Après avoir eu connaissance de cette information par l'excellent blog de mon ami Jonathan Halimi (Blogueur perspicace, toujours vigilant et à l'humour redoutable), j'ai envoyé tout à l'heure à la presse, le communiqué suivant :  

 

Je tiens à faire connaître mon profond désaccord après avoir constaté que les chaînes de service public ont été, une nouvelle fois, utilisées aujourd'hui pour retransmettre une cérémonie religieuse.

 

Certes, la journée de Noël est une journée importante pour beaucoup de nos concitoyens et il ne saurait être question de blesser qui que ce soit dans ses convictions intimes.  Mais, la religion est, et doit demeurer, une affaire privée. Il existe par exemple désormais des chaînes privées qui peuvent assurer la retransmission de la messe de Noël, ce n'est donc pas au service public de prendre en charge cette tâche.

 

Ce que l'on accorde à un culte devrait logiquement être accordé à tous les autres, et ainsi se met en place un engrenage sans fin. Je ne le souhaite pas. A l'inverse, plus que jamais, c'est de laïcité dont nos citoyens ont besoin et non d'un envahissement constant de l'espace public par telle ou telle pratique religieuse.

 

De plus, au cours de la cérémonie retransmise ce matin sur France 2, au cours de son homélie, lEvêque a déclaré : "C'est une véritable douleur d'entendre que chaque année des millions d'enfants sont avortés dans le monde. Quelle perte pour nos familles, nos pays et l'humanité entière" (signalé par le blog de Jonathan Halimi ).

 

Les différentes religions sont totalement libres de diffuser leurs préceptes auprès de leurs fidèles. Mais, je considère que ce n'est pas au service public de relayer de tels discours culpabilisants pour les femmes qui font le choix d'avorter. Dans le contexte actuel, marqué par de nombreuses fermetures de Centres IVG, cette phrase est une attaque supplémentaire contre les droits des femmes à disposer librement de leur corps. La longue marche pour l'émancipation des femmes n'a pas besoin de sermon.

 

Avec d'autres personnalités et organisations, je compte m'adresser dans les jours qui viennent à M. Rémy Pfimlin, Président de France Télévision, afin de lui faire connaître mon opinion et de lui demander des précisions sur la manière dont il entend faire respecter la laïcité dans le service public audiovisuel.