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lundi, 26 mars 2012

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Ni grisé, ni blasé… Le Front de gauche toujours lucide et dynamique !

ac-defile.jpgJe reviens une semaine en arrière. Je veux parler de politique, il le faut.

Ce faisant, je m’incline d’abord avec tristesse à la mémoire des victimes d’un personnage abject qui a tué des innocents. Je pense à leurs familles et leurs proches qui souffrent encore. Leur douleur est la nôtre, même si nous n’en partageons pas l’intensité. C’est impossible. Des théories ignobles et incohérentes ont poussé le cerveau fragile d’un jeune toulousain à assassiner trois jeunes militaires, un père de famille amenant ses enfants à l’école et une petite fille qui s’enfuyait. La douleur que nous ressentons collectivement est décuplée par la démence de ces gestes gratuits. Ce spectacle d’horreur ne doit pas pour autant nous faire perdre la raison. La vie doit être plus forte que la mort. Un fou armé ne peut faire exploser le ciment indispensable à toute société républicaine : la fraternité. C’était son objectif, il voulait semer de la haine et affirmer qu’il est impossible que nous puissions tous vivre ensemble. Malgré l’émotion qui nous a tous submergé, je crois pouvoir dire qu’il a échoué. C’est pourquoi hier, avec mes camarades et amis Martine Billard, Eric Coquerel, Arnault Champremier-Trigano et d’autres camarades qui mènent la campagne du Front de Gauche, nous avons manifesté hier, avec plusieurs milliers de personnes, derrière une banderole qui disait sobrement : « La République unie contre le racisme et l’antisémitisme ».

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J’ai dit au début de ce billet que je voulais parler de politique, je reviens donc au dimanche 18 mars. En rassemblant 120 000 personnes dans les rues de Paris, nous avons écrit une des grandes pages de l’histoire de la gauche française. A quand faut-il remonter pour trouver un tel rassemblement ? Difficile à établir avec précisions. Je ne peux m’empêcher de comparer ce que nous avons réalisé avec la manifestation du 14 juillet 1935 annonçant le Front populaire. Ce jour là, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient défilé le poing dressé devant une estrade, place de la Bastille, où l’on pouvait voir Léon Blum, Maurice Thorez, Roger Salengro, Marcel Cachin, etc…

bastille.jpgIl me semble revivre un de ces grands moments de l’histoire du mouvement ouvrier. « La Gauche est de retour », voilà ce que se disent des millions de femmes et d’hommes en observant la campagne du Front de Gauche. La force de cette campagne ne réside pas seulement dans son caractère dynamique et dans les talents d’orateurs de notre candidat. Avec une suffisance non dissimulée, des responsables socialistes que nous croisons, nous concèdent parfois que nous faisons « une belle campagne ». Certes, merci Messeigneurs ! Il y a là un compliment toujours agréable, mais il m’agace un tantinet car il n’explique rien. Comprendre est pourtant un enjeu. Notre campagne est « belle » car nous faisons appel à l’intelligence de nos concitoyens, à ce qu’il y a de plus noble dans chaque être humain… Nous faisons appel à la capacité de chacun à bousculer l’ordre établi. Nous réhabilitons la phrase de La Boétie : « Soyez résolus à ne plus servir et vous serez libre ». En ce sens, elle n’est pas compatible à la campagne de notre concurrent François Hollande qui semble semer une résignation constante lors de chaque meeting et déplacement. Il va de soi que, si je parle ainsi de lui, je n’oublie pas que notre adversaire commun reste Nicolas Sarkozy et le FN. Nous sommes d’ailleurs les ennemis les plus déterminés et les plus conséquents contre ces deux forces. Mais, précisément pour les battre, cela ne peut se faire qu’en remobilisant une partie de l’électorat qui a baissé la tête ces dernières années. Croire que le rejet de Sarkozy garantie la victoire d’un homme de gauche est une facilité très dangereuse.

J’invite donc chacun à écouter une nouvelle fois le discours de Jean-Luc Mélenchon.

Ce discours fera date. Il fait partie de ces textes qui pourront être relus avec le recul du temps. Ce n’est pas le cas de tous les discours politiques, même ceux qui obtiennent un franc succès devant un public enthousiaste. Le discours de Jean-Luc le 18 mars à Bastille se voulait grave. Quelle émotion de le voir éclater de ce grand rire pour entamer son discours, dont l’insolence claquait à la face de tous ceux qui nous poursuivi de leurs rages depuis des années. Quelle émotion aussi de la voir saluer le génie de la Bastille, perché en haut sa colonne, qui se nomme « La liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière ». Il porte dans sa main droite le flambeau de la connaissance et dans la gauche les chaînes brisées symbole de la liberté. Qui pouvait mieux que lui veiller sur nous ? Prophétique, le discours de Jean-Luc avait la hauteur nécessaire pour encaisser la violence des crimes qui aurait lieu le lendemain. Il peut être réécouté et relu. Le 18 mars, Jean-Luc a donné notre vision de la France et de la République. C’est pourquoi la dynamique de notre campagne n’a pas été émoussée par les images d’horreurs du début de semaine dernière.

En ce sens, dès le lendemain, les études d’opinions (que l’on appelle les sondages) semblent prendre acte de notre progression constante. Tant mieux bien sûr. Mais, nous avons tellement critiqué ces instituts d’opinion pour leur manque de rigueur que nous aurions mauvaise grâce de les considérer sans recul critique comme le thermomètre fiable pour juger notre entreprise. Je sais par contre que leur publication produit un état d’esprit différent à propos de notre campagne et c’est l’essentiel. Partout, des forces nouvelles viennent renforcer notre campagne encouragée par ce formidable signal. Ouvrons les portes !

pdle-affiche.jpgJe goûte enfin particulièrement de constater que nous sommes mis au même niveau, voir même devant, Marine Le Pen et le Front national. Hé, hé ! Voilà trois mois, quand nous avons lancé l’offensive contre le Fn avec Jean-Luc, nous étions persuadé que c’était nécessaire et qu’il y avait là un formidable levier de mobilisation pour regrouper des milliers de gens qui en ont assez de voir le FN parader, en diffusant ses idées nauséabondes, sans que personne ne leur tienne tête sérieusement. Nous avons marqué des points contre eux, mais cela n’était possible que parce que nous menons cette campagne adossée à un projet plus large, celui proposé dans notre programme « L’Humain d’abord ».

Cet affrontement contre le Fn va continuer. Aujourd’hui sur LCP, Louis Aliot a cru judicieux de dire que « Jean-Luc Mélenchon est le candidat dont je me sens le plus éloigné ». Merci, M. Aliot. Pour une fois, bien vu. Nous sommes d’accord. Nous n’avons effectivement rien à voir avec vous. Avec vos amis du FN, vous vous sentez plus proches de Nicolas Sarkozy et c’est bien votre droit. Pas nous. La « dédiabolisation » est d’ailleurs terminée à présent. C’est à la truelle, en puisant dans les discours de papa que Marine Le Pen construit ses diatribes. Sus aux étrangers ! Voilà son principal thème désormais. Ce week-end, lors de l’un de ses meetings (à l’affluence bien maigrelette d’ailleurs) Mme Le Pen a mêlée de façon grossière et manœuvrière le drame de Toulouse et Montauban avec l’immigration clandestine. Quel rapport ? Le meurtrier était de nationalité française et était né en France. Pour Mme Le Pen, faut-il revenir sur la nationalité de certains de nos concitoyens en raison de leur religion supposée ? L’horreur criminelle est-elle nécessairement en lien avec l’immigration ? Quelle vision folle du monde. Ici la bêtise le dispute à l’abject, et le poison raciste se développe si nous ne le combattons pas.

28mars.jpgC’est pourquoi, plus que jamais, il est une tâche de salubrité publique : il faut placer le Front de Gauche devant le Front national. C’est possible parce que c’est nécessaire. Cela modifierait tout le climat politique de notre pays. J’en appelle donc à tous les abstentionnistes, à tous ceux qui pensent que nous apportons beaucoup depuis le début de cette campagne, à tous ceux qui veulent chasser Sarkozy et le Fn, à tous ceux qui veulent que l’on parle en priorité des problèmes sociaux et non des débats poisseux sur l’immigration, à tous ceux qui aiment la France belle et rebelle, le 22 avril votez Front de gauche, votez et faites voter Jean-Luc Mélenchon, mettez le Front de gauche devant le Front national… ! Le 22 avril, c’est possible et plus encore !

PS : Ma campagne personnelle continue entre présence dans la 12e arrondissement et la 8e circonscription où je me présente aux élections législatives, des interventions dans les médias et des déplacements en province. Mercredi, je serai à Mulhouse et jeudi à Saint-Gilles dans le Gard. Le 3 avril prochain, je serai invité sur LCI à 19h30 par Michel Field. D’ici là, je me permets de publier deux émissions sur RTL et LCP dont j’étais l’invité cette semaine.

vendredi, 24 février 2012

fév. 12
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Quand l’extrême-droite baisse les yeux pour la première fois…devant le Front de Gauche !

001.jpgJe fais partie d’une génération militante ayant commencé à militer dans le milieu des années 80 qui a toujours souffert de la présence du Front national dans le paysage politique. Depuis plus de 25 ans, il est là, s'engraissant de la crise sociale et du désarroi de beaucoup de gens, insultant les uns, méprisant les autres. Depuis plus de deux décennies, c’est lui qui avec son vocabulaire infect et ses plaisanteries ignobles pollue le climat politique : « sidaïque », « point de détail de l’histoire », « Durafour-crématoire », « pédé », « pédophile », etc… La liste est longue de toutes les expressions par lesquelles le FN a exprimé sa haine. En la matière, Jean-Marie Le Pen fut un orfèvre. Une telle vivacité d'esprit mis au service de tant de méchancetés et d'idées de haine me laisse songeur. Cet homme a mis pendant des années toute son intelligence pour forger , en plus de propos xénophobes qui lui ont valu des condamnations, des centaines de formules bien ciselées et pleines d’allusions racistes ou antisémites, mais gardant toujours en double sens, lui permettant de paraître comme presque innocent et victime de censeurs. Pendant 25 ans, il fut le Fourbe National. La récente expression à propos du bal d’extrême droite à Vienne auquel sa fille avait participé, cette soirée qualifié par lui de « Strauss sans Kahn » en est une nouvelle bien triste illustration. Il faut avoir du vice pour forger de telle formule, approchant presque d'une "ignoble poésie antisémite" comme me le disait si justement avec dégoût Raquel Garrido, secrétaire nationale du PG et avocate de Jean-Luc Mélenchon.

Pendant des années donc, toute la gauche, que dis-je, la très grande majorité des français ont subi le discours de ce parti. Non pas qu’il soit le seul problème de la France, loin de là. Mais, précisément, dans un lourd climat d’offensive libérale brisant les acquis sociaux les uns après les autres et où la gauche, et particulièrement le Parti socialiste, n’était pas à la hauteur des enjeux, voir même accompagnait et mettait en œuvre ces capitulations, le FN prospérait. Des évènements appris dans nos manuels d’histoire semblaient se réécrire sous nos yeux. La crise était là, la gauche impuissante et les fascistes portaient le masque du changement pour des millions d’hommes et de femmes perturbés, désorientés et affolés par la crise.

Et puis, voilà depuis que le Front de Gauche est né les choses changent. L’épisode télévisuel, entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qui s’est déroulé hier soir sur France 2 à « Des paroles et des actes » est un évènement qu’il ne faut pas minimiser. Pour la première fois, le FN a baissé les yeux devant la gauche ! Ce n’était plus l’extrême droite qui époustouflait le monde de son audace et de son bagout révoltant, mais au contraire, elle apparaissait désormais impuissante et grotesque.

DSC00449.JPGPour préparer cette émission, nous nous étions retrouvés le jour même vers 17h00 dans un café de l’Est parisien pour bâtir la stratégie la plus efficace. Depuis quelques jours, nous avions eu de nombreux échanges téléphoniques les uns avec les autres, mais c’est dans ce café que nous avons fait le mise au point ultime. Quelques heures auparavant, Jean-Luc Mélenchon est descendu d'un avion qui le ramenait d’une tournée de réunions en Corse marquée par le succès (2 000 personnes à Bastia, du jamais vu !). Je crois arriver en premier à notre rendez-vous, mais Jean-Luc est là, studieux, heureux et souriant. Dans sa tête, les choses sont limpides. Il sait ce qu'il doit faire. Bien vite, les camarades prévus arrivent. Désormais, autour de lui, il y a Matthias Tavel, Laurent Maffeis, François Delapierre et moi. Pour Jean-Luc, l’angle a choisir pour affronter Marine Le Pen est clair : il va lui parler des droits des femmes et de quelle manière le FN, notamment en refusant de rembourser ce qu’il qualifie « d’IVG de confort », les méprise. Le Fn réserve donc ce droit aux femmes les plus riches. Les camarades du Conseil Régional de Rhône-Alpes nous ont fait parvenir des amendements FN qui expriment clairement la conception réactionnaire de la femme pour ce parti. Jean-Luc lira ces documents face à elle (voir l’émission). Que le Front du Gauche s’affronte à elle sur ce thème sera une première surprise. Reste à savoir qu’elle sera son attitude.

jsp1.jpgNous sommes aussi tous les cinq d'accord pour dire qu'il faudra souligner, et mettre bien en lumière, son attitude manquant d’honneur et de dignité, lorsque son père a lu du Robert Brasillach à la tribune de la Convention du FN. Cela nécessite si c'est possible de faire comprendre qui était ce collabo. Pas simple en quelques secondes, mais c'est nécessaire. Dans l'après-midi, j'ai fait quelques recherches et passé des coups de fils. Dans mon cartable, il y a des facs-similés de "Je suis partout" le journal antisémite dont Brasillach était le Rédacteur en chef, et notamment le numéro du 25 septembre 1942 où cette ordure demandait noir sur blanc que l'on n'épargne pas les enfants juifs. J'ai jugé utile que nous ayons sous les yeux ce numéro pour, peut être, y puiser une énergie supplémentaire face à l'extrême droite. Un fragment de seconde, je vois Jean-Luc ému à la lecture de ce passage. Le silence se fait quelques instants. Si certains en France doutaient encore de la filiation fasciste du FN, ils en sont pour leur frais. Sur les unes des exemplaires de "Je suis partout" que j'ai amené se répand à chaque fois l'ignoble caricature antisémite. Jean-Luc s'indigne soudain et se met en colère "Faire applaudir ce criminel collabo, quelle honte. Quand on aime la France, on ne laisse pas applaudir un tel homme, on ne reste pas silencieuse devant ce qui constitue un crachat à la mémoire des victimes des rafles antisémites. Bah ! Ils me dégoutent". Silence encore parmi nous. Oui, durant la seconde guerre mondiale, Brasillach a fait de le choix de la jsp2.jpgcapitulation et de la collaboration. Oui, on ne peut être patriote quand on fait applaudir un tel traitre. Oui, il est des cicatrices qui ne se referment jamais. Dans notre Histoire nationale, celle ci en est une. Jean-Luc a raison. Le FN, pour seul argument rétorque depuis dimanche qu'il faut faire la différence entre "l'homme et l'oeuvre". Mais, chez Brasillach, les deux se confondent précisément, et l'oeuvre littéraire de l'homme fut l'instrument de son crime. Un crime de plume en quelque sorte, mais qui fit des morts bien réels, pas seulement sur du papier. A travers la vitrine du café où nous sommes, je vois la façade d'une école primaire. A coté de la porte, j'aperçois une plaque que la Ville de Paris a placé il y a quelques années en mémoire des enfants juifs scolarisés qui ont été raflés puis assassinés. Pendant quelques secondes, je sors de la conversation et je pense à eux, et je me dis qu'un fil invisible nous relie peut être aussi à leur histoire tragique...

DSC00467.JPG19h00. Nous voilà partis vers les studios où va se dérouler l'émission. Deux autres camarades, Mathieu Agostini et bien sûr Benoit Schneckenburger nous ont rejoints pour faire le déplacement, sur place nous retrouverons Arnauld Champremier-Trigano. Nous sommes les premiers à être sur place, il est 19h45. Marine Le Pen n'est pas encore là. Direction la loge réservée pour Jean-Luc. Une fois sur place, l'équipe de l'émission vient le voir. Fabien Namias lui demande si il sait ce qu'elle va faire. Mystère pour tout le monde. Restera-t-elle ? Partira-t-elle ? Personne, parmi les organisateurs et la production de l'émission ne sait quoi répondre. Dans notre joyeuse bande, on prend les paris. L'opinion majoritaire est qu'elle restera, refusant de débattre avec Jean-Luc mais après avoir lu une déclaration dans laquelle il faut s'attendre à de basses attaques. A peu de choses près, nous avons vu juste. Mais, jusqu'au bout, l'interrogation reste entière.

Je sors de la loge et marche jusqu'au fond du couloir pour rejoindre le hall d'entrée par lequel Marine Le Pen va arriver. Pile poil, la porte s'ouvre, quatre malabars vêtus de noirs arrivent et au milieu d'eux la présidente du FN, les traits tirés, l'air contrarié. Je suis à deux mètres d'eux. Le groupe passe devant moi pour se diriger vers sa loge. Derrière elle, deux de ses conseillers la suivent. Florian Philippot son Directeur de campagne et Bertrand Dutheil de la Rochère qui se dit être son porte parole. Je les connais pour avoir été confrontés à eux l'un sur RMC, l'autre sur France Inter. Un salut de politesse est échangé entre nous, rien de plus. J'aimerai pouvoir leur tirer les vers du nez pour savoir ce que leur présidente a prévu. Je ne trouve pas les mots et eux sont fermés comme des huitres.

DSC00503.JPG20h30. L'émission commence. Nous regardons Marine Le Pen répondre à ses premiers contradicteurs. Même si ce n'est pas son point fort, elle arrive à retomber tant bien que mal sur ses pieds face au journaliste économique libéral de BFM Lenglet, mais on sent bien qu'elle n'est pas à l'aise. Pendant ce temps, en loge et dans les couloirs, de multiples idées farfelus traversent l'esprit de plusieurs camarades pour deviner ce qu'elle nous réserve. Et si elle prétextait du procès qu'elle fait à Jean-Luc Mélenchon pour refuser de lui adresser la parole ? Coup de fil à Raquel Garrido, l'avocate de Jean-Luc, qui nous assure que ce scénario ne tient pas la route. Elle reste disponible à tout instant pendant la soirée pour donner des conseils et réagir si nécessaire. Sur le plateau de l'émission, vient le tour d'Henri Guaino, le conseiller de Nicolas Sarkozy. Un malaise se dégage de ce moment. Le programme commun UMP / FN apparait. Guaino semble d'accord avec des analyses de Le Pen. Sur le plan télévisuel, le moment est pénible.

DSC00473.JPGDans la loge, nouveau silence, Jean-Luc se concentre et se remet à la tâche. Il écrit la trame de son propos. Il sait que cela va aller très vite, qu'il ne faut pas perdre le fil, qu'elle va user de toutes les ficelles pour l'empêcher de lui dire ce qu'il a prévu. Jean-Luc écrit, se concentre, fait le vide... Plus aucun d'entre nous ne lui adresse la parole. Il est prêt.

L'équipe de France 2, vient le chercher. Mathieu et Benoit l'accompagnent pour veiller à ce qu'aucun incident de dernière seconde ne vienne le perturber. Dans les loges, il reste Laurent, Matthias, François, Arnauld et moi. Chacun retient son souffle. désormais, c'est devant l'écran que nous allons suivre la suite.

DSC00507.JPGJean-Luc apparait sur le plateau. La suite, pendant 20 minutes a été suivi par plus de 5 millions de personnes. Elle refusera de lui adresser la parole, mais Jean-Luc ne lâchera rien. Sur le plan médiatique, l'image est terrible pour elle. La grande force d'extrême droite qui clouait le bec aux contradicteurs dans les années 80, 90 et 2000, se tait à présent devant le Front de Gauche. Pour nous, le succès est total. Méthodiquement, Jean-Luc déroule les thèmes qu'il avait prévu. Il qualifie Jean-Marie Le Pen "d'infâme président de notre infâme parti..". Lorsqu'il lui évoque la honte qu'il y a à citer Brasillach sous les applaudissements de ses militants, elle farfouille ses papiers piteusement, faisant sembler de chercher quelque chose. L'honneur aurait dû lui imposer de répondre au moins sur ce point. Non, rien. Elle perd pieds et préfère faire semblant d'être "choquée" semblant dire au Front de Gauche, comme d'autre en leur temps : je vous demande de vous arrêter. Face à nous, le Fn sous la présidence de Marine Le Pen est comme balladurisé.

Le temps est passé. Pujadas met un terme à cette séquence grotesque pour le FN. Plusieurs fois, le public a ri sur le plateau jugeant la fille Le Pen assez ridicule. Jean-Luc revient vers nous. Pour nous, c'est un moment de joie partagé. On se tape dans les mains. Nous sommes fiers du boulot. Pour la première fois depuis tant d'année, ce parti s'est fait rabattre son caquet.

En quelques secondes, nous décidons de quitter les lieux. On ne veut pas rester dans ses locaux où les quelques FN présents doivent écumer de rage. En sortant des studios, une équipe de BFM interroge Jean-Luc. Nous nous demandons tous qui a pu conseiller Marine Le Pen d'une telle stratégie.

23h00. Dans un café parisien, la soirée se termine. Les clients viennent féliciter Jean-Luc. On le congratule. Enfin, quelqu'un leur a tenu tête ! La présidente de ce parti qui a fait si peur était ridicule ce soir. A travers la vitrine, des groupes de passants dans la rue salut Jean-Luc et l'applaudissent.

Le mois de février approche de la fin. Nous voilà à moins de 60 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Notre campagne dynamique, intelligente et joyeuse vient de marquer un nouveau point. Dans toute la France, on continue.

mardi, 29 novembre 2011

nov. 11
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A quoi sert Robert Hue ?

huedesarnez.jpgRobert Hue, aujourd’hui soutien de François Hollande, essaye de refaire parler de lui ce matin dans Le Parisien… en cognant exclusivement sur EE-LV et surtout en insultant Jean-Luc Mélenchon !

Contre le candidat du Front de Gauche, M. Hue envenime les désaccords. Pour lui, la moindre critique du candidat socialiste devient « une dérive sectaire » ou « une fuite en avant irresponsable ». Décevant. Ce genre de rengaine simpliste fut servi pendant des décennies contre le PCF.

Tout cela est désolant mais reste logique. Depuis 3 ans M. Hue est hostile au Front de gauche et à sa stratégie. En 2009, il s’est dit favorable à une alliance avec le Modem. Lors des dernières élections régionales de 2010, il s’est opposé à la liste conduite par Pierre Laurent, actuel secrétaire national du PCF, préférant se présenter sur celle du PS. Il continue dans la même voie.

De surcroît, j’observe que dans cette interview M. Hue ne dit pas un mot contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Agressif contre le Front de gauche, silencieux contre la droite, à quoi sert-il vraiment ?

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