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dimanche, 24 juillet 2016

juil. 16
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Sale époque

L’horreur de Nice a endeuillé cet été 2016. Même le plus beau soleil de juillet n’arrivera pas à réchauffer nos cœurs.

Attentat-de-Nice-trois-jours-apres-l-enquete-avance.jpgJ’évoque ce drame affreux pour la première fois. Avant cela, à ce sujet, beaucoup de mes amis ont écrit des choses très belles et justes ici ou là. Leurs lignes m’ont alors suffit. Pour ma part, je suis resté silencieux sur les réseaux sociaux ou sur ce blog personnel. Dans les jours qui ont suivi, quelques médias m’ont même invité à réagir et j’ai préféré décliner. Que dire à chaud si ce n’est des commentaires bien dérisoires sur des dépêches de presse et des images insoutenables ? Et je ne voulais pas non plus commenter les bêtises déplacées et même parfois indécentes de bien de dirigeants de droite (tels MM. Juppé ou Estrosi), et du gouvernement, se précipitant sur les plateaux TV pour prendre la pose, qui n’ont montré finalement qu’un spectacle bien peu digne.

Choqué par la bestialité de l’acte j’ai été comme beaucoup d’entre vous d’abord abasourdi puis en colère. Et pour le dire en un mot simple : triste, profondément triste. Mon  silence, qui sera passé je n’en doute pas totalement inaperçu, était ma façon de porter le deuil, et de marquer une forme de respect et d’hommages aux victimes et leurs familles. Par chance, aucun de mes proches ni de mes connaissances directes  n’étaient ce soir là sur la promenade des anglais, mais je me suis imaginé en frissonnant y être avec mes enfants et ceux que j’aime, en train d’admirer un feu d’artifice… et d’un seul coup être happés par la mort.

Une nouvelle fois un fanatique illuminé, sans doute halluciné (même de façon très indirecte, l’enquête nous le dira) par les appels au meurtre de Daesh, a tué. Notre peuple a été violemment touché par ce nouveau massacre. Tous les peuples du monde qui veulent la paix l'ont été également. Ainsi va ce 21e siècle. Ce monde violent a généré des personnages monstrueux. Des guerres injustes, essentiellement justifiées par le profit et la domination économique, ont bouleversé des régions entières du monde. Des États souvent fort peu démocratiques se sont effondrés, laissant la place au chaos. Désormais, pour survivre, des millions de gens fuient leurs pays. Par contre coup, un sombre obscurantisme religieux s’est répandu, terrorisant les populations sur place, traversant les frontières, se logeant dans les consciences dérangées de français (ou non mais qu'importe) ayant toujours vécus sur notre territoire.

La réponse reste la République sociale

Bien sûr on pourra débattre longtemps sur les pathologies et les névroses de bien des criminels avant qu’ils ne commettent leurs actes ignobles. Comment pourrait-il en être autrement ? Le fanatisme religieux s’empare toujours plus aisément des esprits dérangés. Cela n’est pas nouveau. Depuis des siècles, les guerres et meurtres tirant prétextes de motifs religieux ont toujours eu pour bras armé une soldatesque des brutes épaisses plutôt que des théologiens raffinés. Mais on ne peut sérieusement décrire ce qu’il se passe uniquement par la succession d’actes dues à des déséquilibrés. Il est important d’avoir en tête le contexte géopolitique dans lequel ils se déroulent. Arrêter les guerres et rétablir la paix est une des premières tâches. Cela prendra du temps. Évidement, cela ne doit pas mettre de côté en France (et ailleurs) l’indispensable combat social que nous avons à mener pour une société plus juste, plus fraternelle et plus démocratique. Bien au contraire. C’est une dimension fondamentale de la réponse. Mais naïf celui qui croit que ce climat de terreur n’est pas sans effet délétère sur le combat collectif. Déjà des propos racistes se répandent de plus belles. Qui n'a pas vu ces images terribles d'une famille niçoise de confession musulmane, endeuillée par la tuerie du 14 juillet, se faire insulter par d'autres gens lors de la cérémonie ? Il est évident que nous devrons à l'avenir tenir tous les bouts. Combat culturel et idéologique à mener contre cet islamisme meurtrier et opposition ferme à toutes formes de racismes. Rude tâche. C’est tout le sens du combat laïque, dans le cadre d’une République sociale, dans toute sa dimension de concorde et de fraternité.

Nous devons, châtiés les coupables et leurs complices, briser les reins financiers à ces entités politico-maffieuses qui arment (même si seulement sur le plan intellectuel) les criminels. La police républicaine doit protéger les citoyens, notamment par des moyens de renseignements renforcés et plus efficaces. Ce ne sont pas des rondes de militaires, et une avalanches de gadgets sécuritaires désuets, qui règleront le problème. La vidéo-surveillance fut bien impuissante à Nice. Bref, il faut assécher le marécage social et idéologique, en France comme ailleurs, dans lequel se développe le monstre. Cela prendra du temps. Et malheur aux démagogues...

Le retour d’une calomnie indigne

564707-desintox-nda-detaches.pngCeci étant dit j’ai écrit ce billet également pour répondre à une petite polémique très politicienne, qui s’était ouverte il y a quinze jours contre Jean-Luc Mélenchon. Je la croyais éteinte. Hélas, non. Je ne la place pas sur le même plan que le drame de Nice, mais je tiens à y répondre, par principe. Il est des choses qu'il ne faut pas laisser passer, surtout dans ce contexte extrême de confusions. Sans quoi, l'action politique n'a plus de sens. J’y reviens car le NPA et Olivier Besancenot viennent d’y donner un nouvel écho (ils n'étaient pas les seuls à l'avoir ouverte), repris par la presse, même en cette période de deuil, qui devrait pourtant amener les personnes sérieuses à être dignes. Mais, que ne feront-on pas pour un buzz quand personne ne parle de vous ? De quoi s'agit-il ? Prétextant d’une intervention de Jean-Luc Mélenchon d’une minute trente au Parlement européen dans lequel il dénonçait avec force les inacceptables effets antisociaux de la Directive européenne des travailleurs détachés qui dresse les salariés les uns contre les autres dans tous les pays de l'UE, et qui concerne uniquement pour le cas de la France au moins officiellement 286 000 personnes, le NPA utilise des méthodes pour le salir que je juge intolérables. Plutôt que d’utiliser leur énergie pour dénoncer cette scandaleuse Directive qui autorise à faire travailler des gens d’un autre pays en-dessous des règlementations sociales du pays dans lesquels ils viennent, le NPA calomnie celui qui refuse ce système infâme qui dresse les uns contre les autres. Sortant une phrase de son contexte, refusant d’entendre que Jean-Luc mettait des guillemets à sa formule choc, malgré la mise au point qu’il a fait ensuite, les voilà qui nous traite aussitôt de « nationalistes », « chauvins ». Rien que ça. Et même à les lire Mélenchon serait « un personnage dont l’éthique est bien éloignée de la nôtre, des valeurs que nous défendons ». On aimerait en savoir davantage. Voilà des propos que l'on ne tient pas à la légère. Et bien la preuve de notre authentique visage chauvin serait dans le tweet que Jean-Luc a envoyé le soir de la finale du championnat d’Europe de football : « Ce soir, c’est juste du foot. Rien à voir avec France-Allemagne ». Il y aurait, tenez vous bien, dans ce message de la xénophobie. On se pince. Comme si les matchs France-Allemagne n’étaient pas chargés d’une haute valeur symbolique, extra-sportive, depuis notamment la célèbre demi-finale perdue de 1982, qui tenait plus de la tragédie grecque que du jeu de ballon, et surtout comme si ce tweet taquin n’était pas porteur d’une sorte d’humour bien inoffensif, où il est de bon ton de chambrer l’adversaire, dont les grandes compétitions sportives et populaires ont le secret. Je profite aussi au passage pour préciser que j'ai toujours été agacé de voir quelques esprits forts du NPA ou autres gauchistes s'indigner que nous parlons parfois de "patrie républicaine" en nous accolant aussitôt le qualificatif de nationalistes (ce qui n'est pas la même chose que patriote), alors que les mêmes nous vantent Ernesto "Che" Guevara qui n'hésitait pas à proclamer un tonitruant "Patria o muerte", qui les ferait s'évanouir s'il l'avait dit en français. 

Sales méthodes

Ce procédé d'attaque sous la ceinture que je qualifie de dégueulasse, puise d'abord ses racines dans la plus pure tradition stalinienne de la sombre époque où il était d’usage de grappiller quelques bouts de phrases ici ou là, pour « démasquer le traitre à double face » qu’il fallait flétrir. Les procès de Moscou des années 30 et les purges des années 50 cèdent la place en 2016 à de petits procès en moches coups, mais la logique est la même, toute proportion gardée. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Sitôt qu'une tête émerge il faut la couper. Rien de grand ne doit exister, surtout pas. Ainsi qu’importe l’engagement de toute une vie militante, qu’importe les milliers d’ouvrages, de déclarations, de billets de blogs, de discours, qu’importe son combat pour l'égalité des droits entre français et étrangers, son combat contre le racisme, son engagement internationaliste, qu'importe… la « vérité » du procureur qui fera l’acte d’accusation est dans les quelques misérables mots qu’il a ciselé avec soin pour bâtir sa plaidoirie et impressionner quelques gogos. Je repense à la célèbre série X Files de ma jeunesse qui annonçait dans son générique « la vérité est ailleurs ». Pour le NPA, la vérité de Mélenchon et de la France insoumise est ailleurs aussi, nichée non pas dans ses actes nombreux, mais dans ces micros détails qui paraît-il en disent long, plus long que tout le reste réuni. Ironie, dans le seul article que j’ai trouvé sur le site du NPA qui dénonce la Directive des Travailleurs Détachés, datant de 2013, l’article est illustré d’une photo de manifestation au premier rang de laquelle, à quelques mètres d'Olivier Besancenot, on peut voir… Jean-Luc Mélenchon! A la lecture du ton employé pour le dézinguer, est-il prévu de l’effacer demain de ses photos de luttes ? On pourrait s'interroger. Dans le passé, cela s'est vu.

Alors, je dis : Halte au feu ! Car, si les mots ont un sens, ce que font Besancenot et ses amis, c’est tout simplement nous décrire avec le même vocabulaire que l’extrême droite. D’où vient cette rage ? Ce sectarisme absurde ? Ce mépris de la rigueur intellectuelle ? Cet esprit de secte qui passe son temps à se délimiter vis à vis des autres ? Ce goût de la polémique outrancière, jusqu'à l'absurde ? C'est la maladie infantile du gauchisme : le sectarisme. Cette étroitesse d’esprit a pourtant pourri les organisations révolutionnaires des années 70 qui ont perdu leurs temps dans des polémiques entre elles totalement opaques. Ils recommencent, cette fois ci avec nous, même si nous ne sommes en rien rivaux dans nos projets. Mais le passé de l'extrême gauche est parfois utile à revisiter pour mieux la comprendre. On y retrouve des constantes. Un exemple parmi beaucoup d'autres. Mais je parle ici de ce j'ai connu. La LCR des années 70, dont le NPA est l'héritière,  publiait des brochures ayant pour titre « Qu’est ce que l’AJS ? » ou « Qu’est ce que l’OCI ? » pendant que les autres rétorquait dans d’autres publications au titre tout aussi hermétique « A propos de brochure Qu’est ce que l’OCI ? ». Croyez moi, il fallait avoir bon appétit pour avaler ces potages bourratifs. Les attaques volaient bas. On se traitait "d'agent de la CIA" et "du KGB" de "nervis", d'utilisateur "de méthodes fascisantes" et autres qualificatifs... Ces pratiques ont fait fuir des milliers de jeunes gens lassés par ces lourdeurs littéraires, pleines de citations assommantes, qui ne séduisaient que quelques petits professeurs rouges. Avec sagesse, les masses s’en tenaient éloignées. Manifestement, certains n'ont rien appris de ces déboires. Anecdote à laquelle je ne peux résister, Henri Weber était l’auteur de ces textes ineptes. Il est devenu par la suite sénateur fabiusien et aujourd’hui défenseur du gouvernement Hollande. Il faut toujours se méfier des donneurs de leçons gourmands de polémiques dérisoires.

La présidentielle rend fou

Je plaide surtout pour que ces pratiques cessent. Serai-je entendu ? La présidentielle qui commence n’autorise pas tout. Le contexte évoqué dans ma première partie non plus. J’appelle chacun à l’esprit de responsabilité. Et le succès du début de notre campagne avec la France insoumise et notre beau rassemblement du 5 juin, ne permet pas que toutes les jalousies déclenchent des crachats. Car ce déballage de sottises blesse et fait mal. Il est toujours plus facile de briser que de construire et le NPA trouvera toujours des alliés pour nous taper dessus. A commencer par le PS. N'étant pas sorti de l’œuf, je devine la convergence d'intérêts de certains. Qui voit d'un bon oeil que l'on s'en prenne au seul candidat qui rivalise sérieusement avec François Hollande et qui a toutes les chances de le battre au premier tour ? La réponse est dans la question. Pour ma part, comme mes amis, nous ne sommes jamais permis d’attaquer de la sorte des camarades d’Olivier Besancenot même si souvent, beaucoup de leurs déclarations nous déplaisaient par leurs puérilités ou leurs inconséquences, et les désordres inutiles qu'elles provoquaient.

Un dernier mot. Dans l’hebdomadaire Marianne du 17 juin, le réalisateur britannique Ken Loach, soutien actif en France du NPA, expliquait les raisons du vote en faveur du Brexit avec des mots terribles : « La gauche ne peut pas se contenter à dire que l’immigration est une bonne chose pour l’économie. Elle ne se confronte pas au problème de l’immigration car elle a peur de passer pour raciste. Cela doit cesser ». Une telle déclaration en France pourrait être tenue presque mot pour mot par l’extrême droite. Ce serait bien sûr un contre sens complet. Pourtant, elle ne dénonce pas le cas précis des Travailleurs détachés mais l’immigration en général, sans détail, sans nuance, même quand le travailleur étranger est payé comme son camarade du pays d’accueil. Ce qui permet bien sûr au lecteur de ne pas assimiler Loach au FN, c’est l’ensemble de son engagement, de ses prises de positions, de son œuvre artistique. Bien sûr, le NPA et Besancenot n’ont pas dénoncé leur ami Ken Loach. Bien au contraire. Mais, c’est bien connu, le sectaire a des œillères qui réduisent son champ de vision.

jeudi, 14 juillet 2016

juil. 16
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Et si c'était le dernier 14 juillet de la Ve République ?

J’ai réagi sur la chaine d’information BFM TV à l’allocution du Président de la République à l’occasion du 14 juillet. Durant 45 minutes, François Hollande a affiché son auto satisfaction ponctué par des affirmations du type « Pour ce qui me concerne, j’ai tenu tous mes engagements » (oubliant son renoncement fondateur de renégocier le Traité Sarkozy-Merckel) ou encore « les choix que j’ai fait étaient les bons ». Bref, il est content de lui et… il est candidat pour 2017 afin de continuer la même politique. C’est ce qu’il faut comprendre de son propos même si il ne l’a pas annoncé officiellement. Pourtant, le bilan économique et social de François Hollande sera le même que son prédécesseur Nicolas Sarkozy : Un million de chômeurs supplémentaire en 5 ans, soit un chômeur de plus toutes les deux minutes. En même temps que ce désastre, le CICE a accordé 40 milliards d’euros annuels de baisse d’impôts aux entreprises, ce qui a essentiellement profité aux grands groupes et à la Grande distribution qui a vu les dividendes reversés à ces actionnaires augmenter de + 30 % !

Mais, le monarque présidentiel peut continuer à parler durant trois quarts d’heure sans qu’il n’ait véritablement de compte à rendre. Ainsi va la Ve République. Par exemple, jamais le terme 49 3 n’a été employé durant cette échange très convenu. Que ce soit concernant le choix d’un coiffeur personnel ou d’une politique économique et sociale désastreuse, c’est cette Ve République autoritaire qui permet cette impunité. C’est elle qu’il faut changer. C’est ce que nous proposons en 2017 avec Jean-Luc Mélenchon. Et si c’était le dernier 14 juillet de la Ve République ? C’est possible en 2017 avec le candidat de la France Insoumise.

vendredi, 8 juillet 2016

juil. 16
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Ni radeau, ni pédalo

Nous voilà dans l’été enfin, à l’heure où plusieurs d’entre nous vont « décrocher » comme on dit, du quotidien professionnel et de l’action militante. Profitez en bien les amis. Dès la rentrée de septembre, l’année politique qui commence (mais s'arrête-t-elle vraiment ?) sera intense et culminera dans l’élection présidentielle d’avril 2017 et les autres scrutins qui suivront. Nous allons passer huit mois (et plus encore) sur le pont et à plein régime. La consigne est donc durant les vacances : Rechargez les batteries et revenez en pleine forme, le cœur vaillant et le moral conquérant ! Être insoumis, c'est aussi une joie de vivre communicative. Et,  donnons-nous rendez vous à notre "Grand pique nique de la France insoumise", le dimanche 28 août à Toulouse de 11h à 15h. Inscrivez vous (en cliquant ici), et retrouvons nous nombreux, notamment pour échanger, mieux s’organiser et aussi écouter un discours de rentrée de Jean-Luc Mélenchon.

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Désormais, l'élection présidentielle donne le tempo de toutes choses. Même ceux qui vous disent qu'ils n'y pensent pas sont en réalité obsédés de la chose. Que les Tartuffes cessent de jouer. En Ve République, c'est l'élection phare, et peu de choses sont envisageables ensuite si vous la ratez, à fortiori si vous voulez vraiment mettre à bas la monarchie présidentielle. Méfiez vous de ceux qui prétendent que les "vrais enjeux" sont ailleurs où qui se plaignent subitement des institutions (qu'ils ne remettent ensuite jamais en cause) pour cibler tous ceux qui veulent y jouer un rôle majeur pour dégager l'équipe sortante et éviter le retour de la droite. Souvent cela masque soit une inconséquence, soit une carabistouille (ou les deux). En écrivant cela, je pense essentiellement à quelques responsables socialistes ou écologistes particulièrement hypocrites. Ces derniers jours, le paysage politique s’est un peu éclairci (et certes, aussi embrouillé). Je dis quelques mots sur l'échec lamentable qui est survenu à l'Assemblée nationale, où 58 députés dits "de gauche" n'ont même pas pu déposer une Motion de Censure pour bloquer la loi El Khomri. 56 valeureux s'étaient regroupés mais au moins deux (très visibles) ont manqué à l'appel. Parmi les absents, tout le monde pense notamment à trois députés PS qui, la semaine précédente (n'est ce pas M. Galut et Bachelay et Mme Berger ?),  appelaient sur les plateaux TV à "la démission de Manuel Valls". La charge menée au galop s'est transformée en une retraite au Galut. Plus facile de mener la bagarre à BFM TV que dans l'hémicycle. Quelques jours plus tard, sitôt que l'occasion s'est présentée de mettre en adéquation les paroles et les actes, ils se sont dégonflés. Démonstration est donc faite que la lutte efficace contre ce gouvernement ne passe pas par le PS et ses sacs de nœuds. L'explication de mon ami François Cocq est aussi la mienne. C'est la primaire qui les a piégé. Retenons la leçon. J'y reviendrai dans un petit ouvrage à la rentrée. Et puis, que d'inconséquence ! Les "frondeurs" ont-ils une seule fois présenté une solution alternative de gouvernement ? Ont ils montré une capacité à se rassembler derrière une ou un député pour dire qu'ils le soutiendraient comme potentiel Premier Ministre si ce gouvernement tombait ? Non. Ils ont continué à démontré une certaine hésitation et confusion qui a fait les affaires de Valls qui lui, sait faire preuve de poigne et ne rate pas les occasions qui se présentent.

Je reviens à la semaine et je commence par ce qui constitue pour moi un évènement et une légère déception. Nicolas Hulot ne sera pas candidat. Sans arrières pensées, je dis que c’est dommage. Il portait haut beaucoup de nos idées. Il élargissait notre surface culturelle. C’est un homme sincère et convaincant, utile dans la bataille idéologique que nous avons à mener pour que cesse le modèle productiviste dans lequel le gouvernement actuel (et ses prédécesseurs) nous enferment. L’urgence écologique est là, majeure, incontournable. Elle doit être portée par le plus de voix possibles. Aucun sectarisme ni esprit de boutique en la matière n'est de mise. Qu'importe si M. Hulot vient du monde de la TV, qu'il a des liens et des amitiés à droite comme à gauche. L'essentiel est ailleurs : il a de l'impact et ce qu'il dit aujourd'hui est juste. Pour faire entendre l'exigence écologique, Nicolas Hulot était un allié précieux à notre action, écouté par des gens qui n’écoutent plus les responsables politiques plus « traditionnels », et aussi qui peuvent être sensible à un vote Modem ou PS. Sa présence aurait donc été utile pour clarifier les enjeux, elle ramenait cet éparpillement vers nos idées. J’espère qu’il jouera malgré tout un rôle important dans la campagne qui vient et je n’oublie pas qu’en 2012, lors de l’élection présidentielle, il avait voté Jean-Luc Mélenchon. Il l’a dit après vote. Le fera-t-il à nouveau en 2017 ? Je l’espère. C’est à nous de le convaincre, en toute loyauté, par la clarté de nos propositions.

Je profite aussi de ce billet de blog pour dire combien je ne comprends pas ce que fait et dit Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Ce que je vais écrire ici n'a rien de personnel, car j'ai de l'estime pour l'homme, intellectuel calme et précis, qui évite, contrairement à d'autres de ses proches, les attaques dégradantes. Mais je ne suis pas d'accord avec lui. D’abord, alors que le peuple va parler en avril prochain, Pierre semble passer son temps à diffuser du pessimisme, et à donner l’impression qu’il craint ce vote en répétant sur LCP ( ou sur d'autres médias) qu’il y aurait en 2017 un « risque d’élimination du PCF ». Commencer ainsi n’est guère enthousiasmant. Cette stratégie de la peur, de plus liée à l'avenir d'un parti, ne mène à rien. Elle démobilise. De plus, alors que nous sommes engagés dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de la France Insoumise, ouverte à tous ceux qui veulent la rejoindre, et qui rencontre un certain succès palpable le 5 juin dernier, Pierre Laurent de son côté, répète qu’il y a un risque d’affaiblissement en raison de la « division » … et ensuite il s’emploie à essayer de fabriquer une candidature supplémentaire, donc à ajouter de la division à la division, en disant de surcroît que la candidature Mélenchon est "une candidature parmi d'autres". C'est tout ? Ah bon. Comprends qui peut. Le candidat commun de 2012, s’appuyant sur le programme L'humain d'abord, serait-il à mettre sur le même qu'un ex. ministre de Hollande ayant avalé la non renégociation du Traité Sarkozy-Merkel ? Étrange. Quel est le but réellement recherché de ces déclarations à l'emporte pièce ? L'échec de ce que nous entreprenons avec Jean-Luc Mélenchon ? Triste perspective...

Enfin, alors qu'il semble nous faire reproche de la manière dont nous sommes entrés en campagne, il désigne actuellement 577 candidats PCF dans toutes les circonscriptions, sans concertation aucune, ce qui éclaire tristement la méthode réelle qui semble être la sienne. Le rassemblement… mais derrière le PCF qui en solo décide. Désormais, partout pullule des petits candidats aux législatives, auto-proclamés, dont on ignore ce qu'il propose si ce n'est qu'ils sont candidats du PCF. Pas d’accord. Plus d’accord. Cette stratégie a plombé le Front de gauche. Je l'ai mesuré à Paris en 2014. C'est cela que Jean-Luc Mélenchon a exprimé dans une récente interview de Médiapart. Lisez là. Nous voilà au pied du mur et ce n’est pas de notre fait. Qu’importe, la France Insoumise, dans le cadre rassembleur qui est le sien, s’appuyant sur la dynamique ouverte par la campagne présidentielle, désignera ses candidats partout, en cohérence avec cette campagne.

Car c’est là un autre point important de divergence avec Pierre Laurent et la majorité de la direction actuelle du PCF. En même temps qu’il organise ses désignations « solo », à bien l’écouter, il propose des accords à d’éventuels partenaires (bien hypothétique, lors de diner au curieux menu), dans le cadre des prochaines élections législatives, qu’il dit « plus importante que la présidentielle » (ce sur quoi je pense qu’il a fondamentalement tort, car on ne construit pas l’une sans l’autre), une offre politique à la carte, floue, décousue, au cas par cas, sans visibilité nationale, autour d’un programme minimum, sans engagement pour la suite. C’est un piège mortel. Le prix est de se rendre incompréhensible pour les nôtres. Evitons les brouillages idéologiques, sinon c’est le naufrage électoral assuré. Alors qu’il y a besoin de clarté et de dynamique, d'enthousiasme communicatif, il ne faut pas proposer un « sauve qui peut » craintif, fait d’arrangements ici ou là avec des forces clairement liées au vieux monde, de plus  avec des gens souvent confus qui n’ont pas toujours été à nos côtés durant la période qui vient de s’écouler. Disant cela, je dis oui à l'élargissement, mais non au rétrécissement par des stratégies confuses. A l’inverse, parce que nous jugeons dans l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon que présidentielle et législatives sont une seule et même élection (c'est à dire qu'elles doivent être en cohérence), nous pensons qu’il faut un même programme, une même identité politique, un même visuel. C’est précisément cela l’originalité de la France Insoumise. D’ores et déjà, des personnalités marquantes de l’histoire et des combats du PCF ont compris cette démarche ouverte et nous soutiennent. Je pense notamment à Marie-George Buffet, Francis Parny ou encore beaucoup d’autres.

L’utilisation du 49 3 par le gouvernement de Manuel Valls, avec l’accord de François Hollande, a durcit le climat social. Mécaniquement, toute idée de Primaire avec le PS est un piège. Une grande majorité de notre peuple veut que cette équipe s'en aille. C'est pourquoi nous profitons de l'été pour lancer la campagne "Je vote, ils dégagent".


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Nous devons être l’outil clair et utile à cette besogne. L’enjeu n’est pas d’essayer de préserver quelques positions acquises en reprenant les vieilles méthodes du passé (qui ne fonctionnent plus d’ailleurs) mais d’être utile à notre Peuple. Qui prendra la tête du processus en cours ? Qui guidera la colère ? La force humaniste, progressiste, sociale, partageuse, républicaine, écologiste, internationaliste ? Ou la force sombre, nationaliste, ethnicisée, xénophobe, antisociale, égoïste ? Un nouveau cycle politique s’ouvre.

Nous entrons dans la tempête. Il ne faut pas reculer et évoquer le passé. Sentant venir le naufrage, ceux qui veulent abandonner le navire « Solferino » ont encore le temps de le faire. Bienvenu à bord les amis.  Mais, s’ils ne veulent pas, ou s'ils hésitent encore, qu’ils ne nous demandent pas de fournir la bouée, ou le tuba et les palmes, et de nous arrimer à eux. Quand la vague est haute, ni radeau, ni pédalo ne tiennent la mer bien longtemps… Seul, un équipage déterminé et discipliné, agissant en cadence, aucunement encombré de poids mort inutile, suivant une feuille de route claire, ayant la même destination, est à même d’avancer loin et jusqu’à bon port.

Et rappelons nous : il n’est pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où aller.

 Post scriptum :

J’étais hier soir sur I Télé, où nous avons parlé de Michel Rocard et de l'hommage de François Hollande qui ressemblait plus à une auto-congratulation, ainsi que des violences policières aux Etats-Unis.


Alexis Corbière invité à "On ne va pas se... par lepartidegauche

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