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Mot-clé - Christine Lagarde

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dimanche, 3 juillet 2011

juil. 11
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Premier meeting du candidat Mélenchon : pour le bonheur et la liberté !

« L’homme est né pour le bonheur et la liberté et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être ; et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de la rappeler à ses véritables destinées. »

Maximilien Robespierre, 10 mai 1793

Mes amis savent pourquoi j’ouvre ce billet par des propos empruntés au grand Maximilien Robespierre. Depuis la semaine dernière, mon temps, en grande partie, fut occupé à défendre publiquement les raisons de ma demande de rue à son nom dans la capitale. Activités futiles ? Non. Je n’ai pas apprécié, suite à mon vœu au Conseil de Paris de juin, les moqueries de la droite et aussi des élus socialistes. J’ai ainsi adressé une lettre ouverte au Maire de Paris (reprise à le JDD) et publiée, sous une forme légèrement modifiée dans le Monde (daté du 28 juin). Elle a été remarquée. De nombreuses lettres amicales de soutiens me sont parvenues (et quelques unes d’indignations). France culture et d’autres médias en ont parlé. Merci à eux, j’en suis très fier. J’attends la réponse de Bertrand Delanoë. Viendra-t-elle ? Je vous la ferai connaître si elle me parvenait. Je considère que cette dimension idéologique et mémorielle, indispensable pour une conscience de gauche république et sociale, fait aussi partie du mandat que m’ont confié les électeurs parisiens. En faisant cela (parmi d’autres choses), je ne les trahis pas. Du moins, ils jugeront lors des prochains rendez-vous électoraux. Ils approchent. Je répète une fois de plus, que selon moi, parler de ce passé, c’est, d’une certaine façon, parler aussi de notre présent.

Je reviendrai dans un prochain billet sur les raisons de mon attachement à la défense des grandes figures de la Révolution, que ce soit Robespierre, Marat ou Saint-Just et bien d‘autres conventionnels sans lesquels notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Je ne supporte pas la lecture thermidorienne de la Révolution française, imposée par François Furet et ses épigones, qui semble l’emporter aujourd’hui, y compris au sein de la gauche dite « socialiste ». Aux responsables du PS qui ricanent sottement de ma demande, mais qui ne cessent de se réclamer de Jean Jaurès aux tribunes de leurs congrès, je les renvoi à ce qu’écrivait ce dernier dans son Histoire socialiste de la Révolution française publié en 1903. « Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’il a à ce moment toute l’ampleur de la Révolution est en lui ». L’ont-ils lu ? Si oui, pourquoi l’ont-ils oublié ?

Devant le spectacle ridicule du mariage d’opérette, que l’on a pu voir hier à télé, d’un prince falot d’une cité corrompue qui doit essentiellement sa fortune au blanchiment d’argent sale, je dis que les magnifiques idéaux proclamés en 1789 et en 1793 gardent toute leur actualité. Dois-je rappeler qu’il existe encore 47 pays (sur 191 au total) dans le monde à connaître des monarchies au pouvoir ? Personnellement, je trouve cela indigne. Suis-je ringard ? Un monarque, même quand son mariage est commenté par Stéphane Bern, reste un tyran ou un parasite. En 2011, moi je reste un républicain conséquent, donc un homme de gauche, fier de me réclamer de ceux qui, il y a plus de 200 ans, ont brisé une des plus anciennes monarchies. Ils ont donné un exemple pour le monde.

meeting29-6.jpgIl est temps de parler du présent. Premier meeting de campagne présidentielle, place Stalingrad à Paris (et Métro Jaurès !) mercredi 29 juin, et premier succès, car soyons franc, la soirée du 29 nous a comblé. Combien étions nous ? 5 000 ? 6 000 ? 6 5000 ? Plus peut être. Qu’importe après tout. Cette arithmétique n’est qu’anecdote. Une chose est sûre il y avait foule : le Front de Gauche est la seule force en capacité, à la veille de ces vacances d’Eté, d’organiser une telle démonstration de force autour du candidat qu’il présentera à l’élection présidentielle de 2012. C’est de Jean-Luc Mélenchon que je parle. Il fut à l’occasion de ce meeting à la hauteur de l’évènement. Je n’en doutais pas. Mais quelle satisfaction de le voir, une nouvelle fois, franchir ces haies (toujours plus hautes) sans difficultés. La politique est un sport de haut niveau qui nécessite une santé irréprochable. Qu’on se le dise donc, Jean-Luc tient la forme ! Son discours abordait avec finesse et poésie (et oui !) toutes les facettes de la campagne que nous allons mener : la magnifique union de notre Front , le salut aux luttes sociales sans lesquelles rien n’est possible et la dédicace à tous ceux qui luttent (et qui sont ceux qui vivent comme disait le grand Hugo), l’indispensable partage des richesses au cœur de la pensée de gauche, l’urgence écologique qui nécessite une planification, la nécessaire refondation pour une 6e République et la rupture notamment avec le présidentialisme, et une grande, très grande, ambition pour le peuple de France qui peut ouvrir une nouvelle fois la voie à tous les peuples du monde qui souffrent du désordre libéral… J’en passe encore. Les thèmes sont encore nombreux. J’invite chacun à écouter et réécouter ce discours. Avant lui, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait enflammé l’assistance. Mais aussi Clémentine Autain, Christian Piquet, Danièle Obono, Lucien Jallamion et quelques autres qui avaient bien commencé cette soirée. Sur la tribune, Marie-George Buffet était là. Sans elle, rien n’aurait été possible.

Des journalistes m’interrogent à la fin. Est-ce là le « nouveau » Mélenchon ? Plus calme, plus posé ? Plus « gaullien » me dit même l’un d’entre eux ? Hé, hé, je m’amuse un peu intérieurement de cette dernière comparaison. « Gaullien » celui qui veut rompre avec la Ve République ? Que répondre ? Non. Je ne crois pas. Ce n’est pas vers cette direction qu’il faut regarder. Et puis Jean-Luc n’a pas changé. Tout reste en cohérence. La question est biaisée. Mes amis journalistes qui s’interrogent ainsi, ce sont laisser piéger. L’homme qui parle à la tribune mercredi soir en goûtant chacun de ses mots avec un débit certes un peu inhabituel (mais ce n’est pas la première fois) sait à quel moment de la campagne nous nous plaçons : la ligne de départ. C’est aussi le « candidat Mélenchon » qui sait que la politique est un art d’exécution où chaque situation nécessite que l’on s’adapte au plus proche de ce qu’elle est. Cet homme depuis plus de 15 ans que je le connais ne peut être décrit par un seul trait de pinceau. « Forte tête et fort en gueule », lui, l’intellectuel raffiné amateur de lecture et de silence ? « Dirigeant à poigne et individualiste », lui qui n’aime rien de plus que convaincre et rassembler ? Chacun des petits portraits dressés pendant des mois par différents journalistes étaient en réalité erronés. Cela est apparu mercredi soir. A la tribune, il fut lui-même. Et puis, un meeting de masse n’est pas un plateau télé. Une conversation avec des salariés en lutte n’est pas une polémique avec un butor payé pour ridiculiser un homme de gauche qui ne capitule pas. Un candidat à une élection présidentielle porté par un large front doit désormais donner le meilleur de lui même.  Ainsi est Jean-Luc Mélenchon : complexe, sensible, profond et riches de ressources. L’homme de la rue dira, constatant tous ses talents : « il a du coffre ». Oui. L’épaisseur intellectuelle du personnage apparaîtra au fil des mois de la campagne. Je le sais. Une force collective inédite, le Front de Gauche, au premier rang duquel le PCF et ses militants jouent et joueront un rôle indispensable, le portera jusqu’au bout. J’ai confiance donc. Tout est possible dans cette campagne ! Faites passer le mot : tout est possible si nous sommes la voix claire et distincte de tous ceux qui veulent vivre mieux, qui veulent plus de bonheur et de liberté.

Une fois le discours de Jean-Luc Mélenchon terminé, l’internationale a retentit, puis la Marseillaise. Un de mes voisins, dans la foule, tique en entendant ce chant. Cet hymne, ici ? Il se trompe. La Marseillaise, ce chant révolutionnaire interdit sous l’Empire et la Restauration, est à nous, le peuple de gauche. La France, la vraie France, révolutionnaire et généreuse, c’est nous. Le Front national est étranger à l’Histoire profonde de notre pays (et je dirais même Sarkozy). Il n’est que l’héritier de ceux qui n’ont jamais aimé la passion d’égalité portée inlassablement par le peuple de ce pays. J’insiste, la Marseillaise est à nous. Un dernier exemple qui l’illustre superbement. En 1971, à l’occasion du Congrès du Parti socialiste Chilien du Président Salvador Allende, les congressistes ont chanté, avec des paroles en espagnol, l’hymne de leur parti : la Marseillaise. La dictature l’interdira après le 11 septembre 1973. Pour tous ceux qui veulent changer le monde et le rendre plus juste, la Marseillaise leur appartient. Ne la laissons pas entre les mains des ennemis irréductibles de la France républicaine ou de ceux qui ont honte du plus grand révolutionnaire de 1793.

Un dernier mot sur Christine Lagarde et Dominique Strauss-Kahn. La première, nommée à la Direction générale du FMI, a démissionné officiellement de son mandat d’élue du 12e arrondissement. Ouf, enfin. J’ai dit et répété que je trouve scandaleux qu’elle n’est pu venir une seule fois au Conseil d’arrondissement du 12e en 35 séances. Elle affirmait vouloir changer les codes de la vie politique française. Quel baratin ! Elle s’est moulée dans les pires comportements de ceux qui ne tiennent pas la parole donnée à leurs électeurs. Mais, surtout à son sujet, je suis sidéré de lire que son élection au FMI est due essentiellement à l’administration américaine de M. Barak Obama qui sait qu’avec cette dame les intérêts de la super-puissance seront bien défendus. Belle illustration au passage que le débat impulsé par le FN et l’UMP sur les prétendus problèmes posés par la double nationalité est une fumisterie. On peut être étranger et participer à la grandeur (sociale et politique) de la France, et on peut être français et défendre les intérêts financiers d’une grande puissance étrangère. Mme Lagarde en atteste. Son élection n’est donc pas une bonne nouvelle pour la France. Cette dame sera une adversaire à toute politique de gauche mené par un gouvernement français, si en 2012 nous chassons Nicolas Sarkozy.

Concernant Dominique Strauss-Kahn, comme tout le monde, je ne sais rien sur la vérité de l’affaire qui le concerne. J’ai déjà écrit que je souhaitais au fond qu’il soit innocent tellement cette histoire est glauque. Mais, je suis stupéfait de constater qu’il suffit qu’une femme, travaillant dans un hôtel pour un salaire modeste, ait menti sur les raisons pour lesquelles elle a voulu immigrer aux Etats-Unis et qu’elle ait téléphoner à un homme en prison, pour qu’elle ne soit plus prise au sérieux par la justice. Elle s’est interrogée au téléphone sur les bénéfices financiers qu’elle pourrait tirer de cette affaire ? Mais qui n’aurait pas fait de même ? Elle a continué son travail avant de signaler son agression à ses collègues ? Soit. Et alors ? Qu’est-ce que cela change sur le fond ? En réalité, pour l’instant rien. Pour le reste, j’attends banalement que la justice fasse son travail. Je signale une dernière fois que je considère que même si DSK est coupable, il est indigne que toute sa vie privée soit étalée au grand jour (comme celle de Mme Diallo d’ailleurs) et qu’il risque 75 ans de prison, soit la peine capitale. Affaire à suivre, comme on dit. Mais comment ne pas ressentir une forme de dégoût devant ce feuilleton sordide ?

Le peuple de gauche attend autre chose : l’égalité, le bonheur et la liberté. La vie douce quoi.

mercredi, 29 juin 2011

juin 11
29

Depuis 2008 à Paris 12e, le « F.M.I. » de Mme Lagarde fut un « Faux Mandat Indemnisé »...

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Le Conseil d'Administration du FMI vient de désigner son prochain Directeur général. Sans aucune surprise, dans la mesure où elle était soutenue par les Etats-Unis, Mme Christine Lagarde a été nommée à ce poste.

Pour assumer cette fonction, il va de soi qu'elle va abandonner son poste de Ministre des Finances, et qu’elle va démissionner enfin de l'unique mandat électoral qu'elle ait eu à exercer : celui de Conseillère de Paris du 12e.



A ce sujet, je tiens à rappeler la façon dont elle s'est comportée pendant plus de 3 ans.

DSC07115.JPG Depuis mars 2008, en 35 séances dans le 12e arrondissement, hormis la séance d'inauguration, elle n'est jamais venue. Sa chaise est toujours restée vide. Et, au Conseil de Paris, elle fut l'élue la plus absente, au mieux quelques heures chaque année, à tel point qu'elle fut sanctionnée conformément au règlement de cette assemblée.

Elle avait pourtant répété avant d'être élue : « je siègerai, quoi qu'il arrive ». Mensonge.

Elle a, de plus, toujours méprisé mes nombreuses demandes de démissions, raillant ce qu’elle nommait mon « inélégance », répétant : « je suis très attachée à ce mandat, je l'exercerai jusqu'en 2014 ». Mensonge encore.

Et pourtant, comme tous les autres élus, elle percevait tous les mois une indemnité de Conseillère de Paris de 3 000 euros nets par mois. Pour Mme Lagarde, ces 3 ans furent une sorte de « FMI : Faux Mandat Indemnisé », inutile pour les parisiens qui lui avaient fait confiance.

Je rappelle donc que j'ai dénoncé souvent ce comportement car j’ai considéré qu’il risquait de jeter un discrédit sur tous les élus parisiens, de droite comme de gauche, qui essayent d’exercer leur mandat sérieusement.

Finalement, ce comportement de Mme Lagarde m’apparaît comme une illustration d’un manque de respect élémentaire de la souveraineté populaire et de la démocratie.

Pour être Directrice du FMI, ses défauts ont été vus comme des qualités. Qui sait ?

dimanche, 12 juin 2011

juin 11
12

La force du Front de Gauche... et "l'élégance" de Christine Lagarde

reunion1206-1.jpgVoilà une semaine que je n'ai pu publier un billet sur mon blog. Ce n'est pas faute d'évènements importants à raconter. Mais, les tâches se sont accumulées et l'un de mes ordinateurs a rendu l'âme. Pourtant, quelle que soit l'échelle à laquelle j'observe la situation, les choses avancent dans la bonne direction. A l'échelle locale de mon militantisme par exemple, il y a l'incontestable succès militant de notre réunion de quartier sur le logement, que nous avons organisée dans le 12e arrondissement mardi dernier. Les photos qui illustrent ce billet le démontrent (merci à Jean-Louis O.). Plus de 70 personnes attentives présentes, une discussion et des témoignages passionnants. Objectif réussi.Et surtout, tout cela donne envie de continuer. Cette réunion, qui doit beaucoup aussi à mes camarades du PCF 12e, je pense notamment à mes deux collègues et amis élus Nicolas Bonnet et Catherine Vieu-Charrier (mais il y a aussi tous les autres, Michèle, Stéphanie, Bernadette, etc..) et à mes camarades pégistes du 12e, démontre que les propositions du Front de Gauche, ce soir là présentées par la sénatrice Nicole Borvo suscitent l'intérêt dans la population. Bah, simple réunion de quartier, diront certains. Pas seulement. Ce succès entre en résonance avec des décisions plus importantes.

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Car, parallèlement, et particulièrement lors de la conférence nationale du Parti communiste français qui a eu lieu à Montreuil les 5 et 6 juin, des choses déterminantes concernant l'avenir du Front de Gauche ont eu lieu. Je considère que l'orientation politique majoritaire est plus que satisfaisante, malgré quelques commentaires grinçants que j'ai pu lire ici ou là. Qu'importe. Laissons les râleurs professionnels râler... Moi, je ne boude pas mon plaisir et mesure l'importante de chaque étape. Je n'aime pas le comportement blasé de ceux qui ont tout vu et tout prévu à l'avance. Ce n'est pas mon cas. Je doute à chaque instant de la vie politique (mais le marxisme n'est-il pas le doute méthodique ?) et ne pense jamais que les choses soient acquises avant que véritablement elles ne le soient. Alors, 63,5 % des délégués communistes qui votent pour une candidature Front de gauche à la présidentielle de 2012 portée par Jean-Luc Mélenchon, c'est un évènement considérable. Je ne doute pas qu'il sera confirmé par le vote des 18 et 19 juin prochain. J'ai même désormais la conviction que la grande majorité des communistes sont attachés au Front de Gauche. Ils ont compris que cette alliance politique inédite, ne signifie en rien l'affaiblissement du PCF. Bien au contraire.

Bien sûr, sur ce point, tout le monde n'est pas d'accord au sein du PCF. Normal pour un grand Parti de masse. Le contraire serait inquiétant. Par exemple, un responsable de la section du 15e arrondissement de Paris, nommé Emmanuel Dang-Tran se présente également pour être candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il est, sur le plan professionnel, je crois, assistant parlementaire d'une sénatrice communiste. Ce militant se jette dans le débat avec une certaine fougue, sans doute pour mieux se faire entendre pense-t-il. Je ne lui reproche pas. Cet homme défend ses idées, et il est tout à l'honneur des communistes que le PCF permette que toutes les voix internes puissent être écoutées. J'avoue toutefois sourire un peu à la lecture de certains de ses arguments qui caractérisent l'engagement de Jean-Luc Mélenchon comme du "gauchisme institutionnel". Hi, hi, hi... La formule m'amuse. Cette oxymore loufoque est sans doute faite pour cela. Elle me rappelle la rhétorique un peu raide des groupes étudiants d'extrême gauche dans les années 70. Je croyais ce style oratoire à présent réservé aux fêtes de Lutte Ouvrière. Et bien non... En un seul mot, une seule formule mordante, il s'agit de faire mouche, quitte généralement à singulièrement caricaturer la réalité. Mais, le "Mélenchon bashing"  un peu lourdaud de ce camarade n' en reste pas là. Dans la foulée, viennent d'autres attaques d'Emmanuel Dang-Tran toujours plus mordantes ( et même singulièrement méchantes) contre Jean-Luc et mon Parti. Ouvrez les oreilles, oyez, oyez.  Mélenchon serait en fait un "aventuriste", quelqu'un qui ne ferait "rien qui permette de faire vraiment reculer la politique au service du capital" et j'en passe... Bref, pour l'essentiel un homme dangereux pour la gauche, un adversaire politique du PCF. Aouch...Rien que ça. Nous voilà habillé pour l'hiver. Bon, bon... M. Dang-Tran croit-il vraiment à ses propres outrances ? Moi, franchement, je ne crois pas. C'est, je pense, un homme intelligent qui tord le bâton pour être visible. Classique. Mais bon, est-ce à la hauteur des enjeux réels de la période ? Collectivement, quel intérêt  ? Strictement aucun.  Surtout quand, de concert avec le "sympathique" député du Rhône André Gérin, homme toujours nuancé, il traite Jean-Luc, et j'imagine toute la direction du PG, de "maastrichien". Bing ! Voilà un propos plein de mesure, non ? "Maastrichien" Mélenchon, levez vous ! Les procureurs Dang-Tran et Gérin ont prononcé la sanction... Plus sérieusement, est-ce à dire que le camarade Dang-Tran considère sérieusement que nous défendons encore le Traité de Maastricht ? Sait-il que le TCE que nous avons combattu vigoureusement et publiquement en 2005 (ce qui je l'espère a été remarqué aussi dans le 15e arrondissement de Paris, bastion ouvrier où milite ce camarade) comprenait également le Traité de Maastricht de 1992 ? Nous serions donc en quelque sorte des serpents à la langue fourchue, des traitres à double face, des "maastrichiens opposés au Traité de Maastricht", ce qui tout de même est une espèce assez curieuse, non ?  Franchement, qui mord encore à ce genre d'hameçon ? Qui peut être percuté par ce genre de formule à l'emporte pièce, plus faite pour flétrir que pour convaincre ? Bien peu. Tous les communistes que je connais ne réagissent pas aux claquements de ces coups de fouets simplistes. Ils veulent des arguments, pas des slogans sectaires.

Pour le reste, il est exact qu'il y a près de 20 ans, en 1992, comme la totalité des socialistes, Jean-Luc a défendu le "Oui" au référendum pour le traité de Maastricht. Ce vote partait d'une analyse politique qui ne s'est pas confirmée. Il considère publiquement depuis longtemps que c'était une lourde erreur politique, l'a dit lors de nombreux congrès socialistes présentant notamment une motion en 1995 qui avait pour titre "Maastricht c'est fini !" et en a expliqué les raisons dans deux ouvrages au moins. MM. Gérin et Dang-Tran ont-ils lu une seule de ces centaines de pages que Jean-Luc a écrit à ce sujet ? J'en doute. Le combat contre la construction libérale de l'Europe est depuis des années un des fondements de l'engagement politique de Jean-Luc pour lequel il brûle toute son existence. Qui dit mieux ?

Reste la candidature d'André Chassaigne. Elle ne se situe pas sur le même plan que les deux précédentes que je viens d'évoquer. André défend le Front de Gauche avec coeur. Il pense seulement qu'il l'incarne publiquement et le défend mieux que Jean-Luc Mélenchon. C'est son droit. Il en est convaincu. Je ne doute pas toutefois qu'André Chassaigne a compris que si d'aventure c'était lui le candidat du Front de Gauche, alors l'accord national pour les législatives que nous sommes en train de négocier (laissant près de 80 % des circonscriptions au PCF) serait immédiatement jeté à terre. Il faudrait donc tout revoir dans chaque région, ou alors il en serait fini du Front de Gauche. André Gérin lui, l'a compris et c'est la raison pour laquelle il s'est retiré et appelle à voter Chassaigne contre la candidature Mélenchon. Il reproche d'ailleurs vertement désormais à son camarade Dang-Tran de ne pas faire de même. A ses yeux, pour faire échouer la candidature de Mélenchon tout est bon, même les alliances les plus incohérentes et les plus précaires. Alors, André Chassaigne a-t-il mesuré qu'il devient l'instrument de tous ceux qui veulent "planter" le Front de Gauche ? Il semble que oui, puisqu'il a dit qu'il ne voulait pas être "instrumentalisé" par tous ceux qui veulent que cette alliance cesse. Mais, comment faire concrètement ? Comment séparer les bulletins de ceux qui veulent Chassaigne pour conduire le Front de Gauche et ceux qui veulent le détruire ? Mystère... 

Nous verrons donc les 18 et 19 juin. J'ai constaté que la grande majorité des communistes avec lesquels j'ai pu échanger ont compris les enjeux réels du vote et soutiendront la candidature Mélenchon. Rendez-vous donc dans une semaine. J'ai confiance dans la force tranquille du Front de Gauche.

lagarde10.jpgJe rajoute à présent quelques mots à propos de Mme Christine Lagarde, ma "collègue" du 12e arrondissement. Plusieurs journalistes (Le Parisien, Le Figaro ou France Bleu..) m'ont demandé ma réaction à propos de sa candidature à la Direction du FMI. Mon désaccord est d'abord politique. Cette dame est une ultra libérale fanatique qui a fait ses classes aux Etats-Unis et qui mène depuis 2008 en France une politique d'une injustice sociale rarement atteinte (sauf par exemple, quand il s'agit de la situation du "pôvre" Bernard Tapie). C'est un danger public et je reste stupéfait du soutien que Martine Aubry lui a accordé. Tout cela est déjà connu. Mais, j'ai pu aussi dire librement tout le mal que je pensais sur le plan plus personnel de cette personne qui, élue municipale depuis 2008, n'a jamais mis les pieds une seule fois au Conseil d'arrondissement du 12e et très peu au Conseil de Paris. Depuis 3 ans, ce sont ainsi près de 35 séances durant lesquelles sa chaise est toujours restée vide. Pour cela, elle perçoit pourtant une indemnité de plus de 4 000 euros par mois, pour quasiment rien. Personnellement, je trouve cette attitude plus choquante encore que le détachement discutable de Luc Ferry qui a produit un énorme scandale ces derniers jours.

Les lecteurs réguliers de ce blog savent que par cette raison, depuis 2008, je poursuis Mme Lagarde de mon courroux et de mon insolence. Elle m'en veut beaucoup et m'a répondu une fois dans les couloirs du Conseil de Paris, que je manquais à son sujet "d'élégance".  Et oui, je suis une brûte, un rustre... Risible toutefois, quand on voit comment elle s'est comportée vis à vis des électeurs depuis ces trois années...

Car en termes de leçon d'élégance, Mme Christine Lagarde m'en avait offerte une bien belle en septembre 2008. Je ne l'ai pas oublié.  Je m'explique et vous raconte. Une nuit, un violent incendie avait éclaté dans le 12e. Un homme y perdra la vie, une vingtaine d'appartements vont être détruits et quelques minutes et il faudra héberger près de 150 personnes choquées dans l'urgence. Elu de permanence ce soir là, avec Michèle Blumenthal, la Maire du 12e, nous avons passé toute la nuit à gérer cette crise douloureuse. Vers 9h00 du matin, mon téléphone portable sonne. Dans le bruit général, je ne décroche pas immédiatement. J'écoute le message laissé quelques minutes plus tard, il provient du cabinet de Mme la Ministre des Finances qui me demande où sont hébergés les sinistrés. Je suis étonné de cette demande. Pourquoi s'adresse-t-elle à moi ? Une Ministre d'Etat ne peut elle s'adresser directement à la Police ? Curieux. J'ignore comment ils ont eu mon numéro téléphone. Je ne rappelle pas. Il faut déjà commencer à organiser la prochaine nuit, faire le point avec le capitaine des pompiers qui vient nous annoncer que le feu est enfin éteint après plus de 6 heures d'intervention, etc. Quelques minutes plus tard pourtant, une voiture officielle aux vitres fumées s'arrête devant le bâtiment ou sont hébergées les familles sinistrées. Mme la Ministre sort, suivi derechef d'une équipe de France 3. Elle va au contact de quelques familles hagardes, bavarde quelques secondes avec une dame âgée, sous le regard attendri d'une caméra. Elle passe a coté de moi sans même me saluer. Moins de 10 mn après cette arrivée triomphale, elle est repartie. Son passage tout compris, a duré un quart d'heure chrono. Evidemment, le soir, lors du journal de France 3 région, un reportage raconte l'incendie et montre quelques minutes des images de "Mme Lagarde, élue du 12e, portant secours aux sinistrés". Chapeau. Voilà une belle leçon d'élégance politique de la part de celle qui n' a pas une minute a consacrer aux Conseils municipaux du 12e, mais qui sait dégager du temps lorsqu'il faut se montrer devant une caméra.

Voilà l'élégance de Mme la Ministre... le "lagardisme" en réalité, c'est du "sarkozysme" un poil mieux élevé, mais tout aussi méprisant. A la tête du FMI : danger pour les peuples.

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