Mon agenda médiatique à propos des élections législatives en Grèce :

  • Dimanche 25 janvier, je serai sur I Télé de 19h à 20h invité par Audrey Pulvar

  • Dimanche 25 janvier, je serai sur BFM TV de 23h à 23h15 invité par Christophe Hondelatte

  • Lundi 26 janvier, je serai sur LCP de 19h30 à 20h30 invité par Arnaud Ardouin

    _____________________________________________

Alexis_syriza.jpgCe dimanche donc, tous les peuples d’Europe doivent avoir les yeux tournés vers la Grèce et le résultat des élections législatives (qui commenceront sans doute à être connu vers 22h en France). La Grèce une nouvelle fois a rendez-vous avec l’Histoire. Je répète si c’est nécessaire que nous soutenons sans réserve nos camarades et amis de Syriza. A cet instant, je repense notamment à une réunion internationale à laquelle j’avais participé en 2003, à une époque où la formation d’Alexis Tsipras , présent à cette réunion qui avait eu lieu à Athènes,se nommait encore Synapismos et ne dépassait pas les 3 % aux élections. A partir de ce groupe, et avec d’autres, s’est formée la coalition Syriza. Alexis n’était alors même pas député, puisqu’il sera élu une première fois au parlement en 2009 et la social-démocratie (le PASOK en Grèce) moquait avec arrogance ce leader de la gauche radicale. Que de chemin parcouru depuis une dizaine d’années ! Le futur succès de Syriza démontre que dans la période trouble que nous traversons, la fermeté et la cohérence politique sont récompensées. Que chacun médite là dessus. A présent, Syriza doit gagner. Plus leur score sera ample, et particulièrement s'ils obtiennent seuls une majorité à l'Assemblée, plus ils pourront mettre en œuvre leur programme électoral demandé par le Peuple grec.

Beaucoup de choses ont désormais déjà été écrites. Pour peut être reverser des arguments peu ou pas assez entendus dans le débat public, je (re)publie d’abord sur ce blog un appel que nous avions lancé début janvier (et qui fut publié dans la presse) dénonçant les pressions exercées sur le peuple grec. Avec d’autres, j’étais le signataire de ce texte.

De plus, je publie également un excellent article de mon camarade Pierre-Yves Cadalen (Le martyre du peuple grec) qui décrit avec clarté la situation et les enjeux du vote de dimanche.

Dimanche, nous sommes tous avec le peuple grec, nous sommes tous avec Syriza !

 


Troïka basta! Rendons la démocratie à la Grèce!

(texte collectif publié dans Médiapart)

syriza_tsipras.jpgUnion européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider !

Dans un contexte où les mauvais coups se multiplient en Grèce (corruption de députés, désinformation, restriction des libertés démocratiques…) pour empêcher la victoire possible du mouvement de gauche Syriza aux élections législatives prévues le 25 janvier, voilà que le FMI annonce la suspension de son « aide » et que le commissaire européen à l'économie, Pierre Moscovici, s'adresse directement aux électeurs grecs pour leur dire dans quel sens voter. Jean-Claude Juncker, président de la Commission  européenne, déclare quant à lui qu'il « n'aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir » à Athènes. En Allemagne, le ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, réaffirme au passage qu'il n'y a « aucune alternative » aux réformes conduites en Grèce. Les agences de notation commencent à menacer de dégrader – est-il encore possible ! – la note de l'économie grecque. Dans la presse européenne, on s'emploie à diffuser la peur du changement afin de dissuader les peuples de l'Union de se tourner vers des formations politiques progressistes proposant le même type de rupture économique que Syriza.

Il est vrai qu'une victoire de Syriza en Grèce pourrait remettre en cause pour l'ensemble de l'Union européenne les politiques d'austérité imposées par la Troïka (banque européenne, commission européenne et FMI) aux peuples contre leur volonté : comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, ne passe plus l'injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d'un modèle social qui permettait d'atténuer les maux du capitalisme et de pointer qu'une autre logique est possible. Devant cette menace pour leurs intérêts – l'exemple islandais les inquiète encore – les serviteurs de la finance en Europe sont prêts à tous les chantages pour confisquer la démocratie en Grèce et ailleurs. Eux qui laissent museler les libertés dans la Hongrie de Victor Orban au nom du respect du suffrage universel trouvent cette fois légitime de s'ingérer dans la vie politique intérieure d'un État : la préservation des intérêts des banques et des multinationales leur est plus importante que la défense des libertés !

C'est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd'hui martyr de l'austérité, de décider souverainement de son avenir. Nous, citoyens et citoyennes d'Europe, exigeons des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu'elles cessent immédiatement leurs pressions indignes. Ce n'est pas aux institutions européennes actuelles et à la finance de dicter aux peuples ce qu'ils doivent voter ! L'austérité est un choix politique qu'ils doivent pouvoir rejeter démocratiquement ! Nous faisons chorus avec les dirigeants de Syriza pour dire que le problème de la Grèce est celui de toute l'Europe et que ce qui s'y joue pourrait sonner le début d'une nouvelle aventure européenne.

Nous, citoyens et citoyennes d'Europe disons au peuple grec : n'ayez pas peur, comptez sur nous, nous sommes à vos côtés. Notre Europe n'est pas la leur ; elle est la vôtre.


Le martyre du peuple grec

(de Pierre-Yves Cadalen, publié dans l'hebdomadaire A Gauche)

617031-france-parti-de-gauche-europeennes.jpgIl est une souffrance que nous partageons tous avec nos camarades grecs, avec le peuple grec tout entier : celle de voir depuis des années leur pays ravagé par l’incurie des dirigeants et la cruauté sans limites de la Troïka, Commission et Banque Centrale européennes, Fonds Monétaire International. La stupidité et l’injustice des politiques d’austérité apparaît avec un éclat dont les reflets ternes et sans gloire ne sont que l’image pathétique et révoltante d’une classe dominante prête à tout pour sauvegarder les intérêts du capital financier. La lutte du peuple grec pour la démocratie et pour la fin du délire dans lequel il a été plongé est notre lutte. Pour la mener et en saisir toute la nécessité, il faut approcher de près l’horreur de ce dernier.

De crépuscule sans fin à nuit sans répit

Cette carence démocratique patente ne date pas de 2008 et du déclenchement de la crise, mais se trouve en amont dans l’histoire contemporaine de la Grèce. Depuis 1974 et la chute de la dictature des colonels, l’alternance sans aucune possibilité d’alternative a constitué le quotidien politique du peuple grec : Nouvelle Démocratie et PASOK se partagent un pouvoir placé sous le signe de la croyance fanatique dans le libre marché et les miracles de la concurrence. Le Président de la Banque Centrale grecque résume cet état d’esprit lorsqu’il écrit en 1974 que « seules les conditions de la libre concurrence peuvent assurer l’accumulation accélérée du capital, le progrès technologique et l’amélioration du niveau de vie ». Les Grecs savent désormais ce qu’il en est. En 2009, Georges Papandréou, membre de la famille historique de la social-démocratie grecque, parvient au pouvoir. L’espoir suscité dans le pays s’essouffle vite lorsque la prévision de déficit public est réévaluée, qui passe de 6% à 12,7%. Et pour cause : la Banque Goldman Sachs, lors du passage à l’euro, avait camouflé une partie de la dette grecque, notamment sous la direction de l’actuel Président de la BCE, Mario Draghi, en poste de 2002 à 2005.

Politiques obscures de la Troïka

L’avènement de ce que nous appelons le martyre du peuple grec correspond à la crise de 2008 et à sa prolongation invraisemblable au travers de politiques pro-cycliques, qui ne faisaient qu’empirer les souffrances du peuple grec. En effet, les politiques de la Troïka ont eu un effet tangible et catastrophique : prolonger la crise en saignant les Grecs sans pitié. Georges Papandreou, dans un élan démocratique, demande en 2011 que les plans d’austérité soient soumis à référendum : la Troïka s’essuie les pieds sur ces bonnes intentions, et il l’accepte sans protester. Ce n’est pas un seul plan d’austérité qu’ont eu à subir les Grecs, mais onze entre 2010 et 2013. Leurs conséquences sont dévastatrices, leur inefficacité et leur injustice évidentes. La dette – que ces politiques ont pour seule et unique préoccupation de réduire – passe de 113% du PIB en 2008 à 174,9% en 2014, alors qu’elle augmente légèrement en valeur nominale sur la même période : autant dire que ces remèdes tuent le malade, que ces solutions miraculeuses détruisent en réalité la richesse productive du pays. De 346 milliards de dollars en 2008, le PIB s’effondre à 282 milliards en 2012. Mais il ne faut pas uniquement en rester à ces indicateurs qui à d’aucuns peuvent sembler abstraits : le chômage est passé de 12,6% en 2010 à 27,5% en 2014. Ce n’est pas seulement l’inanité des politiques menées qui apparaît ici, mais également les centaines de milliers d’êtres humains subissant cette course absurde vers le néant. Baisse des pensions, réduction drastique des salaires des fonctionnaires, salaire minimum diminué sans vergogne : dans ces conditions, nul n’est surpris que la confiance des citoyens en leurs gouvernements connaisse une chute vertigineuse – en la matière, la Grèce passe de la 78ème à 106ème place mondiale entre 2009 et 2014. Un tel contexte a profité à Aube Dorée, parti néonazi qui infiltre la police grecque de façon préoccupante : il porte bien mal son nom, ce parti aux couleurs de l’obscurantisme le plus noir. La folie de la Troïka – très rationnelle du point de vue des intérêts qu’elle défend – présente donc des conséquences pour le moins désastreuses. Deux personnes par jour mettent fin à leur vie à cause de ces bourreaux bureaucratiques.

Un horizon d’espoir : Syriza

648x415_image-archive-precedente-rencontre-21-mai-2012-entre-jean-luc-melenchon-alexis-tsipras-leader-gauche-radicale-grecque-etoile.jpgLa longue nuit néolibérale, heureuse expression du Président Correa, qui convient tristement à l’Europe de nos jours, peut cependant prendre fin : un horizon bouscule la grisaille habituelle, nos camarades de Syriza peuvent l’emporter. Seule force politique à avoir compris la bêtise profonde que constituerait la continuation de la politique de la Troïka, elle souhaite reprendre la main sur le bien le plus précieux d’un peuple : la souveraineté. L’accès gratuit à tous les services publics de santé et d’éducation, l’électricité gratuite jusqu’à 3600Kwh par an, le relèvement des petites retraites, la réduction des tarifs des transports publics, l’abrogation de la taxe foncière non progressive, sont autant de mesures qui permettent de répondre à l’urgence de la crise humanitaire provoquée par le cyclone libéral. Mais, surtout, condition sans laquelle nulle politique révolutionnaire ne serait possible, nos camarades souhaitent annuler la majeure partie de la dette détenue par le mécanisme de stabilité européen après l’établissement d’un moratoire. Quant au reste, elle sera restructurée en vue de relancer l’activité économique du pays. Syriza exigera également le paiement par l’Allemagne de la dette qu’elle conserve envers la Grèce depuis la Seconde Guerre Mondiale : celle-ci s’élève à 168 milliards d’euros. Un plan de relance de 12 milliards d’euros permettra au peuple grec de retrouver l’air qui lui a été enlevé ces dernières années : parmi les mesures essentielles figure le rétablissement du salaire minimum antérieur aux saignées successives, soit 751 euros par mois. Outre ces mesures économiques, Syriza souhaite revivifier une démocratie en berne : référendum d’initiative citoyenne, initiative législative populaire et droit de vote et d’éligibilité accordés aux immigrés vont participer de l’amplification de la participation du peuple grec trop longtemps bafoué. L’égalité des droits pour les homosexuels est également au programme.

Nous souhaitons de toutes nos forces qu’advienne le changement tant espéré, première brèche dans les politiques mortifères menées partout en Europe. La lumière peut nous venir d’Athènes. Le PG a toujours soutenu Syriza dans les diverses campagnes que cette force amie a mené, tout particulièrement pendant les deux élections législatives de 2012. Comme le dit justement Alexis Tsipras : « Le changement nécessaire en Europe commence ici en Grèce, et gagnera progressivement toujours plus de pays ».