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dimanche, 16 octobre 2011

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Pourquoi Martine Aubry a-t-elle perdu ?

hollande-debat-inside.jpgC’est donc François Hollande qui sera le candidat du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2012 avec une majorité assez nette. Il faut le féliciter ainsi que tous ceux qui ont fait le choix d'aller participer à cette primaire socialiste. Cela démontre une volonté croissante d'en découdre avec la droite. Sans ironie, je considère toutefois que le résultat est assez banal finalement. François Hollande a été premier secrétaire du PS durant 11 ans, de 1997 à 2008. Son mandat aura été le plus long de l’histoire de ce parti. C'est vers lui que la majorité de ceux qui se sont déplacés ont voté puisqu'ils ont considéré, sous la dictée de sondages "objectifs", qu'il était le vote le plus efficace contre la droite. Pour ma part, j'en doute. Nous verrons concrètement durant la campagne. Mon idée est que c'est Jean-Luc Mélenchon qui sera le plus efficace. Nous le démontrerons dans les mois qui viennent. Je n'oublie pas au passage que c'est sous le long mandat de Hollande que la gauche aura perdu en 2002 et 2007 et que le PS aura appelé à voter « oui » au TCE en 2005 avec le succès que l’on sait. Difficile de voir sa désignation comme un réel renouveau.

article_aubry-reims.jpgEn réalité, selon moi, cette victoire n'est pas un réel mouvement d'adhésion vers Hollande. Elle est une désignation en creux, un brin résignée, qui marque surtout la défaite de Martine Aubry. Car, soyons franc, si Hollande qui ne représentait plus grand-chose en 2008 lorsqu’il quitte la direction du PS, l’emporte aujourd’hui, c’est d’abord et avant tout parce que jamais Martine Aubry n’a réussi à être la dirigeante incontestée de son camp pendant trois ans. Jamais. Mal élue, dans des conditions plus que discutables (faut-il rappeler que c’est de 102 voix qu’elle l’emporte alors, et qu’il est établi que de la triche eut lieu dans de nombreuses Fédérations socialistes) lors du Congrès de Reims, sa majorité avait un ver dans le fruit dès son origine. Elle en paye le prix ce soir. Pour le dire cruement, on ne peut rassembler les amis de DSK, de Fabius et d’Emmanuelli dans une majorité de façon claire et dynamique, avec pour seul ciment de naissance est le « Tout sauf Ségolène ». On le constate donc à nouveau ce soir, le centre de gravité du Congrès de Reims était bien une ligne centre gauche, et la gauche du PS seulement une vingtaine de pourcentage.

Comme Première secrétaire, Mme Aubry a même préparé durant de long mois la venue de Dominique Strauss-Kahn, Directeur du FMI pour être candidat du PS. Si ce dernier n’avait pas été empêché dans les incroyables conditions que toute la planète connaît, elle l’aurait soutenue. Puis, de façon contradictoire, une fois candidate, durant cette campagne interne elle a voulu critiquer, uniquement sur la fin, « la gauche molle » que représentait, selon elle, François Hollande. C'était maladroit. Elle n’a avancé lors des débats aucune propositions précises sur les salaires, les retraites, etc. qui permettaient vraiment à des millions de gens, de faire la différence… Idem, sur d'autres questions, comme la nature des alliances qui seront proposées ( où elle était inaudible du fait de la présence du Modem dans son Conseil municipal de Lille), du renouvellement et des pratiques démocratiques ( où son soutien à la Fédération PS des Bouches du Rhône l'a un peu plombé) et une absence de discours clair sur la laïcité (où du fait de son clientélisme religieux dans le nord, elle n'avait pas de propos clairs), etc.. Sur tous ces points, et bien d'autres, elle n'a pas fait la différence de façon nette et visible. A partir de là, le candidat désigné par les sondages, était difficilement rattrapable. C'est donc logiquement qu'il a gagné. Il est apparu comme le plus efficace, même si je considère qu'il n'a produit aucun élan vers lui.

Les raisons de cette situation sont multiples et complexes. Mais, c'est évident pour moi, la victoire de François Hollande, c’est la défaite de Martine Aubry. Lorsqu’on est Première Secrétaire d’un parti, que ses amis disposent de  la trésorerie, du contrôle des Fédérations, de l’appareil, etc… et que l’on perd, il faut savoir se remettre en cause.

P1280738.JPGCe message, je l’adresse particulièrement ce soir à mes amis de la « Gauche du PS », animée par Benoît Hamon pour lesquels j’ai une pensée particulière. J'écris ce billet en pensant à eux, du local du Front de Gauche, où aux cotés de Jean-Luc Mélenchon, j'ai pris connaissance du nom de vainqueur de la primaire (voir photos). Pour avoir milité longtemps avec ces socialistes de gauche, je connais leurs grandes qualités (mais aussi leurs petits défauts) et je considère une fois de plus qu’ils les gâchent dans des histoires d’appareils qui ne correspondent plus à la gravité de la période. Avec la « Gauche du PS », nous nous sommes quittés en 2008 lors du Congrès de Reims sur une divergence d’analyse de fond à propos des conclusions de ce Congrès. Eux, étaient persuadés d’avoir déplacer le curseur à gauche dans le PS, et qu’il s’agissait là d’une grande victoire historique. C'était faux. Le PS n'avait pas changé dans son centre de gravité. C'est pourquoi nous leur disions que cette « victoire » circonstanciée était bâtie sur du sable, qu'elle ne P1280746.JPGmarquait en rien une inflexion vers la gauche, et qu’elle se disloquerait aux premières secousses. La triche et la confusion ne donnent jamais rien de bon. On le voit ce soir. Depuis trois ans, la gauche officielle du PS s’est rangée derrière Aubry. Elle l’a fait avec zèle. Silencieuse lors des renoncements sur l’Europe, bien peu ardente lors de la rédaction du programme du PS, elle était même prête à accueillir DSK comme candidat. Elle n’a pas fait entendre une musique politique à la hauteur de la période. C’est d’autant plus dommage, que son principal animateur était devenu le porte parole du PS. Qu’en a-t-il fait ? Bien peu finalement. Quel gâchis. Pour beaucoup, il a affaibli un capital politique longuement accumulé. Mais, pouvait-il faire autrement ? Ce n'est pas l'homme qui est en cause, car Benoît est quelqu'un de tout a fait respectable, mais un choix stratégique.

P1280742.JPGC’est dans ces conditions qu’Arnaud Montebourg, même si sa ligne n'est pas sans contradictions, parce qu’il a eu le courage de développer seul une orientation claire et pertinente a remporté un réel succès lors du premier tour. Certes, ses propositions restent bien légère sur le terrain social. Selon moi, il a eu tort de prendre position pour l'un des deux candidats socialiste du second tour et particulièrement pour Hollande. C'est pour moi une erreur, car lle annonce un discours du type "vote utile" pour les semaines qui viennent. Montebourg nous a souvent habitué par le passé à ce genre de position un peu déroutante. Qu'importe ce soir. Avec ses 17 %, il a fixé un cap. Il a démontré la grande disponibilité de quasiment un cinquième de l'électorat socialiste pour nos idées. La gauche Hamon-Emmanuelli aurait dû l’aider. Qui sait d'ailleurs si, dans ces conditions, Arnaud Montebourg ne fut pas au second tour ? J’invite donc tous mes amis de la gauche du PS à s’interroger ce soir sur leur stratégie depuis 2008. Tout ça pour ça ? L’heure est bien aux discours clairs, aux cohérences globales, tels que le fait le Front de Gauche avec son programme « L’humain d’abord ». Pour notre part, nous l'avons compris depuis 2005, lors de la campagne du TCE.

En France, le peuple de gauche est à nouveau disponible pour écrire une belle page de sa grande histoire.  Soyons digne de lui. Il faut lui parler clair. Ce n’est pas François Hollande qui va incarner cette haute exigence.

JLM_AC_devant_TV.jpgC’est pourquoi la présence de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche est indispensable dans cette élection si importante. C'est avec gravité et sérieux qu'il a écouté ce soir au milieu des militants, le premier discours de François Hollande. Jean-Luc sait que c'est désormais aux 44 millions d’électeurs qu’il faut s’adresser. J'étais à ses cotés, et j'ai pu mesurer combien il était prêt pour la campagne qui s'ouvre. L'épisode des primaires est clos. Le paysage des candidats de la gauche est désormais connu de tous à peu de choses près. Ils seront vraisemblablement cinq. C’est bien, autant qu'en 1981. Ils étaient huit en 2002. A présent, c’est à la droite d’avancer à visage découvert pour que la confrontation démocratique s’engage. Que le faux suspense cesse dans ses rangs et que Nicolas Sarkozy ait le courage de dire qu’il se présentera à nouveau. En 2012, il faudra le battre.

Une nouvelle étape de la campagne électorale a été franchie ce soir. Fondamentalement, cela ne change pas grand-chose pour le Front de Gauche. Quel que soit le candidat du PS, notre offre publique de débat en direction de toute la gauche reste entière...

Place au débat ! Place au Peuple !

P1280753.JPGPost Scriptum : Quelques unes des photos qui illustrent ce blog ont été prises ce soir au local de campagne du candidat du Front de Gauche. Seule Raquel Garrido, secrétaire nationale du PG, était invitée sur le plateau de France 24 pour commenter ce résultat. Elle s'en est comme à son habitude très bien sortie. Nous veillerons toutefois à ce que désormais le Front de Gauche dispose d'un temps de parole plus significatif dans les médias.

samedi, 15 octobre 2011

oct. 11
15

Refuser les faux arguments... car ils profitent toujours à l’adversaire

asterix.pngDimanche soir, avec des camarades de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon, nous regarderons ensemble à la TV les résultats du second tour de la primaire socialiste. Je ne fais aucun pronostic. Tout est encore possible pour Hollande comme Aubry. A mes yeux, la question des nombreux soutiens à François Hollande est secondaire. Si Martine Aubry perd, selon moi, c’est parce qu’elle n’aura pas profité du débat de mercredi pour démontrer devant des millions de spectateurs, qu’elle voulait incarner clairement une autre gauche que son concurrent. Elle ne l’a pas fait. Elle n’a pas voulu le faire. Soyons franc. Si elle ne le fait pas dans de telles conditions, c’est qu’elle ne l’aurait pas fait si elle fut élue Présidente de la République. Alors …

Mais, elle peut encore l’emporter. Tout est possible puisqu’il est vraisemblable de la participation soit différente de la semaine dernière.

Ceci étant dit, je ne comprends pas la stratégie de Martine Aubry qui « cogne » verbalement depuis deux jours François Hollande. Manifestement, après des semaines de campagne un peu plan-plan, elle veut désormais enflammer le débat en multipliant les petites provocations.  Je ne crois pas à l'efficacité de cette stratégie et je pense, une fois de plus, que c’est sur des points concrets (particulièrement les questions sociales : salaires, retraite, logement, partage des richesses, etc..) qu’elle aurait dû se démarquer de lui lors de leur confrontation télévisée. Depuis trois jours, ces chicaneries un peu floues et mordantes n’apportent rien de plus… D’ailleurs, elles restent à préciser pour imaginer qu'elles fassent mouches.  Qu’est ce qu’une « gauche molle » dans la tête d’Aubry ? Qui est mou, qui est dur selon l'échelle de valeur aubryste ? M. Blair en Grande-Bretagne ou M. Papandréou en Grèce, fut pour l’un et est pour l’autre, une gauche bien dure… contre les travailleurs. J’ai observé d’ailleurs que, mercredi soir à la télé, par trois fois Mme Aubry a employé le nom de Poul Rasmussen, Président du Parti socialiste européen (PSE), comme pour insister sur ses liens avec les socialistes européens… A mes yeux, c’est une faute. Pour moi, le PSE, c’est la maison mère de la « gauche molle », sa fabrique européenne.

Mais, à l’inverse, que les partisans de Hollande se calment un peu. si le terme de « candidat du système » est indiscutablement étrange de la bouche de Martine Aubry, puisqu’elle s’apprêtait à soutenir Dominique Strauss-Kahn (ex Directeur général du FMI – gauche molle ou gauche dure ?) qui était l’incarnation de cette dénomination, elle n’en est pas pour autant une expression « lepéniste » comme le dit Vincent Peillon où d’autres dans l’entourage de Hollande. C’est absurde. Cet argument est redoutable par son coté à double-tranchant. D'abord, comment être de gauche et ne pas constater qu’il existe bien un ordre social, ou « un système », dominant. Etre de gauche, c'est d'ailleurs lutter contre lui. Si tout ceux qui pensent qu’il existe un système économique, médiatique, politique dominant qui exprime des préférences, sont des « lepénistes » on fait alors un formidable cadeau à Marine Le Pen qui se voit assimiler à ce que pensent, à juste raison, des millions de gens. Nicolas Sarkozy est « le » candidat du système. Est-ce lepéniste de dire cela ? Marine Le Pen aussi est une candidate du système. Elle en est le chien de garde. On la sort on bon moment pour effrayer tous ceux qui voudraient s'émanciper du vote dit "utile".

Donc le problème n’est pas de savoir si cette expression est inacceptable, interdite d'utilisation, mais de savoir si elle convient à François Hollande Le problème est que si la réponse à cette question est oui, elle convenait aussi parfaitement à DSK, et ainsi on revient à… Aubry. Et, telle est prise qui croyait prendre.

Là n’est pas l’essentiel. Une fois de plus, j’insiste, contre le FN, utilisons des arguments rationnels et efficaces. Sinon, on le renforce.

A ce sujet, j’ai répondu cette la semaine dernière à une journalistes de « Marseille hebdo » qui préparait un dossier sur l’avocat Gilbert Collard, nouveau Président du Comité de soutien de Mme Le Pen. Le numéro vient d’être publié. Vous pourrez lire l’article ci après où je m’exprime au sujet des mensonges historiques de Collard et du FN. Ici, je fais le point sur la fausse « loi Salengro » dont se réclame une certaine extrême droite. Mensonge et pipeau. Cette « loi Salengro » n’a jamais existé. Cela n’empêche pas Gilbert Collard de l’évoquer lors d’un débat sur I-Télé face à Najet Belkacem. Ce fut la même chose précédemment, lors d’un débat entre Marine Le Pen et Nathalie Kosciusko-Morizet. J’enrage de voir que leur deux contradicteurs furent bien silencieux devant ces afflux de contre vérités. Si un médias était d’accord (je parle d’un médias sérieux et non d’un site favorable au FN) cela pourrait faire une belle confrontation avec Collard sur ce sujet (ou sur d’autres points)… j’espère que cela sera possible dans les mois qui viennent.

marseille-hebdo.jpgCliquez sur l'image pour télécharger le document

Contre le FN, soyons précis et rationnel. Rétablissons les faits, démasquons leurs mensonges, et aussi ne leur laissons pas le monopole de la critique du système.

mercredi, 12 octobre 2011

oct. 11
12

Deux impétrants empêtrés…

debat.jpgPendant deux heures, le débat entre Martine Aubry et François Hollande a montré deux impétrants empêtrés dans la logique cadrée par le programme du PS adopté à l’unanimité en avril 2011. Plusieurs fois Martine Aubry a insisté sur cette unanimité.

Ils ont tenu à manifester des convergences et des accords sur de nombreux points importants pour les français avec lesquels je suis en désaccord. Quelques exemples. Concernant les retraites : ils sont tous les deux pour l’allongement de la durée de cotisations à 41 ans et contre la retraite à 60 ans à taux plein. Tous deux, ils sont pour un nouvel acte de décentralisation pour alléger les dépenses de l’Etat alors que les résultats des récentes élections sénatoriales ont été analysés comme une puissante volonté d’égalité sur tout le territoire. Curieusement, ils ont exprimé un accord avec la loi sarkozyste de « service minimum » qui fait pourtant entrave au droit de grève.

Le SMIC et les salaires ne furent pas abordés ce soir, ni par l’un, ni par l’autre. Rien sur l’écologie, les services publics (hormis l’école), sur un pôle public bancaire, la VIe République, la laïcité, les droits nouveaux pour les salariés etc…

Concernant l’Europe, ce fut fort décevant. Personne n’a parlé du rôle de la BCE ou du contrôle démocratique des transferts de souveraineté. Surtout, en refusant d’envisager l’affrontement avec l’Union Européenne libérale et la finance, les deux candidats du PS se condamnent par avance à l’impuissance.

Je n’en fais pas de reproches aux deux débatteurs. Ils ont tenu à garder leur cohérence. Fondamentalement, c’est donc la cohérence du projet dans ce programme socialiste aujourd’hui totalement dépassé et inadapté.

J’observe qu’ils ont tous deux essayé, parfois maladroitement d’ailleurs, d’adresser quelques timides clins d’oeils aux  questions posées par Arnaud Montebourg. Mais aucune n’a trouvé de réponses précises ce soir. Les questions sérieuses qui étaient posées, qui convergent avec celle du Front de Gauche, n’ont quasiment pas été abordées.

Quel que soit le candidat désigné dimanche, il est indispensable que les idées qui montent dans ce pays, portés depuis des années par les mobilisations sociales, par le vote non en 2005 au TCE, par la progression du Front de gauche, et portées encore par M. Montebourg récemment, devront être présentes dans toute leur cohérence lors de la prochaine élection présidentielle.

Désormais, c’est le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon qui les portera.

melenchon_souriant.jpgSans lui, une grande partie les idées de beaucoup de personnes qui se sont déplacées dimanche dernier ne seront pas représentées. Sans lui, les millions de citoyens, particulièrement ceux des milieux populaires, qui pour l’essentiel ne se sont pas déplacés lors de ces primaires, et sans lesquelles aucune victoire de la gauche n’est possible, n’auront pas un candidat porteur d’un programme à la hauteur de la crise. C’est le programme du Front de gauche « L’Humain d’abord ».

En 2012, il faut battre la droite. Il ne faut pas que Sarkozy soit réélu. Mais, il faut aussi porter au pouvoir une gauche qui met au cœur de ses préoccupations le partage des richesses, la lutte contre la finance, les questions sociales.

C’est au peuple souverain, à lui seul, à tous les citoyens qui voteront en 2012 pour la gauche, de décider quel type de gauche ils veulent voir en tête au premier tour pour affronter Sarkozy.

Le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon permet ce choix.

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