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jeudi, 3 novembre 2011

nov. 11
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Pour la liberté de création artistique, pour la liberté de la presse...

104_2.JPGJ’ai manifesté hier soir, en compagnie des mes camarades du Front de Gauche et de mes amis Danielle Simonnet, Danielle Obono, Pascale le Néouannic et Ian Brossat, dans le 19e arrondissement de Paris pour défendre la liberté de création artistique. Nous étions quelques centaines de différentes organisations de gauche. Pourquoi ? Des groupes d’intégristes catholiques liés à l’extrême droite, dont le principal se nomme Civitas, veulent interdire une représentation théâtrale qu’ils jugent « blasphématoire ». Peu m’importe la qualité de cette œuvre. Elle est peut être d’une grande médiocrité ou non. Peu m’importe, j'insiste, là n’est pas le sujet. Avec mes camarades du PG nous défendons d'abord un principe fondamental : la liberté totale de création pour les artistes qui ne doit pas, dans le cas présent, être brimée par aucune « vérité révélée » ou autre obscurantisme religieux.

En écrivant cela, il me revient mes classiques lus durant mes jeunes années de formations militantes et notamment ce fameux dialogue entre André Breton et Léon Trotsky au début de l’été 1938 au Mexique. De cet échange sortira un célèbre texte « Pour un art révolutionnaire indépendant » daté du 25 juillet 1938. En 16 points, il décline quelques grands principes. Le point 9 se termine par la phrase suivante « Toute licence en art ». Le poète André Breton, dans la première version, avait écrit « Toute licence en art, sauf contre la révolution prolétarienne ». Mais c’est Trotsky lui-même qui avait supprimé cette deuxième partie de la phrase, jugeant inacceptable que l’on puisse limiter la liberté artistique. Il avait raison. Modestement, je m'inscris encore dans cette filiation. Oui, plus que jamais, "toute licence en art" ! En 2011, en France, cette sentence reste d'actualité.

104_1.JPGEt, dans le cas présent, il s’agit aussi de défendre la laïcité bien mise à mal par des fanatiques depuis quelques temps. Destruction de la photo « Piss Christ » à Avignon en avril 2011, rassemblements de fondamentalistes religieux contre le droit à l’IVG devant l’hôpital Tenon à Paris, pressions régulières sur des femmes dans certaines familles et quartiers, développement constant d’un communautarisme, etc…Les pressions de groupes religieux, certes très minoritaires, exercées au « nom de Dieu » sont nombreuses et de plus en plus fréquentes. Je ne peux m’empêcher d’ajouter à cette longue liste l’incendie criminel dont a été victime le journal « Charlie Hebdo » hier. Qui est coupable ? Pour l’heure, on l’ignore l’identité des auteurs. Il faut bien sûr être prudent. Toutes les provocations sont possibles et imaginables. Il n'est pas impossible d'ailleurs que l'on découvre prochainement que les coupables ne sont pas du tout ceux que l'on croit. Nous verrons. Mais il semble évident que cet acte est en lien, de façon directe ou indirecte, avec le choix de la rédaction de faire un numéro satirique nommé « Charia Hebdo ». Les auteurs de l'incendie savent qu'il s'agit d'un point sensible dans la France de 2011. Là encore, pour le Front de Gauche, il s’agit de défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression, même si on n'apprécie pas "l'humour" de Charlie Hebdo. Ici aussi, ce n'est pas le sujet. C'est un principe qu'il faut défendre.

La laïcité est notre bien commun. Défendons là contre tous les intégrismes religieux, d’où qu’ils viennent.

Je conclus en précisant une question. Je n’assimile pas l’attitude de Civitas avec celle de l’ensemble des catholiques qui respectent la laïcité. De même, je me refuse de mettre un signe égal entre l’intégrisme musulman et l’attitude pacifique et respectueuse de la laïcité de la grande partie de nos concitoyens musulmans. La lutte contre l’intégrisme ne doit pas nous faire glisser vers un discours caricatural. C’est pour cette raison que j’ai dernièrement demandé au Maire UMP du 16e arrondissement si il partageait les propos scandaleux d’un groupuscule qui écrit par exemple dans un livre : « Dès qu’il y a immigration en provenance de pays musulmans, le niveau de formation diminue, le chômage augmente, les conflits sont arrivés, des quartiers de la ville sont au bord de l’effondrement » et qui devait le dédicacer dans sa Mairie. J'ai évoqué cette petite affaire dans un billet précédent de mon blog. Pour ma part, avec franchise, j’ai dit que si j’étais Maire, un tel livre ne serait pas mis en valeur dans un lieu ayant des missions de services publics. Soyons clair, le livre que je vise n'est pas une de création artistique mais bien le triste support d’un discours politique, porté notamment par le FN, qui stigmatise grossièrement une partie de la population. C'est hélas assez banal. Après avoir lu ma lettre, le Maire UMP a jugé lui aussi que le contenu de ce livre imposait qu’il ne soit plus accueilli pour une dédicace. Donc acte. Tout cela fait il de moi un censeur ? C’est ridicule. Je ne demande l’interdiction d’aucun ouvrage ni n’engage aucune poursuite judiciaire. Mais, pour moi, la République n’est pas un régime neutre. Elle défend publiquement des valeurs et n'en valorise pas d'autres. La laïcité à géométrie variable n'est pas une valeur républicaine. C'est généralement l'habillage d'un discours xénophobe. Que les militants sincères de cette mouvance ouvrent les yeux. Libre donc à ces petits groupes de présenter de telles « œuvres » dans des locaux spécialisés et militants, des librairies privées, etc. Mais, selon moi, ils n’ont pas leurs places dans une mairie, aux frais des contribuables parisiens. Que cette poignée de militants rageurs qui m’insultent, salissent mon nom et me caricaturent ne doute pas un instant de ma volonté de défendre une laïcité authentique. Leurs outrances me confortent dans mon action.

« Le style, c’est l’homme » disait Buffon. Je reconnais le leur et il n’a rien à voir avec celui des laïques et des républicains.

mercredi, 2 novembre 2011

nov. 11
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Tout le monde a besoin de laïcité ! En France comme ailleurs, la création artistique ne doit pas être interdite par les religieux intégristes !

Charlie-Hebdo.jpgLe PG condamne l’incendie criminel qui a frappé les locaux du journal Charlie Hebdo cette nuit. Même si nous ignorons encore l’identité des coupables, il nous semble évident que cet acte odieux est en lien avec le dernier numéro de l’hebdomadaire satirique qui avait choisi de moquer l’intégrisme religieux en se nommant « Charia hebdo ».

Cette violence s’inscrit hélas dans une longue suite d’actions du même type.

Ainsi, depuis plusieurs semaines, des militants catholiques intégristes manifestent pour tenter d’obtenir l’interdiction d’une pièce de théâtre produite au « Théâtre de la Ville » nommée Sur le concept du visage du fils de Dieu de Roméo Castellucci.  Désormais, cette pièce se produira jusqu’au 6 novembre au « 104 », autre établissement artistique. Les catholiques intégristes veulent encore manifester devant tous le soirs.

Le Parti de Gauche (PG), dénonce avec la plus grande fermeté toutes ces actions qui visent à interdire ou à limiter la liberté de création artistique, et la liberté de la presse, au nom d’une vérité révélée. C’est intolérable. Pour le PG on ne peut en rester là, l’usage de la force et l’intimidation n’est pas admissible. C’est pourquoi nous interpellons les autorités de l’Etat pour savoir ce qu’elles comptent faire pour assurer la sécurité de tous et la liberté culturelle.

En effet de tels agissements sont d’une gravité extrême et prennent une tournure qui s’apparentent -par bien des aspects- aux intégristes musulmans qui ont manifesté en Tunisie  il y a un mois contre la diffusion TV du film « Persépolis ». Des deux cotés de la méditerranée, ils agissent avec les mêmes objectifs, partout ils s’en prennent à la culture pour tenter de bâillonner la liberté de création qui précède toujours la mise en cause des libertés universelles.

civitas.jpgLe PG rappelle que dans un Etat laïque l’argument du blasphème demeure inacceptable et ne peut être évoqué par quiconque. Seule la laïcité garantie la liberté de conscience et permet que l’on puisse critiquer ou non les religions, quelles qu’elles soient. C’est la condition élémentaire du vivre ensemble. A ce titre, que des responsables et élus nationaux du FN, tel M. Gollnish, aient apporté leurs soutiens publics à certains de ces actes montre une fois de plus la duplicité des leaders de l’extrême droite qui utilisent la laïcité pour mieux l’enterrer. Ceci illustre clairement que le FN n’aime pas la laïcité.

C’est pourquoi, pour protester contre ces pressions intolérables, le PG Paris manifestera mercredi 2 novembre à 19h30, devant le « 104 » (104 rue d’Aubervilliers - Paris 19e) pour défendre la liberté de création artistique et réaffirmer face aux pressions de quelques illuminés, que tout le monde a besoin de laïcité et s’associera à toutes les initiatives qui seront prises en solidarité avec la rédaction de Charlie Hebdo.

lundi, 2 mai 2011

mai 11
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D’un 1er mai à l’autre, Front contre Front… le bide du défilé des "syndicalistes" du FN, la force du mouvement ouvrier organisé !

DSC07586.JPGHier, la journée fut longue, dès le matin je suis allé faire un tour du coté du rassemblement et de la petite manifestation du Front national, de la Place de l’Opéra à la statue de Jeanne d’Arc. Le lecteur sera peut être étonné de ma démarche. Qu’il se rassure. Aucune volonté de provocation, ni de recherche d’incident de ma part. J’avais seulement besoin de voir de mes yeux la réalité militante de ce dont le Fn est capable aujourd’hui. Le résultat a confirmé ce que je pensais. L'ambiance était assez glacée le long du cortège, aucun tract n'est distribué au passant, les mots d'ordres peu inspirés "Ni droite, ni gauche, Front national", "le social c'est le Front national" ou encore un "Français, tu n'es plus maitre chez toi", qui aurait sans doute beaucoup plu au Ministre de l'intérieur M. Claude Guéant. Tout cela n'était pas réellement une manifestation, mais un rassemblement qui se déplace dans des petites rues. Si le Fn est une force électorale et politique, il est très faible comme force sociale. 2 000 personnes au départ, autour de 3 000 à la fin dont une très forte présence de journalistes, le résultat n’est pas glorieux. Le Fn est un colosse électoral aux pieds d’argile sur le plan militant. Au passage, cela en dit long sur l’origine de la force de l’extrême droite. Des réseaux civils et sociaux très faibles, une presse d’extrême droite moribonde et sans réelle influence, une présence militante insignifiante, mais une capacité d’occupation des médias surpuissante. FN3.jpgCela devrait nous faire réfléchir, y compris dans les salles de rédaction. Je suis d'ailleurs assez stupéfait de voir comment, le lendemain, un journal gratuit comme 20 Minutes , distribué aux 10 millions de franciliens, consacre une demi-page avec deux photos au rassemblement du FN, et ne dit pas un mot sur la grande manifestation des syndicats ouvriers. Idem, dans Le Parisien, l'article consacré aux supporters des Le Pen est plus important que celui qui évoque les manifestations de l'après-midi. A part Le Monde, la plupart des journaux ont suivi cette pente. La presse devrait un peu s'interroger sur l'effet loupe qu'elle donne aux évènements. Je n'appelle pas à la censure, mais à un réel équilibre de l'information. Pour l'heure, le Fn prétendument victime des médias n'a pas à se plaindre. On pouvait encore le constater hier, vu l’attroupement de photographes et caméras autour des dirigeants du Fn, principalement les le Pen père et fille, mais aussi Louis Alliot , Walleyran de St-Just, ou encore ma "préférée", la Vice-présidente Marie-Christine Arnautu, grande « laïque frontiste» qui ne supporte pas les musulmans sur notre territoire mais qui termine certains de ses communiqués de presse par un "Amen" retentissant et qui affiche toujours ostensiblement sa foi catholique avec une grande croix dorée autour du cou (cliquez pour vérifier sur la photo plus haut à droite), en manifestation comme en campagne électorale…Fidèle, fidèle, elle est restée fidèle, comme chantait Trenet, et pourchasse les infidèles !

Ainsi, donc, un petit parti qui rassemble au mieux 3 000 personnes à l’occasion de son principal rassemblement annuel est considéré comme la force centrale de toute notre vie politique…Et pourtant, nous avait-on prévenu, avec Marine Le Pen les choses avaient changé, ce n’était plus comme avant, désormais, on « s’affichait » plus facilement pro-Fn, etc. Concrètement hier, on a rien vu de cela. C’est même plutôt l’inverse. Tous les journalistes habitués de ce rendez-vous me l’ont confirmé, la cuvée 2011 était une toute petite cuvée par rapport aux années précédentes. Les dirigeants du Fn attendaient plus de monde, ils étaient déçus. Le constat s'impose, ces gens là sont d'abord et avant tout fort de nos faiblesses.

En écrivant ces lignes je veux une nouvelle fois évacuer un faux débat. Je ne sous-estime pas le Front national en 2011. Au contraire, je pense qu’en raison de la crise de la droite sarkozyste le Fn peut prendre à l'avenir un rôle central dans la recomposition d’une droite dure et ouvertement raciste qui pourrait prendre le pouvoir. Mais, actuellement, la force du FN « mariniste » est surtout qu’il retrouve un électorat déjà existant au même niveau depuis plus de 15 ans. A présent, Mme Le Pen est testée par les instituts de sondages comme seule candidate à l’extrême droite. Fini les concurrences de Philippe de Villiers, Bruno Mégret et Christine Boutin (et je mets de coté Chasse Pêche Nature et Tradition…). Et pourtant, en 1995, lors du premier tour de l’élection présidentielle, si l’on additionne de Villiers et Le Pen, on obtient 19,74 % ! En 2002, si l’on additionne Mégret, Boutin et Le Pen on monte à 20,49 % ! Avec Jean Saint-Josse de CPNT (dont je rappelle qu’ils feront liste commune avec de Villiers aux dernières élections européennes) on est à près de 25 %.

Seulement deux porteurs de banderole : Pour un syndicalisme nationalLa force donc de Marine Le Pen est que tous ses concurrents, à la droite de la droite,  sont à présent hors jeu et que l’UMP s’effondre. L’heure est donc grave, c’est une évidence. Pour autant, la lucidité ne doit pas nous affoler et nous tétaniser. Car, tout de même, observons les limites et les faiblesses du FN. Hier par exemple, ce devait être le « grand rendez vous pour un printemps social» des syndicalistes et des ouvriers « exclus et pourchassés » dans les confédérations syndicales. Il était donc prévu un grand défilé des syndicalistes impulsé par un dénommé Fabrice Engelmann, ex. CGT et ex. NPA qui a « découvert » surpris un beau jour que ces deux organisations n’étaient pas pour la « Préférence nationale » et l'expulsion des immigrés. C'est dire la grande perspicacité de ce monsieur... J’avais déjà parlé sur ce blog, de cet ambitieux projet qui était le principal objectif annoncé de l'édition 2011.Selon les dirigeants du FN, et particulièrement Louis Alliot, son vice-président, ce devait être "une grande première", une "parade de syndicalistes" pour, selon l'hebdomadaire Minute, "faire un pied de nez aux centrales syndicales". Oui, oui. Il voulait rivaliser avec les Confédérations syndicales, gonflé à bloc par ces drôles de sondages (réalisés à partir de 150 personnes) qui affirmaient que 36 % des ouvriers voteront FN en 2012, repris avec gourmandise et sans recul par le Journal du dimanche (JDD) de la semaine dernière. Engelmann et son comparse jettent l'éponge, fini le cortège des syndicalistes nationaux A l’arrivée, c’est le flop total. Le bide absolu !  Je dois avouer que j’en ris encore. Le défilé des syndicalistes FN « Pour un syndicalisme national » s’est limité à deux personnes ! Pas trois ou quatre, mais oui, deux personnes (juste ce qu’il faut pour tenir la banderole comme on peut le constater sur la photo de gauche, cliquez dessus pour mieux voir) dont M. Engelmann lui-même et le Président du Groupe FN au Conseil régional de Lorraine, Thierry Gourlot, syndicaliste à la CFTC, qui profite du fait que dans cette Confédération, la direction n'a pas engagé le même courageux travail que dans la CGT ou FO. Ridicule. A tel point, que quelques minutes plus tard, prenant conscience sans doute du grotesque de tout cela, Fabrice Engelmann préférait ranger sa banderole et défiler plus discrètement l'air un peu penaud (voir photo de droite, cliquez dessus), M. Thierry Gourlot tenant leur pauvre banderole à la main. Pourtant, la veille Le Parisien avait fait sa une là dessus en indiquant que c'était à présent la principale priorité du FN. Cela démontre clairement comment fonctionne la nouvelle communication du Front national. Elle fait des annonces, publie des communiqués de presse qui font évènements, puis...qu'importe si le résultat n'a aucun rapport avec les objectifs car très peu de journaux ne font l'effort de tirer le bilan. A l'exception notable du Monde, mais il est vrai que les deux journalistes qui signent le papier sont de vrais spécialistes de l'extrême droite, suivant ce dossier depuis plusieurs années.

FN5.jpgConcernant le discours de Marine Le Pen, je n’en dirais pas grand-chose. Il est facilement visible sur le site de son parti. Je considère que son introduction est un galimatias approximatif et indigeste qui mélange le moyen âge de Jeanne d’Arc avec la seconde guerre mondiale. Pauvre Jeanne ! A écouter la nouvelle présidente du FN, si poussive dans sa démonstration, je repense aux mots de Daniel Bensaïd, ce grand intellectuel disparu, qui écrivait dans son livre "Jeanne de guerre lasse" (Editions Gallimard), dans un monologue imaginaire de la combattante de la résistance universelle, brûlée par des fanatiques religieux : "le pire c'est d'être annexée par ceux-là mêmes qui m'ont persécutée. et qui osent prétendre que mon martyre fut mon apothéose ! M'abandonner à mes vainqueurs, ce serait perpétuer mon bûcher. Vous n'allez pas me laisser à Le Pen ?..." J'ai peur que oui pourtant. Dommage. Le reste du discours lepeniste du jour est une suite de figures classiques des discours de son père, battus et rebattus depuis des années. Des noms s'enchainent sans plus de cohérence Charles de Gaulle, Victor Schoëlcher, etc.. Du déjà vu, on le sait, le FN excelle dans la récupération et la captation d'héritage. Si on l'écoute, eux seuls défendent la France contre la mondialisation, eux seuls disent la vérité depuis 30 ans, etc… Elle oublie de rappeler qu’en 2007, que le FN était par exemple, pour la retraite à 65 ans, pour la privatisation de services publics et pour « travailler plus pour gagner plus ». Elle préfère ne plus parler de cela désormais. On la comprend. Mme Le Pen n’est pas une grande oratrice, c’est une évidence.  Mais, cela ne l’empêche pas d’être la dirigeante incontestée de son camp. Le fait qu’elle porte le nom de la marque « le Pen » la protège de toutes les contestations, si ce n’est sur les marges. Petit détail, hier Bruno Gollnish n'était pas sur la tribune. Manifestement, en interne, le ménage continue. C'est leurs affaires. Il serait faux de penser que c'est pour recentrer son parti plus à gauche. Il se débarrasse du folklore inutile électoralement, et se refuse à toutes formes de propos antisémites, c'est tout. Le racisme anti étranger demeure. Et, si la presse répète que Mme Le Pen a mis la priorité sur le social, je met au défi quiconque de me dire quelles mesures sociales concrètes, le Front national propose aux travailleurs de notre pays ? Aucune.

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Changement de décor, j'ai quitté la petite rivière du Front national, puis j’ai rejoint le grand fleuve de la manifestation ouvrière du 1er mai. Volontairement, les lignes que j'y consacre sont moins importantes que celles relatant le rendez-vous FN. Pourtant, uniquement à Paris, la manifestation des organisations du mouvement ouvrier a rassemblé au bas mot trente fois plus de personnes que celle d'extrême droite. Mais, la majorité de la presse expliquera qu'elle n'a pas été un succès ! Et pourtant, plus de 100 000 personnes dans la capitale. Qui fait mieux ? Qui est capable de cela ? Quatre heures de défilé de République à Nation, et des manifestations dans toutes les villes de France. Une force indiscutable. La classe ouvrière est là. Celle qui lutte, qui se défend et qui se mobilise, combative et joyeuse. Pas sa petite fraction rageuse, mélange de petits patrons écrasés par la crise en colère perpétuelle contre les syndicats et de déclassés méprisant leur propre classe sociale, qui veut faire porter la responsabilité de la crise et du chômage sur le dos de ses collègues étrangers qui sont généralement les plus mal payés.

Dans cette manifestation, le Front de gauche, ses militants et ses dirigeants, Pierre Laurent, Martine Billard, Christian Piquet, Marie-Georges Buffet, Jean-Luc Mélenchon et d’autres, étaient présents. Notre cortège joyeux a défilé ainsi jusqu’à la Place de la Nation sous les applaudissements. Il était le plus important cortège d'organisations politiques de la journée. Les drapeaux du PCF, de la gauche Unitaire et du PG se sont mêlés. Un beau succès.

DSC07603b.JPG Cette longue journée est riche d'expérience. Contre l’extrême droite, et la droite qui mène une politique si injuste, ayant confiance dans nos propres forces. Ne soyons plus dos au mur. Soyons convaincu que tout est possible. Oui, tout. La gauche doit parler du social, doit exiger une autre répartition des richesses, l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat, rétablir la retraite à 60 ans, exiger la baisse des loyers, défendre les services publics, combattre la précarité en titularisant les 800 000 précaires qui travaillent actuellement dans le service public, etc…

 Le peuple de France, c'est nous ! Le social, la justice, la laïcité, la France républicaine, c’est nous !

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