mardi, 29 novembre 2011

nov. 11
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A quoi sert Robert Hue ?

huedesarnez.jpgRobert Hue, aujourd’hui soutien de François Hollande, essaye de refaire parler de lui ce matin dans Le Parisien… en cognant exclusivement sur EE-LV et surtout en insultant Jean-Luc Mélenchon !

Contre le candidat du Front de Gauche, M. Hue envenime les désaccords. Pour lui, la moindre critique du candidat socialiste devient « une dérive sectaire » ou « une fuite en avant irresponsable ». Décevant. Ce genre de rengaine simpliste fut servi pendant des décennies contre le PCF.

Tout cela est désolant mais reste logique. Depuis 3 ans M. Hue est hostile au Front de gauche et à sa stratégie. En 2009, il s’est dit favorable à une alliance avec le Modem. Lors des dernières élections régionales de 2010, il s’est opposé à la liste conduite par Pierre Laurent, actuel secrétaire national du PCF, préférant se présenter sur celle du PS. Il continue dans la même voie.

De surcroît, j’observe que dans cette interview M. Hue ne dit pas un mot contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Agressif contre le Front de gauche, silencieux contre la droite, à quoi sert-il vraiment ?

dimanche, 12 juin 2011

juin 11
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La force du Front de Gauche... et "l'élégance" de Christine Lagarde

reunion1206-1.jpgVoilà une semaine que je n'ai pu publier un billet sur mon blog. Ce n'est pas faute d'évènements importants à raconter. Mais, les tâches se sont accumulées et l'un de mes ordinateurs a rendu l'âme. Pourtant, quelle que soit l'échelle à laquelle j'observe la situation, les choses avancent dans la bonne direction. A l'échelle locale de mon militantisme par exemple, il y a l'incontestable succès militant de notre réunion de quartier sur le logement, que nous avons organisée dans le 12e arrondissement mardi dernier. Les photos qui illustrent ce billet le démontrent (merci à Jean-Louis O.). Plus de 70 personnes attentives présentes, une discussion et des témoignages passionnants. Objectif réussi.Et surtout, tout cela donne envie de continuer. Cette réunion, qui doit beaucoup aussi à mes camarades du PCF 12e, je pense notamment à mes deux collègues et amis élus Nicolas Bonnet et Catherine Vieu-Charrier (mais il y a aussi tous les autres, Michèle, Stéphanie, Bernadette, etc..) et à mes camarades pégistes du 12e, démontre que les propositions du Front de Gauche, ce soir là présentées par la sénatrice Nicole Borvo suscitent l'intérêt dans la population. Bah, simple réunion de quartier, diront certains. Pas seulement. Ce succès entre en résonance avec des décisions plus importantes.

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Car, parallèlement, et particulièrement lors de la conférence nationale du Parti communiste français qui a eu lieu à Montreuil les 5 et 6 juin, des choses déterminantes concernant l'avenir du Front de Gauche ont eu lieu. Je considère que l'orientation politique majoritaire est plus que satisfaisante, malgré quelques commentaires grinçants que j'ai pu lire ici ou là. Qu'importe. Laissons les râleurs professionnels râler... Moi, je ne boude pas mon plaisir et mesure l'importante de chaque étape. Je n'aime pas le comportement blasé de ceux qui ont tout vu et tout prévu à l'avance. Ce n'est pas mon cas. Je doute à chaque instant de la vie politique (mais le marxisme n'est-il pas le doute méthodique ?) et ne pense jamais que les choses soient acquises avant que véritablement elles ne le soient. Alors, 63,5 % des délégués communistes qui votent pour une candidature Front de gauche à la présidentielle de 2012 portée par Jean-Luc Mélenchon, c'est un évènement considérable. Je ne doute pas qu'il sera confirmé par le vote des 18 et 19 juin prochain. J'ai même désormais la conviction que la grande majorité des communistes sont attachés au Front de Gauche. Ils ont compris que cette alliance politique inédite, ne signifie en rien l'affaiblissement du PCF. Bien au contraire.

Bien sûr, sur ce point, tout le monde n'est pas d'accord au sein du PCF. Normal pour un grand Parti de masse. Le contraire serait inquiétant. Par exemple, un responsable de la section du 15e arrondissement de Paris, nommé Emmanuel Dang-Tran se présente également pour être candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il est, sur le plan professionnel, je crois, assistant parlementaire d'une sénatrice communiste. Ce militant se jette dans le débat avec une certaine fougue, sans doute pour mieux se faire entendre pense-t-il. Je ne lui reproche pas. Cet homme défend ses idées, et il est tout à l'honneur des communistes que le PCF permette que toutes les voix internes puissent être écoutées. J'avoue toutefois sourire un peu à la lecture de certains de ses arguments qui caractérisent l'engagement de Jean-Luc Mélenchon comme du "gauchisme institutionnel". Hi, hi, hi... La formule m'amuse. Cette oxymore loufoque est sans doute faite pour cela. Elle me rappelle la rhétorique un peu raide des groupes étudiants d'extrême gauche dans les années 70. Je croyais ce style oratoire à présent réservé aux fêtes de Lutte Ouvrière. Et bien non... En un seul mot, une seule formule mordante, il s'agit de faire mouche, quitte généralement à singulièrement caricaturer la réalité. Mais, le "Mélenchon bashing"  un peu lourdaud de ce camarade n' en reste pas là. Dans la foulée, viennent d'autres attaques d'Emmanuel Dang-Tran toujours plus mordantes ( et même singulièrement méchantes) contre Jean-Luc et mon Parti. Ouvrez les oreilles, oyez, oyez.  Mélenchon serait en fait un "aventuriste", quelqu'un qui ne ferait "rien qui permette de faire vraiment reculer la politique au service du capital" et j'en passe... Bref, pour l'essentiel un homme dangereux pour la gauche, un adversaire politique du PCF. Aouch...Rien que ça. Nous voilà habillé pour l'hiver. Bon, bon... M. Dang-Tran croit-il vraiment à ses propres outrances ? Moi, franchement, je ne crois pas. C'est, je pense, un homme intelligent qui tord le bâton pour être visible. Classique. Mais bon, est-ce à la hauteur des enjeux réels de la période ? Collectivement, quel intérêt  ? Strictement aucun.  Surtout quand, de concert avec le "sympathique" député du Rhône André Gérin, homme toujours nuancé, il traite Jean-Luc, et j'imagine toute la direction du PG, de "maastrichien". Bing ! Voilà un propos plein de mesure, non ? "Maastrichien" Mélenchon, levez vous ! Les procureurs Dang-Tran et Gérin ont prononcé la sanction... Plus sérieusement, est-ce à dire que le camarade Dang-Tran considère sérieusement que nous défendons encore le Traité de Maastricht ? Sait-il que le TCE que nous avons combattu vigoureusement et publiquement en 2005 (ce qui je l'espère a été remarqué aussi dans le 15e arrondissement de Paris, bastion ouvrier où milite ce camarade) comprenait également le Traité de Maastricht de 1992 ? Nous serions donc en quelque sorte des serpents à la langue fourchue, des traitres à double face, des "maastrichiens opposés au Traité de Maastricht", ce qui tout de même est une espèce assez curieuse, non ?  Franchement, qui mord encore à ce genre d'hameçon ? Qui peut être percuté par ce genre de formule à l'emporte pièce, plus faite pour flétrir que pour convaincre ? Bien peu. Tous les communistes que je connais ne réagissent pas aux claquements de ces coups de fouets simplistes. Ils veulent des arguments, pas des slogans sectaires.

Pour le reste, il est exact qu'il y a près de 20 ans, en 1992, comme la totalité des socialistes, Jean-Luc a défendu le "Oui" au référendum pour le traité de Maastricht. Ce vote partait d'une analyse politique qui ne s'est pas confirmée. Il considère publiquement depuis longtemps que c'était une lourde erreur politique, l'a dit lors de nombreux congrès socialistes présentant notamment une motion en 1995 qui avait pour titre "Maastricht c'est fini !" et en a expliqué les raisons dans deux ouvrages au moins. MM. Gérin et Dang-Tran ont-ils lu une seule de ces centaines de pages que Jean-Luc a écrit à ce sujet ? J'en doute. Le combat contre la construction libérale de l'Europe est depuis des années un des fondements de l'engagement politique de Jean-Luc pour lequel il brûle toute son existence. Qui dit mieux ?

Reste la candidature d'André Chassaigne. Elle ne se situe pas sur le même plan que les deux précédentes que je viens d'évoquer. André défend le Front de Gauche avec coeur. Il pense seulement qu'il l'incarne publiquement et le défend mieux que Jean-Luc Mélenchon. C'est son droit. Il en est convaincu. Je ne doute pas toutefois qu'André Chassaigne a compris que si d'aventure c'était lui le candidat du Front de Gauche, alors l'accord national pour les législatives que nous sommes en train de négocier (laissant près de 80 % des circonscriptions au PCF) serait immédiatement jeté à terre. Il faudrait donc tout revoir dans chaque région, ou alors il en serait fini du Front de Gauche. André Gérin lui, l'a compris et c'est la raison pour laquelle il s'est retiré et appelle à voter Chassaigne contre la candidature Mélenchon. Il reproche d'ailleurs vertement désormais à son camarade Dang-Tran de ne pas faire de même. A ses yeux, pour faire échouer la candidature de Mélenchon tout est bon, même les alliances les plus incohérentes et les plus précaires. Alors, André Chassaigne a-t-il mesuré qu'il devient l'instrument de tous ceux qui veulent "planter" le Front de Gauche ? Il semble que oui, puisqu'il a dit qu'il ne voulait pas être "instrumentalisé" par tous ceux qui veulent que cette alliance cesse. Mais, comment faire concrètement ? Comment séparer les bulletins de ceux qui veulent Chassaigne pour conduire le Front de Gauche et ceux qui veulent le détruire ? Mystère... 

Nous verrons donc les 18 et 19 juin. J'ai constaté que la grande majorité des communistes avec lesquels j'ai pu échanger ont compris les enjeux réels du vote et soutiendront la candidature Mélenchon. Rendez-vous donc dans une semaine. J'ai confiance dans la force tranquille du Front de Gauche.

lagarde10.jpgJe rajoute à présent quelques mots à propos de Mme Christine Lagarde, ma "collègue" du 12e arrondissement. Plusieurs journalistes (Le Parisien, Le Figaro ou France Bleu..) m'ont demandé ma réaction à propos de sa candidature à la Direction du FMI. Mon désaccord est d'abord politique. Cette dame est une ultra libérale fanatique qui a fait ses classes aux Etats-Unis et qui mène depuis 2008 en France une politique d'une injustice sociale rarement atteinte (sauf par exemple, quand il s'agit de la situation du "pôvre" Bernard Tapie). C'est un danger public et je reste stupéfait du soutien que Martine Aubry lui a accordé. Tout cela est déjà connu. Mais, j'ai pu aussi dire librement tout le mal que je pensais sur le plan plus personnel de cette personne qui, élue municipale depuis 2008, n'a jamais mis les pieds une seule fois au Conseil d'arrondissement du 12e et très peu au Conseil de Paris. Depuis 3 ans, ce sont ainsi près de 35 séances durant lesquelles sa chaise est toujours restée vide. Pour cela, elle perçoit pourtant une indemnité de plus de 4 000 euros par mois, pour quasiment rien. Personnellement, je trouve cette attitude plus choquante encore que le détachement discutable de Luc Ferry qui a produit un énorme scandale ces derniers jours.

Les lecteurs réguliers de ce blog savent que par cette raison, depuis 2008, je poursuis Mme Lagarde de mon courroux et de mon insolence. Elle m'en veut beaucoup et m'a répondu une fois dans les couloirs du Conseil de Paris, que je manquais à son sujet "d'élégance".  Et oui, je suis une brûte, un rustre... Risible toutefois, quand on voit comment elle s'est comportée vis à vis des électeurs depuis ces trois années...

Car en termes de leçon d'élégance, Mme Christine Lagarde m'en avait offerte une bien belle en septembre 2008. Je ne l'ai pas oublié.  Je m'explique et vous raconte. Une nuit, un violent incendie avait éclaté dans le 12e. Un homme y perdra la vie, une vingtaine d'appartements vont être détruits et quelques minutes et il faudra héberger près de 150 personnes choquées dans l'urgence. Elu de permanence ce soir là, avec Michèle Blumenthal, la Maire du 12e, nous avons passé toute la nuit à gérer cette crise douloureuse. Vers 9h00 du matin, mon téléphone portable sonne. Dans le bruit général, je ne décroche pas immédiatement. J'écoute le message laissé quelques minutes plus tard, il provient du cabinet de Mme la Ministre des Finances qui me demande où sont hébergés les sinistrés. Je suis étonné de cette demande. Pourquoi s'adresse-t-elle à moi ? Une Ministre d'Etat ne peut elle s'adresser directement à la Police ? Curieux. J'ignore comment ils ont eu mon numéro téléphone. Je ne rappelle pas. Il faut déjà commencer à organiser la prochaine nuit, faire le point avec le capitaine des pompiers qui vient nous annoncer que le feu est enfin éteint après plus de 6 heures d'intervention, etc. Quelques minutes plus tard pourtant, une voiture officielle aux vitres fumées s'arrête devant le bâtiment ou sont hébergées les familles sinistrées. Mme la Ministre sort, suivi derechef d'une équipe de France 3. Elle va au contact de quelques familles hagardes, bavarde quelques secondes avec une dame âgée, sous le regard attendri d'une caméra. Elle passe a coté de moi sans même me saluer. Moins de 10 mn après cette arrivée triomphale, elle est repartie. Son passage tout compris, a duré un quart d'heure chrono. Evidemment, le soir, lors du journal de France 3 région, un reportage raconte l'incendie et montre quelques minutes des images de "Mme Lagarde, élue du 12e, portant secours aux sinistrés". Chapeau. Voilà une belle leçon d'élégance politique de la part de celle qui n' a pas une minute a consacrer aux Conseils municipaux du 12e, mais qui sait dégager du temps lorsqu'il faut se montrer devant une caméra.

Voilà l'élégance de Mme la Ministre... le "lagardisme" en réalité, c'est du "sarkozysme" un poil mieux élevé, mais tout aussi méprisant. A la tête du FMI : danger pour les peuples.