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Mot-clé - Arnaud Montebourg

lundi, 14 novembre 2011

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Moscovici et Montebourg : nouveaux convertis et nouveaux chiens de garde de M. Hollande !

mosco_montebourg2.jpgHier, dans le JDD, mon ami Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle a donné une longue interview, très dense et de grande qualité, sur la crise économique, la situation politique, et les insuffisances programmatique pour battre la droite et Nicolas Sarkozy, de celui qui sera le candidat du PS : François Hollande. Lisez là. Pour illustrer les faiblesses, et les dangers de la stratégie du candidat socialiste (tel que je l’avais d’ailleurs écrit à ma façon quelques jours plus tôt sur le plus de Nouvel Obs), Jean-Luc Mélenchon a choisi, parmi plusieurs démonstrations, une métaphore humoristique : « A gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans les saisons des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande ? ».

Depuis, quel sidérant bal d’hypocrite de la part de responsables socialistes ! Hier, sur Radio J, Pierre Moscovici, futur Directeur de campagne de M. François Hollande, a affirmé que les propos du candidat de Front de gauche « serve la droite et l’extrême droite ». Pffeu ! C’est donc tout ce qu’il a à dire sur le fond ? Ces arguments d’autorités qui visent à faire taire toutes critiques entre forces de gauche, sont éculés et n’honorent pas leur auteur. Ce genre de phrase n’est qu’une nouvelle version, à peine plus civilisée, du « vote utile ». La consigne de Moscovici ressemble à : silence dans les rangs, sinon vous êtes des alliés des adversaires. Au passage, il refuse de se prononcer sur notre « offre publique de débat » qui date de plus de deux mois désormais.

Et bien moi, je dis ras-le-bol de cet argument. Ces équipes ont déjà mené trois fois la gauche à la défaite à l’élection présidentielle (1995, 2002, 2007), elles ont fait élire trois fois la droite et même l’extrême droite au second tour, et elles se permettent encore de faire la leçon avec une certaine arrogance sur ce qui fait « le jeu » de la droite et l’extrême droite ? Faut-il rappeler également que François Hollande était Premier secrétaire du PS durant 10 ans et donc premier responsable d’au moins deux de ses défaites ? Quelles conclusions politiques en ont-ils tiré ? Aucune. Ils proposent toujours la même ligne, les mêmes recettes… qui risquent d’avoir les mêmes conséquences.

13675_une-montebourg-moscovici3.jpgD’autant qu’en matière de lutte contre l’extrême droite, M. Moscovici devrait se montrer modeste. Faut-il rappeler ses déclarations du 8 mars 2011 ? Il expliquait alors, sur la chaîne Public Sénat, qu’il ne soutenait pas M. Hollande, mais préférait celui qui était alors Directeur du FMI. M. Moscovici avait alors affirmé « seul Dominique Strauss-Kahn est celui qui peut nous éviter un nouveau 21 avril ». Quelle clairvoyance ! On connaît la suite.

Ce matin rebelote sur France Inter ! Cette fois-ci, c’est Arnaud Montebourg qui s’y colle. Bien silencieux depuis un mois, si critique contre Hollande durant la primaire, il remonte sur le cheval pour cogner le Front de Gauche. Désormais soutien bien terne de François Hollande, sur lequel il ne semble exercer aucune influence idéologique, il se permet de tancer Jean-Luc Mélenchon en disant qu’il ne doit pas critiquer François Hollande : « Il ne peut pas se transformer en une sorte de Georges Marchais qui voudrait faire échouer la gauche 30 ans après. C'est à dire multipliant les attaques contre le seul candidat en mesure de battre Nicolas Sarkozy ». Rien que ça. Cette attaque est d’une faiblesse politique affligeante et Arnaud, si brillant parfois, devrait avoir honte. Que signifie ce terme péjoratif de « une sorte de... » à propos de celui qui, secrétaire général du PCF, obtenait 15,35 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 1981. Sans ces voix, et l’appel à voter François Mitterrand au second tour, aucune victoire de la gauche ne fut possible. Alors pourquoi utiliser ainsi le nom de l’ancien secrétaire général du PCF comme une insulte.

Arnaud Montebourg est aussi bien mal placé pour donner ce genre de leçon. En regardant la vidéo ci après, vous verrez comment en 2002, M. Montebourg considérait que « le programme de Lionel Jospin, c’est celui de François Bayrou, le candidat du centre-droit, mais en moins bon ».

En 2007, il affirmait sur Canal + que le principal défaut de Ségolène Royal, candidate du PS, c’est son compagnon : François Hollande. Il ajoutait aussitôt : « je croyais vous faire rire ! ». Aujourd’hui, il dit l’inverse, et n’a plus le même goût pour l’humour. M. Montebourg devrait surtout, pour sa part, éviter de devenir « une espèce de Guy Mollet ». Vous connaissez ?

C’était un dirigeant socialiste des années 50, à la rhétorique très à gauche dans l’opposition et finalement sans consistance réelle, une fois au pouvoir. Pour être utile aux belles idées qu’il a défendues durant la primaire, souvent empruntées au Front de Gauche, M. Montebourg devrait éviter de se donner pour rôle de gardien de plage devant le pédalo de M. Hollande. Comme on le constate avec MM. Moscovici et Montebourg, c’est souvent chez les nouveaux convertis que l’on retrouve les plus zélés chiens de garde du catéchisme officiel. Je prends les paris qu’aucune de ces attaques hypocrites ne feront reculer le candidat du Front de Gauche. Sans concessions, débattons sur le fond. C’est la condition pour battre Sarkozy !

dimanche, 9 octobre 2011

oct. 11
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Sur la primaire socialiste : bravo Arnaud Montebourg ! Et autres commentaires sur différents sujets….

primaire_0_0.jpgAvec 2 millions de participants à leur primaire, à l'heure où j'écris ces lignes, peut-être plus (2,5 millions ?) les socialistes ont réussi leur opération. Mais, la vraie surprise c’est le score d’Arnaud Montebourg : 17,2 % ! La troisième position. Bravo à lui et à ceux qui ont voté pour ses idées !

Cela démontre de façon éclatante une grande disponibilité dans l’électorat socialiste pour de belles propositions, nos idées : des ruptures radicales, la lutte contre la mondialisation libérale et le partage des richesses. Je m’en réjouis. Ce résultat est logique. C’est Montebourg et les thèmes qu’il a porté qui auront vraiment politisé ces six semaines de débats. Sans eux, ces primaires furent un échec. Cela s’est vu plusieurs fois sur le terrain. Son accueil lors de la Fête de l’Humanité lorsque Montebourg nous a rendu visite était symptomatique. C’est lui qui a illustré un lien, durant les débats entre les 6 candidats, avec ce que nous représentons. Il en a été récompensé car il a fait de la po-li-ti-que. Qu'on se le dise, être de gauche, cela paye !

Autre illustration : avec 40 500 exemplaires de son livre « Votez pour la démondialisation » qui ont été vendus Montebourg écrase François Hollande qui lui n’a vendu que 3 800 du sien « Le rêve français » et Martine Aubry 10 000 exemplaires de son « Pour changer de civilisation ».  Tout cela démontre un certain climat qui flotte dans le pays. J’insiste donc. Le score de Montebourg est un signe supplémentaire du succès de nos idées communes. Le fond de l'air est rouge ! Au passage à propos de livre, je rappelle que c'est celui de Jean-Luc Mélenchon qui surnage nettement au dessus du lot de tous avec près de 70 000 exemplaires de « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Cela devrait faire réflechir ceux qui sont hésitants.

Réjouissons-nous. Le score de Montebourg ce soir est donc un succès indirect du Front de gauche ! La VIe République, la planification écologique, la bataille pour juguler la finance, en finir avec l'Europe libérale, c'est le Front de Gauche !

Pour le reste, concernant le deuxième tour, ce sera l’ancien Premier secrétaire du PS (38,9 %) contre la nouvelle (30 %), voilà le match de dimanche prochain. Classique et attendu. Et si finalement, l’autre surprise sur ce point, c’est qu’il n’y a pas de surprise. De plus, cette semaine risque d’être très difficile entre Martine Aubry et François Hollande. L’affrontement va être rude, âpre, rugueux. Je crois fini le temps des échanges courtois. Nous verrons…

DSC00243.JPGAvec plus de 2 millions de participants, les socialistes ont évité l’échec qu’ils auraient pu craindre il y a quelques mois. Ils s’en sont donnés les moyens matériels et financiers. Nul ne doit oublier que le seul budget utilisé pour la primaire socialiste est de 3 millions d’euros, soit celui dont le Front de Gauche disposera pour toute la campagne électorale jusqu’à avril 2012. Ceci explique un peu cela. Plus de 2 millions de participants ce n’est bien sûr pas négligeable, mais faut-il rappeler que le système institutionnel de la Ve république (avec lequel 5 candidats sur 6 à la primaire propose de continuer) offre au PS la quasi-totalité de la représentation parlementaire de l’opposition, 21 Régions sur 22, la majorité des municipalités des grandes villes, la présidence du Sénat, etc… donc la participation fut significative, mais par rapport à la force de frappe actuelle et les positions électorales dont dispose le PS c’est un résultat logique.

5 millions de personnes avaient regardé les débats de la primaire à la TV et moins de la moitié ont fait le choix de se déplacer aujourd’hui. L’envie de chasser Sarkozy est forte. Ceci en est une nouvelle illustration, mais il en est d'autres : les mobilisations sociales, la dynamique du Front de gauche, etc.

Toutefois, je rappelle qu’il y a plus de 44 millions d’électeurs. C’est à eux qu’il faudra s’adresser demain.

Certains socialistes affirment au soir de ces primaires : « Désormais, plus rien ne sera comme avant ! ». Vraiment ? J’en conviens, après la faillite de l’affaire DSK, les socialistes ont amélioré leur image dans une fraction du peuple de gauche. Tant mieux. Il n’est pas bon que la gauche soit assimilée à une telle mésaventure sordide. Mais après ? Cela durera combien de temps ? L’effondrement vertigineux de Ségolène Royal, qui avait tout balayé en 2006 lors de la désignation socialiste, démontre la fragilité de ce genre de victoire. Nous vivons l'heure des changements brutaux et rapides. Aucun dirigeant socialiste ne dispose d'un socle solide et réellement profondn contrairement aux apparences de ce soir. Un choc peut tout faire effondrer. Les vainqueurs du jour devraient s’en souvenir. Les électeurs de gauche ne sont la propriété de personne.

Désormais, de quelles manières les rapports de forces internes à la mouvance socialiste exprimés ce dimanche vont se reporter sur la suite ? Mystère.

rdv_montebourg.jpgCar je reviens à la grande surprise du soir, c'est-à-dire le bon score réalisé par Arnaud Montebourg. Il le mérite. C’est lui qui a politisé ces primaires (et aussi Manuel Valls à sa manière). Mais, cela aura quelle conséquence à l’avenir ? Du point de vue de la représentation politique de la « ligne Montebourg » qu’en sera-t-il demain ? Un exemple. A part Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, seuls deux députés socialistes ont fait le choix de soutenir Montebourg alors que le groupe socialiste en comprend 149 à l’Assemblée nationale, c'est-à-dire 2,6 % ! N’est-ce pas l’expression flagrante d’un décalage avec leur électorat et les attentes du peuple de gauche ?

Je prends un autre exemple pour illustrer cela. Là où je milite, dans le 12e arrondissement de Paris, le Maire de Paris Bertrand Delanoë, les deux députés, la Maire d’arrondissement et la quasi-totalité des élus socialistes et le secrétaire de section ont tous appelé à voter Aubry. François Hollande n’avait aucun supporter et Montebourg quasiment rien. A l’arrivée, voilà le score dans le 12e: Martine Aubry obtient 36 %, François Hollande 33 % et Arnaud Montebourg 18 % ! Cela aura-t-il une conséquence sur l'avenir ? Les rapports de force vont-ils changer au sein du PS local ? Et ailleurs en France ? J'en doute.

Mais, sinon, à quoi sert cette consultation ? Visait-elle seulement à désigner un candidat(e) en faisant fi du fond, du débat politique ? Je pense que cette primaire signifie la mort du PS dans sa dimension militante… Que va-t-il naître demain ? Un « monstre politique » aux contours encore floues est en train de poindre. Ceux qui se réjouissent ce soir, en ont-ils mesuré toutes les conséquences ? Pas sûr.

Autre victime de la soirée : les instituts de sondages. Les résultats de cette primaire démontrent qu'il ne faut pas écouter les sondages, il faut d'abord et avant tout voter pour ses idées. Sans calculs ni arrières pensées en refusant les pseudos "vote utile". C'est une bonne nouvelle !

Plus que jamais, ma conviction est que seul le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et ceux qui seront candidats lors des élections législatives peuvent permettre de redonner de la clarté au débat, ils seront la voix des sympathisants socialistes qui ont votés Montebourg et beaucoup d’autres. Le résultat de ce soir nous conforte. Car soyons clair : les primaires passent, le Front de gauche reste et l'élection présidentielle c'est en avril 2012 ! Vous avez aimé Montebourg ? Vous adorerez le Front de gauche !

Un piètre ralliement à Mme Le Pen…

Je change de sujet. Le lecteur me pardonnera de ce "coq à l'âne" mais en raison de nombreux déplacements en provinces (Besançon, Dax, etc..) ces derniers jours, j'ai pris du retard sur ce blog. Toutefois, il est quelques point sur lesquels je voulais m'exprimer. Je vais donc aborder différents sujets que j'aurai dû publier plus tôt. Merci de votre indulgence si vous trouvez cela trop long...

 le-pen-nice.jpgContrairement à qu’elle veut faire croire, j’ai la conviction que la campagne de Marine Le Pen patine. Le choix du lieu de son QG national est assez symptomatique (lire l’article surle site du PG). Les ralliements publics qu’elle exhibe dernièrement sont de piètre nature : un avocat opportuniste, un chroniqueur de Radio Courtoisie un temps proche de Philippe de Villiers, un has been de la droite parisienne, etc. Le plus récent est un co-secrétaire du département de Paris du MRC (le parti de Jean-Pierre Chevènement). Sans lui faire injure, cela reste toute de même une bien maigre prise, d’abord puisque c’est seul qu’il fait cette démarche. Il n’était pas une figure du MRC et Chevènement a dit de lui « je ne l’ai pas croisé depuis 10 ans ». C’est un peu méchant j’en conviens, et aussi un peu curieux comme remarque puisque cela sous entendrait que depuis 10 ans le président du MRC ne croise pas sa direction parisienne. Etonnant.

Ce monsieur ex MRC se nomme Bertrand Dutheil de la Rochère et se présente comme un intellectuel (il est l’auteur d’un ouvrage sur les civilisations occidentales). Il a rédigé une longue « lettre aux Républicains de gauche » dans laquelle il explique pourquoi il rejoint le FN et ce qu’il pense des autres forces de gauche. On s’attendait donc à ce qu’il détaille pourquoi il ne rejoint pas le Front de Gauche (comme des centaines d’ex MRC avant lui). J’attendais, pour comprendre son raisonnement tortueux, une critique du programme du Front de Gauche, un commentaire sur notre progression électorale (10,38 % lors des dernières cantonales), etc. Bref, qu’il nous dise ce qui le tient à distance de la grande force républicaine et de gauche que nous construisons depuis deux ans. Déception. L’opinion de Monsieur Dutheil de la Rochère  sur le Front de Gauche et son candidat tient en une ligne, la voici : « Enfin, les restes du Parti communiste tentent désespérément de survivre en se mettant à la remorque d’un politicien issu de la même secte trotskyste que Lionel Jospin. » Point final. Bigre ! On a envie de dire « C’est tout ? C’est un peu court jeune homme. On pouvait dire, oh Dieu, bien des choses en somme »… Mais notre homme, tout aristocrate qu’il soit,  n’a pas la verve de Cyrano de Bergerac. Il en restera là. Quel naufrage. Militer des années au MRC, pour finir dans les rangs d’un parti d’extrême droite antirépublicain et n’avoir rien d’autre à dire que ce genre d’imbécillités sur le Front de Gauche est assez affligeant. Cet homme est brisé intellectuellement. Son ralliement au FN n’est rien d’autre qu’une aventure individuelle d’un homme qui a perdu toute cohérence…Cela ne représente rien socialement. Le FN de Marine Le Pen n’arrive toujours pas à construire ce qu’il prétend. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

DSC00241.JPGMais, plus généralement, cette dérive individuelle surprenante est aussi l’expression d’une faillite politique de l’équipe qui est restée fidèle à Jean-Pierre Chevènement. Intellectuellement, l’homme reste respectable. Mais politiquement où va-t-il ? Que pense-t-il du Front de Gauche ? Pourquoi ne vient-il pas nous soutenir ? En refusant depuis deux ans de clarifier les choses à ce sujet Chevènement entraîne son parti dans une impasse et le disloque mois après mois. Son entourage le plus lucide l’a bien compris. Sa candidature virtuelle, par voie d’affiche dans les rues parisiennes, est un leurre à l’image d’autres faux candidats qui profitent de la période préélectorale pour se faire une petite notoriété. Elle ne vise qu’à essayer d’avoir le plus de poids pour soutenir demain le candidat socialiste dès le premier tour en échange de quelques circonscriptions. C’est maigre. Aucun esprit combattant ne peut accepter cette logique. Beaucoup d’ex MRC nous ont rejoint, d’autres soutiennent publiquement François Hollande (et d’ailleurs ont été exclus du MRC) enfin, comme on l’a vu il en est même (mais ils se comptent sur les doigts d’une main) qui vont vers le FN. La politique aillant horreur du vide, c’est logique. C’est cela qui produit des trajectoires comme celle de ce Monsieur de la Rochère.

Petit commentaire personnel pour clore ce point. L’OCI (Organisation Communiste Internationaliste) insultée par ce monsieur, dans laquelle Jospin ou Mélenchon ont milité il y a quelques décennies n’était pas dans les années 60 et 70 une « secte trotskyste ». J’y ai aussi fait mes classes politiques il y a 20 ans. Rude organisation certes, mais c’était aussi une belle école de formation par laquelle est passée des dizaines de milliers de militants qui structure la gauche et la vie intellectuelle aujourd’hui. Pourquoi ainsi la salir sottement ? De plus, on rejoignant le FN de Mme Le Pen et particulièrement le groupe animé par l’avocat Gilbert Collard, M. de la Rochère devrait se méfier d’utiliser cet unique argument indigent… Pour l’heure, je n’en dis pas plus.

Un titre nauséabond pour un livre incohérent…

9782259215992.jpgUn curieux livre a été publié ces derniers jours. Ecrit par le journaliste du Nouvel Observateur, Hervé Algalarrondo, il porte un titre provocateur que je n’aime pas : « La gauche et la préférence immigrée ». Ce choix de titre produit déjà un malaise par sa volonté de provocation à des fins marketings. Qui peut dire sérieusement qu’il existe dans notre pays, de la part de la gauche et des pouvoirs publics qu'elle dirige (notamment des Mairies), une préférence concrète et matérielle pour les immigrés ? Affirmer une telle chose, relèverait de l’ignorance ou de la mauvaise foi. Le FN fait commerce sur ce thème depuis 30 ans. Aujourd’hui, un journaliste du Nouvel Obs aussi. Toutefois, dans son introduction M. Alagarrondo est obliger de reconnaître : « Il n’est évidemment pas question ici de les présenter comme des nantis de la société française, des privilégiés. La plupart d’entre eux figure parmi les plus démunis. Etre d’origine étrangère, africaine en particulier, est tout sauf un bonus dans la France d'aujourd'hui". Certes. Mais alors, pourquoi ce titre qui laisse comprendre l'inverse à celui qui n'en verra que la couverture ?

Cette contradiction exprime la tonalité générale de ce livre. Ce dernier explique par moment des choses exactes, mais en les mêlant à des propos confus. Personnellement, comme Alagarrondo, je suis d’accord pour dire qu’une certaine gauche a abandonné le peuple et particulièrement la classe ouvrière dont elle se désintéresse de ces conditions d’existences. Pour cela, l’auteur reprend à son compte un mot forgé par le conseiller de Nicolas Sarkozy, l’ancien directeur du journal d’extrême droite Minute Patrick Buisson : la « prolophobie ». C'est-à-dire la détestation des ouvriers. Sujet, sur lequel le Président de la République en connaît un rayon.

Pourquoi aller chercher dans la droite ce mot et ce jugement ? A gauche aussi, beaucoup n’acceptent plus que l’on méprise le peuple, qu’on ne le montre jamais, qu’on refuse de l’entendre, qu’on le caricature…C’est, par exemple, ce que le PG répète depuis sa naissance en 2008. C’est pourquoi j’ai quitté le PS, avec beaucoup d'autres, pour participer à la création du Front de Gauche.

Ce livre s’en prend aussi dans un chapitre au « think thank » Terra Nova, animé par le socialiste proche de DSK Olivier Ferrand (qui d’ailleurs a généralement les faveurs des pages du Nouvel Obs) qui a effectivement écrit des propositions absurdes. Le livre d’Agarrondo les démonte avec pertinence. Dans une note récente de Terra Nova, il est proposé que la gauche « abandonne » la classe ouvrière et se concentre sur les classes moyennes en saupoudrant son activité d’un soutien moral aux problématiques des français issus de l’immigration. Le PG a critiqué bien des fois cette orientation politique qui mènera systématiquement la gauche à la défaite. Les partisans de ces thèses se nichent pour l’essentiel dans la direction du PS. L’auteur de ce livre qui fustige correctement Terra Nova, a du mal a pousser sa critique jusqu’au PS. Par contre, il prend pour cible avec véhémence le philosophe Alain Badiou, un ultra gauche ex maoïste aux positions très minoritaires (il considère que le quinquennat de Sarkozy est un pétainisme). C’est évidemment une cible facile. Les positions de M. Badiou additionnées à celle de Terra Nova ne peuvent être considérée comme celles de « la gauche » tout entière.

Mais, surtout, l'auteur doit admettre que défendre les immigrés qui sont majoritairement des ouvriers s’est aussi défendre la classe ouvrière. Pourquoi le nier ? Là, le lecteur ne comprend plus.

DSC00244.JPGEnfin comble de l’absurdité, en conclusion de son ouvrage, Hervé Algarrondo s’en prend…à Jean-Luc Mélenchon ! Comprend qui peut. M. Alagarrondo affirme : « Comment peut-on s’en prendre au FMI d’un coté, présenté comme « l’affameur des peuples » par Jean-Luc Mélenchon, et d’autre part avancer des solutions qui, si elles étaient mises en œuvre, aboutiraient, en l’espace de quelques semaines, à mettre la France sous tutelle du FMI ? » (p. 142). Il ajoute qu’il faut « affirmer par exemple que François Chérèque est plus à gauche que Jean-Luc Mélenchon. Le secrétaire général de la CFDT a obtenu du gouvernement Raffarin, en 2003, que les salariés ayant commencé à travailler très jeunes puissent partir à la retraite avant 60 ans. » « Chérèque a bien mérité de la gauche. Jamais Mélenchon. Pour faire croire à son utilité il en est réduit au mensonge. » (p. 143).

Cette charge gratuite contre le candidat du Front de gauche,  qui fait sa conclusion, décrédibilise et invalide définitivement le reste des pages précédentes. Après avoir critiqué la gauche « bobo » qui oublie le salariat, l’auteur nous propose de nous ranger derrière la direction de la CFDT qui soutenait le plan Fillon sur les retraites alors qu’une grève générale secouait le pays, ou alors derrière les plans du FMI. On se pince ! Faire travailler plus longtemps les salariés, tourner le dos à un autre partage des richesses, accepter l’austérité budgétaire, mépriser des millions de salariés qui font grève, voilà la ligne du journaliste du Nouvel Obs. N’est-ce pas une autre façon de mépriser le salariat que de défendre cette orientation ? C’est une autre forme de « prolophobie » traitant de « menteurs » tout ceux qui veulent une autre gauche, qui en ont assez de perdre contre la droite.

Plutôt que de chercher à faire sensation et à vendre quelques livres avec un titre racoleur et nauséabond, Hervé Alagarrondo devrait faire preuve d’humilité et s’interroger sur la responsabilité de la gauche qu’il défend dans son hebdomadaire semaine après semaine, plutôt que de nous insulter de la sorte. Cela pourrait faire un prochain livre : « La gauche et la préférence de la rigueur budgétaire »….

Tarifs sportifs à Paris : les protestations des élu-e-s PG ont été entendues !

DSC00165.JPGJe voudrais souligner une victoire que je considère avoir remporté dans mon activité d’élu parisien lors du dernier Conseil de Paris de septembre. C’est une nouvelle illustration de l’utilité de l’existence d’élus membres du PG, sans eux la gauche n’est pas la même. Grâce notamment à mon intervention publique (appuyée par celle de ma camarade Danielle Simonnet), le projet de réforme des tarifs de locations des équipements sportifs a été abandonné. La Ville de Paris voulait multiplier par quatre les tarifs payés par les clubs pour la location des stades, piscines, gymnases, etc… Pour le Parti de Gauche, cette hausse n’était pas acceptable. Nos arguments, relayés dans la presse, ont été entendus et la délibération a été retirée de l’ordre du jour du Conseil de Paris.

Nous resterons vigilants pour qu’elle ne soit pas soumise à nouveau à l’avenir. Nous sommes favorables à toute réforme visant à rendre les subventions en direction des clubs sportifs plus justes et bien sûr plus substantielles. Le mouvement sportif en a besoin. Le faible coût actuel des équipements sportifs à Paris n’a rien de choquant et dans beaucoup de municipalités Front de Gauche, les équipements sportifs sont gratuits pour les clubs. A Paris, si des inégalités existent entre arrondissement et clubs, concernant les aides publiques, elles doivent être corrigées, mais on n’acceptera pas une hausse de tarifs frappant tout le mouvement sportif dans le but de renflouer les finances de la Ville. Si des redéploiements financiers doivent être faits, il serait bon de s’interroger sur l’aide actuelle de la Ville aux grands clubs professionnels, comme celle du PSG et de la reporter sur les clubs parisiens engagés dans le sport de proximité. Affaire à suivre…

Post scriptum :

La Riposte… soutient le Front de Gauche. Dont acte.

DSC00175.JPGDans mon billet précédent, j’ai montré du doigt le courant communiste La Riposte que je considérais d’une manière indirecte responsable de la petite provocation montée contre le Front de Gauche lors de la Fête de l’Humanité. La Riposte m’en a fait reproche sur son site. Je l’ai lu. Le militant qui interpelle Jean-Luc Mélenchon devant les caméras de Canal +, n’est pas connu des dirigeants de la Riposte. Dont acte. Je me suis trompé. Message reçu, je veux bien les croire. Je me félicite surtout que dans leur réponse, la Riposte affirme soutenir le Front de gauche. C’est une belle et bonne nouvelle. Surtout, je ne veux pas polémiquer avec ces militants. Ils sont utiles au combat, ils en prennent leur part. J’ai eu tort de les taquiner un peu en disant qu’ils avaient vendu un peu moins de 300 de leurs revues alors que 50 000 Programmes du Front de gauche ont été vendu pendant 3 jours. Dans ma vie militante, j’ai aussi milité dans des groupes où nous nous réjouissions de vendre quelques dizaines d’exemplaires de nos publications. Et puis, vendre des textes de Léon Trotsky quand on est au PCF dénote d’un certain caractère que je ne peux que saluer…

Le Front de gauche vit, lui seul est porteur d’avenir. Il s’élargira dans les mois qui viennent.