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vendredi, 18 avril 2014

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Jaurès, encore et toujours

biographie_Candar_Duclert.jpgJe vais parler encore une fois de Jean Jaurès. C’est nécessaire. J’étais d’ailleurs invité à ce sujet aujourd’hui sur La Chaine Parlementaire (LCP) avec Henri Weber, Michèle Cotta et Olivier Besancenot (voir la vidéo ci-après). Beaucoup d’autres initiatives, bien plus prestigieuses rendent hommages au député de Carmaux, au premier rang desquelles je veux placer l’intéressante exposition sur Jaurès aux Archives nationales et la biographie rédigée par les meilleurs jaurésiens Gilles Candar et Vincent Duclert et publiée aux éditions Fayard sous le simple nom de Jean Jaurès. C'est une somme considérable qu'il convient de s'approprier. Dans ce contexte chargé de publications et de commémorations, il est arrivé que quelques médias se tournent vers votre serviteur. Ainsi, France Culture m’a également interrogé récemment au sujet de Jaurès (à écouter à la fin). Jaurès par ci, Jaurès par là… Est-ce bien encore utile à la fin de répondre à tout cela, tellement son nom semble saturer l’espace public ? Je le crois. Certes, tout le monde se revendique de lui, n’importe qui, n’importe comment et mêem des canailles du Front national… Il convient donc de préciser de quoi l’on parle lorsqu’on évoque son nom. Jean Jaurès est un homme exceptionnel dont l’apport militant et intellectuel fut immense, complexe, parfois contradictoire... L’Historien inspiré de la Révolution Française est aussi une facette de son œuvre qui ne doit pas être oubliée. Aussi je profite de l’occasion pour signaler la souscription pour la prochaine republication de L’Histoire socialiste de la Révolution Française de Jaurès, préfacé par mes amis, les talentueux historiens Jean-Numa Ducange et Michel Biard. Profitez de l’occasion, elle est suffisamment rare pour que j’en fasse profiter tous mes amis (cliquez ici).

Plus modestement, pour ma part, j’ai publié un Lire Jaurès, 14 textes et discours sur la classe ouvrière (Editions Bruno Leprince). Pour vous le procurez, vous pouvez le commander en cliquant ici. En attendant, pour vous donner peut être l’envie de l’acheter je publie ici les premiers paragraphes.


Ça Vous Regarde - Le débat : Le PS a-t-il... par LCP ----------------------------------------------------------

Pourquoi lire Jaurès un siècle après sa mort ?

« Il arrive aujourd’hui à la doctrine de Marx ce qui est arrivé plus d’une fois dans l’histoire aux doctrines des penseurs révolutionnaires et des chefs des classes opprimées en lutte pour leur affranchissement. Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu,on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. C’est sur cette façon d’« accommoder » le marxisme que se rejoignent aujourd’hui la bourgeoisie et les opportunistes du mouvement ouvrier. On oublie, on refoule, on altère le côté révolutionnaire de la doctrine, son âme révolutionnaire. On met au premier plan, on exalte ce qui est ou paraît être acceptable pour la bourgeoisie. »

couverture_Jaures.jpgAinsi débute L’Etat et la révolution rédigé par Vladimir Illich Lénine en 1917. Cette observation, ici à propos de Karl Marx, sur la façon dont la classe dominante récupère et recycle quelques fois de grandes figures révolutionnaires du mouvement ouvrier aurait pu être écrite à propos de Jean Jaurès. Presque un siècle après son assassinat, la mémoire du député de Carmaux bénéficie trop souvent, et ce n’est pas nouveau, de ce traitement si particulier. L’année 2014 en offrira une nouvelle illustration. Nul doute, par exemple, que la majorité de la direction actuelle du Parti domiciliée rue de Solférino s’emploiera à cette occasion, photos de Jaurès en bandoulière, avec une ardeur toute particulière et des moyens considérables, à cette besogne. En pointant cette hypocrisie, car c’en est une, je ne vise pas le militant ou l’électeur PS, je n’accable pas ce que l’on nomme « la gauche du PS », mais je dénonce ceux qui, pétrit de ce qu’il est convenu couramment de nommer le « social-libéralisme », on fait sortir consciemment de son lit, le vieux fleuve de la pensée socialiste. Si l’on y prend garde, l’année du centenaire de la mort de Jean Jaurès, peut être l’occasion d’une nouvelle récupération déconcertante de la part de certains, qui chercheront à justifier, au nom de Jaurès, leurs choix gouvernementaux, pourtant contraires à sa pensée et ses actes.

Il est donc indispensable, pour ceux qui gardent pour objectif la lutte pour le socialisme, de défendre l’œuvre de Jaurès et la cohérence de son engagement. Cela impose d’abord de comprendre et de ne pas effacer le lien fondamental, toujours maintenu par Jaurès durant sa vie, avec la classe ouvrière qui luttait pour son émancipation. Cela impose également de lire Jaurès et de le faire lire, notamment à la jeune génération qui entre actuellement dans l’action politique consciente pour un monde plus juste, pour lui faire saisir combien elle s’inscrit dans la continuité d’un long combat historique.


Alexis Corbière sur Jean Jaurès (France Culture) par lepartidegauche
avr. 14
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Invité d'Europe 1 : "Bruxelles a-t-elle raison de nous imposer des limites ?"


Pour la désobéissance européenne! Alexis... par lepartidegauche

mardi, 15 avril 2014

avr. 14
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Invité d'Europe 1 "Travail et maladie"


Travail et Maladie : Alexis Corbière à Europe1... par lepartidegauche

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