FN n’est pas pour le partage des richesses, il est contre une grande réforme fiscale. A nous de porter la contradiction idéologique lorsque le FN tente ce brouillage politique.