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dimanche, 3 juillet 2011

juil. 11
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Premier meeting du candidat Mélenchon : pour le bonheur et la liberté !

« L’homme est né pour le bonheur et la liberté et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être ; et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de la rappeler à ses véritables destinées. »

Maximilien Robespierre, 10 mai 1793

Mes amis savent pourquoi j’ouvre ce billet par des propos empruntés au grand Maximilien Robespierre. Depuis la semaine dernière, mon temps, en grande partie, fut occupé à défendre publiquement les raisons de ma demande de rue à son nom dans la capitale. Activités futiles ? Non. Je n’ai pas apprécié, suite à mon vœu au Conseil de Paris de juin, les moqueries de la droite et aussi des élus socialistes. J’ai ainsi adressé une lettre ouverte au Maire de Paris (reprise à le JDD) et publiée, sous une forme légèrement modifiée dans le Monde (daté du 28 juin). Elle a été remarquée. De nombreuses lettres amicales de soutiens me sont parvenues (et quelques unes d’indignations). France culture et d’autres médias en ont parlé. Merci à eux, j’en suis très fier. J’attends la réponse de Bertrand Delanoë. Viendra-t-elle ? Je vous la ferai connaître si elle me parvenait. Je considère que cette dimension idéologique et mémorielle, indispensable pour une conscience de gauche république et sociale, fait aussi partie du mandat que m’ont confié les électeurs parisiens. En faisant cela (parmi d’autres choses), je ne les trahis pas. Du moins, ils jugeront lors des prochains rendez-vous électoraux. Ils approchent. Je répète une fois de plus, que selon moi, parler de ce passé, c’est, d’une certaine façon, parler aussi de notre présent.

Je reviendrai dans un prochain billet sur les raisons de mon attachement à la défense des grandes figures de la Révolution, que ce soit Robespierre, Marat ou Saint-Just et bien d‘autres conventionnels sans lesquels notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Je ne supporte pas la lecture thermidorienne de la Révolution française, imposée par François Furet et ses épigones, qui semble l’emporter aujourd’hui, y compris au sein de la gauche dite « socialiste ». Aux responsables du PS qui ricanent sottement de ma demande, mais qui ne cessent de se réclamer de Jean Jaurès aux tribunes de leurs congrès, je les renvoi à ce qu’écrivait ce dernier dans son Histoire socialiste de la Révolution française publié en 1903. « Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’il a à ce moment toute l’ampleur de la Révolution est en lui ». L’ont-ils lu ? Si oui, pourquoi l’ont-ils oublié ?

Devant le spectacle ridicule du mariage d’opérette, que l’on a pu voir hier à télé, d’un prince falot d’une cité corrompue qui doit essentiellement sa fortune au blanchiment d’argent sale, je dis que les magnifiques idéaux proclamés en 1789 et en 1793 gardent toute leur actualité. Dois-je rappeler qu’il existe encore 47 pays (sur 191 au total) dans le monde à connaître des monarchies au pouvoir ? Personnellement, je trouve cela indigne. Suis-je ringard ? Un monarque, même quand son mariage est commenté par Stéphane Bern, reste un tyran ou un parasite. En 2011, moi je reste un républicain conséquent, donc un homme de gauche, fier de me réclamer de ceux qui, il y a plus de 200 ans, ont brisé une des plus anciennes monarchies. Ils ont donné un exemple pour le monde.

meeting29-6.jpgIl est temps de parler du présent. Premier meeting de campagne présidentielle, place Stalingrad à Paris (et Métro Jaurès !) mercredi 29 juin, et premier succès, car soyons franc, la soirée du 29 nous a comblé. Combien étions nous ? 5 000 ? 6 000 ? 6 5000 ? Plus peut être. Qu’importe après tout. Cette arithmétique n’est qu’anecdote. Une chose est sûre il y avait foule : le Front de Gauche est la seule force en capacité, à la veille de ces vacances d’Eté, d’organiser une telle démonstration de force autour du candidat qu’il présentera à l’élection présidentielle de 2012. C’est de Jean-Luc Mélenchon que je parle. Il fut à l’occasion de ce meeting à la hauteur de l’évènement. Je n’en doutais pas. Mais quelle satisfaction de le voir, une nouvelle fois, franchir ces haies (toujours plus hautes) sans difficultés. La politique est un sport de haut niveau qui nécessite une santé irréprochable. Qu’on se le dise donc, Jean-Luc tient la forme ! Son discours abordait avec finesse et poésie (et oui !) toutes les facettes de la campagne que nous allons mener : la magnifique union de notre Front , le salut aux luttes sociales sans lesquelles rien n’est possible et la dédicace à tous ceux qui luttent (et qui sont ceux qui vivent comme disait le grand Hugo), l’indispensable partage des richesses au cœur de la pensée de gauche, l’urgence écologique qui nécessite une planification, la nécessaire refondation pour une 6e République et la rupture notamment avec le présidentialisme, et une grande, très grande, ambition pour le peuple de France qui peut ouvrir une nouvelle fois la voie à tous les peuples du monde qui souffrent du désordre libéral… J’en passe encore. Les thèmes sont encore nombreux. J’invite chacun à écouter et réécouter ce discours. Avant lui, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait enflammé l’assistance. Mais aussi Clémentine Autain, Christian Piquet, Danièle Obono, Lucien Jallamion et quelques autres qui avaient bien commencé cette soirée. Sur la tribune, Marie-George Buffet était là. Sans elle, rien n’aurait été possible.

Des journalistes m’interrogent à la fin. Est-ce là le « nouveau » Mélenchon ? Plus calme, plus posé ? Plus « gaullien » me dit même l’un d’entre eux ? Hé, hé, je m’amuse un peu intérieurement de cette dernière comparaison. « Gaullien » celui qui veut rompre avec la Ve République ? Que répondre ? Non. Je ne crois pas. Ce n’est pas vers cette direction qu’il faut regarder. Et puis Jean-Luc n’a pas changé. Tout reste en cohérence. La question est biaisée. Mes amis journalistes qui s’interrogent ainsi, ce sont laisser piéger. L’homme qui parle à la tribune mercredi soir en goûtant chacun de ses mots avec un débit certes un peu inhabituel (mais ce n’est pas la première fois) sait à quel moment de la campagne nous nous plaçons : la ligne de départ. C’est aussi le « candidat Mélenchon » qui sait que la politique est un art d’exécution où chaque situation nécessite que l’on s’adapte au plus proche de ce qu’elle est. Cet homme depuis plus de 15 ans que je le connais ne peut être décrit par un seul trait de pinceau. « Forte tête et fort en gueule », lui, l’intellectuel raffiné amateur de lecture et de silence ? « Dirigeant à poigne et individualiste », lui qui n’aime rien de plus que convaincre et rassembler ? Chacun des petits portraits dressés pendant des mois par différents journalistes étaient en réalité erronés. Cela est apparu mercredi soir. A la tribune, il fut lui-même. Et puis, un meeting de masse n’est pas un plateau télé. Une conversation avec des salariés en lutte n’est pas une polémique avec un butor payé pour ridiculiser un homme de gauche qui ne capitule pas. Un candidat à une élection présidentielle porté par un large front doit désormais donner le meilleur de lui même.  Ainsi est Jean-Luc Mélenchon : complexe, sensible, profond et riches de ressources. L’homme de la rue dira, constatant tous ses talents : « il a du coffre ». Oui. L’épaisseur intellectuelle du personnage apparaîtra au fil des mois de la campagne. Je le sais. Une force collective inédite, le Front de Gauche, au premier rang duquel le PCF et ses militants jouent et joueront un rôle indispensable, le portera jusqu’au bout. J’ai confiance donc. Tout est possible dans cette campagne ! Faites passer le mot : tout est possible si nous sommes la voix claire et distincte de tous ceux qui veulent vivre mieux, qui veulent plus de bonheur et de liberté.

Une fois le discours de Jean-Luc Mélenchon terminé, l’internationale a retentit, puis la Marseillaise. Un de mes voisins, dans la foule, tique en entendant ce chant. Cet hymne, ici ? Il se trompe. La Marseillaise, ce chant révolutionnaire interdit sous l’Empire et la Restauration, est à nous, le peuple de gauche. La France, la vraie France, révolutionnaire et généreuse, c’est nous. Le Front national est étranger à l’Histoire profonde de notre pays (et je dirais même Sarkozy). Il n’est que l’héritier de ceux qui n’ont jamais aimé la passion d’égalité portée inlassablement par le peuple de ce pays. J’insiste, la Marseillaise est à nous. Un dernier exemple qui l’illustre superbement. En 1971, à l’occasion du Congrès du Parti socialiste Chilien du Président Salvador Allende, les congressistes ont chanté, avec des paroles en espagnol, l’hymne de leur parti : la Marseillaise. La dictature l’interdira après le 11 septembre 1973. Pour tous ceux qui veulent changer le monde et le rendre plus juste, la Marseillaise leur appartient. Ne la laissons pas entre les mains des ennemis irréductibles de la France républicaine ou de ceux qui ont honte du plus grand révolutionnaire de 1793.

Un dernier mot sur Christine Lagarde et Dominique Strauss-Kahn. La première, nommée à la Direction générale du FMI, a démissionné officiellement de son mandat d’élue du 12e arrondissement. Ouf, enfin. J’ai dit et répété que je trouve scandaleux qu’elle n’est pu venir une seule fois au Conseil d’arrondissement du 12e en 35 séances. Elle affirmait vouloir changer les codes de la vie politique française. Quel baratin ! Elle s’est moulée dans les pires comportements de ceux qui ne tiennent pas la parole donnée à leurs électeurs. Mais, surtout à son sujet, je suis sidéré de lire que son élection au FMI est due essentiellement à l’administration américaine de M. Barak Obama qui sait qu’avec cette dame les intérêts de la super-puissance seront bien défendus. Belle illustration au passage que le débat impulsé par le FN et l’UMP sur les prétendus problèmes posés par la double nationalité est une fumisterie. On peut être étranger et participer à la grandeur (sociale et politique) de la France, et on peut être français et défendre les intérêts financiers d’une grande puissance étrangère. Mme Lagarde en atteste. Son élection n’est donc pas une bonne nouvelle pour la France. Cette dame sera une adversaire à toute politique de gauche mené par un gouvernement français, si en 2012 nous chassons Nicolas Sarkozy.

Concernant Dominique Strauss-Kahn, comme tout le monde, je ne sais rien sur la vérité de l’affaire qui le concerne. J’ai déjà écrit que je souhaitais au fond qu’il soit innocent tellement cette histoire est glauque. Mais, je suis stupéfait de constater qu’il suffit qu’une femme, travaillant dans un hôtel pour un salaire modeste, ait menti sur les raisons pour lesquelles elle a voulu immigrer aux Etats-Unis et qu’elle ait téléphoner à un homme en prison, pour qu’elle ne soit plus prise au sérieux par la justice. Elle s’est interrogée au téléphone sur les bénéfices financiers qu’elle pourrait tirer de cette affaire ? Mais qui n’aurait pas fait de même ? Elle a continué son travail avant de signaler son agression à ses collègues ? Soit. Et alors ? Qu’est-ce que cela change sur le fond ? En réalité, pour l’instant rien. Pour le reste, j’attends banalement que la justice fasse son travail. Je signale une dernière fois que je considère que même si DSK est coupable, il est indigne que toute sa vie privée soit étalée au grand jour (comme celle de Mme Diallo d’ailleurs) et qu’il risque 75 ans de prison, soit la peine capitale. Affaire à suivre, comme on dit. Mais comment ne pas ressentir une forme de dégoût devant ce feuilleton sordide ?

Le peuple de gauche attend autre chose : l’égalité, le bonheur et la liberté. La vie douce quoi.

dimanche, 22 mai 2011

mai 11
22

L’affaire DSK et la direction du PS, Christine Lagarde au FMI… et l’innocence au faciès ?

20110522-1327.jpgLa formidable mobilisation de ces milliers de jeunes espagnols à la Puerta del Sol à Madrid contre le chômage et la précarité nous montre la voie. « La voix du peuple, ne sera jamais illégale ! » proclament-ils avec fierté. Nous devons tout faire pour les soutenir. Ils ont raison. A Paris, Place de la Bastille, certains marchent dans leur pas. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore l’avenir de cette mobilisation parisienne. Mais, le PG y apportera tout son soutien. Cette jeunesse déterminée fait de la politique de la plus belle des façons.

Le lecteur me pardonnera toutefois que je consacre l’essentiel de ce billet une nouvelle fois à  « l’Affaire Strauss-Kahn ». Il est une chose qui continue de me chiffonner. Dimanche dernier, sur la plupart des plateaux de télé, abasourdis par la brutalité de la nouvelle, les plus proches de DSK, ainsi que François Hollande ou Martine Aubry ont répété : « cela ne lui ressemble pas ». La première fois, cette phrase me semblait relativement logique et naturelle. Mais, depuis certains faits et l’étalage de rumeurs diverses, elle me pose quelques problèmes. Et, à quoi « ressemble » un coupable ? Cela se voit-il sur son visage ? Le reconnaît-on au faciès ? Non, me répondront les dirigeants socialistes. Sans doute voulaient-ils dire que rien jusque là dans la vie de M. Strauss-Kahn ne pouvaient laisser présager pareil comportement….

traubmann.gifDepuis avant-hier, malaise. J’ai acheté et lu la biographie que l’on trouve partout « Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn » du journaliste Michel Taubmann (éditions du moment) parue il y a quelques semaines. Sans manquer de respect pour l’auteur, il s’agit d’un livre de commande, réalisé avec une certaine complaisance pour DSK. Dès la quatrième de couverture, on annonce la couleur au lecteur : « Au-delà des apparences, l’enquête de Michel Taubmann montre que Dominique Strauss-Kahn possède un ADN 100 % à gauche ». Mouais…Le reste est de la même eau, et le ton n’est vraiment pas à l’insolence ni à l’outrance, ni à « l’hostilité » envers DSK. On l’a compris. C’est même franchement plutôt le contraire.

Et bien, la lecture du dernier chapitre de cet ouvrage (le chapitre XXVI) nommé « les trompettes de la rumeur », écrit bien entendu avant  l’Affaire du Sofitel, m’a assez estomaqué. Il revient sur, ce qui depuis est devenu un énorme buzz : les affirmations de l’écrivain Tristane Banon qui aurait manqué, selon elle, d’être violée par DSK en 2003 lorsqu’elle écrivait son livre « Erreurs avouées ».

T_Banon.jpgComme tout le monde, j’ignore si tout cela est vrai. Mais à la lecture de ce livre on découvre qu’au moins François Hollande et Laurent Fabius étaient au courant depuis 2003. On apprend, selon le biographe, qu’ils ont rencontré la jeune femme, et même qu’ils lui ont même conseillé de porter plainte. Ce que finalement, elle n’a pas voulu faire, pour des raisons complexes dues peut être au fait qu’elle est une amie de la fille de DSK et la filleule de la seconde femme de DSK ! Et bien sûr, il reste possible aussi que cette jeune femme mente (ce qui aurait pu d’ailleurs entraîner une plainte de DSK pour injures calomnieuses..).

Est-ce vrai, est-ce faux ? Cela me semble à présent important à savoir. Les dirigeants socialistes étaient-ils au courant de ce type de rumeurs ? Cela me semble évident que oui. Le livre de Michel Traubmann est en vente partout. Ici, on ne parle plus de gaudriole et mœurs sexuelles « légères », mais de viol, c'est-à-dire d’un crime !

Les mêmes responsables socialistes qui avaient entendus parlés des « folles rumeurs » véhiculés par Melle Banon, n’ont-ils pas été embarrassés de lire en 2009 la conclusion de la lettre de l’économiste Piroska Nagy, rendue publique par l’Express, adressée à la commission d’enquête interne du FMI : «  je pense que M. Strauss-Kahn est un leader brillant, qui a une vision pour affronter la crise financière mondiale en cours. C'est également un homme agressif, bien qu'il soit charmant. Il vient d'un pays, la France, que j'adore et où j'ai de nombreux bons amis. Mais je crains que cet homme ait un problème pouvant le rendre peu adapté à la direction d'une institution où des femmes travaillent sous ses ordres. »

ramzy-khiroun-conseiller-dsk-strauss-kahn_108.jpgMichel Traubmann, dans son ouvrage, balaye tous ces éléments en  laissant entendre que, tout bien étudiés, les affirmations de Tristane Banon ne sont pas sérieuses… puisqu’elle n’a pas portée plainte ! Il retourne même les pressions que Melle Banon dit avoir subit, en relatant que c’est elle qui aurait finalement menacé Ramzy Khiroun , le mystérieux homme de main de DSK payé par Arnaud Lagardère (stupéfiant d'ailleurs cette connivence avec un des meilleurs amis de Sarkozy) qui a fait supprimer un passage de son livre. Elle lui aurait dit : « Je me vengerai de Dominique Strauss-Kahn ». A propos de Mme Nagy du FMI, il explique que sa dernière lettre n’est motivée que par la vexation de cette dernière après la lecture du blog d’Anne Sinclair la comparant indirectement à une prostituée.

Hum, hum…Tout cela est assez fumeux.

Mais surtout, à ce stade, avant même que n’éclate l’affaire du Sofitel de New York, quelle menace pour l’élection présidentielle pour le candidat socialiste et toute la gauche ! Comment imaginer qu’une direction politique, dans la préparation d’une élection présidentielle, disposant de ces éléments ne s’en inquiète pas plus ? Face à Nicolas Sarkozy, dont on connaît les méthodes brutales en campagne, quelles réponses, en toute conscience, en toute clarté, la direction socialiste entendait-elle porter à de telles accusations qui évidemment auraient été utilisées par la droite ou l’extrême droite qui s’apprêtaient, selon l’hebdomadaire Minute, à faire campagne sur le célèbre air de « Dominique, nique, nique… » ? Y avait-elle seulement pensé ? Oui, non ? Si c’est non, c’est fou et irresponsable. C’était prendre le risque de la défaite face à la droite. Et si oui, quel moyen interne avait-elle prévu pour faire la lumière sur tout cela ? Quelles étaient les conclusions intimes de Fabius et Hollande qui avaient rencontré Melle Banon ? Une mythomane ou une femme qui n’a pas le courage de porter plainte tant la pression est forte sur elle ? Et sa mère qui raconte partout cette histoire depuis une semaine, Vice-présidente PS d’un Conseil Régional, est-elle également une affabulatrice qui affirme sans fondement ? Si c’est le cas, est-il prévu des sanctions internes contre elle ? Il le faudrait, car si elle ment ses accusations sont indignes d’une militante socialiste contre un de ses principaux dirigeants. Idem, concernant la députée Aurélie Filipetti, porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui avait déclaré en 2008 dans le journal genevois Le Temps : « Je garde un mauvais souvenir d’une tentative de drague très lourde, très appuyée de Dominique Strauss-Kahn. Depuis cet évènement, je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé ». Peut-on affirmer de telles choses, vraies ou fausses, sans conséquences ?

201105174dd1e9b10d23b-0.jpgLe livre de Michel Traubmann, évoque certaines de ces rumeurs et « calomnies » pour finalement les évacuer sans finesse. Pire, par une magnifique pirouette, l’auteur trouve même une ancienne attachée parlementaire de DSK en 1998-1999, devenue aujourd’hui conseillère régionale UMP, qui affirme sans vergogne : « Dominique était plus dragué que dragueur. C’était inimaginable ! Quand nous étions sur les bancs du gouvernement, certaines femmes députées me passaient des mots à lui transmettre contenant parfois des déclarations enflammées, voire délirantes ; J’ai vu des femmes faire des numéros de claquettes dignes des plus grandes prostituées, j’ai vu des élues, des collaboratrices prêtes à tout pour coucher avec lui (...) avec Dominique cela atteignait des sommets. En réalité, on peut parler de harcèlement sexuel. Mais Dominique en était la victime ! Je l’ai rencontré la première fois en 1992. Il avait 43 ans. Il était très beau. »

Sans commentaire. Mais, sincèrement, il n’est pas certain que ce passage et la retranscription de ces propos honorent le journalisme d’investigation.

Nous verrons donc dans les semaines qui viennent, où est la vérité dans tout cela. Plus que le sordide fait divers, qui est en réalité peu intéressant, c’est le fonctionnement d’un collectif politique qui se nomme Parti socialiste qui doit être interrogé par ses cadres, ses militants et ceux qui s’apprêtaient à voter pour lui. Mais aussi par toute la gauche.

aubry-papandreou.jpgPour l’heure, nombre de journalistes sont surtout intéressés à savoir si le PG « préfère » Hollande ou Aubry ? Mauvaise question. Avec amusement, j'observe qu'ils oublient toujours Ségolène Royal ou Arnaud Montebourg. Pourtant, seule la désignation de ce dernier modifierait réellement le paysage politique. Quoi qu'il en soit, le problème ne se pose pas ainsi à mes yeux. Quelle différence de programme y a-t-il entre eux ? Manifestement aucune et c’est même au nom de cet argument que les proches d’Aubry veulent marginaliser Hollande. Claude Bartolone a déclaré que dans la mesure où tous les candidats disent la même chose, c’est à la Première secrétaire d’être candidate… Mais pourquoi avant le retrait de DSK cet argument n’était pas valable ? Un journaliste, sur un mode amical, a essayé de me convaincre qu’il vaudrait mieux Hollande comme candidat face à celui du Front de Gauche. Pourquoi ? Aubry aurait parait-il une image « plus à gauche » qui pourrait poser problème à Jean-Luc Mélenchon. Ah bon. Je ne l'ai pourtant jamais entendu émettre la moindre critique sur la politique de régression sociale, alignée sur le FMI, de son camarade Geogios Papandréou, Premier ministre Grec et Président de l'Internationale socialiste (en photo). Et puis, ,nous ne faisons pas de la politique ainsi. J’ignore la façon dont est réellement perçue « l’image » de Martine Aubry dans les milieux populaires. J’observe que les dernières élections n’ont pas été triomphantes pour le PS malgré la dureté de la droite. Je sais aussi que sous sa direction, le parti s’apprêtait à soutenir le Directeur du FMI comme candidat et que le programme adopté est moins à gauche que les précédents ! « Ni réaliste, ni socialiste », avions nous dit de lui quand il fut présenté. Le nom de celui ou celle qui le porte importe peu. Le problème du PS ne se concentrait pas sur la seule personne de M. Strauss-Kahn. Ce n’est pas contre DSK que nous avons fondé le PG, puis le FdG. Le mal est plus profond. DSK n’en était qu’un symptôme éclatant. Le Front de Gauche aura donc son candidat qui sereinement mènera campagne sur ses idées. Face à lui, il y aura un candidat socialiste. Son identité importe peu. Nous ne menons pas un combat personnel contre le PS, mais nous voulons une confrontation démocratique d’idée, de programme, de proposition pour notre pays et pour une certaine conception de la gauche.

DSC07115_s.jpgEnfin, il semble donc que pour remplacer M. Dominique Strauss-Kahn à la Direction du FMI, Mme Christine Lagarde soit pressentie et soutenue par tous ceux qui avaient nommé DSK. "Je crois que ce serait une très bonne chose, pour notre pays et pour l'Europe" a dit à ce sujet Martine Aubry au journal de France 2 de 13h00. Le lecteur régulier de ce blog sait ce que je pense de l'actuelle Ministre des Finances, élue comme moi, Conseillère de Paris du 12e depuis plus de 3 ans et qui n’est jamais venue à une seule séance du Conseil d’arrondissement ! Jamais. Sa chaise est toujours restée vide (photo). Pas une seule présence en 33 séances et très peu au Conseil de Paris où elle vient deux demi-journées par an lors du débat sur le budget, malgré une indemnité mensuelle de plus de 3 000 euros par mois. Scandaleux. On se reportera aux nombreux billets que j’avais consacré à cette absence, et aux arguments qu’elle m’avait avancé lorsque j’avais pu lui adressé la parole dans un couloir du Conseil de Paris. Il s’agissait de son seul et unique mandat électoral auquel elle disait tenir beaucoup. On appréciera comment elle a respecté ses électeurs. Madame Lagarde est manifestement plus à l'aise quand elle est désignée que lorsqu'elle est élue par des gens stupides et mal élevés qui ne comprennent pas qu'elle a mieux à faire que de venir siéger au poste pour lequel elle s'est présentée à leurs suffrages.

DSK_Lagarde.jpgMais surtout, les mêmes militants socialistes de bonne foi qui m’expliquaient la fable selon laquelle Dominique Strauss-Kahn avait « gauchie » le FMI, que Nicolas Sarkozy était contre sa nomination (dont François Hollande s’était félicité) que pensent-ils de ce changement poste pour poste entre celui qui devait être le candidat de la gauche et l’actuelle ministre des finances du gouvernement de droite ? DSK et Lagarde peuvent-ils vraiment réaliser le même boulot ? Il semble que oui car ils sont soutenus par les mêmes personnes qui demandent à Mme Lagarde de continuer l’œuvre de son prédécesseur. C’est assez troublant, non ? Il reste que Mme Lagarde et un peu embarrassée par l’affaire Tapie (comme le décrit très bien Médiapart). Il y a un an et demi, elle avait répondu aux questions pressantes à ce sujet par un « Est-ce que j’ai une tête à être une amie de Bernard Tapie » qui sonne d’une drôle de façon à présent. Elle aurait presque pu dire « cela ne me ressemble pas ».

Lagarde-DSK-Youssef-Boutros-Ghal.jpgJ’ignore la réalité. Mais, je sais une chose, dans cette affaire également « l’innocence au faciès » par le mépris et la suffisance qu’elle exprime, est une des pires défenses. Par son arrogance, elle sonnerait presque comme un aveu de culpabilité.

Un dernier mot. Le Parti de Gauche avait dit combien nous avions peu apprécié la façon dont la victime potentielle était dans « l’angle mort » de bien de réactions. C’est depuis devenu quelque chose de partagé. Tant mieux. Au risque d’agacer certains lecteurs qui me trouveront bien mièvre, je voudrais dire combien il est aussi deux femmes dont les images m’ont profondément émues. C’est Anne Sinclair et la fille de DSK. Leur dignité dans ces moments si difficiles m’a touché. Et oui. Même si il était coupable, DSK reste un être humain, qui ne mérite en rien 75 ans de prison pour tentative de viol. L’argent dont il dispose lui offrira sans doute un sort différent du commun des mortels placés dans la même situation. C’est sans doute injuste. Mais, j’espère que le spectacle de l’humanité blessée des proches de DSK fera évoluer les « sécuritaires » qui se répandent dans la gauche et au PS. On ne peut rendre justice sans chercher à comprendre la souffrance du monde dans toute sa complexité, sans penser aux victimes et aussi, je le dis, aux proches des coupables. Comme toujours, c’est lorsqu’un puissant membre de l’oligarchie qui est frappé que l’on s’en rend compte. Mais retenons la leçon.

Une conscience de gauche, tout en réclamant avec fermeté justice pour les plus faibles et les victimes, ne doit pas crier « à mort !» avec tous ceux que ce spectacle indécent excite.

mardi, 17 mai 2011

mai 11
17

Les grands désordres… de DSK à Le Pen, et quelques autres

sofitel.jpgIn-cro-yable ! Sidérant. Nous sommes vraiment dans l’ère des grands désordres. Comme tout le monde, j’étais dimanche comme hébété devant mon écran de télévision à l’annonce de « l’Affaire DSK ». C’est pourquoi, saisi par ce spectacle et préparant un Conseil de Paris, je n’ai pu écrire un billet plus tôt.

Dans les lignes qui suivent, j'aborderai plusieurs sujets, de Dominique Strauss-Kahn à Marine Le Pen, au risque de passer du coq à l'âne.

Je vois dans l'« Affaire DSK» comme une allégorie du monde politique et de la période dans lesquelles nous évoluons. En ce sens, elle n’a pas qu’une dimension privée. Les prétendus puissants d’hier, qui semblaient intouchables, parés de toutes les vertus par leurs semblables, peuvent être déchiquetés en quelques minutes, dans un scénario où le sordide se mêle au grotesque. Ainsi va le monde en ce début du 21ème siècle. C'est "l'effet papillon" si bien décrit sur le blog de mon ami François Delapierre. Oui, nous sommes dans l’ère du désordre et des grands bouleversements. Le paysage politique et social ne cesse de se fissurer dans des bruits de craquements de première ampleur. Nous sommes convaincu que la terre va trembler encore à l'avenir. C’est d’ailleurs pour cela que s’est fondé le Parti de Gauche en novembre 2008 puis que s’est bâti le Front de Gauche.

Quelles qu’en soient les issues, cette histoire est horrible. Soit elle est réelle et alors elle est révoltante. Une employée d’hôtel, veuve, élevant seule son enfant, ayant connu les souffrances de l'immigration, dont on devine que sa rémunération est extrêmement modeste, subit les violences d’un homme riche et puissant. Une fois de plus, une femme serait victime de violences. C’est abject. C’est d’abord à elle qu’il faut penser. Je partage les prises de positions de Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain ou Caroline Fourest qui ont immédiatement pensé à la plaignante, victime potentielle et femme humiliée, tout en restant attaché à la présomption d’innocence. Et, je reste sidéré de la goujaterie de certaines personnes assurant la défense de DSK, relayée hier dans la presse, qui se sont dit surprises de constater que cette dame n’était finalement pas très belle… J'ai du mal à saisir en quoi cette remarque a ici sa place.

A l’inverse, soit cette affaire est fausse et l’étalage de tout cela, les images de cet homme déshonoré, les menottes aux poignets devant les caméras, les détails révélés assez glauques, sont dévastateurs pour lui-même, sa famille, ses amis… La justice américaine apparait dans toute sa brutalité et on ne peut qu'être stupéfait de découvrir que la peine pourrait aller jusqu'à 75 ans, soit la réclusion à perpétuité !

Avant que cette affaire éclate, samedi, j’avais commencé la rédaction d’un billet qui s’inquiétait de la sordide campagne menée par des officines liées à la droite sur la « vaisselle d’or » de DSK, ses appartements, les voitures de luxes de ses collaborateurs… j'en avais ras-le-bol. Malgré mes désaccords de fond avec cet homme, ma claire volonté qu’il ne soit pas candidat ni Président de la République, je n’avais pas du tout apprécié la tonalité de cette campagne. Soyons franc. Elle présageait une campagne présidentielle peu ragoûtante.

Je ne suis pas hypocrite pour autant. L’existence d’ultra-riches est un vrai problème qui doit être abordé et dénoncé. Ces derniers constituent d’abord et avant tout l’entourage direct de Nicolas Sarkozy. C’est une oligarchie parasitaire composée essentiellement des familles Bouygues, Dassault, Bolloré, Pinault, Arnault, Lagardère, etc. Mais, le débat ne pouvait se résumer à des charges nauséabondes contre le seul DSK et la fortune de son épouse. Que faire ? Le PG propose la mise en place d’un salaire maximum dans les entreprises, un système fiscal organisant une réelle redistribution… On peut baisser les rémunérations des patrons, notamment celui du Directeur du FMI, etc… Mais là, dans les attaques précédentes tout se concentrait sur la même cible. Trop facile à mes yeux. J’y voyais comme une reprise de ces campagnes puantes des années 30 contre Léon Blum, où l’Action Française l’accusait de manger dans une vaisselle d’or. Quelques semaines auparavant, j'avais aussi été choqué par les références au « terroir » avec lequel DSK n’aurait aucun lien « profond », selon le petit provocateur UMP Laurent Wauquiez, reprenant quasi mot pour mot des phrases du journal antisémite « Je suis partout ». Lui aussi affirmait en 1936 que Léon Blum  n’avait aucun lien avec « les terroirs ».

DSK.jpgCe billet s'écrivait et puis boum ! Voilà Dominique Strauss-Kahn pris dans cet épisode indigne. Je ne peux faire aucun commentaire sur le fond. Pour tout dire, je préfèrerais que DSK soit innocent. Il vaut mieux pour la gauche. Ce n'est pas ainsi que je souhaitais qu'il soit écarté. J'espérais qu'il le soit au terme d'un débat au sein du PS, ou pourquoi pas, battu au premier tour par le candidat du Front de Gauche.  Il n'en est pas ainsi, et les faits reprochés sont trop sordides. Nous verrons ce que la suite réserve. Mais, ce scandale aura à l’évidence des conséquences lourdes sur l’ensemble du PS. Je doute que Martine Aubry ait l’autorité pour empêcher que les primaires internes soient une gigantesque machine à se mettre des gifles sans réels contenus politiques. François Hollande apparaît désormais clairement comme l’homme soutenu par le système médiatique qui aura tôt fait de nous annoncer que les sondages sont en la faveur de l'ancien premier secrétaire du PS. Pour le reste, cette affaire modifiera aussi peut-être les relations entre les hommes exerçant du pouvoir et les femmes.

Et le FN ? Sur le registre « on le savait »  Marine Le Pen dès dimanche a commenté la nouvelle. « Tout Paris, le Paris journalistique, le Paris politique, bruissent depuis des mois des rapports légèrement pathologiques que M. Strauss-Kahn semble entretenir à l’égard des femmes. J’en ai moi-même été un peu victime dans un duel avec lui où il avait été extrêmement déplacé dans ses propos » a-t-elle dit à l’AFP hier.

Et bien non Madame Le Pen, tout le monde ne savait pas. Du moins, à la direction du Parti de Gauche, parmi mes camarades, personne ne savait, personne n'aurait pu imaginer. Manifestement, nous ne participons au même "tout Paris" que vous, où l'on s'échange des confidences mondaines entre deux rires gras. Vous faites bien partie, vous même, de ce système, dont vous êtes un des "diables de conforts" qui partagent les secrets des puissants, s'engageant à les révéler lorsque l'autorisation vous en est donné.

marine-pen-pere-jean-marie.jpgMarine Le Pen, avocate de son métier, a du mesurer l’outrance de ses propos. Lucide, elle joue la transgression. Car, on parle ici d’un possible viol. Mme Le Pen était au courant de tels comportements de la part de DSK ? Et elle n’a rien dit ? Tout le monde dans son entourage aurait gardé cette information pour sans doute la sortir « au bon moment » ? En pleine présidentielle peut être ? Je trouve cela abject. De plus, la Présidente du FN sous entend qu’elle-même aurait été victime d’une menace de viol de la part de DSK. L’affaire est trop sérieuse pour être traitée ainsi, à la légère.

Gare à ce climat politique pourri, où la politique n’a plus sa place. Où seules les affaires, les scandales, les rumeurs tiennent le haut du pavé. Il faut garder la tête froide. Le FN ne doit pas capter le sentiment général de dégoût et de colère qui monte dans le pays. Danger. Je doute toutefois que contrairement à ce qui se répète, cette situation profite électoralement tant que cela au FN. Car ce dernier fonctionne surtout en vase communicant avec la droite. Je vois mal un électeur se dire « Je voulais voter DSK, mais après ce que je viens de voir, je vais voter Marine Le Pen ». A l’inverse, « l’affaire DSK » peut permettre à Nicolas Sarkozy de reprendre quelques points dans un électorat aisé qui trouvera que finalement, malgré ses frasques, il est plus fiable et plus respectable que le Directeur du FMI.

Je change de sujet.Ces derniers jours n’ont pas été marqués que par DSK.

Jeudi Marine Le Pen a tenu une conférence de presse « sur le pouvoir d’achat ». Quoi de neuf ? A propos du SMIC qui concerne des millions de salariés, Mme Le Pen annonce « qu’elle en dira plus en automne ». Bof. Pour l’instant donc, rien de nouveau. Les 35 heures ? «  Nous proposons la possibilité de renégocier les 35H par entreprise et par branche » dit-elle aussi. Danger. C’est dire que le rapport de force social sera renvoyé là où il est le moins favorable aux salariés. Cette méthode ne profitera qu’aux patrons qui veulent faire travailler toujours plus. C’est le MEDEF qui doit être content. Il n’en demande pas plus. Puis, en marge de la conférence de presse, elle s’est dite aussi défavorable au principe du salaire maximum. Peu regardant, la presse continue de parler du « tournant social » du FN.

Libération de samedi fait une nouvelle fois sa Une sur un quarteron d’individus, symboles de cette période de convulsion, qui rejoignent Marine Le Pen. On y retrouve les portraits du pitoyable ex journaliste « sans frontières »  Robert Ménard, de l’ex LO devenu FN Fabien Engelman, ainsi que l’avocat Gilbert Collard un temps abonné aux pires émissions de TF1 et enfin de Pierre Cassen Directeur de publication de Riposte laïque.

collard.jpgUn mot sur ces deux derniers, car il est des fils invisibles qui me relient en quelque sorte à eux. Gilbert Collard affirme qu’il connaît Marine Le Pen dont il est proche depuis 25 ans, et qu’il n’a pas changé d’opinion. Est-ce si sûr ? Pourtant, moi aussi j’ai connu « Maître »Collard il y a près de 25 ans, en 1988. Il était alors adhérent du MRAP dans les Bouches-du-Rhône et surtout signataire réguliers des appels du CNDTI (Collectif National pour le Défense des Droits des Travailleurs Immigrés), une petite association à l’initiative de militants du PCI devenu MPPT. Cette association militait, de façon souvent sectaire et un peu gauchiste, pour la juste exigence de la fermeture immédiate des Centres de rétention administratifs (CRA). Ce n’est pas vraiment la politique défendue actuellement par Mme Le Pen. Il pourrait donc avoir l'honnêteté de dire qu'il a rompu avec tout cela. De plus, Gilbert Collard déclare à Libération qu’il est depuis toujours favorable à la « préférence nationale, idée de gauche  défendue par Roger Salengro ». Ce monsieur devrait se renseigner avant de parler, ou du moins lire mon blog. Il y a quelques mois, j’ai déjà expliqué ici même que cette « loi Salengro » n’existe pas. C’est une invention de Samuel Maréchal, dirigeant du FNJ dans les années 90, qui avait écrit un ouvrage « Ni droite, ni gauche, Français » où il inventait cette loi en mélangeant une loi du radical Edouard Herriot (non votée par les socialistes) adoptée en 1932 et une proposition de loi socialiste de 1931. Par ces seuls propos, l'avocat médiatique démontre qu’il est désormais totalement gagné aux inventions idéologiques du FN datant d’il y a plus de 15 ans. Triste trajectoire…

Pierre Cassen Directeur de publication du site Riposte laïque, se moque de moi dans une vidéo confidentielle postée sur le site  Enquête-débat.fr. J’ignorais l’existence de ce curieux site. C’est un curieux message qui m’en a tenu informé dans un mail insultant et anonyme, m’écrivant que j’étais une « couille molle » puisque je refusais de débattre. Elégant non ? Et que sait-il de cette partie là de mon anatomie après tout ? Bah, je laisse là ces injures minables portées par des minables. Pierre Cassen affirme dans cet interview à mon sujet : « Alors, Alexis Corbière, c’est encore plus extraordinaire, parce que ce brave garçon, Maire-adjoint du 12e arrondissement, qui a milité pour l’interdiction de nos Assises et qui joue les rouleurs de mécaniques sur son blog, a bombé le torse et a dit qu’il prenait Riposte Laïque quand il voulait, où il voulait et qu’il allait les confondre. Je crois savoir que le site Enquête-Débat l’a contacté, lui a proposé un débat avec nous et sans doute Alexis Corbière s’est senti nettement moins sûr de lui puisqu’il s’est mis aux abonnés absents. Nous on trouve cela dommage. »

cassen.jpgDe quoi parle-t-il ? On est ici en plein délire. Jamais, je n’ai reçu le moindre message de la part de ce site me proposant un débat. Je viens d’ailleurs d’envoyer un message à son Directeur de publication. Renseignement pris, je préfère mettre tout le monde à l’aise. Si j’avais été informé, je ne serais pas venu m’exprimer sur ce site qui donne la parole régulièrement à des personnes comme Jean-Yves Le Gallou, Alain Soral ou Oscar Freysinger. Un ami qui a été invité un jour à l’un de ses débats m’a décrit des conditions d’entretiens tournant le dos à toute attitude sérieuse. La « non-invitation » dont je suis la victime démontre le caractère provocateur du responsable. Très peu pour moi donc.

Pierre Cassen peut donc parader et raconter partout que j’ai eu peur de lui. Si cela amuse la petite secte qui l’entoure, tant mieux pour eux. A chacun son style. Manifestement, la petite notoriété dont il bénéficie ces derniers jours lui ait monté à la tête, persuadé qu’il fait peur à tout le monde…. Ce qui fait peur, c’est son évolution politique. Ce ne sont pas ses maigres arguments, nous les connaissons depuis 30 puisqu’ils sont portés par le FN bien avant la Présidence de Marine Le Pen. Je reste  donc disponible à une confrontation avec lui particulièrement, mais dans le cadre d’un média sérieux. Je préviens toutefois que je n’irai pas n’importe où, cautionner des journaux et des sites de bricoleurs qui véhiculent des idées racistes. Je laisse cela à la petite bande de Riposte laïque.

« Le Crépuscule des idées engendre des monstres ». Finalement, les Collard, Cassen et Ménard, etc…ne sont que les « monstres » créés par les grandes secousses de notre époque. Il y en aura d’autres sans doute.

Le désordre général qui s’étale sous nos yeux ne doit pas nous tétaniser, bien au contraire. Nous devons y puiser l’énergie qui nous tournera vers l’avenir. Ce spectacle n’est que la confirmation que de grands bouleversements sont en cours. Ils prendront des formes spectaculaires et grandioses, et d’autres plus ridicules. Les vieilles habitudes militantes ne permettront pas de répondre aux crises de ce siècle naissant.

Le Front de Gauche a l’ambition d’être l’instrument pour bâtir un nouveau monde. Nous le bâtirons sur les ruines de l’ancien…

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