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mercredi, 28 septembre 2011

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Dimanche + : Chronique d’une petite provocation contre Jean-Luc Mélenchon…

018Vous connaissez l’émission hebdomadaire Dimanche + sur Canal + ? Oui, sans doute. Animée par la souriante Anne-Sophie Lapix, elle est diffusée, comme son nom l’indique, tous les dimanche à partir de 12h45. Généralement, je la regarde. Pas dimanche dernier toutefois, puisque je votais pour les sénatoriales. J’ai raté l’émission en direct, mais grâce à internet j’ai pu la (re)voir (vous aussi en cliquant là). J’en suis resté baba. Un des reportages diffusés au court de l’émission est un vrai cas d’école du coup tordu, un authentique modèle « collector ». Il faut le mettre sous cloche et le conserver, le ranger dans un magasin de farces et attrapes, juste après le rayon du coussin péteur et de la boule puante.

Je raconte. Cette édition du dimanche 25 septembre, dont l’invitée principale était Martine Aubry, fut l’occasion de façon directe, puis après de manière indirecte, d’une succession de provocations grossières contre le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon. Si j’en reparle trois jours après, c’est qu’il s’agit d’attaques tellement indignes qu’elles doivent être un sujet de réflexions collectives. La télé, et fhuma-1.jpgparticulièrement des émissions de ce genre, étant le principal vecteur d’information pour nos concitoyens à la veille de grands rendez-vous électoraux, les problèmes ici posés ne sont pas secondaires. Ils touchent au cœur de notre vie démocratique. Tout est-il possible, de la part d’une équipe de reporteurs, sans doute fort mal payés et travaillant dans des conditions précaires, pour faire du buzz et vendre des images ? La précarité ne produit pas toujours de la révolte, mais, on l’a souvent vu par le passé, peut fabriquer de zélés exploités prêt à tout pour se faire remarquer par leurs patrons qui veulent de « l’incident » et du « scandale » à l’antenne pour faire monter l’audience. La question est donc : peut-on faire un spectacle commercial de tout, même avec la politique ? Ou, prise sur une autre angle, la question est aussi : la politique doit-elle être transformée en un théâtre grotesque où le seul but du reporter est de rechercher le détail insignifiant et d’attirer l’oeil du spectateur en valorisant de faux incidents… Ce serait peut-être acceptable si le but avoué était l’humour. Mais dans le cas présent, le reportage se veut très sérieux. Il y a donc un problème.

Soyons clair. Je ne découvre rien et ne crie pas au complot. Sans doute Jean-Luc n’est pas le premier ni le seul à subir ce genre de coup bas. C’est un style général de l’émission. Pour autant, faudrait-il accepter de recevoir un seau d’excréments en plein visage devant des millions de gens, se taire et même se marrer de façon complice, de crainte que l’on vous montre du doigt comme le râleur, le type toujours en colère, le parano permanent, ou pire « celui qui veut une télé à ses ordres » bref un apprenti dictateur ? Donc, le piège est là. L’image est reine, chacun est sommé de l’accepter,  car si tu réagis tu dégustes à nouveau. En réalité, celui qui menace vraiment n’est donc pas toujours celui qu’on croit.

programme-melenchon.jpgMais, dans le cas présent de l’émission de Dimanche + du 25 septembre, dans la mesure où je connais un peu le sujet, que j’étais présent lors de certains épisodes, trop de choses me sautent aux yeux pour que je me taise. A la moitié de l’émission, le téléspectateur a droit à un reportage de six minutes consacré à Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes une semaine après la Fête de l’Humanité, le plus énorme succès populaire de la gauche française, toutes catégories confondues. Durant ces trois jours, l’osmose entre le candidat du Front de Gauche et tous les militants et gens présents fut totale. Tous les observateurs et les journalistes sur place peuvent en témoigner. Beaucoup m’en ont d’ailleurs fait la remarque. Ils en ont été positivement impressionnés. Alors que quelques mois auparavant un vote interne au PCF avait mis en concurrence plusieurs candidats avec Jean-Luc Mélenchon, dont notamment André Chassaigne, on pouvait s’attendre à ce que quelques soutiens déçus des deux autres candidats soient assez froids avec le candidat commun. Et bien non. Ce ne fut pas le cas. André est à présent un des soutiens les plus actifs de Jean-Luc. Ceux qui misaient sur autre chose avaient oublié le sérieux de tous les communistes, leur haute valeur humaine et militante. Maintenant qu’il est désigné candidat par un vote démocratique, il est devenu le candidat de tous. Et l’accueil des militants du PCF qui constituent la part majeure de l’organisation de cette Fête fut pendant trois jours toujours positif. J’ai personnellement pu le constater chaque fois que j’ai accompagné Jean-Luc.

fhuma-5.jpgCe n’est pourtant pas cet angle de vue que l’équipe de Dimanche + a choisi pour construire son affaire. Durant six minutes, ce reportage partisan cherche à expliquer qu’il existe un mécontentement, une rancœur, un doute parmi les communistes et même au delà. Manque de bol pour les reporteurs de Canal +, aucun évènement réel dans les travées de la Fête n’a illustré ce parti pris. Qu’importe à leurs yeux. Ils ont donc fait le choix d’en inventer à partir de rien, ou presque. Le reportage montre Jean-Luc en train de serrer des dizaines de mains puis de discuter fraternellement avec des militants socialistes venus à la Fête de l’Humanité. Commentaire du reportage : « si Jean-Luc Mélenchon a un bon contact avec des militants socialistes, avec les militants communistes, c’est une autre histoire ». Ah bon ? Pour étayer cette thèse curieuse et inattendue, on voit une militante communiste qui rappelle amicalement dans un rire partagé avec Jean-Luc que ce dernier a le soutien des communistes et qu’il ne doit pas l’oublier, ce qui est une vérité implacable. On ne comprend pas bien en quoi cela illustre la prétendue « autre histoire » annoncée par la voix off. Pire, on annonce ensuite quelque chose de « plus frontal » avec les communistes. De quoi s’agit-il ? Lorsque Martine Aubry est accueillie sur le stand du Front de Gauche, elle arrive au milieu  d'une cohue inouïe de caméras et de journalistes qui bouscule totalement tous les plans d'organisation prévus. En conséquence, cette dernière après avoir salué Jean-Luc ne souhaite plus s’exprimer. On voit un homme inconnu qui se glisse derrière Jean-Luc, surgit et le prend à partie en lui reprochant que Martine Aubry n’ait pas voulu un débat. Commentaire de la fhuma-6.jpgvoix off : « un militant communiste le somme de s’expliquer sur la présence de Martine Aubry ». Tout cela est absurde. En quoi, le silence d’Aubry est la responsabilité de Jean-Luc ? Pourquoi cet individu ne va pas s’en étonner auprès de Martine Aubry elle même, mais agresse verbalement Jean-Luc ? Mystère. Plus étonnant, que fait-il à cet endroit là si particulier ? Il apparaît subitement sur l’estrade au milieu des différents dirigeants nationaux du Front de Gauche qui s’apprêtent à répondre à la presse, alors qu’il n’a rien à y faire. Poliment, alors que des journalistes attendent que Jean-Luc réponde à leurs questions, ce dernier demande à cet homme qui lui est inconnu, et qui se prétend communiste, de descendre de l’estrade tel que doivent le faire tous ceux qui ne doivent pas s’y trouver. Cette estrade est nécessaire pour que la presse puisse travailler dans de bonnes conditions et « faire des images ». Ce n’est pas un lieu public où chacun peut venir interpeller et bousculer les différentes personnes qui doivent s’y trouver officiellement. Si l’homme est un militant, il doit comprendre cette règle élémentaire de discipline. Mais, le bonhomme se rebelle et fait aussitôt un scandale public.

Avec gourmandise, c’est cela qui est montré avec force détail dans le reportage. Cet incident est censé démontrer, telle que la voix off l’annonçait préalablement, qu’« avec les communistes, c’est autre chose ». Cet inconnu incarne à lui seul la supposée « résistance » des communistes contre Jean-Luc Mélenchon, montré comme complice de relations troubles et annonciatrices d’accords futurs, bien sûr honteux et inavoués, avec des responsables socialistes. Cette fable est proprement absurde. Un tel commentaire ne peut qu’être le fruit que d’une ignorance élevée. Chaque année, depuis des décennies, lors de chaque Fête de l’Humanité, tous les principaux responsables socialistes s’y rendent, car ils sont systématiquement invités par le Secrétaire national du PCF. Ce fut encore le cas cette année, puisque Pierre Laurent est venu personnellement accueillir Martine Aubry.

interruption.jpgAlors en quoi ce comportement grossier et agressif de la part d’un inconnu en direction de Jean-Luc est-il une information digne d’intérêt pour une chaîne nationale qui se veut sérieuse ? Il ne s’agit là que d’une anecdote insignifiante du quotidien de la vie militante d’une Fête où plusieurs centaines de milliers de personnes sont venues. Ce type est un butor agressif posant des questions curieuses (par exemple, il dit à propos d'Aubry "on ne sait pas ce qu'elle est venue faire à la Fête de l'Humanité", mais comme je l'ai indiqué plus haut, c'est pourtant d'une grande banalité) et je suis étonné de constater combien Jean-Luc reste calme dans une telle situation. Qui dit que cet homme n'était pas là pour le bousculer ? Si incident il y a, c'est plutôt Jean-Luc la victime et non l'inverse. Mais, ce n'est pas ainsi que les choses sont présentées. C'est un choix qui n'a rien d'innocent. Le reste du reportage est du même tonneau. Tout est fait pour démontrer que Mélenchon est un homme qui suscite des interrogations même parmi ses proches. Qu’importe ce qu’il dit lui-même. Pour Dimanche +, le procès d’intention sert manifestement de méthode de recherche. Pour convaincre encore le téléspectateur, qu’il y a sans doute anguille sous roche, on va chercher pour conclure l’expertise conjointe de Malek Boutih et Delphine Batho sur le parvis de Solférino, qui ne disposent d’aucune information particulière, n’ont rien à dire de précis, si ce n’est qu’il ne serait pas choqués de voir Mélenchon ministre. Quel scoop de leur part !

Mais, le plus sidérant est à venir. Aussitôt le reportage diffusé, une dépêche AFP est publiée. Elle raconte par le menu le prétendu incident. Son titre : « Quand Jean-Luc Mélenchon somme un militant communiste de dégager ! ». Emboîtant le pas, Jean-Michel Apathie twitte la dépêche AFP, cherchant à lâcher la meute de tous ceux qui portent Jean-Luc dans leur coeur, mais cela ne marchera pas. Ce n’est pas faute d’insister et la dépêche AFP  sera même actualisée quatre fois dans la journée et chaque fois publiée à nouveau. Quatre fois ! C’est exceptionnel. Généralement, un tel traitement est digne d’une catastrophe nationale où les dépêches sont réactualisées pour faire connaître le nombre de victimes.

fhuma-3.jpgVoilà donc à quel niveau d’attaque certain sont tombés. Qui est ce militant communiste qui a droit a tant d’attention de la part de Canal + et de l’AFP ? Je l’ignore. Il est un inconnu pour toute la direction du PCF. Personne ne l’a jamais vu. En regardant les images avec quelques amis, j’ai observé qu’il porte à la boutonnière de son blouson un badge rond en vente au stand du groupe La Riposte. Cette petite organisation est un regroupement d’une poignée de militants autour d’un petit journal nommé La Riposte très opposé publiquement au Front de Gauche et à Jean-Luc Mélenchon en particulier. Ce groupe publie d’ailleurs sur leur site ces derniers jours, une sévère « Critique du programme partagé du Front de Gauche ». Il lui reproche notamment, de ne pas être assez anticapitaliste, ou, regrettant comme le propose notre programme, que « si la France sortait de l’OTAN, cela  ne suffirait pas » puisque notre pays continuerait à mener sa politique impérialiste. CQFD. Il regrette aussi que nous ne dénoncions pas « la charte hypocrite de l’ONU ». Etc. Pour eux, la candidature Mélenchon est une erreur car « elle relègue le PCF à l’arrière plan de la campagne électorale ». Je laisse le lecteur découvrir leur prose si il le désire. Mais, tout n’est pas sombre pour la Riposte. Ils sont heureux, car lors de la Fête de l’humanité, ils affirment avoir vendu en trois jours 257 exemplaires (!) de leur journal. C’est dire leur audience de masse. Cela peut changer toutefois. Grâce à Dimanche +, leurs ventes vont peut être encore augmentées. Existerait-il une alliance entre les reporters de Mme Anne-Sophie Lapix et le groupe La Riposte ? Qui sait ? Politiquement, c’est une évidence. Voilà un scoop. Que fait l’AFP ? Vite une dépêche…

fhuma-7.jpgPlus sérieusement, je précise enfin, que la responsable de ce beau reportage si pertinent, en lien avec l’équipe de communication de notre campagne, a eu droit a un entretien, seule avec son équipe,  de plus de 15 minutes avec Jean-Luc Mélenchon durant la Fête. Durant cet entretien, ce dernier lui a expliqué dans le détail ce que nous entendions par notre « offre publique de débat faite à toute la gauche » lancé lors du meeting de Grenoble à la fin de notre Remue Méninges, que la journaliste de son propre aveu n’avait pas bien compris. C’était d’ailleurs cela qui était officiellement le sujet de son reportage. C’est ainsi qu’elle l’a présenté à notre équipe de communication. A l’arrivée, il ne restera plus rien pour le téléspectateur de cette explication, pourtant voulue avec insistance.

Le journalisme est un métier exigeant et ingrat. La grande majorité de ceux que je connais sont des femmes et des hommes de valeur, passionnés par la chose publique. J’ai pour eux le plus grand respect. Il ne peut exister de société démocratique sans liberté de la presse, sans liberté de critique et d’investigation. Les scandales révélés récemment sur les relations avec de l’argent sale de l’entourage de Nicolas Sarkozy n’auraient pu exister sans cela.

Mais, faire progresser l’esprit critique de nos concitoyens sur ce qu’on leur montre à voir dans des émissions à prétention politique est aussi une tâche indispensable pour rendre réelle la liberté de conscience. Entre reportage racoleur et journalisme, il y a une distance, s’en prendre à l’un n’est pas critiquer l’autre. Qui peut le nier ? Un travail d’éducation populaire sur une critique lucide et argumentée de certains médias doit être au cœur de la campagne qui commence…

En plus de la démocratie, le métier de journaliste a aussi tout à y gagner.

mardi, 27 septembre 2011

sept. 11
27

Comment lutter contre le FN ? Le débat de la fête de l'humanité avec Caroline Fourest et Laurent Mafféis

mercredi, 21 septembre 2011

sept. 11
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Après ce grand succès de l'édition 2011 de la Fête de l’Humanité, c'est promis "On lâche rien !"

fdh000.jpgAprès un tel succès pour cette édition 2011 de la Fête de l’Humanité, comme le chante le groupe HK et les saltimbanques : On lâche rien ! Quelle foule, quel nombre ! Aucune autre force politique n’est en capacité d’organiser pareil évènement. Je dis bien aucune, sinon, elle l’aurait déjà fait. A La Courneuve, les centaines de milliers de participants ne viennent pas seulement en raison du rayonnement de tel ou tel artiste, mais bien parce qu’ils savent qu’ils sont là à un endroit unique, inédit : un morceau de l’Histoire de France et surtout de celle de la gauche. L’oublier, c’est ne rien comprendre à notre pays. C’est la grandeur du PCF et du journal fondé par Jean Jaurès que d’avoir pu maintenir ce rendez vous avec un tel éclat.

fdh046.JPGCette année, en raison du Front de Gauche, la Fête avait une couleur toute particulière. Jean-Luc Mélenchon, le candidat commun de cette alliance inédite a pu goûter combien désormais il était « le » candidat du Front de Gauche. Pour moi, qui l’ai accompagné lors de déplacement dans les allées du Parc de La Courneuve, j’ai mesuré avec quelle ferveur il avait été adopté par ce grand peuple de gauche. Nous voilà en ordre de marche. Plus de 50 000 programmes du Front de Gauche "L'Humain d'abord !" ont été vendu en trois journées. Quel plaisir aussi de voir trois des candidats à la primaire socialiste, venir dans le stand du Front de Gauche pour saluer Jean-Luc. Cela démontre la place que nous occupons désormais. Lors des élections cantonales, le Front de Gauche avec 10,38 % des voix sur le plan national s’est affirmé comme la deuxième force à gauche, devant Europe Ecologie – Les Verts. Ce résultat ne peut échapper à personne de sérieux. C’est cela qui explique la présence des trois dirigeants socialistes samedi, et non je ne sais quelle politesse. Avec ces gens là, seule la force du suffrage universel peut les contraindre à ce que je considère comme un respect minimum. En disant cela, je pense surtout à Martine Aubry et Ségolène Royal. J'observe que cette dernière se bat avec une énergie qui force le respect et compte encore de fervents supporters, mais elle patine, étrillée parfois de manière blessante par des observateurs qui la flattaient honteusement il y a 5 ans. A propos d’Aubry, je constate que malgré de nombreux soutiens, elle ne déclenche aucune ferveur. C'est un vote de raison, un peu blasé et fataliste du type "c'est ce qu'il y a de moins pire". Peut être l'emportera-t-elle finalement, mais dans ces conditions, elle ne place tous les atouts de son coté. Et je n’oublie pas qu’elle compte dans ses soutiens un cocktails assez hétéroclites de fabiusiens, delanoïstes, emmanuellistes et d'ex strauss-kahniens, dont Jean-Paul Huchon, le Président de la région Ile-de-France, qui, il y a quelques mois considérait Mélenchon comme « pire que Le Pen ». La phrase m'est restée en travers de la gorge. Il ne s'est pas excusé depuis. Aubry n’a jamais condamné cette insulte, qui nous a tous blessé au PG, malgré le courrier que nous lui avions adressé solennellement à l’époque. Mais, désormais, elle vient saluer Jean-Luc Mélenchon à la Fête de l’Humanité. C’est dire finalement, la valeur qu’elle accorde aux propos d’un de ses principaux soutiens.

rdv_montebourg.jpgJe place sur un plan différent la rencontre d’Arnaud Montebourg avec Mélenchon (voir photo de ce moment qui dura près de 45 mn, en présence de François Delapierre le directeur de campagne, d'Eric Coquerel, Raquel Garrido, Leila Chaïbi secrétaires nationaux du PG, ainsi que Daniele Obono et Clémentine Autain). Elle a un sens idéologique et une cohérence réelle. Nous sommes, comme on dit, sur la même longueur d'onde. A présent, dans cette primaire du PS, Montebourg défend des idées que nous portons haut avec le Front de Gauche depuis les trois dernières élections. Tant mieux. Il a cessé de flotter. En 2007, lors du choix du candidat socialiste, il avait préféré soutenir dès le début Ségolène Royal, qui enterrait alors le vote « non » au TCE en 2005, plutôt que le seul candidat socialiste (parmi les trois possibles) ayant défendu cette position, c'est-à-dire Laurent Fabius. J’admets que ce dernier, par ses errements multiples, à de quoi rafraîchir les cœurs les plus ardents. Mais, dans ce débat majeur sur l’Union européenne, il avait adopté une position juste. Arnaud Montebourg en étant absent de cette bataille m’avait alors fortement déçu. C'était déjà le cas deux ans auparavant quand il avait préféré ne pas mener campagne publiquement pour le vote "Non" le 29 mai 2005. C'est pourtant grâce à ce non majoritaire que sa démarche en 2011 a une audience particulière. Nous avons démontré que notre critique de l'Europe libérale est majoritaire. Montebourg a changé tant mieux. L'homme est habile et talentueux. Je dois dire que lors du débat TV de mercredi 15 septembre avec les candidats, il fut le seul, selon moi, à faire entendre un projet politique à la hauteur de la crise. Pour les cinq autres, le robinet d’eau tiède coula pendant près de trois heures. Ce fut long et ennuyeux. Bref, qu’importe.

Pour ma part, je ne crois pas (ou plus) en la possibilité pour le PS d’être poreux majoritairement à cette attente du peuple de gauche. Montebourg sera battu (au fait, je suis encore estomaqué de constater que la « gauche du PS » regroupée derrière Benoit Hamon ne le soutient pas. Terrible logique d’appareil où l’on apprend à des militants à ne pas défendre publiquement leurs  idées. Dommage, ils devraient venir nous aider, ils nous manquent). Dans ces primaires, les gens qui viendront voter, dans leur grande majorité, confirmeront ce que les sondages leur disent sans plus d’explication fdh017.jpgrationnelle : le mieux placé c’est François Hollande, le "miraculé" des sondages bidonnés. C’est lui qui a été choisi, sitôt que DSK a commis sa désormais célèbre « faute morale ». Vous savez ce geste « inapproprié », dû peut-être à « un complot » (au passage, quelle honte cette prestation de l’ancien Directeur du FMI dimanche soir sur TF1) . Les jeux d'appareils et les baronnies locales déformeront peut être cette tendance lourde, mais il est même possible qu'ils l'accentuent encore plus. Un notable socialiste n'aime pas perdre et soutenir le mauvais cheval. Cela peut changer d’ici quelques semaines, en raison d'un évènement inattendu, mais pour l’heure on en est là. J’ai connu ce phénomène quand j’étais encore au PS en 2007, dans ce genre de scrutin il est impossible d’aller à rebours de l’opinion publique construite par de puissants outils. C'est possible avec des mois de campagne, pas dans une blietzkrieg médiatique. Les quelques confrontations télévisées avec les six candidats seront insuffisantes pour construire une conscience éclairée. C'est dans les journeaux et devant leurs écrans que les votants se forgeront pour l'essentiel une opinion. Ces émetteurs se sont pour l'essentiel clairement exprimés : Hollande le matin, Hollande le midi, Hollandele soir... L'affaire semble hélas pliée. Et si ce n'est lui, ce sera Martine Aubry même si elle n'arrive pas à parler de façon audible une langue plus à gauche. Il semble qu'elle ne le veut pas. Mais la suite ? fdh003.jpgQuid, après le vote de la primaire ? Que faire pour Montebourg ? Tout risque de finir pour lui, quand tout commencera vraiment pour notre peuple... Aîe, aië, aïe. Drôle de Général en chef qui prépare ses troupes, les arme et les motive, pour vraisemblablement les faires revenir sous la tente quand la bataille face à la droite aura commencé. Quel chef de guerre accepterait de définir ainsi une brillante stratégie, puis finalement passerait sous le contrôle d'un autre, tout en sachant pertinement, et en l'ayant répété publiquement, que ce dernier mène à la défaite ? Il y a là une légère contradiction et de quoi assécher les coeurs. Comme en 2005, Montebourg acceptera-t-il la logique interne du PS (fusse-t-elle à présent élargie à des primaires) ? L'heure est à l'audace et la seule discipline qu'il faut accepter est celle de nos convictions. Basta. Ces dilemnes nous font perdre du temps. Personnellement, c'est en participant à la fondation du PG que j'ai tranché tout cela. C’est devant les électeurs, nos seuls souverains, qu’il faudra porter ses idées (qui sont d’ailleurs les nôtres, car l’ami Arnaud possède une belle capacité d’emprunts et de recyclage.. mais chut, ici c'est pour la bonne cause). C’est là toute l’utilité, et même le caractère irremplaçable, de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, ce formidable outil.Elle seule s’adressera au suffrage universel en avril 2012. C'est à dire concrètement, non pas les un ou deux milions qui se déplaceront pour voter (ce qui serait déjà beaucoup) dans cette primaire, mais les 44,4 millions d'inscrits sur les listes électorales. Raison de plus pour soutenir Jean-Luc Mélenchon dès maintenant.

Sinon, durant cette fête, j’ai eu le plaisir d’organiser un passionnant débat avec Caroline Fourest et Laurent Maffeis sur le Front national. Tout cela est raconté sur le site du Parti de gauche. Les deux orateurs furent très efficaces pendant près de deux heures, convaincant car précis, et un débat de qualité (mais évidemment trop court) s’en est suivi. C’est assez habilement que Caroline a décrit comment le FN était d’un opportunisme total sur des sujets économiques ou sur la laïcité. Elle a rappelé notamment qu’il y a quelques années, le fdh002.jpgFN était contre l’interdiction du port du foulard à l’école, car il ne souhaitait pas que l’on interdise aussi les signes religieux catholiques. Puis, Laurent a démonté avec une grande finesse les propositions sociales du FN, démontrant qu’avec ce parti les travailleurs avaient tout à craindre sur les conquêtes sociales qu’ils ont arraché. A écouter Laurent Maffeis, on comprenait bien combien le Fn de Marine Le Pen est avant tout un parti pour les petits patrons réactionnaires qui veulent moins payer leurs ouvriers et restreindre les droits des organisations syndicales. Par la suite, chacun a pu dédicacer de très nombreux ouvrages. Je répète une nouvelle fois que je vous invite à acheter le livre de Laurent Mafféis "Les cinq mensonges du FN, réplique à Marine Le Pen" (éditions Bruno Leprince) et celui de Caroline, qui se nomme plus sobrement "Marine Le Pen" aux éditions Grasset. Cette dernière est toujours pour moi un point de référence, même si parfois nous ne sommes pas d'accord. Et son exigence, notamment sur la laïcité, lui fait honneur. Je crois qu'elle a passé un moment agréable sur la stand du PG. Beaucoup de camarades sont venus me dire combien ils avaient apprécié sa présence.

fdh001.jpgfdh149.JPGCes trois jours se sont conclus par un moment très fort : le discours de Jean-Luc Mélenchon sur la grande scène de la Fête. Il est intervenu dimanche à 15h00 après Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité, et avant Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF. Sur la tribune, le hasard a fait que j’étais juste derrière Jean-Luc. A cette occasion, j’ai mesuré toute la puissance de la charge émotive que représente de s’exprimer devant une foule compacte de plusieurs milliers de personnes. Derrière l’épaule de Jean-Luc, en le voyant relire ses notes avant son discours, j’ai pu voir tous ces visages concentrés tendus vers lui lorsqu’il s’exprimait (on peut écouter son discours dans la vidéo postée précédemment sur ce blog). Je les ai vu exploser dans un grand cri mélé d'un tonnerre d'applaudissement, lorsque Jean Luc s'est exclamé : "Résistez ! Résistez !". Tout cela donne une force qui sera utile au candidat pour tenir le choc durant les mois qui viennent. Je sais que Jean-Luc a particulièrement apprécié ce grand moment. Il ne fut pas le seul. Pierre Laurent fut très percutant aussi. De mon point de vue, il fit mouche avec cette formule très audacieuse et courageuse pour un dirigeant communiste : « Un mot à l'attention de mes amis socialistes et d'Europe Ecologie/Les Verts. Il y a vingt ans vous nous disiez : "Soyez démocratiques!" et nous sommes devenus démocratiques. Il y a dix ans, vous nous disiez : "Soyez écologistes!"et nous sommes devenus écologistes. Alors aujourd'hui, à vous, amis socialistes et écologistes, nous disons : Soyez de gauche ! ». Dimanche, lors du journal de 20h00 de TF1 en présence exclusive de DSK, il ne fut dit aucun mot sur la Fête de l’Humanité ! Rien. Le plus meeting de gauche de toute l’année, passé sous silence. Incroyable. Mais, il est vrai qu’il y avait plus important ce soir là…Que s'est-il passé dans une chambre d'un hôtel de luxe Manhattan ?

fdh008.jpgVoilà donc une nouvelle étape franchie avec brio. D’autres viendront. Dimanche prochain, il y aura des élections sénatoriales. Je ne ferais pas plus de commentaire que ce que j’ai déjà fait dans la presse. Je vous publie le communiqué officiel du PG à ce sujet, rédigé par mon camarade Eric Coquerel qui a œuvré sans relâche sur ce dossier. Vous allez pouvoir le lire. Avant cela, je voudrais rendre hommage à l’association Anticor grâce à qui une voix indépendante s’est fait entendre lors du procès de Jacques Chirac sur « les emplois fictifs de la Ville de Paris » qui se déroule actuellement. Cette association a sauvé l'honneur. Pour ma part, je ne regrette rien de la prise de position que nous avions prise avec Danielle Simonnet en septembre 2010, lorsque nous avions demandé que la Ville de Paris reste présente dans ce procès. On voit le résultat à présent. Ce scénario était écrit d'avance. Seuls les naïfs seront surpris.  J’ai lu hier que le procureur a encore demandé la relaxe pour l’ancien président de la république. Quelle honte pour notre pays ! Là, l’absence de la Ville de Paris se fait cruellement sentir. Justice ne sera donc pas rendue. Allez exiger dans les quartiers populaires un comportement exemplaire auprès de gens qui ont du mal à joindre les deux bouts, quand la justice est à ce point ridiculisée par des gens  ayant exercés des responsabilités de premier plan.

 

Communiqué du Parti de Gauche

Elections Sénatoriales et Législatives

Sénatoriales : Le Parti de Gauche appelle les électeurs à voter pour ses candidats au nom des intérêts de la gauche et de la démocratie !

fdh020.jpgLe Parti de Gauche dispose de deux élus au Sénat et leurs circonscriptions sont concernées par le prochain scrutin. Or, parce qu'il a été exclu de toutes les listes d'union qui seront présentées devant les grands électeurs le 25 septembre,  le Parti de Gauche court le risque de perdre toute représentation à la Haute assemblée. Il serait la seule force de gauche dans ce cas alors même que son poids dans la vie politique française est incontestable. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté jusqu'au bout la négociation avec les autres formations de gauche en se déclarant ouvert à toutes les solutions.

Ce n'est pas en pratiquant pareille exclusion que la gauche, et en premier lieu le Parti Socialiste dont la responsabilité est particulièrement engagée, peut espérer l'emporter au Sénat. Il s'agit d'une faute politique mais aussi d'un déni de démocratie qui aggraverait encore les aspects non démocratiques de ce scrutin indirect.

Il appartient à tous les grands électeurs et électrices qui partagent ses convictions mais aussi plus généralement à toutes celles et tous ceux qui, à gauche, sont attachés à la démocratie, de rejeter cette élimination du Parti de Gauche en élisant ses candidats : Tony Bernard dans le Puy de Dôme,  Bernard  Faucon-Lambert dans le Lot et Garonne, Serge Despeyroux dans le Lot sous les couleurs du Front de Gauche, les  listes conduites respectivement par Pascale Le Néouannic et Benoit Rubin/Françoise Verchère dans les Hauts de Seine et Loire-Atlantique ainsi que la liste Front de Gauche de Seine St Denis où Juliette Prados se trouve en 3ème position.

Le Parti de Gauche, le PCF et  Gauche Unitaire ont signé un relevé de décisions sur les législatives.

14.jpgD'autre part, le Parti de Gauche, le PCF et Gauche Unitaire ont signé vendredi 15 septembre dernier un relevé de décisions sur les législatives qui engage leurs instances nationales et départementales. Il concerne déjà 525 circonscriptions de France Métropolitaine où les candidat-e-s s'engagent à se déclarer au Ministère de l'intérieur sous l'étiquette "Front de Gauche soutenu par le  Parti communiste français, le Parti de gauche, la Gauche unitaire et les autres formations du Front de Gauche". Le Parti de Gauche est satisfait de ce relevé permis par le déblocage dans les derniers jours de plusieurs circonscriptions importantes en sa faveur telles la 10ème de l'Essonne, la 3ème du Val de Marne,  la 3ème de l'Ardèche, la 2ème du Var, la 3ème des Bouches du Rhône, la 3ème du Jura et la 2ème du Nord. Au final, une fois réglé la petite dizaine de circonscriptions encore en négociation (dont la 4ème de la Haute-Garonne, la 8ème de l'Hérault, la 3ème de la Drôme et de la Somme), des candidat-e-s du Parti de Gauche devraient défendre les couleurs du Front de Gauche dans une centaine de circonscriptions. Le texte prévoit également, une fois l'accord conclu entre les trois parti "historiques" du Front de Gauche, de poursuivre la discussion avec les formations qui viennent d'y entrer.

(Merci à mes amis Octave Honorin, Rémy Blang et Stéphane Burlot pour leurs photos qui illustrent  ce billet..)

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