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Mot-clé - XIIème arrondissement

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mercredi, 29 juin 2011

juin 11
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Depuis 2008 à Paris 12e, le « F.M.I. » de Mme Lagarde fut un « Faux Mandat Indemnisé »...

christine-lagarde-transports-cout-avion.jpg

Le Conseil d'Administration du FMI vient de désigner son prochain Directeur général. Sans aucune surprise, dans la mesure où elle était soutenue par les Etats-Unis, Mme Christine Lagarde a été nommée à ce poste.

Pour assumer cette fonction, il va de soi qu'elle va abandonner son poste de Ministre des Finances, et qu’elle va démissionner enfin de l'unique mandat électoral qu'elle ait eu à exercer : celui de Conseillère de Paris du 12e.



A ce sujet, je tiens à rappeler la façon dont elle s'est comportée pendant plus de 3 ans.

DSC07115.JPG Depuis mars 2008, en 35 séances dans le 12e arrondissement, hormis la séance d'inauguration, elle n'est jamais venue. Sa chaise est toujours restée vide. Et, au Conseil de Paris, elle fut l'élue la plus absente, au mieux quelques heures chaque année, à tel point qu'elle fut sanctionnée conformément au règlement de cette assemblée.

Elle avait pourtant répété avant d'être élue : « je siègerai, quoi qu'il arrive ». Mensonge.

Elle a, de plus, toujours méprisé mes nombreuses demandes de démissions, raillant ce qu’elle nommait mon « inélégance », répétant : « je suis très attachée à ce mandat, je l'exercerai jusqu'en 2014 ». Mensonge encore.

Et pourtant, comme tous les autres élus, elle percevait tous les mois une indemnité de Conseillère de Paris de 3 000 euros nets par mois. Pour Mme Lagarde, ces 3 ans furent une sorte de « FMI : Faux Mandat Indemnisé », inutile pour les parisiens qui lui avaient fait confiance.

Je rappelle donc que j'ai dénoncé souvent ce comportement car j’ai considéré qu’il risquait de jeter un discrédit sur tous les élus parisiens, de droite comme de gauche, qui essayent d’exercer leur mandat sérieusement.

Finalement, ce comportement de Mme Lagarde m’apparaît comme une illustration d’un manque de respect élémentaire de la souveraineté populaire et de la démocratie.

Pour être Directrice du FMI, ses défauts ont été vus comme des qualités. Qui sait ?

mardi, 21 juin 2011

juin 11
21

Mon voeu a été repoussé : il n'y aura toujours pas de rue Robespierre à Paris !

ruerobespierre.jpgIl n'y aura toujours pas de rue ou de place Robespierre à Paris. Affligeant. La presse s’en est largement fait l’écho (une dépêche AFP , certes pleine d'erreurs factuelles sur les auteurs du voeu, une demi page du Parisien, etc..). Preuve que Maxilimien Robespierre n'est pas un cadavre glacé et passionne encore les français. Mon voeu (voir à la fin de ce billet) présenté lundi soir au Conseil de Paris a été nettement battu. Quelle tristesse. Hormis les dix élus qui siègent à mes cotés, Groupe communiste et élus du Parti de Gauche, présidé par mon ami Ian Brossat, un seul socialiste, l'Adjoint au Maire chargé de la culture Christophe Girard (PS) , et deux élus Europe Ecologie - Les Verts, René Dutrey et Yves Contassot ont voté pour. Point final. Tous les autres ont voté contre, ou ont déserté la séance. J'avoue que j’en suis fort marri et un peu chiffonné.

Bon, robespierre01.jpgcela ne m’étonne pas de la part de la droite, qui s'est exprimée en séance assez vulgairement par l'intermédiaire caricatural de Jérome Dubus, un conseiller de Paris Nouveau Centre et accessoirement Délégué général du MEDEF Ile de France. Ce monsieur, pourtant bien élevé, a, de manière générale, peu d'estime pour les syndicats ouvriers, les partis de gauche, et bien sûr tout ce qui peut ressembler à du jacobinisme. Dans le patronnat français on préfère sans doute l'Ancien régime. Bah, c'est entendu. La droite parisienne, composée d'ailleurs de quelques aristocrates, est opposée à ma demande. Je ne découvre rien. En vérité, cette famille politique là n’aime pas la réalité de l’histoire de la France (belle et rebelle, et qui "répond toujours du nom de Robespierre", n'est-ce pas Jean-Luc ?) et déteste viscéralement celui qui s’indignait par ses mots : « Peuple, on te trahit, reprends l’exercice de ta souveraineté ! ». La radicalité de la Révolution Française hante encore la droite française. Quoi ? Célébrer « l'incorruptible ? », vous n'y pensez pas !  Quelle honte ! Quelle ringardise ! Il est bien plus moderne de pleurer sur le sort de la famille royale, de la noblesse et des vendéens et chouans qui, armes à la main, ont luttécontre la République. Aux yeux de ces gens là, mon voeu est une foutaise et Maximilien Robespierre  un tyran et une brute assoiffée de sang. Triste époque. L'idéologie contre-révolutionnaire, regorgeant de mensonges, calomnies et affirmations révisionnistes a fait son oeuvre. Logique. Mais, je le confesse, des élus UMP et Nouveau Centre, je n'attendais rien, et leur opposition finalement me rassure. Depuis longtemps, les concernant, ma boussole est la suivante : plus ils crient fort, plus j'ai la conviction d'avoir raison !

Robi.jpgMais, le vote quasi unanime des élus socialistes contre mon voeu, me sidère encore. J'observe même que pas un seul de mes amis de "la gauche du PS, proche de Hamon et de Emmanuelli » comme on dit, n'ont eu l'énergie de voter mon vœu (et de rester en séance pour cela). Décidemment, les traditions se perdent. Les héritiers de "la première gauche" ne sont plus ce qu'ils étaient.

Pourquoi tant de haine et de mépris plus de 200 ans après la Révolution Française ? Pourquoi ce qui n’est qu’une banalité dans tant de villes françaises, dirigées par la gauche, est-il si difficile dans la capitale, dont il fut le Député ? Pourquoi flétrir ce grand anticolonialiste, qui obtint l'émancipation pour les juifs, pour les comédiens, ce visionnaire défenseur des libertés publiques, défavorable à la peine de mort (et oui !), ce progressiste pour un revenu minimum, un droit à l'existence, et j'en passe.. ?  Pourquoi celui qui pour la première fois, dans son Discours de la mi-décembre 1790, sur l'Organisation des gardes nationales, a utilisé notre devise nationale « Liberté, Egalité, Fraternité » n’aurait pas le droit d’être honoré à Paris ? Ce n'est pas rien, mince ! Cette devise est désormais inscrite sur tous les bâtiments publics de notre pays. Elle est connue dans le monde entier, sonnant comme un symbôle de notre Nation ! Et pourtant, on en moque l'auteur et on le salit. On travestit l'oeuvre de la Grande Révolution. Tout cela est bien la preuve que la flamme de cet immense évènement brûle encore. Les coeurs froids de certains, fussent-ils de gauche,  veulent encore jeter  des seaux d'eau sur ses braises, pour les éteindre définitivement. Ils n’y arriveront pas. Mais, je constate que depuis le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) le discours anti-robespierriste n’a pas pris une ride. Il semble même avoir gagné en légitimité en s’imposant comme un signe de modernité.

robespierre02.jpgC'est peu dire donc que je suis déçu. Car cette fois ci, j’y ai cru. Quelques jours avant le Conseil de Paris, j'avais espéré que nous puissions emporter la décision. Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris, femme intelligente à la solide conviction de gauche et laïque, m'avait fait comprendre qu'elle n'était pas totalement défavorable à cette nouvelle demande. Elle avait lu avec attention la tribune que nous avions publiée la semaine dernière dans l'Humanité (cliquer ici) demandant au Maire de Paris de donner le nom d’une rue à celui qui est le révolutionnaire français le plus connu. Mon ami, l’historien Jean-Numa Ducange et moi-même, étions à l’initiative de ce texte signé par les principaux historiens français. Ce gage de sérieux historique et scientifique n’a pourtant pas suffit.

republique01.jpgLe président du groupe socialiste Jean-Pierre Caffet (également sénateur et désormais soutien actif de François Hollande) s’est radicalement opposé à mon voeu. Ce n’est pas la première fois, il l'a fait avec brutalité. Le style c'est l'homme, dit-on. Bertrand Delanoë, Maire de Paris, lui, avec plus de délicatesse, a aussi clairement fait entendre qu'il était encore hostile à ma demande. Stupéfiant. Pourquoi ? Les arguments de Jean-Pierre Caffet en séance, sont assez indigents. Qu'on en juge. Lui, le président du groupe des élus socialistes, premier groupe de la gauche, majoritaire à Paris depuis 2001, est opposé en 2011 à cette demande car, tenez vous bien, Maximilien Robespierre serait le grand responsable de la Terreur (quelle méconnaissance de l'histoire de la Révolution. Ce sénateur socialiste a-t-il lu Jean Jaurès ?) et, argument sorti de chapeau, était aussi favorable au culte de l'être suprême ! Pouah ! Ridicule. Et ce serait donc au nom de la laïcité, on le sait régulièrement piétinée dans cette instance, qu'il ne faut ab-so-lu-ment pas de rue Robespierre à Paris. Et ben, celle là, fallait la trouver ! Comme lui a répondu ma camarade du Parti de gauche Danielle Simonnet (voir son blog) les socialistes n'ont pas eu la même pudeur, il y a quelques années, quand ils ont nommé une place Jean-Paul II à Paris.  Et savent-ils, mes chers socialistes, que le décret sur l'Etre suprême, du 18 floréal an II, fixe en réalité un culte de la vertu en tant que valeur civique démocratique. Savents-ils que l'article XI de ce décret garantie la liberté de culte, ce qui est une idée d'une grande modernité en 1794, si difficile à mettre en oeuvre sous l'Ancien régime pendant des siècles.  Je passe donc sur les arguments du président du groupe socialiste d'une rare faiblesse, fabriqués pour les gogos, qui se voulaient une réponse pertinente à la belle intervention liminaire de ma camarade Danielle. Je crois que Caffet en réalité ne savait pas quoi dire et s'est exprimé, sans plus de réflexions. Dommage. Robespierre mérite mieux, surtout de la part d'un responsable socialiste.

stpancrace.jpgPar contre, les arguments avancés par Bertrand Delanoë , Maire de Paris, m'intéressent davantage. Ils sont plus raffinés. Des journalistes m'ont raconté qu'il avait répondu, lors d'une rencontre avec la presse, à mon encontre, qu'il ne voulait pas d'une rue Robespierre à Paris car ce dernier était à l'initiative de "la loi des suspects" et, selon ses propos rapportés dans Le Parisien « Robespierre estimait qu'être simplement suspect suffisait a être condamné ». La réalité historique est différente et plus complexe. Non, ce n'est pas Robespierre qui est à l'initiative de « la loi des suspects » du 17 septembre 1793, mais Jean-Jacques Régis de Cambacérès, qui lui (le Maire le sait-il ?)  a droit à une rue dans le 8e arrondissement de Paris. Mais, il faut dire que Cambacérès a participé aussi au coup d'Etat de Thermidor, a fait exécuté « l'incorruptible » et a rallié par la suite Napoléon Bonaparte (qui lui, rétabli l'esclavage !) devenant deuxième consul puis archichancelier de l’Empire. Faut-il donc trahir la Révolution pour avoir le nom d'une rue à Paris ? Monsieur le maire, votre argumentation ne me convient donc pas. C’est peu de la dire.

Mais, ce débat n’est pas terminé, croyez moi.

Invité sur France Inter ce matin même, Bertrand Delanoë, a encore été interpellé à ce sujet par un auditeur. Une nuit étant passée, sa réponse fut moins catégorique. Il dit à présent être favorable à une commission historique pour débattre de ce sujet. Chiche ! Cela m'intéresse. Je vais donc continuer cette discussion avec lui. Je vous en tiendrai informé.

rue-rob01.jpgJe continue donc ma quête. Ce n'est pas l'urgence de la période, mais c’est une juste cause et un débat politique et historique passionnant. Il est lourd de toutes les grandes controverses de la gauche française. Il éclaire le présent. Nous devons bien cela à celui que George Sand et Jules Romains considéraient comme "le plus grand homme de la Révolution", à celui qui, comme le disait André Malraux « fut guillotiné par des coquins ». Qui en 2011, parmi les intellectuels en vue aurait le courage de (re) dire cela ? La droite qui se dit gaulliste devrait s’inspirer de ces derniers mots, venant d’un écrivain engagé qui a fait sa grandeur. Mais, je l’ai déjà dit : de Gaulle avait Malraux, Sarkozy a Luc ferry et Eric Zemmour… Passons.

Il faudra bien un jour obtenir réparation de cet oubli. Avec plusieurs historiens, nous continuons. J’ai déjà de nouvelles idées. Jean-Paul Marat, St Just et bien d’autres, n’ont pas de rues à leurs noms à Paris. On va en reparler. Ceux qui veulent effacer Robespierre devront tenir compte de mon obstination et celles de mes amis (Danielle Simonnet, Ian Brossat, etc…), jeunes élus qui n’oublient pas le passé. Nous arriverons à notre fin. Le débat continue, vous dis-je… Nous sommes patient. Il dure depuis 200 ans.

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dimanche, 12 juin 2011

juin 11
12

La force du Front de Gauche... et "l'élégance" de Christine Lagarde

reunion1206-1.jpgVoilà une semaine que je n'ai pu publier un billet sur mon blog. Ce n'est pas faute d'évènements importants à raconter. Mais, les tâches se sont accumulées et l'un de mes ordinateurs a rendu l'âme. Pourtant, quelle que soit l'échelle à laquelle j'observe la situation, les choses avancent dans la bonne direction. A l'échelle locale de mon militantisme par exemple, il y a l'incontestable succès militant de notre réunion de quartier sur le logement, que nous avons organisée dans le 12e arrondissement mardi dernier. Les photos qui illustrent ce billet le démontrent (merci à Jean-Louis O.). Plus de 70 personnes attentives présentes, une discussion et des témoignages passionnants. Objectif réussi.Et surtout, tout cela donne envie de continuer. Cette réunion, qui doit beaucoup aussi à mes camarades du PCF 12e, je pense notamment à mes deux collègues et amis élus Nicolas Bonnet et Catherine Vieu-Charrier (mais il y a aussi tous les autres, Michèle, Stéphanie, Bernadette, etc..) et à mes camarades pégistes du 12e, démontre que les propositions du Front de Gauche, ce soir là présentées par la sénatrice Nicole Borvo suscitent l'intérêt dans la population. Bah, simple réunion de quartier, diront certains. Pas seulement. Ce succès entre en résonance avec des décisions plus importantes.

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Car, parallèlement, et particulièrement lors de la conférence nationale du Parti communiste français qui a eu lieu à Montreuil les 5 et 6 juin, des choses déterminantes concernant l'avenir du Front de Gauche ont eu lieu. Je considère que l'orientation politique majoritaire est plus que satisfaisante, malgré quelques commentaires grinçants que j'ai pu lire ici ou là. Qu'importe. Laissons les râleurs professionnels râler... Moi, je ne boude pas mon plaisir et mesure l'importante de chaque étape. Je n'aime pas le comportement blasé de ceux qui ont tout vu et tout prévu à l'avance. Ce n'est pas mon cas. Je doute à chaque instant de la vie politique (mais le marxisme n'est-il pas le doute méthodique ?) et ne pense jamais que les choses soient acquises avant que véritablement elles ne le soient. Alors, 63,5 % des délégués communistes qui votent pour une candidature Front de gauche à la présidentielle de 2012 portée par Jean-Luc Mélenchon, c'est un évènement considérable. Je ne doute pas qu'il sera confirmé par le vote des 18 et 19 juin prochain. J'ai même désormais la conviction que la grande majorité des communistes sont attachés au Front de Gauche. Ils ont compris que cette alliance politique inédite, ne signifie en rien l'affaiblissement du PCF. Bien au contraire.

Bien sûr, sur ce point, tout le monde n'est pas d'accord au sein du PCF. Normal pour un grand Parti de masse. Le contraire serait inquiétant. Par exemple, un responsable de la section du 15e arrondissement de Paris, nommé Emmanuel Dang-Tran se présente également pour être candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il est, sur le plan professionnel, je crois, assistant parlementaire d'une sénatrice communiste. Ce militant se jette dans le débat avec une certaine fougue, sans doute pour mieux se faire entendre pense-t-il. Je ne lui reproche pas. Cet homme défend ses idées, et il est tout à l'honneur des communistes que le PCF permette que toutes les voix internes puissent être écoutées. J'avoue toutefois sourire un peu à la lecture de certains de ses arguments qui caractérisent l'engagement de Jean-Luc Mélenchon comme du "gauchisme institutionnel". Hi, hi, hi... La formule m'amuse. Cette oxymore loufoque est sans doute faite pour cela. Elle me rappelle la rhétorique un peu raide des groupes étudiants d'extrême gauche dans les années 70. Je croyais ce style oratoire à présent réservé aux fêtes de Lutte Ouvrière. Et bien non... En un seul mot, une seule formule mordante, il s'agit de faire mouche, quitte généralement à singulièrement caricaturer la réalité. Mais, le "Mélenchon bashing"  un peu lourdaud de ce camarade n' en reste pas là. Dans la foulée, viennent d'autres attaques d'Emmanuel Dang-Tran toujours plus mordantes ( et même singulièrement méchantes) contre Jean-Luc et mon Parti. Ouvrez les oreilles, oyez, oyez.  Mélenchon serait en fait un "aventuriste", quelqu'un qui ne ferait "rien qui permette de faire vraiment reculer la politique au service du capital" et j'en passe... Bref, pour l'essentiel un homme dangereux pour la gauche, un adversaire politique du PCF. Aouch...Rien que ça. Nous voilà habillé pour l'hiver. Bon, bon... M. Dang-Tran croit-il vraiment à ses propres outrances ? Moi, franchement, je ne crois pas. C'est, je pense, un homme intelligent qui tord le bâton pour être visible. Classique. Mais bon, est-ce à la hauteur des enjeux réels de la période ? Collectivement, quel intérêt  ? Strictement aucun.  Surtout quand, de concert avec le "sympathique" député du Rhône André Gérin, homme toujours nuancé, il traite Jean-Luc, et j'imagine toute la direction du PG, de "maastrichien". Bing ! Voilà un propos plein de mesure, non ? "Maastrichien" Mélenchon, levez vous ! Les procureurs Dang-Tran et Gérin ont prononcé la sanction... Plus sérieusement, est-ce à dire que le camarade Dang-Tran considère sérieusement que nous défendons encore le Traité de Maastricht ? Sait-il que le TCE que nous avons combattu vigoureusement et publiquement en 2005 (ce qui je l'espère a été remarqué aussi dans le 15e arrondissement de Paris, bastion ouvrier où milite ce camarade) comprenait également le Traité de Maastricht de 1992 ? Nous serions donc en quelque sorte des serpents à la langue fourchue, des traitres à double face, des "maastrichiens opposés au Traité de Maastricht", ce qui tout de même est une espèce assez curieuse, non ?  Franchement, qui mord encore à ce genre d'hameçon ? Qui peut être percuté par ce genre de formule à l'emporte pièce, plus faite pour flétrir que pour convaincre ? Bien peu. Tous les communistes que je connais ne réagissent pas aux claquements de ces coups de fouets simplistes. Ils veulent des arguments, pas des slogans sectaires.

Pour le reste, il est exact qu'il y a près de 20 ans, en 1992, comme la totalité des socialistes, Jean-Luc a défendu le "Oui" au référendum pour le traité de Maastricht. Ce vote partait d'une analyse politique qui ne s'est pas confirmée. Il considère publiquement depuis longtemps que c'était une lourde erreur politique, l'a dit lors de nombreux congrès socialistes présentant notamment une motion en 1995 qui avait pour titre "Maastricht c'est fini !" et en a expliqué les raisons dans deux ouvrages au moins. MM. Gérin et Dang-Tran ont-ils lu une seule de ces centaines de pages que Jean-Luc a écrit à ce sujet ? J'en doute. Le combat contre la construction libérale de l'Europe est depuis des années un des fondements de l'engagement politique de Jean-Luc pour lequel il brûle toute son existence. Qui dit mieux ?

Reste la candidature d'André Chassaigne. Elle ne se situe pas sur le même plan que les deux précédentes que je viens d'évoquer. André défend le Front de Gauche avec coeur. Il pense seulement qu'il l'incarne publiquement et le défend mieux que Jean-Luc Mélenchon. C'est son droit. Il en est convaincu. Je ne doute pas toutefois qu'André Chassaigne a compris que si d'aventure c'était lui le candidat du Front de Gauche, alors l'accord national pour les législatives que nous sommes en train de négocier (laissant près de 80 % des circonscriptions au PCF) serait immédiatement jeté à terre. Il faudrait donc tout revoir dans chaque région, ou alors il en serait fini du Front de Gauche. André Gérin lui, l'a compris et c'est la raison pour laquelle il s'est retiré et appelle à voter Chassaigne contre la candidature Mélenchon. Il reproche d'ailleurs vertement désormais à son camarade Dang-Tran de ne pas faire de même. A ses yeux, pour faire échouer la candidature de Mélenchon tout est bon, même les alliances les plus incohérentes et les plus précaires. Alors, André Chassaigne a-t-il mesuré qu'il devient l'instrument de tous ceux qui veulent "planter" le Front de Gauche ? Il semble que oui, puisqu'il a dit qu'il ne voulait pas être "instrumentalisé" par tous ceux qui veulent que cette alliance cesse. Mais, comment faire concrètement ? Comment séparer les bulletins de ceux qui veulent Chassaigne pour conduire le Front de Gauche et ceux qui veulent le détruire ? Mystère... 

Nous verrons donc les 18 et 19 juin. J'ai constaté que la grande majorité des communistes avec lesquels j'ai pu échanger ont compris les enjeux réels du vote et soutiendront la candidature Mélenchon. Rendez-vous donc dans une semaine. J'ai confiance dans la force tranquille du Front de Gauche.

lagarde10.jpgJe rajoute à présent quelques mots à propos de Mme Christine Lagarde, ma "collègue" du 12e arrondissement. Plusieurs journalistes (Le Parisien, Le Figaro ou France Bleu..) m'ont demandé ma réaction à propos de sa candidature à la Direction du FMI. Mon désaccord est d'abord politique. Cette dame est une ultra libérale fanatique qui a fait ses classes aux Etats-Unis et qui mène depuis 2008 en France une politique d'une injustice sociale rarement atteinte (sauf par exemple, quand il s'agit de la situation du "pôvre" Bernard Tapie). C'est un danger public et je reste stupéfait du soutien que Martine Aubry lui a accordé. Tout cela est déjà connu. Mais, j'ai pu aussi dire librement tout le mal que je pensais sur le plan plus personnel de cette personne qui, élue municipale depuis 2008, n'a jamais mis les pieds une seule fois au Conseil d'arrondissement du 12e et très peu au Conseil de Paris. Depuis 3 ans, ce sont ainsi près de 35 séances durant lesquelles sa chaise est toujours restée vide. Pour cela, elle perçoit pourtant une indemnité de plus de 4 000 euros par mois, pour quasiment rien. Personnellement, je trouve cette attitude plus choquante encore que le détachement discutable de Luc Ferry qui a produit un énorme scandale ces derniers jours.

Les lecteurs réguliers de ce blog savent que par cette raison, depuis 2008, je poursuis Mme Lagarde de mon courroux et de mon insolence. Elle m'en veut beaucoup et m'a répondu une fois dans les couloirs du Conseil de Paris, que je manquais à son sujet "d'élégance".  Et oui, je suis une brûte, un rustre... Risible toutefois, quand on voit comment elle s'est comportée vis à vis des électeurs depuis ces trois années...

Car en termes de leçon d'élégance, Mme Christine Lagarde m'en avait offerte une bien belle en septembre 2008. Je ne l'ai pas oublié.  Je m'explique et vous raconte. Une nuit, un violent incendie avait éclaté dans le 12e. Un homme y perdra la vie, une vingtaine d'appartements vont être détruits et quelques minutes et il faudra héberger près de 150 personnes choquées dans l'urgence. Elu de permanence ce soir là, avec Michèle Blumenthal, la Maire du 12e, nous avons passé toute la nuit à gérer cette crise douloureuse. Vers 9h00 du matin, mon téléphone portable sonne. Dans le bruit général, je ne décroche pas immédiatement. J'écoute le message laissé quelques minutes plus tard, il provient du cabinet de Mme la Ministre des Finances qui me demande où sont hébergés les sinistrés. Je suis étonné de cette demande. Pourquoi s'adresse-t-elle à moi ? Une Ministre d'Etat ne peut elle s'adresser directement à la Police ? Curieux. J'ignore comment ils ont eu mon numéro téléphone. Je ne rappelle pas. Il faut déjà commencer à organiser la prochaine nuit, faire le point avec le capitaine des pompiers qui vient nous annoncer que le feu est enfin éteint après plus de 6 heures d'intervention, etc. Quelques minutes plus tard pourtant, une voiture officielle aux vitres fumées s'arrête devant le bâtiment ou sont hébergées les familles sinistrées. Mme la Ministre sort, suivi derechef d'une équipe de France 3. Elle va au contact de quelques familles hagardes, bavarde quelques secondes avec une dame âgée, sous le regard attendri d'une caméra. Elle passe a coté de moi sans même me saluer. Moins de 10 mn après cette arrivée triomphale, elle est repartie. Son passage tout compris, a duré un quart d'heure chrono. Evidemment, le soir, lors du journal de France 3 région, un reportage raconte l'incendie et montre quelques minutes des images de "Mme Lagarde, élue du 12e, portant secours aux sinistrés". Chapeau. Voilà une belle leçon d'élégance politique de la part de celle qui n' a pas une minute a consacrer aux Conseils municipaux du 12e, mais qui sait dégager du temps lorsqu'il faut se montrer devant une caméra.

Voilà l'élégance de Mme la Ministre... le "lagardisme" en réalité, c'est du "sarkozysme" un poil mieux élevé, mais tout aussi méprisant. A la tête du FMI : danger pour les peuples.

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