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lundi, 12 mars 2012

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Front de Gauche en dynamique, toujours mobilisés contre la droite et l’extrême droite à Hénin-Beaumont ou face à Gollnish…

heninbeaumont_696_07mars2012.jpgDans cette élection présidentielle, notre campagne est la plus dynamique. C’est un fait acquis et reconnu de tous. Quel bonheur ! Les nombreux meetings du Front de Gauche sont pleins, avec de plus en plus de jeunes, nous sommes très présents sur le net et dans les différents réseaux sociaux, nos sites et blogs explosent en fréquentation (particulièrement le site « Place au Peuple » et celui de Jean-Luc Mélenchon), nos arguments et propositions circulent et sont entendus, notre candidat réalise de fortes audiences télévisées, et voilà que depuis la semaine dernière, même les instituts de sondages (d’ordinaire si peu généreux envers nous) nous estiment à 10 %. Les habitués de ce blog savent que nous avons un regard plus que critique et distant avec ce que disent les sondages. Mais, une chose est sûre, ils ont une importance réelle dans la campagne présidentielle dans la mesure où ils modifient les comportements électoraux de beaucoup de nos concitoyens qui les lisent et en tiennent compte pour faire leur choix. Bref, à 10 % nous heninbeaumont_700_07mars2012.jpgfranchissons un cap pour beaucoup de gens qui nous voient désormais comme un « vote utile » pour battre la droite et faire avancer des revendications indispensables. Je place au premier rang celle de l’augmentation des salaires à commencer par le SMIC que nous voulons à 1700 euros brut immédiatement pour aboutir à 1700 net à la fin de la législature. C’est un cercle vertueux que nous voulons mettre en place. Cette augmentation de 22% du SMIC profiterait mécaniquement à tous les salariés. Que personne ne vienne me dire que c’est irréalisable, en 1981, François Mitterrand avait lui augmenté le SMIC de 25 % sitôt élu. Situation étonnante que cette campagne 2012 où le seul candidat qui propose l’augmentation du SMIC et des salaires c’est Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche. Il s’agit pourtant de la première préoccupation des français. Voilà ce qui fait la force de notre campagne, voilà e qui produit la dynamique, au-delà du talent indiscutable de Jean-Luc pour expliquer notre programme : nous parlons des français, de leurs problèmes réels, c’est-à-dire sociaux (logement, emploi, précarité, défense des services publics..), et nous proposons des solutions crédibles qui passent d’abord par le partage des richesses.

_DSF2457.jpgNotre campagne fait donc œuvre utile pour toute la gauche, elle en est le cœur battant, elle éveille les consciences et amènent au combat des milliers de personnes qui doutaient depuis des années. Notre progression est telle qu’il me semble évident qu’elle ne va pas s’arrêter. 10 % aujourd’hui selon les sondages, pourquoi pas 15 % dans deux semaines et la possibilité d’être au second tour dans la dernière ligne droite. Pari fou ? Non, j’y crois. Tout simplement parce que j’ai la conviction que notre pays a besoin du programme du Front de Gauche pour faire face à la crise financière et à l’offensive des marchés. Pour le dire en terme simple, j’ai la calme conviction que nous progressons car nous avons raison et que seules nos propositions sont raisonnable. Oui, en 2012, pour vivre mieux, il faut par-ta-ger les richesses ! C’est pourquoi nous disons qu’il faut fixer un revenu maximum (je dis bien revenu) à 360 000 euros par an (soit 30 000 euros par mois) au-dessus duquel, par l’impôt l’Etat prend tout pour redistribuer. Ainsi, la loi exprime l’intérêt général.

heninbeaumont_982_07mars2012.jpgPendant que nos idées progressent, la droite s’affole, mesure la défaite qui s’annonce et cherche les moyens de l’éviter. C’est pourquoi, elle marche sur les brisées de l’extrême droite et injecte dans le débat des thèmes indignes. J’ai eu l’occasion de débattre, à l’invitation de Michel Field, sur LCI la semaine dernière avec deux représentants, Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) et Patrice Calméjane (UMP – Droite populaire) de cette droite réactionnaire à propos du droit de vote des étrangers aux élections locales. Bien sûr, ces deux personnages y sont violemment opposés. J’avais à mes côtés une représentante du PS. J’ai vu au cours du débat combien, surtout face à la gauche, les arguments de ces deux personnes convergeaient dans la même détestation de la création de droits nouveaux. Même si elle porte le nom de « centre », la droite reste la droite. J’ai d’ailleurs constaté qu’hier, à Villepinte, lors du Sarkoshow à deux millions d’euros, le même Lagarde était là pour chauffer la salle.

Ce meeting sarkozyste fut un spectacle affligeant à plus d’un titre. J’ai aussitôt envoyé à la presse le communiqué suivant :

« Docteur Le Pen ou Mister Sarkozy à Villepinte ?

 Dans un show très théâtralisé, Nicolas Sarkozy a excité des gens survoltés par la xénophobie.

Il s’en est pris ensuite au prétendu « assistanat qui rapporte plus que le travail » et aux étrangers qui viendraient, selon lui, profiter des aides sociales. Ses supporters présents ont particulièrement hués les mots de « syndicats », « assistanat », « étrangers », mais aussi, les chômeurs montrés parfois comme des fraudeurs, la gauche, les pseudo menaces sur les cantines scolaires et aussi les 35 heures accusées de « détruire le travail ». Il a enfin  osé affirmer que « les vrais blocages ne viennent pas du peuple français. Ils viennent de certains syndicats (..) qui ont intérêts au conservatisme ».

Cette violence verbale, directement puisée dans les vieilles thématiques d’extrême droite, est une course folle derrière Marine Le Pen. Ce n’est qu’une nouvelle inquiétante illustration du programme conjoint entre l’UMP et le FN qui se forge jour après jour durant cette campagne. »

heninbeaumont_848_07mars2012.jpgVolontairement, mon communiqué s’est concentré sur une dimension de son discours, mais à propos de l’Europe, il faut souligner que la volonté sarkozyste de remettre en cause le traité de Schengen (certainement pas ici pour de bonnes raisons, qui existent pourtant) dans la mesure où elle est présentée par le Président de la République lui-même comme une possible « désobéissance » aux règles européennes, légitime totalement ce que dit le Front de Gauche sur d’autres sujets. Pourquoi ce refus ne serait pas transposable sur d’autres sujets, notamment les diktats européens sur le plan financier ? Nous marquons le point donc.

Pour ma part, je me concentre sur ce « programme conjoint » entre l’UMP et le FN. Chaque jour un peu plus, il saute aux yeux. Taper sur le FN comme nous le faisons, c’est donc taper sur l’UMP et Nicolas Sarkozy. De plus en plus de gens comprennent ce que nous faisons et ils nous en sont reconnaissants. C’est pourquoi, dans le cadre des nombreuses réuniuons que nous organisons pour dégonfler la baudruche Le Pen, vendredi 9 mars, je suis allé à Henin-Beaumont avec mon camarade Laurent Maffeis pour participer à une conférence débat pour « dénoncer les mensonges du FN ». Mes amis du Parti de Gauche, heninbeaumont_933_07mars2012.jpgjusque-là comité modeste qui vient de voir le jour avaient organisé cette soirée qui fut un grand succès. Ce fut studieux et constructif. J’ai découvert avec plaisir cette ville, d’un aspect très attachant, et la chaleur réelle des habitants. Tous les présents nous ont remerciés de cette soirée qui en appelle d’autre. Hervé Poly, responsable PCF qui sera le candidat du Front de Gauche dans la circonscription sans doute contre Marine Le Pen, nous a fait le plaisir de venir et de participer à nos débats. Il m’a dit avoir apprécié la soirée et en fait état sur le blog de la section du PCF. Je lui souhaite bon courage dans sa campagne et le PG reste à sa disposition pour l’aider. Le Maire est également venu nous remercier. Même le petit notable local du FN, Steeve Briois, s’est senti obligé de rédiger un communiqué moqueur pour critiquer notre succès. C’est dire que notre initiative l’a perturbé, sinon pourquoi un Môssieur si important perdrait du temps pour nous salir ? On peut lire son communiqué heninbeaumont_1049_07mars2012.jpgsur le site du FN. Cela m’amuse. Le style arrogant de ce petit baron local m’en rappelle d’autre. Manifestement, ce monsieur a pris la grosse tête, depuis qu’il a de nouvelles fonctions dans l’appareil du FN, et pense qu’il est « chez lui » à Henin-Beaumont. Et bien non. Sa technique locale relève du clientélisme le plus plat. Il n’organise quasiment aucune réunion publique et la force relative du FN vient d’abord et avant tout de la gauche locale qui a plongé dans des affaires de corruption. Là-bas, le FN remplace la droite qui réalise à peine entre 2 et 4 % aux élections. Illustration limpide que les deux électorats communiquent. Enfin, l’abstention réalise des scores très élevées. En 10 ans, c’est plus de 37 entreprises qui ont fermées dans la région ! Le chômage est une réalité de masse. C’est donc un sale micro climat local, bien particulier, qui créé les conditions de la progression FN et cela ne doit rien au « talent » de ce Briois. Pour faire reculer le FN, il faut avant tout reconstruire une gauche sociale. C’est la tâche du Front de Gauche, et du Comité PG local. A Hénin-Beaumont, nous partons de loin. Evidemment, le FN a une sacrée longueur d’avance, mais je prends les paris que le FN va commencer à reculer là-bas, élection après élection. On peut revoir les interventions de Laurent Maffeis (excellent comme toujours) et moi-même sur la vidéo suivante.

heninbeaumont_936_07mars2012.jpg heninbeaumont_1135_07mars2012.jpg

Je termine en indiquant que j’ai une nouvelle fois les honneurs des insultes de M. Bruno Gollnish, encore membre du Bureau politique du FN, sur son blog. Il ricane à mon sujet et se fait le porte-parole de Jean-Marie Le Pen pour me dire que ce dernier refuse de débattre avec moi. Afin de ne rien perdre de sa prose, je vous en cite un long extrait qui fait référence à mon billet précédent  :

« Un Mélenchon décidemment sans-culotte qui, avec ou sans tablier, l’équerre, le compas ou la faucille et le marteau, préfère une nouvelle fois insulter les patriotes français de loin comme ce fut encore le cas lors de son dernier meeting à Rouen. Une manœuvre grossière pour faire oublier qu’il est bien une roue de secours du système, le candidat du parti de l’étranger, de la trahison des travailleurs français, le représentant de l’idéologie la plus sanglante du XXè siècle.

Conscient que sa trouille d’affronter le président d’honneur du FN écorne sérieusement son image virile ( ?) de grande gueule violente (surtout avec les femmes ?), le candidat de l’internationale communiste a chargé son conseiller, Alexis Corbière, de pondre un texte bien emberlificoté et lourdaud pour expliquer son refus d’obstacle. « Ma Maxime est la suivante » affirme avec emphase ce dernier. « De la vie politique publique de Jean-Luc Mélenchon, j’assume tout. De celle de Jean-Marie Le Pen, je vomis tout. » On l’imagine sans peine répéter sa « maxime » dix fois devant la glace avant d’aller se coucher en serrant son petit poing rageur !

De manière tout aussi involontairement comique, le brave Alexis, qui ne brille guère dans les débats, a donc été chargé explique-t-il, de se livrer en pâture à la bête, en proposant un duel à Jean-Marie Le Pen ; ce qui bien sûr serait parfaitement ridicule puisque celui-ci n’a aucunement l’intention de perdre son temps avec un troisième couteau largement inconnu du grand public.

On s’amusera encore de ce que « l’historien communiste » (sic) Corbière voit dans la citation par Jean-Marie Le Pen d’un bref poème de Brasillach, la marque d’un supposé fascisme et antisémitisme larvés alors que la citation du jour sur son blog le 6 mars était une phrase de Salvador Allende (« L’Histoire est à nous. Ce sont les peuples qui la font. ») ».

Par la suite, Bruno Gollnish accuse Allende d’antisémitisme (abject) et reprend à son compte la thèse classique de l’extrême droite affirmant qu’il « vomi par son peuple ». Ainsi, pour Gollnish, un coup d’Etat militaire entrainant la mort d’un Président démocratiquement élu, l’assassinat de 4000 militants, l’exil pour plus de 800 000 personnes, ne sont que des actes exprimant la volonté du peuple. C’est ordurier mais guère étonnant de la part de quelqu’un qui a toujours rendu hommage au dictateur Augusto Pinochet.

Bruno Gollnish, je répète toujours membre du Bureau politique du FN, c’est l’extrême-droite franche du collier, qui ne cherche pas à biaiser comme Marine Le Pen. Il n’aime pas la République, les idées des Lumières, et sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il multiplie les déclarations provocatrices à propos de l’existence des camps d’extermination. Déteste les francs-maçons, la Révolution française, la laïcité, les communistes et rit sans doute aux petites blagues antisémites du père Le Pen. Il faut prendre cet homme au sérieux, il est toujours là et il est dangereux dans la mesure où il est cohérent idéologiquement à la différence de la petite bande autour de Marine Le Pen qui flotte aux vents des circonstances. Je suis persuadé par exemple qu’avec lui à sa tête, le FN aurait déjà obtenu les 500 signatures.

Donc, j’ai compris que je ne suis pas digne de me confronter au Président d’honneur du FN… Mais vous M. Bruno Gollnish, accepteriez-vous de débattre avec moi ? A vous croire, cette confrontation tournerait à votre faveur puisque « je ne brille guère dans les débats ». Alors que craignez-vous ? Mon caleçon vous attend, mais gare, vous n’êtes pas prêt de l’approcher et c’est peut-être vous qui risquez d’attraper froid.

Post scriptum :

Ce soir, je suis l’invité de France Inter à 19h00 à l’émission « Le Téléphone sonne » face notamment à Paul-Marie Couteaux du FN et Jean Arthuis du Modem. Nous débattrons du thème suivant : « Faut-il faire payer les riches ? ». Ecoutez-moi.

Vous pouvez également revoir un reportage de BFM.TV à propos de notre réunion à Hénin-Beaumont.

mardi, 6 mars 2012

mar. 12
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Je suis disponible pour débattre avec Jean-Marie Le Pen… et en attendant, nous serons à Henin-Beaumont le 9 mars !

Je suis disponible pour débattre avec Jean-marie Le Pen et je vais m’en expliquer dans la dernière partie de ce billet, mais avant cela goûtons ensemble du bonheur du succès de notre campagne.

affiche_prenez_le_pouvoir.jpgHier soir encore à la télé, malgré l’injuste décision de TF1 qui donne près du double de temps de parole au FN, Jean-Luc Mélenchon a su magnifiquement mettre à profit son passage à l’émission « Parole de candidat » pour présenter les propositions du Front de Gauche. Chapeau l'artiste ! Hier, j’ai vu avec humour ce bijoutier parisien, présent sur le plateau de TF1, initialement si hostile à Jean-Luc, terminer en disant qu’il était d’accord avec lui sur notre constat des raisons de l’insécurité et des moyens d’y remédier. Ainsi, à l’image de cette soirée, notre campagne va bon train, elle est en dynamique permanente. Nous voilà à prêt de 10 % dans les sondages qui, comme de coutume, restent de facto en total décalage avec la réalité et très en dessous de notre réel niveau. Qu’importe ces pseudo thermomètres bidonnés, notre expérience militante nous donne d’autres outils pour juger. Nos salles de réunions sont pleines (qui osera enfin reconnaître que c’est nous qui faisons les plus gros meetings ?), nos militants particulièrement présents sur le terrain (et nos affiches sur les murs), nous occupons excellemment les réseaux sociaux et forums sur le web, toutes les composantes du Front de Gauche (à commencer par le PCF, mais aussi la Gauche unitaire, la FASE, République et Socialisme, etc…) sont sur le pont de façon joyeuse et positive, et notre candidat, par sa pédagogie et son énergie, bénéficie d’une côte de popularité et confiance palpable, et en progression significative depuis mi-janvier. Enfin, beaucoup de nos thèmes suscitent le débat : SMIC à 1700 euros, encadrement des loyers, 14 tranches d’impôts, pas d’écart de salaires supérieur de 1 à 20 dans l’entreprise, etc…. à tel point que le candidat socialiste essaye d’en imiter quelques uns (je dis bien « essaye », mais cela va dans le bon sens). Enfin, je prends les paris que le 18 mars, notre rassemblement à la Bastille sera un évènement inédit où se retrouveront plus de 20 000 personnes. Bref, dans la campagne du Front de Gauche, tous les voyants sont au vert !

henin-beaumont.jpgMe concernant, je continue ma tâche particulière d’animation de réunions contre le Front national. Depuis janvier, j’en ai déjà effectué à travers la France plus d’une vingtaine (j’avoue ne plus compter) et j’en ai au moins autant à animer d’ici le 22 avril. Mon camarade Laurent Maffeis en fait autant, en plus de sa lourde charge de travail argumentaire auprès de Jean-Luc Mélenchon. J’admire sa capacité de travail. Dans ce plan d’ensemble de riposte argumentaire anti-FN, la plus belle réunion est sans doute celle qui aura lieu vendredi 9 mars à Hénin-Beaumont. Chacun comprend l’enjeu symbolique. Là où le FN est, paraît-il, particulièrement bien implanté, là où Marine Le Pen est prétendument « chez elle », là où le Parti socialiste englué dans des affaires sordides est un repoussoir, là où l’abstention s’est installée entre 40 et 60 % selon les scrutins… dans ce chaudron donc, où se concentrent toutes les crises qui mijotent ensemble à petit feu depuis trop longtemps, nous allons tenir réunion pour démonter les mensonges du FN. J’en suis particulièrement fier. Nous sommes partout à l'aise dans la République, et là-bas aussi, grâce à nous, la gauche est de retour. L’idée de cette réunion est venue de nos camarades du PG et du Front de Gauche d’Hénin-Beaumont. Ils organisent cela d’une main de maître depuis quelques semaines et je suis persuadé que cette soirée sera passionnante. Elle a pour but de démontrer que le Front de Gauche va partout pour se faire entendre et qu’il n’est nul endroit qui constitue un « bastion » pour les idées du FN. Nous voulons donner des arguments à nos amis qui font campagne pour débattre éventuellement avec des sympathisants du FN et leur expliquer en quoi Marine Le Pen ne propose pas un programme « social » bien au contraire. Elle est l’amie de la frange du patronnât le plus réactionnaire : celle qui veut la suppression des syndicats, qui ne veut pas partager les richesses, qui refuse que l’on donne des droits égaux aux travailleurs étrangers car cela voudrait dire qu’il faut mieux les payer, etc… Bref, elle est contre toutes les propositions du Front de Gauche qui visent à partager les richesses. En cela, elle continue le rôle historique de l’extrême droite depuis des décennies : diviser les travailleurs, exacerber la xénophobie, protéger les puissants, etc…

Notre réunion de Hénin-Beaumont sera donc un moment fort et je l’animerai avec Laurent Maffeis dont la précision chirurgicale des arguments découpera en petits morceaux le stupide programme du FN. Si vous êtes dans le coin, venez nombreux !

Je termine donc comme promis au début de ce billet, sur la façon dont Jean-Luc Mélenchon a répondu hier à Jean-Marie Le Pen le président d’honneur du FN. Ce dernier, manifestement humilié de la confrontation piteuse de sa fille contre le candidat du Front de Gauche sur France 2, lors de l’émission « Des paroles et des actes », cherchait un moyen de (re)faire parler de lui en profitant de la dynamique de notre campagne. Il voulait un débat avec Jean-Luc Mélenchon. D’abord, une mise au point : au Front de Gauche nous sommes prêt au débat, à la confrontation, à la contreverse, etc… avec le FN. Nous l’avons dit et répété partout où cela est possible. Dans différents médias, ces confrontations ont d'ailleurs déjà eu lieu, que ce soit entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, mais aussi entre François Delapierre, Martine Billard, Clémentine Autain, Pierre Laurent, ou moi-même pour le Front de Gauche, qui avons déjà été confrontés aux différents dirigeants actuels du FN, sur France Inter, France 2, LCP, Public Sénat, Canal Plus, etc.

En soi, ce n’est donc pas un problème de débattre avec Jean-Marie Le Pen. Il ne fait peur à personne, et il offre plutôt un spectacle affligeant à chacune de ses sorties médiatiques. Dans la mesure où il est un personnage grossièrement caricatural, il est même plus facile, pour une conscience de gauche, de se confronter à lui, et de le faire exploser en vol, plutôt qu’avec un autre responsable actuel du FN, plus fourbe, qui dissimule davantage ses propositions. Le problème n'est donc pas la présence éventuelle de M. Le Pen père, mais bien l'absence (la dérobade ?) de Mme Le Pen fille. Pourquoi alors ne pas imaginer un débat à trois, où Marine Le Pen viendrait accompagner de son père pour débattre avec le candidat du Front de Gauche. La présence de "papa" pourrait peut-être rassurer la fille ? Je sais que Jean-Luc serait d'accord dans ces conditions. Qu'en pensent la famille Le Pen ? La balle est dans leur camp.

Surtout, quel est le statut exact de Jean-Marie Le Pen dans cette campagne et de cette proposition ? Ce n'est pas très clair. Etait-il admis qui si ce « débat » avait eu lieu, les propos de Jean-Marie Le Pen seraient assumés ensuite par sa fille-candidate ? La réponse est non, puisque sa fille a déclaré immédiatement à la presse que concernant cette proposition, allant à l’inverse de son attitude sur France 2, « n’engageait que son père ». De plus, le père ne voulait pas une confrontation programme contre programme, mais visait, pour venger l'honneur familial, à « enlever le caleçon » de Jean-Luc, ce à quoi ce dernier lu avait rétorqué, avec malice, qu’il arrivait trop tard « car je suis déjà un sans-culotte ! ».

En écrivant cela, je veux être clair, je ne fais pas un distingo entre la fille et le père. Ils constituent un ensemble cohérent, où lui, dit tout haut, ce qu’elle pense tout bas. Soyons direct, mettons fin à une fable, il n’existe pas de désaccord de fond, ni idéologique, ni politique, entre les deux. Dernier exemple, elle ne condamne pas l'hommage de son "président d'honneur" à Robert Brasillach. Pire, hier soir sur TF1, elle l'a assumé avec violence. Elle est donc la continuité de l’œuvre paternelle et n’aurait jamais été élue présidente du FN et candidate si elle ne s’appelait pas « Le Pen » et si son père ne l’avait pas soutenu. Sans lui, elle n’existe pas. Elle est sa créature politique. Le reste est faribole.

Certes, le père a un style un peu différent de sa fille, mais cela ne constitue pas une orientation différente. Ceux qui détestaient le père doivent donc continuer à détester la fille car le discours et le même.

Alors, une fois ceci étant rappelé, est-il nécessaire que Jean-Luc Mélenchon, à sept semaines du premier tour, gaspille son temps d’antenne avec un « non-candidat » pour parler autre chose que des programmes et propositions ? N’est-ce pas là une part de la manœuvre du fondateur du FN qui vise à nous déporter dans un pugilat stérile avec cette "vieille gloire" de l’extrême droite française, cet odieux personnage qui fait encore l’apologie des antisémites et des collaborateurs, pendant que la candidate FN peut se concentrer désormais tranquillement à sa campagne en faisant entendre, sans opposition réelle, ses arguments et propositions ? Pas d’accord. C’est l’inverse de notre stratégie. Enfin, est-il vraiment utile de donner le sentiment qu’il y a un enjeu majeur, pour Jean-Luc, à faire exploser cette baderne de Le Pen, toujours pleine de suffisance et qui transpire la xénophobie et l’antisémitisme ? Je ne le crois pas.

Dans ces conditions, c’est la candidate du FN qui doit d’abord débattre avec le candidat du Front de gauche. Elle se défile car elle a peur, on a bien compris pourquoi, face au notre, son programme vole en éclats. C’est son problème, pas le nôtre. Mais, notre proposition demeure, Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle, est disponible pour un débat avec Marine Le Pen.

Pour le reste, si Jean-Marie Le Pen veut absolument débattre avec un représentant du Front de Gauche, pas de problème. Chiche ! Et avec une grande joie ! Nous sommes nombreux à pouvoir lui tenir tête, et pour ma part j’y suis prêt avec une certaine gourmandise. Je le dis donc clairement : Jean-Marie Le Pen est-il d’accord pour débattre avec moi ? Avis aux amateurs et aux médias que cela pourrait intéresser. Que le caleçon de M. Le Pen se rassure, il ne m’intéresse pas et je n’ai aucun goût pour voir le postérieur ridé de ce raciste haineux. Lui botter le cul politiquement, avec ou sans caleçon, par contre oui, et avec bonheur. Qu’il se rassure enfin à mon sujet, si il était déçu trouvant l’adversaire un peu tendre et pas à son goût puisqu’il avait manifestement aiguisé des arguments anti-Mélenchon, il pourra aussi utiliser contre moi sa diatribe contre le trotskysme (dont moi aussi j’ai été membre), contre le socialisme (j'ai été membre du PS), l’histoire du communisme, etc… Qu’il ne m’épargne donc d’aucune des attaques qu’il comptait envoyer contre Jean-Luc. Face à une telle crapule, comme disait Cyrano de Bergerac : on n'abdique pas l'honneur d'être une cible.

Ma Maxime est la suivante. De la vie politique publique de Jean-Luc Mélenchon, j’assume tout. De celle de Jean-Marie Le Pen, je vomis tout.

Alors, Jean-Marie Le Pen, tu dis quoi ? J’attends ta réponse…

Post-scriptum :

Vous pouvez réécouter l’émission à laquelle j’ai participé vendredi 2 mars sur Beur FM.

 

 

De plus, mercredi 7 mars, je serai l’invité de l’émission de Michel Field sur LCI de 17h00 à 18h00. Et bien sûr, pour tous les parisiens, venez nombreux à notre meeting dans le 20e arrondissement à la Bellevilloise !

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lundi, 27 février 2012

fév. 12
27

Crise au FN : Quand Jean-Marie Le Pen dit tout haut ce que tout le FN pense tout bas… et désapprouve aussi sa fille publiquement !

Ectac_Politique-Marine-Le-Pen-sur-France-2_03.jpgVous souvenez-vous de cet absurde slogan du FN des années 90 : « le FN dit tout haut ce que les français pensent tout bas ! » ? Je m’amuse à le détourner pour donner un titre à ce billet. Que se passe-t-il ? J’ai l’intuition que le vent tourne et, selon moi, c’est la crise au Front national. Je suis convaincu que jeudi soir, lors de la confrontation de Marine Le Pen face à Jean-Luc Mélenchon, où la présidente du Fn fut ridiculisée, nous avons marqué un point très important qui va impacter toute cette campagne présidentielle. La « Marine de guerre » a pris une torpille Front de gauche sous la ligne de flottaison. Depuis, au FN, ils écopent pour ne pas couler. Alors, ils rappellent les vieilles troupes. C’est pourquoi Jean-Marie Le Pen est de retour, attiré par l’odeur de poudre et aussi pour colmater les brèches.

 

Je demande à chacun de bien mesurer ce qui est en train d’avoir lieu et de l’observer avec attention. Un nouveau cycle s’ouvre, ou du moins une parenthèse pourrait se fermer. Toute l’entreprise sournoise de Marine Le Pen engagée depuis le 16 janvier 2011 où elle a officiellement remplacé son père à la présidence du FN est en train de s’effondrer. La pseudo « dédiabolisation » dont on nous a tant rabattu les oreilles vole en éclat. Le vieux chef, fondateur et encore président d’honneur, reprend la main et veut faire entendre la vraie nature du Front national : la sienne. Délectons nous de ce que Charles de Gaulle aurait nommé : "La discorde chez l'ennemi".

LePen.jpgLe voilà qui refait la tournée de toutes les rédactions pour s’exprimer. Mesurant le choc qu’ils ont subi jeudi soir, il semble dire : les enfantillages ça suffit. Dimanche, il était l’invité de Radio France Politique et voici ce qu’il a dit : « Je trouve scandaleux qu’un voyou comme Jean Luc Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme (Journaliste : Candidate tout de même !) Oui, candidate c’est vrai. Marine le Pen pour des raisons que je respecte n’a pas voulu débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Moi je ne suis pas Marine le Pen et j’offre un débat un débat à Jean-Luc Mélenchon, je vais lui retirer son caleçon et je vais montrer ce qu’il est : le candidat des communistes qui ont du sang sur les mains et jusqu’au coude. Voilà ce qu’est Jean-Luc Mélenchon. »

LE_pen_mantes_la_jolie.jpgJe m’arrête un instant sur ce passage très révélateur. D’abord, Jean-Luc n’a pas pris à partie une femme (on mesurera d’ailleurs le machisme latent de cette idée considérant que la femme est faible par nature et ne peut se défendre seule face à un homme) mais une candidate d’un parti d’extrême droite. Le Pen devrait d’ailleurs en rabattre sur ce point, car en matière de violence physique contre les femmes il s’est déjà illustré lamentablement. Lui, c’est à coup de poing dans le ventre qu’il a agressé une élue socialiste sur le marché de Mantes-La-Jolie dans les Yvelines en mai 1997. Cela avait valu trois jours d’interruption de travail à la victime et c’est la police qui avait dû s’interposer pour stopper la violence du président du FN. Il fut d’ailleurs me semble-t-il condamné par la justice pour cela. A cette occasion, devant les caméras, il avait également traité de « pédé » l’un de ses opposants. Ce fut une nouvelle illustration que décidément, le concernant, le style c’est l’homme.

41983603_jpeg_preview_medium.jpgDeuxièmement, Jean-Marie Le Pen propose un débat à Jean-Luc Mélenchon. Excellent. Cette volte-face est la démonstration éclatante que de son point de vue, sa fille a fait une erreur jeudi soir. Il a mesuré que son comportement était absurde et très contre-productif. Dois-je rappeler que la veille, j’avais moi-même débattu au Téléphone Sonne (France Inter) avec un porte-parole du FN, et mon ami François Delapierre, notre Directeur de campagne, avait fait de même sur Public Sénat. Le matin même de l'émission de France 2, Martine Billard, présidente du PG, débattait encore face à Louis Aliot vice-président du FN. Où était donc la cohérence de la part de Marine Le Pen ? Nulle part, ne cherchez pas.

Troisièmement, revoilà le FN et son anticommunisme primaire à front de bœuf. Je ris aux éclats devant tant de sottises. Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes. Voilà bien longtemps que le PCF a condamné le stalinisme et a fait le bilan critique de son histoire. De plus, ne pas voir que l’existence même du Front de gauche, composé de sept formations, désignant un candidat qui fut toujours un opposant à l’horreur stalinienne, en est une éclatante démonstration, est symptomatique. Cet aveuglement est une funeste erreur qui coûtera cher au leader de l’extrême droite française.

le-debat-le-pen-melenchon-a-tourne-au-monologue_674427_460x306.jpgEnfin, je m’interroge sur la jubilation manifeste de Jean-Marie Le Pen à « retirer son caleçon » à Jean-Luc Mélenchon. Sa fille voyait déjà en Jean-Luc un « petit garçon » et le père veut maintenant lui mettre les fesses à nue… Etrange et inquiétant. Bah... N'allons pas plus loin. Je laisse les psychanalystes décrypter de telles expressions. Mais, manifestement, cela ne tourne pas bien rond dans leurs têtes.

Que Le Pen se rassure. Au Front de gauche, nous ne craignons personne, et surtout pas lui. Sa proposition va être étudiée avec sérieux et nous allons faire le point avec Jean-Luc dans les jours qui viennent. C'est ce dernier qui décidera tranquillement, car il ne s'agit pas non plus de faire n'importe quoi. Mais, la baderne xénophobe ne sera pas déçue, croyez moi.

Au comble de l’excitation, il a rajouté : « Prendre une candidate par rapport à ce qu’a dit son père c’est des méthodes de voyou. Je l’attends en débat, on va voir, on déballe tout : le trotskysme, le sénat, le socialisme, le communisme, tout, on va pouvoir parler librement et éclairer les gens sur Mélenchon, les gens ne savent pas très bien qui c’est comme Brasillach d’ailleurs. » Hé, hé… Parlons en, oui, pourquoi pas. Et devant tous les français qui jugeront. Nous n’avons pour notre part à rougir de rien (si je puis me permettre l’expression) de l’histoire glorieuse, et même parfois tragique, du long combat de la gauche pour l’émancipation humaine.

Robert_Brasillach.jpgAlors à propos de Robert Brasillach…Peut nous importe dans cette affaire que cela était dit par le papa de la candidate. L’apologie d’un antisémite est toujours abjecte. Nous condamnons par principe fermement ses déclarations comme président d’honneur du FN, rendant hommage à un violent antisémite collaborateur sous les applaudissements nourris de la salle, dont ceux de la candidate, qui s’avère être sa fille. C’est donc un acte politique public qui n’a rien à voir avec les liens familiaux qui les unissent.

Et Brasillach ? Oui, parlons en à nouveau, c’est nécessaire puisque Le Pen assume et de quelle façon. Il a même osé dire dans la vidéo de son « Journal de bord » que Brasillach n’était, après tout, qu'un « jeune journaliste de 34 ans, fusillé à la Libération pour ses articles. Ce qui devrait lui valoir une certaine compréhension de la part de ses collègues. Après tout « Pauvre moi, qui pourrait être à sa place » pourraient-ils se dire ! ». Incroyable, il demande en quelque sorte une solidarité de corporation de la part des journalistes pour défendre un tel ignoble personnage. Est-il sain d’esprit ? Mais pour nous, c’est cette nouvelle banalisation de la collaboration avec le nazisme qui est abjecte. Faut-il le rappeler ? Un brûlot antisémite n’est pas un journal, c’est un torchon. Celui qui écrit dedans, n’est pas un journaliste, mais une ordure. L’antisémitisme n’est pas une opinion, mais un délit.

jsp1.jpgChacun doit donc comprendre ce qui se joue ici. Pour cela, je dois prendre le temps d’un petit rappel historique. J’en ai déjà parlé sur ce blog. Robert Brasillach fut le Rédacteur en chef de « Je suis partout » le principal hebdomadaire antisémite (tiré à plus de 250 000 exemplaires) et collaborateur pendant l’occupation allemande. Chaque semaine, les caricatures antisémites faisaient la une de ce torchon et Brasillach a soutenu les rafles contre les juifs de France, demandant que l’on n’épargne pas les enfants. L’horreur était au bout de son stylo.

Pour avoir à ce point joué un rôle majeur dans le crime antisémite, Brasillach fut condamné à mort et fusillé le 6 février 1945. Certes, cette condamnation entraîna quelques prises de position d’intellectuels engagés dans la Résistance (comme Simone de Beauvoir, François Mauriac..) opposés à la peine de mort, qui demandèrent avec dignité à De Gaulle de l’épargner. C’est tout à leur honneur, mais cela n’innocente pas pour autant cet infâme collabo. Si j’avais vécu en ces temps, j’ignore ce que j’aurais fait car, comme toute conscience de gauche, je suis un opposant à la sentence suprême, même quand il s’agit d’ordure comme Brasillach. Mais, ici, ce n’est pas le sujet, d’autant que le FN défend la peine de mort encore en 2012.

En prison, à Fresnes, une semaine avant d’être exécuté, Robert Brasillach écrivit « L’enfant d’honneur » le poème lu par Le Pen, qui voit dans ce texte une ode à l’honneur toujours d’actualité. Ce choix d’un auteur qui justement avait perdu le sien est une signature. Mais ce n’est pas tout. Pourquoi Jean-Marie Le Pen, au terme de sa longue existence, utilise-t-il tant d’énergie à défendre cet homme ?

J’ai mon explication. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite était totalement marginalisée. Elle s’est progressivement reconstituée en France autour de l’action de Maurice Bardèche qui était le beau-frère de Brasillach. Ce dernier, qui se disait ouvertement fasciste, va mettre en place une maison d’Editions « Les sept couleurs » et quelques revues, assez confidentielles, comme « Défense de l’occident » et « Jeune Nation » autour desquelles, progressivement, les intellectuels d’extrême droite vont se regrouper. En avril 1959, dans l’une d’elles, Maurice Bardèche écrira : « J’aimais beaucoup Brasillach, je l’admirais beaucoup et je ne vous le cache pas, c’est la mort de Brasillach et l’épuration qui ont fait de moi un animal politique. La politique ne m’intéressait absolument pas avant cette date ; à partir de ce moment là, j’ai foncé dans la politique ».

belgchret34.jpgC’est dans ses revues que le négationnisme français va s’exprimer pour la première fois. C’est là que François Duprat, fasciste assumé et fondateur du FN écrira ses articles niant l’existence du génocide juif. Jean-Marie Le Pen sera très marqué par toutes ces lectures et lors de son dernier discours de président du FN, le 16 janvier 2011, il rendra hommage au « professeur Duprat » mort en 1978. Il rendra également régulièrement hommage à Maurice Bardèche, mort en 1982, dont la cérémonie eut lieu à l’Eglise intégriste de Saint-Nicolas du Chardonnet, en disant de lui qu’il «était le prophète de la renaissance européenne qu’il espéra longtemps » ainsi qu’un « grand écrivain et un historien d’avant-garde ».

Jean-Marie Le Pen sait qu’il incarne la continuité de cette longue histoire. Il ne veut pas rompre le fil. Il veut transmettre un héritage aux jeunes générations qui militent au Front national autour de sa fille.

Quand on lutte contre l’antisémitisme, on condamne ce que fait Le Pen. Toute autre attitude n’est qu’une hypocrisie coupable.

3757780999.jpgC’est tout cela qui éclate actuellement au grand jour. Le FN revient au fondamentaux, qu’il n’a jamais quitté en réalité. La fille continue la sombre œuvre du père et le discours d’hier de Marine Le Pen à Châteauroux, à propos du monde rural, porte à nouveau la marque brute de la pure pensée mystique fumeuse d’extrême droite opposée à l’immigration. De façon grotesque, elle s’en est prise aux « médecins étrangers qui ne maîtrisent pas parfaitement notre langue... et qui déboussolent les personnes âgées ». Elle a pendant plus d’une heure réhabilité une vision de la France digne de Charles Maurras, un autre pape de l’extrême droite des années 30, ou de Philippe Pétain qui affirmait que « La terre ne ment pas ». Qu’on en juge. Elle a opposé à ceux qui parlent de « naturalisation » française, qu’il fallait d’abord « une nature française, une terre française, un air français », puis « une souche, des racines.. » comparant la France « a un arbre qui meurt si on lui coupe ses racines. » faisant comprendre que l’on ne pouvait réellement être français si l’on n’avait pas ses racines. Cette vision réactionnaire n’a résolument rien à voir avec les principes républicains.

 Enfin, pour ceux qui goberaient encore que Marine Le Pen est une laïque,je termine en soulignant qu’elle a déclaré hier dans son discours que la bible était le « texte qui a fondé notre civilisation ». Tous nos concitoyens, quelles que soient leurs convictions spirituelles, doivent comprendre le danger d’une telle déclaration, qui n’a rien d’innocente, pour une candidate à l’élection présidentielle d’une République laïque. Je connais bien sûr l’histoire de notre pays. Mais, je sais aussi qu’il faut défendre dans toutes leurs forces, les fondations républicaines de notre Nation qui s’est forgée au long d’une histoire complexe qui ne peut être présentée et résumée de la sorte. Ce n’est pas la bible qui a fondé la République. Bien entendu, le catholicisme a marqué notre pays, mais sans laïcité, sans cesse réaffirmée, la France que nous aimons n’existera plus. Cette conception manque d’ailleurs de respect pour les croyants eux-mêmes qui ne veulent pas voir la religion ainsi instrumentalisé par un parti xénophobe. Ceux qui jouent à transformer le beau mot de « laïcité » en autre chose, le transformant en une menace pour nos concitoyens de confession musulmane sont des gredins.

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