url.jpgHier soir, sur France 2, Robert Ménard, le Maire de Béziers élu grâce au soutien de Marine Le Pen et du FN,  a assuré, qu’il connaissait le nombre exact d’élève de confession musulmane dans les écoles de sa ville.

Selon lui, il serait 64,9 %,  affirmation précise qu’il peut faire, dit-il, grâce aux « chiffres de ma mairie ».

En France, les statistiques ethniques et religieuses sont pourtant, rigoureusement interdites. A cela, Ménard a répondu «Je sais que je n’ai pas le droit mais on le fait…»

Quelques heures plus tard, sans convaincre, la Mairie de Béziers a essayé de démentir l’existence de ce fichier établissant une religion supposée des enfants.

Mais alors, d’où viennent les chiffres approximatifs que le Maire assène sur les plateaux télé ? Existe-t-il à Béziers des employés de mairie ou des élus qui passent leur temps à additionner tous les prénoms des enfants pour leur accoler une appartenance religieuse ? Le Maire exige-t-il cela des services municipaux en contradiction avec la loi ? Pour quel objectif ? Font-ils de même pour les autres religions supposées ?

A Béziers, les difficultés de beaucoup d’habitants, comme sur le territoire de la République, sont essentiellement la pauvreté et la précarité. Ce n’est pas la religion réelle ou supposée d’enfants en fonction de leurs prénoms, qui posent des problèmes, mais bien les conditions sociales dont lesquelles ils vivent.

Face à de telles déclarations publiques, et de tels comportements, qui remettent notamment en cause les Droits fondamentaux des enfants, un gouvernement ne peut rester inactif. Il doit faire respecter le droit et pourrait initier la procédure prévue à l’article L 2122-16 du CGCT qui permet de suspendre voire de révoquer le Maire. D’autres possibilités existent.

De son côté, le Parti de Gauche soutient sans réserve la saisine de la CNIL qui va être déposée par l’un de ses militants, parents d’élèves et contribuables biterrois, afin qu’enquête soit menée et que cesse l’utilisation anticonstitutionnelle d’un tel fichier.