heninbeaumont_696_07mars2012.jpgDans cette élection présidentielle, notre campagne est la plus dynamique. C’est un fait acquis et reconnu de tous. Quel bonheur ! Les nombreux meetings du Front de Gauche sont pleins, avec de plus en plus de jeunes, nous sommes très présents sur le net et dans les différents réseaux sociaux, nos sites et blogs explosent en fréquentation (particulièrement le site « Place au Peuple » et celui de Jean-Luc Mélenchon), nos arguments et propositions circulent et sont entendus, notre candidat réalise de fortes audiences télévisées, et voilà que depuis la semaine dernière, même les instituts de sondages (d’ordinaire si peu généreux envers nous) nous estiment à 10 %. Les habitués de ce blog savent que nous avons un regard plus que critique et distant avec ce que disent les sondages. Mais, une chose est sûre, ils ont une importance réelle dans la campagne présidentielle dans la mesure où ils modifient les comportements électoraux de beaucoup de nos concitoyens qui les lisent et en tiennent compte pour faire leur choix. Bref, à 10 % nous heninbeaumont_700_07mars2012.jpgfranchissons un cap pour beaucoup de gens qui nous voient désormais comme un « vote utile » pour battre la droite et faire avancer des revendications indispensables. Je place au premier rang celle de l’augmentation des salaires à commencer par le SMIC que nous voulons à 1700 euros brut immédiatement pour aboutir à 1700 net à la fin de la législature. C’est un cercle vertueux que nous voulons mettre en place. Cette augmentation de 22% du SMIC profiterait mécaniquement à tous les salariés. Que personne ne vienne me dire que c’est irréalisable, en 1981, François Mitterrand avait lui augmenté le SMIC de 25 % sitôt élu. Situation étonnante que cette campagne 2012 où le seul candidat qui propose l’augmentation du SMIC et des salaires c’est Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche. Il s’agit pourtant de la première préoccupation des français. Voilà ce qui fait la force de notre campagne, voilà e qui produit la dynamique, au-delà du talent indiscutable de Jean-Luc pour expliquer notre programme : nous parlons des français, de leurs problèmes réels, c’est-à-dire sociaux (logement, emploi, précarité, défense des services publics..), et nous proposons des solutions crédibles qui passent d’abord par le partage des richesses.

_DSF2457.jpgNotre campagne fait donc œuvre utile pour toute la gauche, elle en est le cœur battant, elle éveille les consciences et amènent au combat des milliers de personnes qui doutaient depuis des années. Notre progression est telle qu’il me semble évident qu’elle ne va pas s’arrêter. 10 % aujourd’hui selon les sondages, pourquoi pas 15 % dans deux semaines et la possibilité d’être au second tour dans la dernière ligne droite. Pari fou ? Non, j’y crois. Tout simplement parce que j’ai la conviction que notre pays a besoin du programme du Front de Gauche pour faire face à la crise financière et à l’offensive des marchés. Pour le dire en terme simple, j’ai la calme conviction que nous progressons car nous avons raison et que seules nos propositions sont raisonnable. Oui, en 2012, pour vivre mieux, il faut par-ta-ger les richesses ! C’est pourquoi nous disons qu’il faut fixer un revenu maximum (je dis bien revenu) à 360 000 euros par an (soit 30 000 euros par mois) au-dessus duquel, par l’impôt l’Etat prend tout pour redistribuer. Ainsi, la loi exprime l’intérêt général.

heninbeaumont_982_07mars2012.jpgPendant que nos idées progressent, la droite s’affole, mesure la défaite qui s’annonce et cherche les moyens de l’éviter. C’est pourquoi, elle marche sur les brisées de l’extrême droite et injecte dans le débat des thèmes indignes. J’ai eu l’occasion de débattre, à l’invitation de Michel Field, sur LCI la semaine dernière avec deux représentants, Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) et Patrice Calméjane (UMP – Droite populaire) de cette droite réactionnaire à propos du droit de vote des étrangers aux élections locales. Bien sûr, ces deux personnages y sont violemment opposés. J’avais à mes côtés une représentante du PS. J’ai vu au cours du débat combien, surtout face à la gauche, les arguments de ces deux personnes convergeaient dans la même détestation de la création de droits nouveaux. Même si elle porte le nom de « centre », la droite reste la droite. J’ai d’ailleurs constaté qu’hier, à Villepinte, lors du Sarkoshow à deux millions d’euros, le même Lagarde était là pour chauffer la salle.

Ce meeting sarkozyste fut un spectacle affligeant à plus d’un titre. J’ai aussitôt envoyé à la presse le communiqué suivant :

« Docteur Le Pen ou Mister Sarkozy à Villepinte ?

 Dans un show très théâtralisé, Nicolas Sarkozy a excité des gens survoltés par la xénophobie.

Il s’en est pris ensuite au prétendu « assistanat qui rapporte plus que le travail » et aux étrangers qui viendraient, selon lui, profiter des aides sociales. Ses supporters présents ont particulièrement hués les mots de « syndicats », « assistanat », « étrangers », mais aussi, les chômeurs montrés parfois comme des fraudeurs, la gauche, les pseudo menaces sur les cantines scolaires et aussi les 35 heures accusées de « détruire le travail ». Il a enfin  osé affirmer que « les vrais blocages ne viennent pas du peuple français. Ils viennent de certains syndicats (..) qui ont intérêts au conservatisme ».

Cette violence verbale, directement puisée dans les vieilles thématiques d’extrême droite, est une course folle derrière Marine Le Pen. Ce n’est qu’une nouvelle inquiétante illustration du programme conjoint entre l’UMP et le FN qui se forge jour après jour durant cette campagne. »

heninbeaumont_848_07mars2012.jpgVolontairement, mon communiqué s’est concentré sur une dimension de son discours, mais à propos de l’Europe, il faut souligner que la volonté sarkozyste de remettre en cause le traité de Schengen (certainement pas ici pour de bonnes raisons, qui existent pourtant) dans la mesure où elle est présentée par le Président de la République lui-même comme une possible « désobéissance » aux règles européennes, légitime totalement ce que dit le Front de Gauche sur d’autres sujets. Pourquoi ce refus ne serait pas transposable sur d’autres sujets, notamment les diktats européens sur le plan financier ? Nous marquons le point donc.

Pour ma part, je me concentre sur ce « programme conjoint » entre l’UMP et le FN. Chaque jour un peu plus, il saute aux yeux. Taper sur le FN comme nous le faisons, c’est donc taper sur l’UMP et Nicolas Sarkozy. De plus en plus de gens comprennent ce que nous faisons et ils nous en sont reconnaissants. C’est pourquoi, dans le cadre des nombreuses réuniuons que nous organisons pour dégonfler la baudruche Le Pen, vendredi 9 mars, je suis allé à Henin-Beaumont avec mon camarade Laurent Maffeis pour participer à une conférence débat pour « dénoncer les mensonges du FN ». Mes amis du Parti de Gauche, heninbeaumont_933_07mars2012.jpgjusque-là comité modeste qui vient de voir le jour avaient organisé cette soirée qui fut un grand succès. Ce fut studieux et constructif. J’ai découvert avec plaisir cette ville, d’un aspect très attachant, et la chaleur réelle des habitants. Tous les présents nous ont remerciés de cette soirée qui en appelle d’autre. Hervé Poly, responsable PCF qui sera le candidat du Front de Gauche dans la circonscription sans doute contre Marine Le Pen, nous a fait le plaisir de venir et de participer à nos débats. Il m’a dit avoir apprécié la soirée et en fait état sur le blog de la section du PCF. Je lui souhaite bon courage dans sa campagne et le PG reste à sa disposition pour l’aider. Le Maire est également venu nous remercier. Même le petit notable local du FN, Steeve Briois, s’est senti obligé de rédiger un communiqué moqueur pour critiquer notre succès. C’est dire que notre initiative l’a perturbé, sinon pourquoi un Môssieur si important perdrait du temps pour nous salir ? On peut lire son communiqué heninbeaumont_1049_07mars2012.jpgsur le site du FN. Cela m’amuse. Le style arrogant de ce petit baron local m’en rappelle d’autre. Manifestement, ce monsieur a pris la grosse tête, depuis qu’il a de nouvelles fonctions dans l’appareil du FN, et pense qu’il est « chez lui » à Henin-Beaumont. Et bien non. Sa technique locale relève du clientélisme le plus plat. Il n’organise quasiment aucune réunion publique et la force relative du FN vient d’abord et avant tout de la gauche locale qui a plongé dans des affaires de corruption. Là-bas, le FN remplace la droite qui réalise à peine entre 2 et 4 % aux élections. Illustration limpide que les deux électorats communiquent. Enfin, l’abstention réalise des scores très élevées. En 10 ans, c’est plus de 37 entreprises qui ont fermées dans la région ! Le chômage est une réalité de masse. C’est donc un sale micro climat local, bien particulier, qui créé les conditions de la progression FN et cela ne doit rien au « talent » de ce Briois. Pour faire reculer le FN, il faut avant tout reconstruire une gauche sociale. C’est la tâche du Front de Gauche, et du Comité PG local. A Hénin-Beaumont, nous partons de loin. Evidemment, le FN a une sacrée longueur d’avance, mais je prends les paris que le FN va commencer à reculer là-bas, élection après élection. On peut revoir les interventions de Laurent Maffeis (excellent comme toujours) et moi-même sur la vidéo suivante.

heninbeaumont_936_07mars2012.jpg heninbeaumont_1135_07mars2012.jpg

Je termine en indiquant que j’ai une nouvelle fois les honneurs des insultes de M. Bruno Gollnish, encore membre du Bureau politique du FN, sur son blog. Il ricane à mon sujet et se fait le porte-parole de Jean-Marie Le Pen pour me dire que ce dernier refuse de débattre avec moi. Afin de ne rien perdre de sa prose, je vous en cite un long extrait qui fait référence à mon billet précédent  :

« Un Mélenchon décidemment sans-culotte qui, avec ou sans tablier, l’équerre, le compas ou la faucille et le marteau, préfère une nouvelle fois insulter les patriotes français de loin comme ce fut encore le cas lors de son dernier meeting à Rouen. Une manœuvre grossière pour faire oublier qu’il est bien une roue de secours du système, le candidat du parti de l’étranger, de la trahison des travailleurs français, le représentant de l’idéologie la plus sanglante du XXè siècle.

Conscient que sa trouille d’affronter le président d’honneur du FN écorne sérieusement son image virile ( ?) de grande gueule violente (surtout avec les femmes ?), le candidat de l’internationale communiste a chargé son conseiller, Alexis Corbière, de pondre un texte bien emberlificoté et lourdaud pour expliquer son refus d’obstacle. « Ma Maxime est la suivante » affirme avec emphase ce dernier. « De la vie politique publique de Jean-Luc Mélenchon, j’assume tout. De celle de Jean-Marie Le Pen, je vomis tout. » On l’imagine sans peine répéter sa « maxime » dix fois devant la glace avant d’aller se coucher en serrant son petit poing rageur !

De manière tout aussi involontairement comique, le brave Alexis, qui ne brille guère dans les débats, a donc été chargé explique-t-il, de se livrer en pâture à la bête, en proposant un duel à Jean-Marie Le Pen ; ce qui bien sûr serait parfaitement ridicule puisque celui-ci n’a aucunement l’intention de perdre son temps avec un troisième couteau largement inconnu du grand public.

On s’amusera encore de ce que « l’historien communiste » (sic) Corbière voit dans la citation par Jean-Marie Le Pen d’un bref poème de Brasillach, la marque d’un supposé fascisme et antisémitisme larvés alors que la citation du jour sur son blog le 6 mars était une phrase de Salvador Allende (« L’Histoire est à nous. Ce sont les peuples qui la font. ») ».

Par la suite, Bruno Gollnish accuse Allende d’antisémitisme (abject) et reprend à son compte la thèse classique de l’extrême droite affirmant qu’il « vomi par son peuple ». Ainsi, pour Gollnish, un coup d’Etat militaire entrainant la mort d’un Président démocratiquement élu, l’assassinat de 4000 militants, l’exil pour plus de 800 000 personnes, ne sont que des actes exprimant la volonté du peuple. C’est ordurier mais guère étonnant de la part de quelqu’un qui a toujours rendu hommage au dictateur Augusto Pinochet.

Bruno Gollnish, je répète toujours membre du Bureau politique du FN, c’est l’extrême-droite franche du collier, qui ne cherche pas à biaiser comme Marine Le Pen. Il n’aime pas la République, les idées des Lumières, et sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il multiplie les déclarations provocatrices à propos de l’existence des camps d’extermination. Déteste les francs-maçons, la Révolution française, la laïcité, les communistes et rit sans doute aux petites blagues antisémites du père Le Pen. Il faut prendre cet homme au sérieux, il est toujours là et il est dangereux dans la mesure où il est cohérent idéologiquement à la différence de la petite bande autour de Marine Le Pen qui flotte aux vents des circonstances. Je suis persuadé par exemple qu’avec lui à sa tête, le FN aurait déjà obtenu les 500 signatures.

Donc, j’ai compris que je ne suis pas digne de me confronter au Président d’honneur du FN… Mais vous M. Bruno Gollnish, accepteriez-vous de débattre avec moi ? A vous croire, cette confrontation tournerait à votre faveur puisque « je ne brille guère dans les débats ». Alors que craignez-vous ? Mon caleçon vous attend, mais gare, vous n’êtes pas prêt de l’approcher et c’est peut-être vous qui risquez d’attraper froid.

Post scriptum :

Ce soir, je suis l’invité de France Inter à 19h00 à l’émission « Le Téléphone sonne » face notamment à Paul-Marie Couteaux du FN et Jean Arthuis du Modem. Nous débattrons du thème suivant : « Faut-il faire payer les riches ? ». Ecoutez-moi.

Vous pouvez également revoir un reportage de BFM.TV à propos de notre réunion à Hénin-Beaumont.