- page 1 de 232

samedi, 30 août 2014

août 14
30

Marine Le Pen au secours de la Ve République

Pour sa rentrée, à Brachay, Marine Le Pen a prononcé un discours assez fade, qui tenait plus de la lecture à haute voix, mais évidemment abondamment nourri des scandales financiers qui touchent la droite, ou par la confirmation désolante de la trajectoire libérale de la politique de MM. Valls et Hollande, symbolisée par l’arrivée de M. Emmanuel Macron au Ministère de l’économie applaudie par le MEDEF.

Cela illustre tristement, pour ceux qui en douteraient, que c’est bien la crise de l’UMP et du PS qui fait fructifier l’extrême droite.

Ce discours était aussi pétri de contradictions et de démagogies. Marine Le Pen feint de s’indigner de la situation des petits salariés, mais le FN ne demande jamais d’augmentation de salaire. Elle se prétend contre l’austérité, mais réclamait la baisse de dépenses publiques durant la présidentielle de 2012. Elle prétend défendre la laïcité, mais c'est un Maire FN à Béziers qui organisait au mois d'août une "messe municipale" publique dans les Arènes de sa ville, ou c'est Aymeric Chauprade nouveau député européen FN qui déclarait dernièrement : "La France n’en est pas moins historiquement une nation catholique, fille aînée de l’Eglise. Elle a, depuis les Croisades et la libération du tombeau du Christ, un devoir particulier envers ses frères chrétiens d’Orient."  Comprend qui peut. Enfin, comme de coutume les étrangers ont été la cible d’attaques et l’immigration jugée comme un « danger sanitaire ».

1661_c1-626x220.jpgMarine Le Pen a également tenté de répondre au discours de Jean-Luc Mélenchon appelant à un mouvement pour la 6e République, en déclarant : « Quand certains parlent d’aller vers la VIe République, je leur dis : revenons déjà à la Vème ». Pourtant, dans la Ve République, nous y sommes actuellement, et jusqu’au cou, et c’est hélas son caractère antidémocratique qui permet encore au gouvernement de mener une politique minoritaire dans le pays. C'est la Ve République qui organise méthodiquement le contournement de la délibération citoyenne. C'est elle qui concentre l'essentiel des pouvoirs sur le Président de la République. C'est elle qui diffuse dans tous les comportements de la vie publique une culture d'autorité et de déresponsabilisation. Elle contribue grandement a affaiblir l'esprit civique. C’est là une des principales clefs des problèmes auquel se heurte notre Peuple. Mais Marine Le Pen a compris que son projet autoritaire et réactionnaire est parfaitement compatible avec les institutions actuelles. Lutter contre la Ve République c'est donc aussi lutter contre les idées du FN.

Aucune souveraineté populaire ne peut réellement s’exprimer dans le cadre des institutions actuelles. En défendant aujourd’hui la Ve République moribonde, le FN démontre une nouvelle fois que cette formation n’entend accorder aucun droits nouveaux pour le Peuple, ni sociaux, ni démocratiques.

Enfin, pour dire les choses clairement, l’extrême droite est là pour supprimer demain des droits si difficilement acquis. Malgré toutes les tentatives de "dédiabolisation" largement relayées par certains médias, nos concitoyens ne doivent pas se laisser berner.

mercredi, 27 août 2014

août 14
27

BFM TV : à propos de la nomination d'Emmanuel Macron


"La nomination d'Emmanuel Macron ne parle pas à... par BFMTV

lundi, 25 août 2014

août 14
25

Hommage à Bruno Leprince

37355_1430332110979_8209504_n-199x300.jpgComme beaucoup de mes camarades, je suis en deuil. Les moments intenses que nous venons de traverser lors de notre Remue-Méninges à Grenoble ne peuvent effacer une absence tragique et douloureuse. Bruno Leprince est décédé brutalement jeudi 21 aout à l’âge de 60 ans qu’il venait de fêter quelques semaines avant. La vie si belle sait néanmoins être cruelle et injuste avec les meilleurs d'entre nous. Sa mort est une terrible nouvelle, une souffrance  vive et brulante pour ses enfants particulièrement, pour Hafida sa compagne, pour ses proches et tous ceux qui comme moi le considéraient d’abord comme un fidèle camarade de longue date en même temps qu’un ami, un frère de lutte.

Bruno était un homme exceptionnel et impressionnant car il était un homme d’une grande gentillesse accompagnée d’une immense culture. L’un et l’autre. J’ai toujours pensé que cette grande sérénité qui émanait de lui, ce calme qui le caractérisait, venait précisément de cette grande richesse intellectuelle aux frontières illimités qu’il avait forgée par des lectures immenses nées d’une curiosité insatiable. La littérature, la peinture, l’art, la cuisine, la politique, etc…ses centres d’intérêts étaient multiples et surprenants parfois. Quand on abordait un sujet qu’il appréciait, ce silencieux devenait aussitôt un bavard captivant et l’on apprenait toujours à l’écouter. Même si je n’ai jamais était un intime de Bruno, j’étais très fier de le compter parmi mes amis. Son rire sonore et communicatif éclairait les soirées que nous avons partagées, en particulier avec Raquel Garrido.

Bruno était un homme de gauche, un républicain exigeant, aux convictions socialistes ancrées au plus profond de lui-même. Il ne supportait d’ailleurs pas que le socialisme soit abimé, particulièrement par les dirigeants actuels du PS. Aussi, il fut dès la première heure un des fondateurs du Parti de Gauche. Au PG, son rôle fut déterminant. Après avoir édité, lorsque nous étions encore au PS, plusieurs des ouvrages de Jean-Luc Mélenchon, et même les motions que nous avions déposé lors de certains congrès antérieurs, il développa, avec Laurent Maffeis, la dynamique collection « Politique à gauche » dans laquelle plusieurs des responsables nationaux du PG publièrent des livres. Bruno et Laurent étaient très liés et grâce à eux, François Delapierre, Matthias Tavel, François Cocq, Corinne Morel-Darleux, Martine Billard, Pascale Leneouannic, François Longerinas, Bastien Lachaud, Danielle Simonnet, Jean-Christophe Sellin, Guillaume Etievant, Boris Billa, bien sûr Gabriel Amard et encore beaucoup d’autres (pardon aux nombreux amis que j’oublie) purent donner naissance à des livres militants que nous vendions lors de nos évènements militants et au-delà. J’étais très fier notamment,  que le livre en défense de Robespierre, que nous avions rédigé avec Laurent Maffeis en 2012 voit ainsi le jour. Sans l'énergie de Bruno, qui faisait tout concrètement (maquette, correction, diffusion…) un tel ouvrage n’aurait jamais pu exister. Bruno était véritablement l’homme-orchestre de sa maison d’édition où dans ses locaux encombrées d’ouvrages de la rue Monsieur le Prince à Paris (une coïncidence assurait-il) il « fabriquait » ses livres tel un artisan contentieux et se charger aussi  de leurs ventes, faisait les cartons, postant les commandes, se déplaçant ici et là pour les diffuser (souvent aidé par Hélène Magdo ou Aigline de Causans), etc. Travail intellectuel et travail manuel se mêlaient ainsi dans son quotidien.  L’année dernière, il m’avait encore permis de publier un petit livre sur Jaurès et je lui en étais très reconnaissant. Notre dernière conversation début juillet portait encore sur un prochain ouvrage sur "Jaurès et l’art" qu’il voulait publier bientôt.

1564082_3_50ad_martine-billard-l-editeur-bruno-leprince-et.jpgCeux qui ne connaissaient pas personnellement Bruno Leprince associeront donc son nom à sa maison d’édition. Je pense que Bruno serait heureux de cela. Quel plus beau métier que celui de publier des ouvrages politiques militants permettant que les idées circulent, fécondent et se propagent ? C’est ce qu’il voulait. Editer était pour lui plus qu’un métier, je crois que cela donnait du sens à son existence. En ce moment terrible où la tristesse brouille la raison de ceux qui l’aimaient, il est donc une réalité qui ne s’éteint pas. Grâce à tous les livres qu’il a publiés, ce qu’était Bruno ne mourra jamais et se perpétuera longtemps de génération militante en génération militante.

Demain, mardi 26 août, à 13h30, un hommage lui sera rendu au crématorium de Père Lachaise. Il partira le cou entouré de l’écharpe rouge, ce signe de reconnaissance des militants du PG, et portera le petit triangle rouge à la boutonnière de son ultime veste. Ces choix me bouleversent par ce qu’ils symbolisent. De nombreux camarades seront présents et Laurent Maffeis qui était d’une grande proximité avec Bruno lui rendra notamment hommage, s’exprimant pour tous ceux qui ont milité avec lui.

Salut Bruno. On continue ton combat, mais qu’il est dur de ne plus t’avoir à nos côtés. Je t’embrasse et te pleure.

- page 1 de 232