J'ai également répondu hier soir à une interview pour le journal Marianne que je vous retranscris ci après :

Marianne : Syriza vient de remporter largement les élections législatives anticipées. Qu'est-ce que cette victoire signifie pour vous ?
Alexis Corbière : Evidemment, c’est une très bonne nouvelle. C'est un moment historique pour la Grèce et pour l’Europe. Pour tous ceux qui aspirent à plus de justice sociale, ceux qui veulent en finir avec l'austérité et pensent qu’une autre orientation est possible. La victoire de Syriza est la démonstration même que nous pouvons prendre les choses en main et mener d’autres politiques. C’est la démonstration que c’est possible. C’est un moment historique que nous vivons et qui claque comme un coup de tonnerre en Europe.  

Vous y voyez nécessairement un encouragement pour le Parti de gauche et, plus largement, pour le Front de gauche...
Evidemment et pour plusieurs raisons. D’abord, je me rappelle notre voyage en Grèce avec Jean-Luc Mélenchon en 2003. Nous étions allés à Athènes voir l’expérience Syriza. A l’époque, ils faisaient moins de 3%. Ça illustre bien le chemin parcouru, la nécessaire patience qu’il faut avoir lorsque l’on s’engage sur ce chemin. Cette victoire a bien sûr une résonnance avec notre travail en France. Nos amis grecs nous montrent que c’est possible. Ça nous conforte évidemment dans la nécessité de creuser notre sillon, de rassembler tous ceux qui refusent les politiques néolibérales. Nous regardons ce magnifique exemple qui vient renforcer les espoirs de notre famille politique. La victoire de Syriza, ce n’est pas simplement une victoire grecque, même s’il faut les féliciter, mais une victoire de tous les peuples européens qui croient en un autre possible. Tout cela est très intéressant.

Jean Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, a estimé que les positions de Tsipras étaient « plus proches de celles de François Hollande que de celles de Jean-Luc Mélenchon ». Le « Alexis Tsipras vainqueur » est soudainement très populaire...
C’est bien sûr une farce. Dans ce genre de moment, les leaders politiques disent beaucoup de bêtises. Tsipras n’a rien à voir avec un Monsieur Le Guen qui, je le rappelle, est un proche de Pierre Moscovici qui est allé en Grèce pour prévenir les Grecs qu'il ne fallait pas voter pour Syriza. Pour reprendre les mots d’un autre, la défaite est toujours orpheline et la victoire a toujours cent pères. Ceux qui voulaient absolument éviter que Tsipras n’arrive au pouvoir ne peuvent pas se réclamer de lui aujourd’hui. Heureusement Monsieur Le Guen ne représente pas l’ensemble du PS, car au sein du parti les lignes sont en train de bouger. Je me félicite par exemple que Guillaume Balas soit venu à notre meeting pour soutenir Syriza ainsi que le député Pouria Amirshahi. Il y a aussi ce tweet de Benoît Hamon qui se réjouit de cette victoire. J’espère que cet événement historique aura des conséquences au sein du Parti socialiste et qu'il va renforcer l’idée qu’il faut rassembler tous ceux qui veulent en finir avec les politiques d’austérité.
Syriza au pouvoir va évidemment être confronté à un grand défi, c’est ce qui est passionnant. Il va falloir les soutenir contre ceux qui vont vouloir leur faire barrage en Europe comme la chancelière Angela Merkel. Car ils pourraient se satisfaire que la Grèce s’émancipe seule du carcan européen. Mais ils ont peur que le cas grec fasse tache d’huile et qu’il y ait un effet domino. Ce sera ça l’enjeu, les soutenir et faire en sorte que cette victoire ne soit pas la seule...