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mercredi, 30 juillet 2014

juil. 14
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BFM TV : à propos de de Jérôme Kerviel

samedi, 12 juillet 2014

juil. 14
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Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles

Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteurpuissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscurqui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchantl'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force
 
?
Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil
de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci !

(Cyrano de Bergerac)

 

Serions-nous en mois de « juillembre » comme me l’a glissé avec malice une de mes amies qui frissonnait hier ? Une chose est certaine, le moral en est un peu affecté. Est-ce la pluie qui touche l’essentiel de la France qui produit sur moi cette étrange sensation que l’été, indispensable moment de l’existence où la chaleur régénère nos organismes et nos cœurs militants, n’a pas vraiment commencé ? Ce climat véhicule une once de tristesse et presque de  saudade, cette mélancolie empreinte de nostalgie,  comme on dit si joliment en portugais. Mais, peut être finalement suis-je le seul à ressentir les choses ainsi ? C’est souhaitable. J’espère que ceux qui me lisent ne flottent pas dans les mêmes sensations. En écrivant cela, j’assume donc publiquement la part de fatigue (et même davantage) qui me pèse lourdement. J’invite chacun, y compris parmi mes amis à faire de même. Il n’y a aucune honte à avouer que l’on veut poser le sac quelques temps.

BaaSaQqCYAAOoy3.jpgCar, nous n’avons pas à rougir de l’œuvre accomplie durant l’année, et plus largement depuis 2008, année de fondation du Parti de Gauche. Six ans déjà ! Six ans à peine ! Voilà donc ma première réponse à ce que j’ai pu lire ici ou là, j’évoque ces articles du Figaro ou ailleurs qui veulent faire leur miel des « coups de pompe » qu’on ressenti certains de mes camarades et qui ont fait le choix (ô combien respectable) de passer le relais à d’autres. Seul des gens n’ayant jamais participé à l’organe vivant qu’est un parti collectif, peuvent trouver là sujet à suspicion et médisance. Je voudrai donc profiter de ce billet pour remercier tous les camarades, et je dis bien tous, du Parti de Gauche, qui se sont tant donnés, sans compter nuit et jour, notamment dans toutes les batailles électorales récentes que nous venons de traverser.

Bien sûr la tâche est rude et nous n’avons pas atteint tous nos objectifs. Mais, nous en avons aussi réalisé beaucoup. Et puis restons lucide et ne théorisons pas autour de notre propre impatience. Comment me faire comprendre ? En lisant Paul Nizan et ses Chiens de garde j’y ai trouvé cette phrase s’appliquant à ses personnages : « Ils se disaient qu’il fallait changer le monde. Ils ne savaient pas encore combien c’est lourd et mou, le monde, comme il ressemble peu à un mur qu’on flanque par terre pour en monter en autre plus beau, mais plutôt à un amas sans queue ni tête de gélatine, à une espèce de grande méduse avec des organes bien cachés ». Je ne partage totalement ce regard désabusé sur l’engagement politique, mais il traduit bien ce que peut ressentir le militant révolutionnaire se jetant à corps perdu dans un combat aux dimensions inattendus et n’ayant pas le recul nécessaire. Pour cela, les plus expérimentés doivent transmettre aux plus jeunes, ou aux nouveaux venus. La sagesse est la condition pour durer dans le combat politique. C’est là le plus important, j’insiste. Aussi, pour durer, sachons-nous préserver lorsque c’est nécessaire. La fraternité militante et l’amitié restent les meilleurs carburants pour tenir la distance.

Non, nous n’avons pas à rougir du travail accompli durant cette année. Au contraire. Dans cette arène farouche, nous avons continué à faire vivre avec éclat, une idée et un espoir. Partout où il y a des militants PG, nous avons maintenu une lueur et même une flamme. Dans le trouble général qui règne à gauche, conséquence directe de la pitoyable politique mené par MM. Valls et Hollande, c’est déjà énorme. Nous sommes restés cohérents. Je dois ici parler de mon expérience pour illustrer mon propos. A Paris, à l’occasion des élections municipales, dans les pires conditions imaginables pour le Front de Gauche, nous     avons, quasiment tout seul, obtenu près de 5% des voix. Qui peut en dire autant à la gauche du PS en 2014 ? Personne. EELV avec un maire d’arrondissement sortant et cinq fois plus de conseillers de Paris (et une expérience de plus de 30 ans d’action municipale dans la capitale) a obtenu 8% des suffrages, ce que la presse a considéré comme un grand succès ! Aucune organisation du Front de Gauche, aucune organisation se réclamant du trotskysme, le MRC, le PRG… personne je le répète n’est capable de faire ce que nous avons fait : réunir 531 candidats, mener 20 campagnes d’arrondissement, obtenir nettement plus de 5 % dont 8 arrondissements différents, être à plus de 10 % dans l’un d’eux, etc… et au final obtenir 3 élus, dont la magnifique élection de ma camarade Danielle Simonnet au Conseil de Paris. Au final, si le scrutin proportionnel était respecté, ou si le PS et ses alliés n’avaient pas manifesté à notre encontre un sombre sectarisme, nous aurions pu compter au moins 8 élus au Conseil de Paris. Je m’amuse au passage d’entendre certains parler d’unité (toujours derrière leurs conditions) de la gauche, quand ils furent ceux qui nous claqué la porte au soir du premier tour, méprisant ainsi les milliers de parisiens qui nous avaient soutenus. Tout cela, est une expérience qui sera utile pour la suite.

photo_1.jpgPuis, le temps de la campagne européenne est venu très vite, trop vite. Il fut l’occasion pour nous de mettre dans le débat public dont nul ne parlait. Je pense particulièrement au Grand Marché Transatlantique (GMT) ou TAFTA (en anglais). Cette campagne continu, mais c’est nous qui lui avons donné une audience de masse. Au terme de vraie/fausse campagne nous avons seulement réussi à maintenir notre score de 2009, loin de nos ambitions. A l’inverse, le FN a profité pleinement de ce climat de confusion idéologique et notamment de forte abstention à gauche, a mordu sur un électorat de droite ulcéré par les affaires de l’UMP, et en réussissant à garder près de 60 % de son électorat de la présidentielle galvanisé par les médias répétant sans cesse que le FN « allait être en tête », il fut hélas la première liste de ce scrutin. Pour autant, combattre l’extrême droite ne doit pas nous amener à cesser de faire de la politique et à nous aligner peureusement derrière les solferiniens. J’ai la conviction que c’est même l’inverse. Le FN reculera si l’abstention recule également. Et, ce que veulent les abstentionnistes, c’est fondamentalement une autre politique. C’est toujours notre tâche.

Je reviens au PG et cette année 2013-2014. Rappelez-vous, notre action ne fut pas seulement concentrée lors de ces deux campagnes électorales. Par exemple, contre l’augmentation de la TVA, nous avons rassemblé 100 000 personnes en décembre. Nous avons dénoncé l’austérité et ses conséquences néfastes pour la population de notre pays. Lors des principales luttes sociales, nous étions présents, aux côtés des grévistes, non seulement pour les soutenir, mais aussi pour populariser leur action. Ainsi, nous avons à travers tout le pays, avec nos militants si dévoués, nous avons mené des centaines d’actions politiques, sociales et culturelles montrons qu’il existe encore une force de gauche UTILE, oui je dis bien UTILE. En un mot, nous avons tenu la tranchée. Qui dit mieux ? Clairement, si parfois, quand je me regarde je m’inquiète, je dois dire que quand je me compare, je me rassure. Avec quelques milliers de militants, une poignée d’élus, et des moyens financiers dérisoires nous avons réalisé des prouesses pendant que d’autres se limitaient à prendre la pause. A bon entendeur, au sein du PS ou EELV, salut. En disant cela, je souhaite ardemment que des débats fructueux s’engagent entre le Front de Gauche, la « gauche » du PS, EELV et d’autres encore… mais je souhaite aussi que tous ces échanges aient pour objectif un mot : agir. Et surtout qu’ils aient pour ambition minimale de chercher à construire une force autonome du PS. Sinon, à quoi bon ? Comment lutter contre la politique actuelle du gouvernement, si c’est pour ensuite appeler à voter pour ses candidats lors des rendez-vous électoraux ? Ne souriez pas, ce point-là fait débat, y compris au sein de certaines formations du Front de Gauche. Je l’ai constaté lors d’une fête du PCF à Lézan dans le Gard, en présence de Pierre Laurent. Nous verrons tout cela sans doute plus en détail lors de la grande réunion nationale du Front de Gauche qui se tiendra le 6 septembre.

Pour l’heure, fier du travail accompli, je me refuse donc à céder à la facilité qui consiste à tout balancer et à nous flanquer des gifles en cadence en raison du fait que nous n’avançons pas assez vite et de nos difficultés. J’ai mon opinion sur ces dernières. En un mot, les dégâts idéologiques et culturels (et bien entendu aussi et avant tout sociaux) que produit le gouvernement actuel, sont deux ans plus tard plus profonds que ce que l’on pouvait le craindre. Le dégoût de « la gauche », dans sa conception « hollando-vallsienne » mais beaucoup de gens ne rentrent pas le détail, se généralise et se radicalise. D’une certaine manière, il nous éclabousse également. L’année qui vient sera donc celle où nous devrons tenir compte de ces paramètres nouveaux de la lutte. Notre vocabulaire et la façon dont nous apparaissons dans le débat public doit tenir de cela. Nous ne devons pas sombrer avec la vieille scène politique.

Tenir la tranchée… c’est le sens de ma participation régulière à différentes émissions télévisées ou radiodiffusées. Je vous propose les dernières livraisons. Vous y verrez comment j’ai réagi l'autre jour à la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Ces affaires à répétition témoignent de la crise de la Ve République. Je reviendrai dans un prochain billet là-dessus. La lutte contre la corruption, et surtout contre la concentration des pouvoirs sur quelques hommes et femmes, doit être au cœur de notre action politique.


"Il faut le droit de révoquer les élus!" Alexis... par lepartidegauche

 

Ensuite, j’ai croisé le fer sur Europe 1 face à François de Closets, qui depuis plus de 30 ans réclame une politique d’austérité, de baisse de fonctionnaires, de limitation de droits des syndicats, et qui désormais en raison de l’augmentation de la dette, retrouve une nouvelle jeunesse.


"la dette est un prétexte" Alexis Corbière sur... par lepartidegauche

 

Enfin, sur BFM TV, j’ai réagi à l’étrange discours d’Arnaud Montebourg qui nous propose en réalité, après avoir dit pis que pendre de l’Union Européenne (et de façon souvent pertinente) la stricte application… des préconisations de la Commission Européenne contre ce qui est considérée comme des « professions protégées » ! Ainsi, affirme Montebourg, « on va rendre 6 milliards d’euros aux français ». Cela reste a prouver. En attendant, quelques mois plus tôt, le même Arnaud Montebourg avait approuvé l’augmentation de la TVA qui coûte chaque année 7 milliards d’euros aux foyers de notre pays.


Alexis Corbière sur le plan Montebourg (BFM) par lepartidegauche

 

Voilà donc quelques-unes des actions régulières que nous menons, avec d’autres de mes camarades du secrétariat national du PG, pour « tenir la tranchée ». Parfois nous y arrivons, parfois nous échouons, à vous d’en juger. Je vous laisse regarder tout cela en vous donnant rendez-vous très vite sur ce blog où je vous raconterai comment le 14 juillet prochain, avec mes camarades de Marseille et mon amie Mathilde Larrère, nous allons défendre la Place Robespierre que la Mairie UMP cherche à débaptiser.

 

 

« Travaillersans soucide gloire ou de fortune,
À tel voyage
, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! »

lundi, 30 juin 2014

juin 14
30

Invité du Journal Soir 3 sur France 3


Alexis Corbière invité du Soir 3 le 29/06/2014 par lepartidegauche

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